Lola écoute Nos trente ans

Un super document à écouter !
Six trentenaires, 3 filles et 3 garçons, nous parlent d’eux, de leur vie au travers des thèmes existentiels ; le travail, la religion, l’amour, le sexe, la politique…
C’est très intéressant parce que parfaitement joué par des acteurs, du coup c’est rythmé, ça sonne juste, c’est crédible.
Bon, il y a pas mal de clichés mais je pense que c’est le parti pris puisque ceux qui s’expriment sont stéréotypés (l’idéaliste, l’artiste, l’intello, la blasée…) mais l’ensemble de leur réflexion est vraiment intéressant. Je conseille !

Merci Babelio et Audible

Lola regarde Un affaire de famille ♥♥♥

La famille de Kore-Eda est pleine de paradoxe. Les cinq membres de celle-ci se sont trouvés et choisis ; Osamu et Nobuyo , la jeune Aki, les enfants Shōta, Rin et la grand-mère Hatsue. De l’extérieur, ils pourraient passer pour une famille normale, mais ce n’est pas le sang qui les lie mais des secrets. Le titre original est 万引き家族,  Manbiki kazoku,  litt. La famille des vols à l’étalage. C’est ainsi que la famille survit surtout depuis que Osamu s’est blessé et ne peut plus travailler et que Nobuyo a été licenciée. 

Le réalisateur soigne son histoire et regarde cette famille avec bienveillance. C’est une peinture délicate, poétique, bienveillante, des relations entre ces 5 personnages qui ne se forcent pas, se font du bien, même si la crapulerie n’est pas bien loin et rôde entre eux. Mais ils s’aiment, c’est sûr ! Un très beau film qui a mérité sa Palme d’Or 2018. Un coup de

Lola regarde Green Book sur les routes du Sud

Le Green Book ou plus exactement The Negro Motorist Green Book, publié pour la première fois en 1936, était un guide destiné aux afro-américains qui recensait tous les établissements acceptant les noirs à l’époque de la ségrégation ; hôtels, restaurants mais aussi garages, stations services, et même les salons de beauté et les boîtes de nuit. Au début, il ne concernait que NYC et ses environs pour s’étendre rapidement sur tout le continent.

Green book sur les routes du sud, le film de Peter Farrelly, Oscar du meilleur film 2018, est l’histoire vraie du pianiste de jazz afro-américain Don Shirley et de son chauffeur italo-américain Tony Lip, dans l’Amérique ségrégationniste des années 1960. En 1962, Don Shirley doit donner une série de concerts dans le Sud profond des Etats Unis, et engage comme chauffeur garde du corps, Tony Lip un videur de boîte de nuit. Pendant 2 mois et malgré leurs différences et les tensions, ils vont faire la route ensemble, parcourir des kilomètres et se supporter, l’un bagarreur, rustre et grande gueule et l’autre, arrogant, cultivé et raffiné.

Un film réussi, une belle histoire de tolérance et d’amitié sur fond de racisme primaire, servie par 2 excellents acteurs.

 

Lola écoute David Copperfield

7h59 d’écoute pour cette version allégée du roman le plus populaire de Charles Dickens dont le résumé serait bien inutile tant on connait cette histoire, adaptée en films, BD, dessin animé, en livre pour les primaires, les collégiens.
Moi enfant, j’ai beaucoup pleuré pour David, ce pauvre petit orphelin, dans l’Angleterre du XIX°, battu par son horrible beau-père puis envoyé dans une pension dont le directeur est plus cruel encore. David perd tous les gens qu’il aime et croise toujours la route de sales types. Il aura tout connu, la pauvreté, la violence, la cruauté, mais aussi la douceur de Pegotty et de tante Betsey, la gentillesse de la famille Micawber et l’amour d’Agnès. Il aura vécu une vie d’aventure faite de joie et de peine.
J’ai beaucoup aimé la voix, très agréable, de Pauline Hurugen, comédienne de théâtre, qui sert merveilleusement bien les aventures de David Copperfield. Une belle histoire à lire, à écouter ou à regarder !
Les éditions Theleme propose des livres lus par des acteurs très connus ou plus discrets mais qui ont tous un talent formidable pour partager les émotions de la lecture.

