Lola lit Cette minute où tout a basculé

La jeune Yuna (joli prénom breton) décide de quitter la maison pour faire ses études d’infirmière à Lannion. La proximité de la ville où s’est suicidé son papa quand il avait 23 ans et qu’elle n’a pas connu, n’a pas échappé à sa mère demeurée inconsolable par la mort inexpliquée de son grand amour alors que tout allait si bien entre eux. Yuna a décidé de rencontrer Jeanne, sa grand-mère paternelle qui les a rejetées au décès de son fils. Cette rencontre déstabilise Yuna qui décide, soutenue et aidée par sa mère, de mener une petite enquête.

Des personnages sympathiques et attachants, du suspens et du rythme, une histoire bien ficelée même si on comprend assez rapidement le lien entre Lola et Yuna. Ce premier roman auto-édité est agréable à lire mais il faut passer outre les maladresses des premières pages : répétitions de mots multiples, erreurs de structure et de ponctuation. C’est assez pénible au début mais la gêne disparaît lorsque l’histoire est installée. Je ne partage pas le choix de la couverture et du livre qui desserve ce livre qui mérite d’être lu et apprécié.


Cette minute où tout a basculé/Elowen MAE – autoédition – mai 2018 – 424p

Lola regarde Isle Of Dogs

Il est dingue ce Wes Anderson ! J’adore ses films, The Grand Budapest Hotel, The royal Tenenbaums, Moonrise Kingdom ♥ J’aime la profondeur des sentiments qui se cache derrière sa loufoquerie, la fantaisie de ses personnages, ses décors incroyables. Bref, j’aime tout !

Et celui-ci aussi, il est génial ! Comment ce réalisateur américain de 50 ans, à l’allure de jeune homme, réussit à nous tenir scotchés pendant 1h42 devant un film d’animation qui raconte comment, au Japon, une bande de chiens décide de combattre le régime en place qui a placé toute la communauté canine en quarantaine sur une île poubelle ? L’aventure de ces chiens crasseux et malades menée par le jeune Atari est divinement rocambolesque, les images sont très bien texturisées, le fait de ne pas sous-titrer tous les dialogues ajoute de la malice, et surtout ça parle de notre monde aujourd’hui. C’est tristement drôle, ça parle de l’autoritarisme, de la manipulation, de la bêtise des hommes, du rejet et de l’isolement, de la différence qui effraie, qui gêne mise au ban de la société mais ça parle aussi de la fidélité, de l’amitié et de la fraternité.

Génial, je vous dis !

Lola lit Deux soeurs

Mathilde, prof de français au collège, est passionnée par la littérature et très amoureuse d’Etienne, avec qui elle vit depuis 5 ans. Lorsque celui-ci la quitte pour Iris, son ex qui vient de rentrer d’Australie, Mathilde s’écroule. La solide Mathilde, fiable, stable, pleine de bonté n’existe plus et laisse la place à une autre, très différente que son entourage ne reconnait plus. Même Agathe, sa sœur aînée, qui l’héberge, se sent impuissante face à son comportement. Mathilde n’acceptera jamais qu’Etienne l’ait quittée, elle sait qu’elle l’aimera toujours, alors dans son cœur meurtri, l’idée de la vengeance se met à germer.

Lu parce que j’avais entendu parler de thriller psychologique, cela a piqué ma curiosité. L’auteur décrit la déconstruction d’une femme meurtrie et le thème est très intéressant mais on est loin du thriller, le genre littéraire utilisant le suspense ou la tension narrative pour provoquer chez le lecteur une excitation ou une appréhension et le tenir en haleine jusqu’au dénouement de l’intrigue (in wiki). Et comment, même avec un thème aussi puissant, le roman peut-il être aussi plat et convenu. Une lecture qui confirme mon manque d’intérêt pour cet auteur (à part La délicatesse que j’avais beaucoup aimé et Charlotte qui m’avait fait découvrir le destin tragique de cette jeune artiste).


Deux soeurs/David Foenkinos – Editions Gallimard – Collection Blanche – janvier 2019 – 176p

Lola lit Compromis

Le compromis, c’est le document que doit absolument faire signer Denis à Duval. Il veut lui vendre son appartement même si celui-ci, comme il le concède à son ami Martin, présente un certain nombre de défauts qu’il est préférable que le futur acheteur ignore. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a donc convié à ce rendez-vous Martin dont la seule présence devrait rassurer Duval.

Les compromis, ce sont aussi les concessions qu’exige Denis de Martin au nom de leur belle et longue amitié. Entre les 2, Duval, l’acheteur, assiste tantôt avec joie tantôt avec crainte à un règlement de compte entre l’acteur médiocre et l’auteur raté.

