Lola lit Quoi qu’il arrive

Mince alors, ça avait pourtant l’air super sympa ! Jolie couverture et résumé alléchant : un événement, Eva et Jim 2 jeunes étudiants londoniens se croisent dans la rue, 3 options s’ignorer, se parler, boire un verre, 3 vies différentes depuis leur rencontre jusqu’à nos jours.  Le genre de truc que j’adore, auquel il m’arrive de penser et qui me donne le tournis. Mais quel dommage, l’auteure a choisi de raconter les 3 versions en même temps, un chapitre chacune. Bon c’est déjà un peu compliqué à suivre, mais en plus, difficile de s’y retrouver dans les prénoms des enfants différents selon les versions, les décès des grands-parents pas toujours aux mêmes moments, les activités professionnelles des uns et des autres… Les 3 histoires sont bien trop proches pour ne pas s’emberlificoter et nous perdre. Et puis quand même, dans les 3 histoires, tout le monde trompe tout le monde, à chaque baiser, je devais réfléchir pour savoir s’il s’agissait d’un couple officiel, adultère ou en passe de le devenir. J’ai pensé noter sur une feuille, pour chaque version, qui était le père des enfants, qui était la femme, le mari, l’amant, qui travaillait, qui non… Et puis j’ai fini par ne plus me prendre la tête, me dire que ça allait bien finir par se mettre en place tout seul et puis sinon, bah tant pis ! Je suis allée jusqu’au bout quand même, mais je n’ai pas changé d’avis, j’aurais vraiment préféré lire les 3 versions à la suite pour avoir le temps de me familiariser avec les relations entre les personnages. Bref, j’espérais lire un bon roman feel good, c’est raté !


Quoi qu’il arrive / Laura Barnett – Editions Les Escales avril 2016 – 464 pages

Traduit de l’anglais par Stéphane Roques – titre original The versions of us  – 2015

 

Lola lit Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

Lydia, la fille chérie de Marilyn et de James a disparu. Sa mère est persuadée qu’elle a été enlevée par un fou dangereux même après que le corps de l’adolescente est retrouvé au fond du lac et que la police conclut à un suicide. Mais qu’est-ce qui a pu conduire la si parfaite Lydia au suicide ? L’histoire se dénoue au fil des analepses, les membres de la famille Lee cachent bien des secrets et des souffrances. Tous les personnages, Marilyn, James, Nath le fils aîné, Hannah, la petite dernière et même Jack, le jeune voisin avec qui Lydia a passé l’été en cachette, ont joué un rôle dans sa tragique disparition. Les souvenirs remontent en cascade, conduisant chacun sur le chemin douloureux de l’introspection.

Un premier roman percutant, et même assez effrayant, qui décrit parfaitement bien comment l’amour des parents, les plus aimants, les mieux intentionnés soient-ils, peut détruire leurs enfants. On a toujours tendance à penser que c’est le manque d’amour qui abîme, mais pas seulement, comme le prouve le livre de Celeste NG. L’amour ne suffit malheureusement pas toujours. A lire, forcément !


Tout ce qu’on ne s’est jamais dit / Celeste NG – Editions Sonatine mars 2016 – 320p

traduit de l’anglais (usa) par Fabrice Pointeau – titre original : Every thing I never told you

Lola regarde Jalouse

Jalouse ? Pourquoi Nathalie Pêcheux serait-elle jalouse ? La cinquantaine rayonnante, Nathalie adore son métier de prof de lettres et ses brillants étudiants le lui rendent bien. Sa ravissante fille de 18 ans Mathilde, est follement amoureuse d’un gentil garçon et confirme ses talents de danseuse classique. Appréciée par ses collègues, entourée par Sophie sa meilleure amie, tout semble sourire à Nathalie. Mais pourtant, subitement, Nathalie change, se fâche, s’énerve, gifle sa fille chérie, ne supporte pas cette jeune et jolie collègue qui arrive avec plein de projets, sabote son premier dîner en tête à tête avec Sébastien, envoie bouler ses nouveaux voisins. Nathalie est méchante, aigrie, instable. Après sa collègue, elle s’en prend à son ex-mari et sa nouvelle femme, puis vient le tour de Sophie et de Mathilde. Nathalie dépasse les bornes et se retrouve seule et abandonnée de tous. Son beau sourire devient mauvais, son regard pétillant tranchant, et ses mots blessent. Nathalie ne comprend pas ce qui lui arrive. Son généraliste aurait-il raison ? Traverserait-elle cette période de transit qui précède la ménopause ?

