Lola lit Très brève théorie de l’enfer

Gaspard, jeune agrégé de philosophie a l’impression de stagner sur son île, il quitte la Corse pour enseigner en Algérie. Il y rencontre Hayet, une jeune professeure algérienne dont il tombe éperdument amoureux. Ils sont heureux en Algérie, une petite fille naît mais Gaspard finit par demander sa mutation au lycée français d’Abu Dhabi même si Hayet aurait préféré rejoindre le continent. Mais une fois encore ce n’est pas le paradis attendu, la vie d’expatrié ne plait ni à l’un, ni à l’autre. Leur couple se délite, Hayet s’éteint.

Parallèlement, on suit le parcours de la vie de Kaveesha, une employée de maison sri-lankaise qui a quitté son pays 25 ans plus tôt. Elle est partie pour gagner sa vie et nourrir son fils qu’elle a laissé à sa sœur. Pendant toutes ces années, Kaveesha s’est occupée des enfants des autres et a envoyé l’argent qu’elle gagnait péniblement à son fils qui pourtant ne la reconnait pas comme sa mère.

Ce deuxième volet de la trilogie « Contes de l’indigène et du voyageur », commencée en 2024 avec Nord Sentinelle, raconte l’exil, mais surtout le décalage entre expatriés et immigrés. Mais il évoque aussi le décalage entre la quête du bonheur et la réalité de la vie. Ce n’est pas autobiographique mais le parcours de Gaspard emprunte beaucoup à celui de l’auteur.

Un court roman qui se lit en quelques heures, qui donne l’impression que le sujet est traité superficiellement. On retrouve l’écriture de l’auteur, précise, économe, avec des phrases qui peuvent être très longues. Mais comme c’est triste !

Pour info, je n’ai pas lu Nord Sentinelle mais j’avais adoré Le Sermon de la Chute de Rome, Goncourt 2012.


Très brève théorie de l’enfer /  Jérôme Ferrari – Actes Sud – mars 2026 – 160p