Lola lit Et toujours elle m’écrivait

A 27 ans, l’auteur Jean-Marc Savoye, fatigué de ses échecs, décide « d’aller voir quelqu’un ». 30 ans plus tard, il nous livre le récit de ses années d’analyse, librement interrompu par Philippe Grimbert, psychanalyste et auteur du célèbre roman le secret.L’écriture est agréable et les interventions de Grimbert constructives.
Le poids parfois si lourd de l’héritage parental, le sac remplit de maux/mots qu’on se trimbale, qu’on traîne depuis l’enfance : les mots dits, les non-dits, les trop dits … Tous ces mots qui, parfois encouragent, parfois découragent, construisent ou détruisent ; les maux des mots ou les mots des maux. Parler a sauvé l’auteur. Tout est langage, disait Dolto.
Un ouvrage intéressant qui donne à réfléchir, et qui m’a beaucoup plu.


Merci à Babelio et aux Editions Albin Michel pour cette découverte.

Lola lit Le dernier exploit de Poxl West

poxl1986 USA – Le jeune ado Elijah est fasciné par son oncle Poxl West, héros de la seconde guerre, juif engagé dans la Royal Air Force. Enseignant, il s’est essayé à la littérature mais ses 2 romans n’ont pas trouvé d’éditeurs. Pourtant l’oncle Poxl a eu une vie palpitante et il sait raconter des histoires qui fascinent Eli. Le succès arrive enfin lorsqu’il décide de raconter ses mémoires et les publie sous le titre Skylock. Enfin reconnu l’oncle jubile, et le neveu s’extasie. Mais tout bascule lorsque la véracité des souvenirs héroïques de Poxl West est contestée par un journaliste du New York Times, l’admiration d’Elijah pour son oncle faiblit, et son monde s’effondre. Mais qui a raison, où est la vérité ?

C’est une question à laquelle je ne répondrai pas, car j’ai bien aimé ce premier roman, où 2 histoires se croisent, 2 époques, 2 genres ; on lit Skylock, les mémoires mouvementées de Poxl West (en italique dans le livre) parfois interrompues par Elijah qui raconte son présent, sa vie et ses relations avec son oncle.

Même si j’ai regretté que les personnages manquent un peu d’épaisseur, la construction originale et l’écriture très soignée en font un moment de lecture très agréable.


Le dernier exploit de Poxl West / Daniel TORDAY  – Les Escales 11/2016 –  304 pages 

 

Lola lit Une comédie des erreurs

 

unecomedieAnnées 60, Université pour filles de Stillwater, Peggy, une jeune étudiante présumée lesbienne, fille de pasteur, tombe amoureuse de Lee Fleming, héritier d’une des plus riches familles de Virginie, prof de poésie, homosexuel réputé. Peggy découvre le sexe dans ses bras et se laisse prendre au jeu de l’amour même si cette histoire est vouée à l’échec. Très vite un bébé s’annonce inopinément, et Lee, soucieux de ses responsabilités épouse Peggy. Des années plus tard, mère au foyer insatisfaite, trompée par son mari, lasse de cette vie qui l’a conduite trop loin de ses aspirations de dramaturge, Peggy s’enfuit. Elle quitte Lee et la maison, lui abandonne leur fils de 8 ans mais emmène Mireille leur fillette de 3. Recherchée par la police pour enlèvement, Peggy s’enfonce dans la campagne et trouve une petite maison à l’abandon, qu’elle répare comme elle peut et s’y installe en se faisant passer pour une mère et sa fille noire (c’est incroyable mais pourtant possible, puisque dans ces années-là en Virginie, une goutte de sang noir dans une lignée pouvait faire de vous un noir). Au début, elles se terrent, sortent le moins possible pour ne pas se faire repérer. Puis, Mireille grandit, va à l’école, Peggy doit accepter de laisser vivre sa fille adolescente qui devient amie avec un jeune noir (un vrai celui-là) Les 2 mamans se lient d’amitié et partagent leurs difficultés de noirs.