C’est la première fois que je lis une pièce de Claudel dont j’adore les romans. J’ai retrouvé son écriture qui, mise au service du théâtre, s’encanaille, prend du rythme, conserve sa superbe et nous livre autant d’émotion avec le rire en plus. Je continue donc à adorer Claudel ♥

Pièce jouée actuellement au Théâtre des Nouveautés à Paris avec Pierre Arditi et Michel Leeb.


Compromis/Philippe Claudel – Editions Stock – janvier 2019 –  160p

Lola regarde Capharnaüm ♥♥

2 heures d’émotion, le tout jeune acteur principal est incroyable ! Un film à voir 

Beyrouth – Le film s’ouvre sur un procès. Un jeune garçon, menotté s’approche de la barre et à la question du juge « Tu sais pourquoi tu es là ? » Il répond avec assurance « Oui, je veux porter plainte contre mes parents » « Et pour quel motif ? » « Parce qu’ils m’ont donné la vie ».

Flash back – Zaïn quitte la maison avec fracas quand ses parents « vendent » sa soeur Sahar, à l’épicier du coin. Il fuit la misère et la violence, il fuit des parents indignes et méprisables, qui frappent et insultent leurs nombreux enfants qui manquent de tout. Sur sa route, Zaïn croise une jeune maman éthiopienne sans papier qui vit avec son bébé dans un taudis. Elle l’héberge et en échange, il s’occupe du petit Yonas, pendant qu’elle travaille. Mais un jour, elle ne rentre pas…

Une histoire triste qui aurait pu donner un film glauque et/ou pathétique. Mais il est juste bouleversant, illuminé par la force et la volonté de Zaïn, merveilleusement interprété par le jeune syrien, Zaïn Al Rafeea.

 

 

 

Lola lit Un certain Paul Darrigrand ♥

Philippe Besson s’est essayé à l’autofiction avec Arrête avec tes mensonges et ça avait plutôt bien marché. Alors il recommence, pour notre plus grand plaisir, avec Un certain Paul Darrigrand. En 1988, après Rouen où il s’est beaucoup ennuyé, l’auteur s’installe à Bordeaux pour sa dernière année d’études. Il a 22 ans et cette année va changer sa vie, il va rencontrer le grand amour et la maladie.

En sortant d’un cours, il bouscule un certain Paul Darrigrand, un peu plus âgé, bien plus beau, très athlétique. Philippe tombe follement amoureux mais n’y croit pas, Paul est marié. Contre toute attente, commence une relation improbable, passionnée, charnelle et clandestine.

Un livre sensible, pudique qui parle d’amour, juste d’amour en toute vérité et universalité. Je continue à beaucoup aimer Philippe Besson


Un certain Paul Darrigrand/Philippe Besson – Editions Julliard – janvier 2019 – 211p

Lola lit Hawking (presque) facile !

Attention, ne vous méprenez pas, la couverture est trompeuse ! Ceci n’est pas un livre pour enfants, même s’il peut être à la portée des très très passionnés. C’est effectivement un ouvrage de vulgarisation scientifique, c’est à dire qu’il tente de rendre accessible au plus grand nombre des explications scientifiques d’ordinaire indéchiffrables.

Tout le monde (ou presque) connait Stephen Hawking, physicien et cosmologiste britannique atteint depuis ses vingt et un ans d’une terrible maladie dont l’issue sera la paralysie totale. Il a poursuivi ses études et ses recherches en surmontant les difficultés jusqu’à occuper une chaire à l’Université de Cambridge (et c’est pas rien !). A partir de 1985, il communique à l’aide d’un synthétiseur vocal en contractant sa joue droite, ce qui lui permet de produire 2 ou 3 mots par minute. C’est sa maladie, sa ténacité, son courage et sa passion  qui ont fait de lui une personnalité incontournable non seulement dans son milieu mais dans le monde entier. Il s’est éteint en 2018.

Ce livre, écrit par un journaliste scientifique et illustré par un graphiste et infographe dans le domaine de la physique et de l’astronomie, parvient à expliquer assez clairement les travaux du génie fasciné par les trous noirs, le Big Bang, les voyages dans le temps… Les illustrations amusantes et pédagogiques contribuent à rendre la lecture abordable. Un livre très intéressant à offrir à un passionné !

