Lola regarde Lady Bird

Christine et sa mère s’aiment mais ont dû mal à se le dire. Quand l’une se fait appeler Lady Bird, rêve de quitter Sacramento où il ne se passe rien, et d’étudier à New York, l’autre s’inquiète, fait ses comptes et la morale. Dans son école catholique, Lady Bird et son amie Julie s’amusent, aiment et rêvent.  L’histoire plutôt classique du passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette prise de risque si exaltante qui angoisse. C’est le moment où on devient grand, on réfléchit, on fait des choix que l’on est prêt à assumer, le moment aussi pour certains de faire la paix avec les parents. Un film simple tendre et touchant ♥

Sorti en février 2018

Lola regarde Three Billboards Outside Ebbing, Missouri ♥♥♥

Incroyable qu’on puisse rire en regardant un film qui traite d’un sujet pareil : la  vengeance d’une mère dont la fille adolescente a été violée puis assassinée. Et pourtant j’ai ri, grâce au talent du réalisateur et des acteurs ! Mais j’ai pleuré aussi bien sûr. On appelle cela un ascenseur émotionnel, une histoire de cerveau limbique qui nous permet de passer d’une émotion positive à une émotion négative ou inversement, bref du rire au larme. Pour faire avancer l’enquête du meurtre de sa fille, pour obliger la police à réagir et à se mettre sur les traces de l’assassin, pour éteindre sa culpabilité un peu aussi, Mildred Hayes, brisée de douleur et ivre de colère, loue 3 immenses panneaux publicitaires situés le long de la route où a eu lieu la tragédie 9 mois avant, et y fait inscrire en lettres noires sur fond rouge 3 messages à destination de la police.

Ni elle ni nous, ne pouvions nous attendre à ce que provoquerait son acte. Les personnages secondaires caricaturaux à souhait mais jamais très loin de la réalité, sont excellents ; on croise une sacrée galerie de personnage ; un shérif moribond, un nain amoureux, un psychopathe, un ex-mari et sa nouvelle petite amie de l’âge de sa fille, un flic décérébré alcoolique et raciste, un publicitaire, une bonne copine… qui chacun nous réserve bien des surprises. Le trio Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell est génial !

Un grand film ! Superbes acteurs ♥

Sorti en 2019

Lola regarde Juste la fin du monde ♥♥♥

J’adore ceux capables de transformer l’ordinaire en extraordinaire. Ceux qui savent, dans les romans, les films, le dessin et la peinture, nous transporter dans un autre monde dont leur oeuvre est le centre. On a tous un-e copain-ine qui raconte sa vie avec panache, des blagues brio, des histoires avec éclat. Dans ce film de Xavier Dolan, les acteurs sont magnifiques, les images sont magnifiques, l’histoire est magnifiquement ordinaire ♥♥♥

L’histoire d’un auteur qui se sait condamné par la maladie et qui rentre l’annoncer à sa famille après plus de 10 ans d’absence. C’est l’histoire d’une famille qui s’aime à coup de gueule, d’insultes, et de regards qui tuent. C’est un huis clos troublant, émouvant, oppressant.

Un gros coup de coeur qui se confirme pour Xavier Dolan, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Gaspard Ulliel et Léa Seydoux.

Pour info : Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce à Berlin en 1990, dans le cadre d’une bourse Léonard de Vinci, alors qu’il se savait atteint du sida.