Merci à Babelio et aux Editions Thélème

Lola lit Nous étions nés pour être heureux ♥♥♥

Ils sont presque tous là ; ses enfants, Anna, Coline, David et son fils Francky, Claire et ses petits, Jasmine et Juju. Ses ex femmes aussi, Agnès et Esther qui s’est invitée au dernier moment. Ses frères et sœurs, bien sûr, les aînés Christine, Ludovic et son fils Sylvain, Nicolas, Anne-Cécile et Béatrice, Basile, Adèle et Maxime. Il ne manque que Frédéric, qui ne reviendra jamais, trop fâché, trop dur, trop sec. Paul, l’écrivain de la famille, a organisé, sur la demande de ses frères et sœurs, ce repas de famille, chez lui, dans sa maison où il s’est réfugié et dont il est si fier. Ils sont presque tous grand-parents aujourd’hui et ne s’étaient pas vus depuis plus de 30 ans. Ils ne connaissent pas ou peu les enfants, ni les enfants de leurs enfants. A la publication de son premier roman, autobiographique, Paul qui pensait que ce livre allait leur faire du bien à tous (ils avaient tant souffert de leur enfance), avait été insulté et rejeté par sa famille qui depuis, avait refusé de le voir et de ce fait, de voir ses enfants. On n’étale pas en public les histoires de famille, l’adultère, la pauvreté, la folie, la méchanceté… Paul en a écrit d’autres, des romans, tous plus personnels les uns que les autres. Alors ce grand repas va-t-il réussir à réconcilier tout le monde ? Lequel d’entre eux a réussi à guérir de son enfance ?

Une famille, une histoire difficile, des non-dits, des souvenirs communs, tout ce qui a été vécu ensemble tisse des liens dont il est douloureux de se libérer. Un magnifique roman, très bien écrit, qui se lit d’une traite, se vit, uniquement fait de dialogues et des pensées de Paul, rythmé par des fous-rires, des silences, des chagrins, des pleurs, des exclamations, et ces moments où les rires se calment, s’éteignent, et le silence s’installe dans une certaine gène … Un coup de cœur ! ♥


Nous étions nés pour être heureux / Lionel Duroy – Editions Julliard – août 2019 – 222p

Lola lit 14

14 c’est la Grande Guerre, la Première, celle de 14-18. En Vendée, comme partout en France, l’heure est à la mobilisation générale. Anthime, la vingtaine, retrouve dans son bataillon ses amis Padioleau, Bossis et Arcenel. Charles est là aussi, puis est muté dans l’aviation. Ils pensaient rentrer vite, ils pensaient que ça ne durerait pas plus que quelques semaines. Beaucoup y perdront la vie, la tête ou reviendront mutilés. Blanche attend le retour de Charles et d’Anthime. Un seul rentrera…

Ici, pas question de poilus, de gueules cassées, pas de grande fresque historique, juste le destin de 5 hommes, 5 inconnus, ni héros ni braves, pris dans la tourmente de l’Histoire. Un livre très court, au style épuré tout en retenue, à la limite de la froideur. On retrouve la belle écriture de l’auteur, riche et précise, comme dans Je m’en vais que j’avais beaucoup aimé. Un petit livre à lire !


14 / Jean Echenoz – Les Editions de Minuit 2012 – 123p

Lola regarde A star is born

Lui, Jackson Maine, un guitariste connu qui sombre dans l’alcool et les médicaments. Lors d’une de ses virées alcoolisées, il croise Ally, une jeune serveuse un peu rebelle à la voix prometteuse. Il tombe follement amoureux d’elle, l’invite à ses concerts, la pousse sur le chemin de la célébrité. Ils s’aiment, partagent la même passion pour la musique et le public. Mais les vieux démons de Jack refont surface lorsque Ally décide de confier sa carrière à un manager qui fait d’elle une star.

Une belle histoire histoire d’amour romantique sur fond musical. Bradley Cooper est mon chouchou depuis Happiness Therapy, et je découvre Lady Gaga dont je ne connaissais que les frasques et quelques morceaux. Ici, elle bluffe par sa sensibilité et son naturel. Une comédie romantique solide et pas gnangnan, ça marche !

Lola regarde Dogman ♥♥♥

Je découvre le cinéma de Matteo Garrone, le réalisateur pourtant multiprimé de Gomorra. Je découvre surtout Marcello Fonte, acteur admirable révélé par ce film. Et je me prends une super claque ! 

De nos jours, en Italie, dans un coin moche et tristounet, Marcello toiletteur pour chien, est heureux. Il a sa petite boutique, il aime son boulot, il voit sa fille régulièrement, il s’entend bien avec les autres commerçants. Pour arrondir un peu les fins de mois et s’offrir des stages de plongée avec sa fille, il vend un peu de cocaïne. A Simone surtout, un ancien boxeur, fraîchement sorti de prison, hyper violent et qui terrorise le quartier. Mais Marcello est simple, confiant, fidèle, benoîtement gentil et il se laisse entraîner dans des affaires louches. L’une d’elles tournent mal et Marcello paie le prix fort et se retrouve en prison. A sa sortie, c’est un autre homme, il prévient Simone qu’il n’est plus le même mais l’autre brute n’y croit pas et continue ses humiliations. Alors Marcello décide de se venger.