Merci aux Editions Delachaux et Niestlé et à Babelio pour cette découverte


Hawking (presque) facile ! / Rüdiger Vaas – Illustrateur Gunther Schulz – Editions Delachaux et Niestlé – février 2019 – 128p

Titre original Einfach Hawking ! (2016) – traduction et adaptation Claude Checconi

Lola regarde Lion ♥♥♥

Pourquoi il faut absolument voir ce film ? Tout simplement parce qu’il est magnifique ♥

Tiré de la véritable histoire d’un petit garçon de 5 ans qui, un soir en attendant son frère, monte dans un train vide et s’endort. A son réveil, le train roule et lorsqu’il s’arrête enfin après un temps indéfini mais très long – il aura parcouru 1600 km-, le petit Saroo ne sait ni où il est, ni d’où il vient, il est perdu dans Calcutta. Récupéré par la police après des mois d’errance, il est conduit dans un orphelinat et où il est adopté par un couple d’australiens. Pendant plus de 20 ans, Saroo mène une vie paisible juste troublée par le comportement de son frère Mantosh, lui aussi adopté en Inde mais qui n’a jamais réussi à s’adapter. Lorsque Saroo quitte la maison pour suivre ses études à Melbourne, il ne s’attend pas à ce que sa vie soit bouleversée par une rencontre avec un groupe d’étudiants indiens. Lors d’une soirée, la vue d’un petit gâteau rouge le replonge dans son passé, les images affluent, les émotions surviennent. Il raconte son histoire à ses hôtes qui le poussent à retrouver ses racines. Commence alors pour Saroo un long chemin douloureux à l’issue incertaine mais plein d’espoir.

Les acteurs sont superbes : Dev Patel que j’avais découvert dans Slummdog millionnaire confirme son talent, c’est un acteur fabuleux. LSunny Pawar qui joue Saroo enfant est un petit ange expressif, il joue très bien, ses émotions sont justes, il est lumineux. Nicole Kidman et Rooney Mara sont parfaites de sensibilité à fleur de peau. Quant à la mère et au frère de Saroo, ils sont aussi très bien. Il n’y a aucune fausse note !

Un très beau film, porté par des acteurs formidables, de belles images, et surtout cette histoire est incroyable ! Mais attention, il faut le regarder avec une boîte de mouchoirs !


Lola lit Personne n’a peur des gens qui sourient

Un jour de juin, Gloria rassemblent des affaires, récupèrent ses filles la petite Loulou à l’école et Stella au collège et fuit le Sud pour s’installer dans la maison familiale en Alsace où enfant, elle passait ses vacances. Que craint Gloria ? Qu’est-ce qui pousse une femme à tout quitter ? Pourquoi gloria doit mettre ses filles à l’abri ? Vous le saurez…

Après la vie de Vera Candida et celle de Maria Christina Väätonen, Véronique Ovaldé donne naissance à une nouvelle héroïne, Gloria Marcaggi, mère inquiète, prête à tout pour ses filles. On croise dans ce roman, des personnages authentiques et attachants, un mari, un tonton et d’autres plus sordides. Mais peut-on se fier aux apparences ? Doit-on se méfier des gens qui sourient ?

J’ai un peu moins aimé ce dernier roman. Les premières pages m’ont séduite ; le passé de Gloria, son mariage, sa relation avec son tonton, sa fille ado qui ne comprend pas cette fuite mais qui en sait bien plus que le lecteur, et surtout les raisons de cette fuite, tout cela était bien prometteur et j’étais sûre de me régaler autant qu’avec les précédents. Pourtant, pourtant… je ne suis pas aussi enthousiaste que prévu. La psychologie des personnages n’est pas vraiment traitée, et la toute fin m’a déconcertée. Mais je suis sévère, peut-être que j’en attendais trop. C’est un roman très agréable à lire, l’histoire est intéressante et bien menée, les personnages attachants et réalistes. Vivement le prochain ♥


Personne n’a peur des gens qui sourient/Véronique Ovaldé – Editions Flammarion – février 2019 – 270p

Lola lit Cousine Perle

Pour rendre service au professeur Yu qui cherche une aide pour s’occuper de sa femme malade, Yushen malgré certaines réticences, lui présente une cousine Weng Huizhu surnommée Weng la Bonne Perle, cinquantenaire qui a quitté son village pour travailler en ville. Le professeur est un homme si aimable et attentionné que Perle se méprend et tombe amoureuse de lui. Au lendemain de la mort de sa femme, elle est tellement persuadée que le professeur va enfin lui révéler son amour que l’annonce de son remariage la surprend. Elle quitte donc son emploi et enchaîne les contrats. Yushen, qui s’est éloignée de sa famille, ne voit pas l’arrivée de cette cousine empruntée et trop dévouée d’un bon œil. Mais au fil des pages, son cœur s’ouvre et elle s’attache à Perle.
C’est un joli roman poli, très correct et ponctué d’adages chinois pleins de bon sens comme Une feuille tombée de l’arbre finit toujours par atterrir au sol.

128 pages délicieuses qui se savourent.

Merci à Véronique pour le conseil ♥


Cousine Perle/Sun Huifen – Editions L’aube – janvier 2019 – 128ptraduit du chinois par Xiaomin Giafferri-Huang