Sorti en 2016

Lola lit La goûteuse d’Hitler ♥

C’est en tombant sur un court article dans un journal italien en 2014, que l’auteure a eu envie de rencontrer Margot Woelk, qui fut contre son gré, pendant la Seconde Guerre Mondiale, parmi les 15 goûteuse d’Hitler. Obsédée par son histoire, Rosella Postorino trouve son adresse et lui écrit une longue lettre. Malheureusement Margot Woelk décède avant leur rencontre. L’auteure décide alors d’écrire un roman s’inspirant de sa vie. Rosa, l’héroïne de Rosella Postorino est une jeune mariée en 1943. Quand son mari part à la guerre, elle fuit Berlin et rejoint ses beaux-parents à Gross Partsch, ancienne province allemande où elle est recrutée de force par les SS pour rejoindre un groupe de femme chargées de goûter les repas d’Hitler qui craint l’empoisonnement. Victime et complice du régime nazi, Rosa risque sa vie à chaque délicieuse bouchée qu’elle porte à sa bouche.

Un roman écrit et très bien documenté, qui s’attarde sur un détail de l’Histoire, exploite la dualité de sentiments que tout oppose, raconte l’amitié, rend possible et plausible une histoire d’amour incongrue. La liste de tous les sentiments qui s’entremêlent dans ce récit est longue ; la honte, la colère, la haine, l’humiliation, la peur, la tristesse, la révolte mais aussi la confiance, l’optimisme, le plaisir, la douceur… L’auteure a, semble-t-il, mis dans son roman toutes ses interrogations, son empathie, elle a essayé de répondre aux questions qu’elle s’est posées et que je me suis posées également « Qu’aurais-je fait à la place de Rosa ? » Profiter et manger, manger et devenir complice de l’horreur, refuser et mourir. Manger est-ce trahir ? Aimer est-ce trahir ?  Un excellent roman ♥


La goûteuse d’Hitler / Rosella Postorino – Editions Albin Michel – janvier 2019 – 400p

Alex regarde Croc-Blanc ♥

C’est l’histoire de Croc-Blanc, un jeune chien loup séparé de sa mère et qui se retrouve, malgré lui, chien de combat. Heureusement, il est sauvé par un couple qui lui redonne sa liberté. En fait, c’est Jack London qui a écrit cette histoire en 1906. Moi, j’ai lu L’appel de la forêt qui parle aussi d’un chien Buck, un chien domestique maltraité par certains hommes qui redevient sauvage, j’ai beaucoup aimé le livre et la BD.

C’est un film très émouvant, parfois triste mais avec une fin heureuse. J’ai bien aimé les relations d’amitié entre les hommes et l’animal. L’histoire est intéressante, ça se passe dans le Grand Nord et ça montre autant la cruauté des hommes que leur bonté. C’est un petit coup de coeur ♥

Sorti en mars 2018

Lola lit A ceux qui se croisent

Un portrait de femme, une femme qui a aimé, a été trahie, part se reconstruire et aime de nouveau et…
Les histoires d’amour finissent mal en général ? comme le chantait merveilleusement Les Rita en 86.
C’est après avoir reçu une lettre anonyme que Lucy, niçoise, décide de quitter sa petite vie bien rangée pour New York. Laurent, son mari mène une double vie depuis des années, elle en reste sans voix. Elle part donc, prend la fuite plutôt, sans vraiment prévenir, sans rien organiser. Elle arrive perdue mais prend rapidement ses marques, retrouve sa voix et rencontre Paul, un artiste.

Je n’arrive pas à m’enthousiasmer, même si l’histoire est sympa et l’écriture pas désagréable mais j’ai l’impression d’avoir déjà lu ce roman maintes fois. Les histoires d’amour se ressemblent et pour qu’elles deviennent extraordinaires, il faut y ajouter un petit « je ne sais quoi » (je ne suis pas auteure juste lectrice). Ce type de romans fleurit, ni mauvais, ni bons mais auxquels il manque juste cet indispensable petit truc.