De mi-1960 à 1980, l’auteure nous raconte le difficile quotidien des noirs aux Etats-Unis, le racisme, la ségrégation, le rejet. C’est un roman très particulier, que j’ai lu laborieusement, sans plaisir mais avec envie. L’envie de savoir où l’auteure voulait m’emmener, quelle fin elle trouverait à cette histoire. Le sujet est particulier mais l’écriture l’est aussi puisqu’elle peut passer, sans prévenir, de conventionnelle à grossière, aucun mot obscène ne nous est épargné, et même s’il n’y a pas une once de vulgarité, c’est assez troublant. De plus, il y a énormément de références, certaines sont drôles et intéressantes, mais c’est trop ! Au début j’ai cherché chacun des noms inconnus sur internet, mais j’ai fini par abandonner et tant pis pour ma culture G. Je pense que, du coup, je suis passée à côté de ce bouquin, de cette auteure qui mérite sûrement d’être encensée par ses pairs (Donna Tartt, Franzen…)


Une comédie des erreurs/Nell ZINK – Editions SEUIL – Août 2016 – 304p

Lola lit 99 dessins pour ne plus faire de fautes

99dessinspour1Voilà un petit ouvrage que j’adore ! Je l’ai découvert lorsqu’il a fallu que je choisisse un livre à envoyer à une de mes étudiantes japonaises, qui avait eu la gentillesse d’offrir à mon fils Le petit Prince dans sa langue maternelle. Je voulais en retour, lui trouver un ouvrage utile, intéressant qu’elle puisse utiliser pour son apprentissage du français mais je le voulais aussi ludique et drôle. Lorsque je suis tombée sur celui-ci, je me le suis offert d’abord pour pouvoir le feuilleter, et j’ai été convaincue que c’était LE livre que je voulais envoyer à Nao. Depuis, d’autres ont voyagé, Islande, Brésil, Slovénie, Italie… puisqu’il est devenu LE livre que j’offre, systématiquement, en remerciements. Je l’ai aussi glissé dans la hotte du Père Noël l’année dernière ! Et à chaque fois, il a comblé la personne qui l’a reçu, de 7 à 77 ans <3

L’auteure Sandrine Campese, une jeune femme adorable et brillante, férue d’orthographe et qui participe au Projet Voltaire, s’est amusée à « rendre graphiques, les règles orthographiques » et c’est un succès ! Page de droite les mots sont illustrés et page de gauche un petit texte très clair rappelle les règles avec esprit. Au fil des pages, on s’amuse, on jubile, on ricane ; les doubles consonnes, les accents, les faux amis, les homonymes n’ont bientôt plus de secrets pour nous, on peut enfin se jouer des perfidies de la langue française non sans éprouver un grand bonheur et une immense satisfaction : « plus jamais on ne se fera avoir! »

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99dessins2Après le succès du petit livre jaune, 99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes revient, et cette fois-ci il est rouge et tout aussi indispensable et à petit petit prix. Bientôt Noël, alors si vous voulez faire plaisir à un amoureux de la langue française, à un étudiant petit ou grand ou un curieux, glissez ces charmants petits livres sous le sapin <3

Ah tiens, il me vient une idée 🙂 En collaboration avec Sandrine Campese et Les Editions de L’Opportun, nous allons organiser un concours pour vous les faire gagner ces petites merveilles ! Que diriez-vous de 2 chances de gagner un ouvrage par jour pendant 2 semaines, là juste avant Noël ?! On saute de joie et on attend Lundi 5 décembre avec impatience 😉 Je vous donnerai plus de détails ce week-end, alors soyez vigilant et restez connecté !

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99 dessins pour ne plus faire de fautes / Sandrine Campese – JB Thomas Sertillanges / Editions de l’Opportun 2015 – 219p – 9.90€

99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes / Sandrine Campese – Isabelle Fregevu-Claracq / Editions de l’opportun 2016 – 217p – 9.90€

 

 

INFOS CONCOURS FACEBOOK (du 5/12/2016 au 16/12/2016 😛
Chaque matin de la semaine (sf week-end), je publierai un dessin tiré de 99 dessins pour ne plus faire de fautes de Sandrine Campese aux Editions de l’Opportun.
Ce dessin sera accompagné d’une question à laquelle vous devrez répondre en commentaire.
(pas d’inquiétude, ce ne sera pas trop difficile pour permettre à tout le monde de participer)
 
Chaque jour, 2 participants seront tirés au sort et gagneront un exemplaire de 99 dessins pour ne plus faire de fautes.
Le nom des gagnants sera annoncé dans la publication du matin.
 
Pour participer et avoir une chance de gagner, il faut :
– répondre correctement à la question :p
– inviter 3 de vos amis dans le même commentaire
– partager la publication en mode public sur votre profil
 
Vous pouvez aussi liker la page, vous abonner au blog si vous voulez 😉 ça fait toujours plaisir <3 mais ce n’est pas obligatoire !
 