Karin Viard est une actrice que j’aime beaucoup, et dans Jalouse, elle occupe l’écran, pas une scène sans elle, elle est superbe, pourtant elle ne réussit pas à illuminer le film, il manque le petit je-ne-sais-quoi, qu’il y avait dans Parlez-moi de vous (mais je suis peut-être trop exigeante). Par contre, j’ai été convaincue par les rôles secondaires, le naturel d’Anne Dorval la meilleure amie et la sensibilité de Tara Dombroff la fille. Un bon moment tout de même !

Lola lit L’homme de l’hiver

Dans les années 90, dans la région du Minnesota sauvage, Gus frappe chez Berit pour la prévenir que son père Harry a disparu. Harry, l’amour de sa vie, à qui Berit a tenu la main la veille sur son lit de mort, s’est enfui. Gus est persuadé qu’on ne le retrouvera pas. Les souvenirs de Berit et de Gus se font écho et nous entraînent, 30 ans avant. Gus alors âgé de 18 ans, avait embarqué avec son père en canoë chargés du strict minimum, ils allaient vivre une aventure extra-ordinaire. Quant à Berit, son amour pour Harry a toujours été discret et sincère.
Un très beau livre d’aventure, mais la grande aventure de la vie, les relation entre les hommes, l’amour, la nature…
De magnifiques descriptions de paysages, des personnages forts et attachants, une belle histoire.

L’homme de l’hiver de Peter GEYLE – Actes sud – octobre 2017 – 360p – 22€50
traduit de l’anglais (usa) par Anne Rabinovitch – titre original Wintering sorti en 2016

Lola lit Crans Montana

Dans les années 60, à Crans Montana, une station de ski suisse très huppée, des familles bourgeoises se retrouvent chaque hiver. Les femmes font leur shopping emmitouflées dans leur somptueux manteau de fourrure, les maris comparent leurs puissantes auto, et leurs enfants se croisent sur les pistes enneigées et dans les bars de la station. Les trois sublimes Chris, Charlie et Claudia, symboles de cette jeunesse dorée, fascinent, font tourner les têtes et fondre les cœurs. Inséparables, insaisissables, mystérieuses et enjôleuses, les trois C sont au centre de l’attention des garçons qui rêvent d’elles, parlent d’elles, les surveillent, les admirent. Mais le temps passe, les adolescents sont devenus pères de famille, les 3 C sont parties vivre leur vie. Des années plus tard, ils vont se retrouver pour assister à un enterrement et replonger dans leur souvenirs de jeunesse, cette période dorée où leur vie était rêvée et leurs rêves possibles.

Monica Sabolo que j’ai découverte récemment et dont j’ai aimé le tout dernier Summer, décrit un monde superficiellement parfait mais qui cache des blessures douloureuses. Un petit roman qui ne m’a procuré aucune émotion, je l’ai lu sans déplaisir et avec détachement, mais que j’ai bien aimé parce que la plume de Monica Sabolo me plait, tout simplement.