A ceux qui se croisent /  Pauline Maurenc – Editions Robert Laffont – avril 2019 – 480p

Lola regarde Barbara

Mathieu Amalric filme Mathieu Amalric qui filme Jeanne Balibar qui joue Barbara. Ah et puis aussi pour finir de nous embrouiller et faire définitivement tourner nos têtes, de vraies images de Barbara sont immédiatement rejouées par Jeanne Balibar ; les moments du film que j’ai beaucoup préférés. J’aime les chansons de Barbara, je sais reconnaître sa silhouette et ses longues mains qu’elle approchait de son visage dans de légères arabesques, je me souviens de sa voix, de ses mots hésitants, ses silences, ses longues pauses, mais je ne savais rien de plus et j’ai découvert une Barbara vivante, drôle, capable d’autorité et de caprices. J’ai trouvé le film très artistique et l’actrice très belle mais je n’ai pas été touchée ; tout s’enchevêtre, s’emmêle, se mélange, se superpose… difficile de se laisser porter. Je l’ai tout de même regardé jusqu’à la fin, tout en faisant autre chose 😉

Lola regarde Rock’n Roll

C’est assez drôle ! Dommage que « ça se barre un peu en couille » à la fin. Et je me permets cette grossièreté parce que c’est avec cette partie de son anatomie que Guillaume Canet débute son premier film. Une auto-fiction dans laquelle il se met en scène avec Marion Cotillard et quelques uns de ses copains et brouille les pistes pour notre plus grand plaisir.

A 40 ans, Guillaume est interviewé par une journaliste du magazine Elle pour un film dans lequel il interprète le père de la petite nouvelle qui monte. Il a l’âge des 2 demoiselles réunies, qui ne manquent pas de le lui rappeler, et le chatouillent sur son côté acteur plan plan, père de famille, rangé et pas du tout Rock’n Roll. Voilà qui allume une mèche, et Guillaume Canet entame une course effrénée au jeunisme, un rattrapage de ses jeunes années, de ses rêves perdus. C’est plein de stéréotypes, c’est drôle et en même temps, ça parle d’un truc sensible, surtout dans ce milieu/monde où l’apparence compte tant, et où la fiction de Canet rejoint très souvent la réalité si on en juge par les transformations radicalement ratées de certains acteurs/actrices.

Lola regarde Woman at War ♥♥♥

L’Islande et ses paysages à couper le souffle : Fjords, glaciers, lacs, cascades, montagnes et les fameuses Miðhálendið, les Hautes Terres où la nature règne en maître absolue. Bienvenue dans le pays d’Halla, une prof de chant quinquagénaire, activiste écologiste ! Halla agit seule, elle prend tous les risques, parcoure des kilomètres à petites foulées avec son arc en bandoulière pour empêcher les hommes de détruire encore. Et puis, une lettre du bureau des adoptions où elle a déposé une demande 4 ans auparavant lui annonce que Nika, une fillette ukrainienne l’attend. Peut-on être une guerrière écologiste et mère ? La très recherchée Femme des Montagnes va devoir faire un choix.

Un beau portrait de femme déterminée, courageuse et sensible, porté par une superbe actrice. J’ai adoré les 3 musiciens de jazz et le chœur ukrainien qui accompagnent Halla tout au long du film, l’inquiètent ou la soutiennent, c’est génial ! Les paysages sont magnifiques et les personnages secondaires très intéressants.

Un gros coup de cœur pour ce petit bijou ! 

Lola regarde Raoul Taburin

Une petite comédie tendre, fraîche, délicate, adaptée de la BD de Sempé dont j’adore le trait et la naïveté des personnages. Le petit Raoul vit dans un village du Sud avec son papa facteur. Devenu grand, il tient l’atelier de réparation de bicyclettes, est mariée à la jolie Madeleine et père de deux charmants bambins. Raoul pourrait profiter de son bonheur mais un terrible secret le ronge. Raoul ne sait pas faire de vélo malgré sa réputation de grand cycliste qui s’est crée sur des malentendus. L’arrivée d’un photographe dans le village va bouleverser sa vie.

Une jolie histoire, de chouettes acteurs -Benoit Poelvoorde, Edouard Baer, Suzanne Clément-  pour un film qui se regarde gentiment.