2 livres par jour, ça fait 10 chances de gagner un exemplaire du tome 1 ! Et si vous avez déjà le tome 1, nous avons pensé à vous et organisé un autre concours la semaine suivante pour vous offrir le tome 2 <3
 
C’est bientôt Noël, alors si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos enfants, votre moitié, vos frères et vos sœurs, vos parents, vos cousins, amis, collègues, étudiants, élèves, voisins…
 
Rendez-vous demain matin pour la première question, et vous saurez mardi matin qui a été tiré au sort <3
 
Bon dimanche, à lundi :*

Lola lit Le dictionnaire des grosses bêtises

lesbetisesCe dictionnaire est plutôt un annuaire qui recense les bêtises, petites ou grosses qu’il ne faut pas faire !

C’est un joli livre, les illustrations sont ravissantes, vives et colorées, autour d’un petit lapin rose bien sympathique, on croise un gros chien qui gronde, une taupe farceuse, un cochon malin, un loup gourmand, un méchant chat… Sur chaque page de gauche, la mise en garde, il ne faut pas et sur la droite, l’illustration.

Pour moi, le point négatif c’est qu’il n’y pas de hiérarchie des bêtises, par exemple, on trouve côte à côte il ne faut pas jouer avec les allumettes et il ne faut pas déchirer les livres, il ne faut pas faire du trampoline sur un lit et il ne faut pas ouvrir les produits d’entretiens, mettre les doigts dans les prises et revoir la décoration sans l’accord du propriétaire. Je trouve cela fort dommage car cela peut créer de la confusion chez les enfants entre une bêtise rigolote, faire le fou pendant la sieste, et une très dangereuse, sortir de la voiture tant qu’elle n’est pas arrêtée ; j’aurais aimé qu’il y ait des catégories par exemple ce qui est dangereux, imprudent, malpoli, pas écolo… pour en faire un vrai bon outil pédagogique.

Un livre à offrir aux parents d’un tout-petit pour le mettre en garde contre les dangers de la vie quotidienne, ou à ceux d’un plus grand pour revoir avec lui les conséquences de certains actes.

Merci à Babelio et aux Editions Larousse pour cet envoi.


Le dictionnaire des grosses bêtises / Philippe Jalbert – Editions Larousse 2016 – 96p

Lola lit Petit pays

petit-paysUn premier roman qui m’a touchée. Est-ce parce qu’il parle de l’enfance volée, de la guerre, de l’exil ? Sûrement  Est-ce parce que l’écriture est belle, simplement belle, les personnages attachants et les sentiments tellement bien décrits ? Oui. Peut-être aussi parce que les souvenirs d’enfance de Gaby ressemblent un peu aux miens, à ceux de tous les enfants.

Gaël Faye est un tout jeune homme, né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français tout comme son petit héros Gaby, 10 ans. Gaël-Gaby, des prénoms qui se ressemblent, des souvenirs qui se confondent, se chevauchent, s’éloignent. Gaby n’est pas Gaël mais Gaël a nourri Gaby de son enfance, de ses souvenirs dans son petit pays. Ce roman est un très beau moment de lecture, qui parle avec fraîcheur de l’insouciance de l’enfance, qui pétille, qui sautille. Quand on est enfant le monde se réduit à notre ciel, notre rue, notre maison, nos amis et notre famille. Et le monde de Gaby est idyllique jusqu’à ce qu’à ce que l’horreur de la guerre au Rwanda entre Tutsis et Hutus en 1994 le happe. Une guerre ignoble, que l’auteur connait bien et dont il parle avec retenue, sans colère, mais incompréhension. Une guerre qui prend les amis, les cousins, la famille, et la maman de Gaby, qui sombre dans la folie. Une guerre ignoble dont je garde des images de sauvageries abominables, les histoires racontées par les enfants réfugiés en France avec lesquels je travaillais à l’époque. Je n’oublierai jamais les stigmates des tortures subies, sur les corps de ces jeunes filles et jeunes garçons, je n’oublierai jamais les regards de ces enfants, qui avaient vu l’abomination. Voilà pourquoi, entre autres, j’ai été bouleversée par ce roman qui mérite l’attention dont il est entouré.

Roman reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2016 de PriceMinister que je remercie infiniment pour ce magnifique cadeau !