Crans-Montana / Monica Sabolo – Editions Lattès –  parution le 26 août 2015 – 252 p

Lola lit Les yeux de Sophie

Deux histoires se télescopent dans ce roman de Jojo Moyes que j’ai dévoré ! Une première partie nous ramène dans le passé terrible de la première guerre mondiale, en 1916. Dans une petite ville du nord de la France, Saint-Péronne, Sophie et Hélène essaient de maintenir ouvert le Coq Rouge, la petite auberge familiale. Les 2 sœurs se soutiennent depuis que leurs époux adorés sont partis au front et qu’elles n’ont plus de nouvelles. Un nouvel officier allemand, s’installe dans la ville et tombe sous le charme du tableau accroché au Coq Rouge, Les yeux de Sophie, portrait peint par son mari Edouard. Entre le Kommandant Friedrich Hencken et Sophie, tous deux amoureux de l’art, la conversation s’engage sous l’oeil méfiant et vipérin des voisins. Bientôt, le Kommandant demande à Sophie de préparer les repas de ses troupes. Malgré son antipathie pour l’ennemi, Sophie prend plaisir à discuter et à cuisiner, et elle se risque même à subtiliser de la nourriture pour les enfants, grâce à elle, la vie de la maisonnée s’améliore. Mais c’est sans compter sur l’horreur de la guerre…

Deuxième partie, de nos jours, à Londres. Depuis la mort brutale de son mari David, architecte talentueux et reconnu, survenue 4 ans avant, Liv, abattue, découragée et au bord de la faillite, s’est réfugiée dans leur superbe appartement. Un soir, alors qu’elle ne supporte plus la solitude, elle décide de sortir, boit plus que de raison et se fait voler son sac à main dans un bar. Paul, le frère du barman, lui propose de l’aide. C’est une belle rencontre qui fait rebattre le coeur de Liv. Mais le jour où Paul se rend dans l’appartement, et qu’il découvre Les yeux de Sophie, le magnifique tableau que David a offert à Liv pour leur mariage, Paul s’agite et prend la fuite. Ce tableau condamnerait-il ses propriétaires au malheur ?

J’espère que je vous ai donné envie parce que ce roman est TROP BIEN ! Les 2 histoires sont aussi passionnantes l’une que l’autre, les intrigues bien ficelées, il y a du suspens, les quelques longueurs à un moment dans la 2nde partie sont pardonnées, les personnages sont tous attachants, et c’est bien écrit !

Par contre cette couverture est vraiment gnangnan, comme celles de ses précédents romans, La dernière lettre de son amant, Avant toi, Après toi, qui étaient aussi tartes !


Les yeux de Sophie / Jojo MOYES – Editions Milady 2017 -564p

titre original The Girl You Left Behind 2012 – traduit de l’anglais par Odile Carton

Lola lit Le secret du mari

C’est le mari de Cecilia qui a un secret, et un sacré secret ! Une chose inavouable que l’imprudent John-Paul a raconté dans une lettre dont l’enveloppe avertissait « à n’ouvrir qu’après ma mort » mais que Cecilia, après maintes hésitations, soupçons, suspicions, zones d’ombre et sueurs froides, a ouverte. Un lourd secret qui va percer en 7 jours, du lundi au dimanche de Pâques. Comment les vies de Rachel la secrétaire de l’école qui ne s’est jamais remise du meurtre de sa fille, celle de Tess qui, pour oublier que son mari et sa cousine adorés sont tombés amoureux, se jette dans les bras du beau Connor Whitby que Rachel soupçonne du meurtre de sa fille vont-elles être touchées par la découverte de ce secret ? Et le couple modèle que formait Cecilia et John-Paul va-t-il résister ?

Ce roman m’a bien plu ; les personnages sont sympathiques, l’intrigue intéressante, l’écriture plaisante et il se lit très facilement.

Un moment de lecture agréable !


Le secret du mari / Liane MORIARTY – Editions Albin Michel 2015 pour la traduction française – 500p

traduit de l’anglais par Béatrice Taupeau – titre original The husband’s secret publié en 2013

Lola regarde Un beau soleil intérieur

Artiste peintre, la quarantaine, divorcée, Isabelle cherche l’amour, le grand, celui avec un A majuscule. A chaque rencontre, elle y croit. Mais est-ce vraiment le bon ? Et si ce n’était pas le bon ? Peut-être que ce n’est pas le bon finalement. Mais comment savoir si c’est le bon ? Alors Isabelle, déçue, perdue, doute, pleure et sombre dans le désespoir.