Tiré d’un fait divers de la fin des années 80 qui avait choqué les italiens par la violence des faits de torture que le toiletteur avait fait subir à l’ancien boxeur pendant plusieurs heures. Heureusement, Matteo Garrone nous épargne ces horreurs, les scènes où l’autre cinglé frappe à mort sont bien suffisantes.

Un coup de coeur ♥♥♥ pour le jeu de Marcello Fonte, pour sa justesse et l’émotion incroyable qu’il dégage, pour  son regard, pour l’atmosphère de ce quartier qui fout le bourdon, parce que je déteste la violence, les grosses brutes épaisses et décérébrées qui frappent, qui démolissent et que c’est dégueulasse que la gentillesse passe pour de la faiblesse, dont on peut abuser. Je déteste la violence, l’injustice et le gâchis, et là, cette vie sacrifiée pour de mauvaises raisons. De mon canapé, je n’arrêtais pas d’encourager le toiletteur à réagir, à ne pas se laisser faire ! Ce couillon ne m’a pas écoutée 🙁

 

Lola lit La mule et le sanglier

Ce samedi 23 juin 2018, dans le village de Ban Pa Muat, en pleine mousson, Madee la maman de Deem s’inquiète ; il n’est toujours pas rentré de son entrainement de foot. C’est son ami Songpol qui lui apprend que l’entraîneur a décidé d’emmener l’équipe à la grotte de Tham Luang. Madee se précipite à l’entrée de la grotte où les gardes forestiers ont, effectivement, trouvé 13 vélos. Commence alors pour Madee et les autres parents, mais aussi les familles, voisins, thaïlandais et finalement le monde entier, une longue attente d’angoisse qui aura un dénouement heureux le matin du 16ième jour où les enfants et leur entraîneur seront sauvés.

Cet événement nous a tous terrifiés l’été dernier. Quelle angoisse de savoir ces enfants prisonniers, complètement isolés, au fond d’une grotte inondée, et ses pluies diluviennes qui n’en finissaient pas ! Nous avons tous été tellement soulagés quand les petits garçons ont été extraits de la grotte maudite, et surpris d’apprendre que la méditation était en grande partie l’explication à leur survie.

Cette BD retrace très justement cette terrible épreuve. On comprend très bien les difficultés que les sauveteurs ont rencontrées, les mécanismes mis en place et les moyens mis en oeuvre pour organiser le sauvetage, la mobilisation internationale. Tout est très bien expliqué. L’angoisse, la tension sont brillamment illustrées par Léa Hybre, une jeune illustratrice, dont l’univers coloré et naïf est très expressif. Les textes de Thierry Falise, simples et clairs, donnent vie à cette aventure avec sensibilité.

Une BD à lire en famille !

Merci aux Editions Massot et à Babelio pour cette découverte


La mule et le sanglier / Thierry Falise et Léa Hybre – Editions Massot – mars 2019 – BD 122p


http://www.leparisien.fr/faits-divers/grotte-en-thailande-nous-sommes-engages-dans-une-course-contre-l-eau-05-07-2018-7807872.php

https://www.lci.fr/international/grotte-en-thailande-il-a-fallu-qu-ils-marchent-vers-nous-un-plongeur-raconte-le-sauvetage-des-enfants-thuam-lang-2093201.html

 

Lola adore le cinéma de Asghar Farhadi

Asghar Farhadi est un réalisateur scénariste iranien, né en 1972. J’aime ses films, qui tous se ressemblent, traitent des hommes, des femmes englués dans la société, de leurs relations, leurs contradictions, de ce qui les émeut, les bouleverse, les  . Des films d’où se dégage de la douceur alors même que le sujet est grave, les apparences exigeantes, les relations oppressantes. Au cœur de ses huis clos, les couples, qui avancent ensemble, s’aiment ou se sont aimés, se déchirent, se regardent, ne se comprennent pas. Des films faits de regards, de silences, de gestes retenus. C’est un cinéma emprunt de vérité, de profondeur. Ses acteurs masculins et féminins sont toujours magnifiques, troublants de sincérité et de justesse. Ses portraits de femmes sublimes ♥♥♥

   

Et le superbe Everybody knows pour lequel le cinéaste s’est éloigné de l’Iran pour les couleurs de l’Espagne, et de la sphère du couple pour celle, élargie, de la famille.