Quel joli film ! Juliette Binoche est lumineuse. Son sourire éclatant, ses beaux yeux éperdus, envahissent l’écran. Elle est si fragile Isabelle et si vulnérable, on a envie de la rassurer, lui dire de ne pas trop se poser de questions, de laisser venir, de profiter des belles rencontres et plus simplement de la vie.


Un beau soleil intérieur de Claire Denis  – sortie le 27 septembre 2017

Lola regarde Samba

Je me suis régalée ! Les acteurs sont lumineux, leur histoire est crédible, on rit, beaucoup. Un film plein d’émotions, un film qui fait du bien.

Samba, sénégalais, depuis 10 ans en France chez son oncle heureux propriétaire d’une carte de séjour, vit de petits boulots avec son pote Wilson. Un jour il se fait arrêter, embarquer et parquer dans le centre de rétention de l’aéroport de Roissy où 2 bénévoles d’une association de défense des sans-papiers, Alice cadre sup qui tente de se remettre d’un burn out et Manu, jeune stagiaire un peu cash, lui rendent visite. C’est une belle rencontre pour Samba et Alice qui vont se croiser, se chercher, et finalement se trouver.

Je ne suis pas une grande fan de Charlotte Gainsbourg, d’habitude sa fragilité m’agace, je la trouve inaccessible, perdue dans ses hésitations, ses peurs mais là, je l’ai trouvée émouvante, sympathique, et très bien dans son rôle. Omar Sy, je ne l’avais vu que dans Intouchables, où il m’avait fait beaucoup rire, confirme ses qualités d’acteur et j’ai découvert la pétillante Izia Higelin. Quant à Tahar Rahim, quel talent ! C’est un acteur formidable, je l’ai adoré dans Un prophète et Le passé, 2 films magnifiques, je suis fan absolue, son sourire me fait chavirer, si j’avais la fibre groupie, c’est sûr j’accrocherais des posters de lui dans ma chambre  😛


Samba de Eric Toledano et Olivier Nakache –  sortie en octobre 2014. Adaptation d’un roman de Delphine Coulin (que je n’ai pas lu) Samba pour la France.

Lola lit La beauté des jours

Marina Abramovic est une artiste serbe née en 1946, qui fait de l’Art Corporel, c’est à dire qu’elle utilise son corps comme support à l’Art. Elle fait partie de ces artistes, capables de se mutiler pour mettre leur corps à l’épreuve et repousser les limites du supportable (Enfin c’est comme ça que je le comprends mais peut-être que je me trompe…) Je ne connaissais pas Marina Abramovic avant de lire le dernier roman de Claudie Gallay, et cette découverte m’a passionnée.

J’aime beaucoup Claudie Gallay dont l’écriture simple me touche. Cette fois encore, j’ai aimé ses personnages, surtout son héroïne Jeanne, la quarantaine maman de jumelles de 20 ans, qui mène une vie tranquille et parfaitement réglée auprès de Rémy, son gentil mari bricoleur qui lui offre un macaron chaque mardi, d’un parfum différent certes mais dans un ordre immuable. Entre son emploi de guichetière à la poste, la bonne tenue de son foyer et ses visites dominicales à la ferme familiale, Jeanne s’accorde quelques fantaisies ; suivre des inconnus dans la rue, inventer des rencontres entre les passagers des trains qu’elle regarde passer du fond de son jardin, faire des calculs inutiles…

C’est un courant d’air qui, en décrochant un cadre du mur de l’entrée, va enrayer la mécanique si bien huilée. L’année du bac, Jeanne avait découvert Marina Abramovic qui l’avait fascinée. Elle avait une photo de l’artiste qu’elle avait accroché au milieu des visages familiers. Mais sur quels chemins, la chute de ce cadre va-t-elle emmener Jeanne ?

Vous le saurez en lisant La beauté des jours !


La beauté des jours / Claudie Gallay – Actes Sud Littérature Domaine français – Août 2017 – 416p