L’année dernière La terre qui penche, cette année Petit pays, à l’année prochaine #MRL16, pour, j’espère, une nouvelle belle lecture <3 


Petit pays / Gaël Faye – Editions Grasset 2016 – 224p – Prix Fnac 2016

Lola lit au commencement du 7ième jour

aucommencement

Le couple que Thomas 37 ans forme avec Camille traverse une crise. Les enfants, le boulot, la routine, Thomas lutte pour que rien ne casse. Ce soi-là, il a même préparé un repas en amoureux pour leur dix ans de mariage tout en sachant que Camille n’aura sûrement pas envie, qu’elle sera encore trop fatiguée par ses aller-retour incessants entre son job à responsabilités qu’elle occupe au Havre et leur maison en banlieue. Mais cette nuit-là, c’est la gendarmerie qui appelle à quatre heures pour prévenir que Camille a eu un accident de voiture, très grave, qu’elle est hospitalisée en réa au CHU de Rouen. Alors Thomas confie les enfants à la nounou et file sur l’autoroute au petit matin. Le doute s’installe très vite, mais que faisait Camille sur cette petite route de Normandie ? N’aurait-elle pas dû se trouver sur l’autoroute pour rentrer ? Mais Camille ne pourra répondre à ces questions puisqu’elle est dans un coma de stade 3, un coma profond. Thomas veut comprendre, il cherche tous les indices qui pourraient expliquer pourquoi Camille se trouvait là. Après 28 jours, Camille se réveille enfin, complètement absente. C’est la fin de la première partie de ce roman qui m’a happée littéralement, par son rythme soutenu, impossible de reprendre son souffle, les phrases s’enchaînent, la mise en page est dense, comme un bloc, aucun retour à la ligne, les dialogues ne sont pas matérialisés, contraints dans l’urgence, les mots courent, ils s’échappent. J’étais essoufflée et abasourdie en commençant la deuxième partie dans lequel je m’attendais à faire la connaissance de Camille, à participer à sa renaissance, à trouver quelques réponses. J’ai donc été très étonnée de me retrouver dans les Pyrénées, avec Thomas, sac au dos, gravissant les sommets avec peine mais détermination. Les enfants sont restés en bas, chez leur oncle Jean et jouent aux petits bergers. Dans les montagnes sur un chemin de randonnée, Thomas se raconte son enfance de petit dernier, la rudesse de son frère aîné Jean le berger, Pauline sa sœur partie en Afrique, la mort de son père victime d’une chute près du lac d’Anie quand il avait 7 ans. Et Jean qui met l’horreur en mots, et Thomas qui enfin comprend, les non-dits, l’infâme secret de famille, la fuite de sa soeur. De Camille, on ne parle plus, ou si peu, mais l’on comprend qu’elle n’est plus, sans savoir ni quand ni comment. Une deuxième partie qui, encore une fois m’a laissée pantelante. Où allait donc me conduire Thomas pour ce dernier livre 3 ? En Afrique évidemment, où il rejoint Pauline, qui a crée un dispensaire au Cameroun. Un saut dans l’inconnu pour Thomas, d’autres paysages, les retrouvailles avec sa soeur depuis si longtemps perdue. Il voudrait la ramener en France, maintenant qu’il sait, qu’il a tout compris. Le Cameroun est un pays en guerre, la vie y est dangereuse, il en a fait les frais puisqu’il s’est retrouvé emprisonné pour quelques jours. Il a besoin d’elle, lui qui a tant perdu, pourtant il repartira sans elle mais avec Aliou, un autre trésor, pour reprendre sa vie avec Anton et Elsa, ses enfants chéris et Claire, la mère de Camille, qui a été son grand soutien.

C’est un livre comme on en rencontre parfois, qui touche profondément, qui laisse une empreinte sans que l’on sache vraiment pourquoi. Une universalité, la course existentielle, les histoires de famille, de fratrie, d’enfants, de pertes, de retrouvailles, un livre qui parle de la mort et finalement de la vie. Un roman magnifique !

C’est un livre comme on en rencontre parfois, qui touche profondément, qui laisse une empreinte sans que l’on sache vraiment pourquoi. Une universalité, la course existentielle, les histoires de famille, de fratrie, d’enfants, de pertes, de retrouvailles, un livre qui parle de la mort et finalement de la vie. Un roman magnifique !


Au commencement du 7ième jour / Luc Lang – Editions Stock 2016 – 540p

 

Lola lit Celui-là est mon frère

celuilaDans un pays inconnu, mais que l’on peut situer en orient, à une époque inconnue mais que l’on imagine proche de nous, deux hommes s’affrontent. L’un, le narrateur est le fils du chef d’état et appeler à régner à son tour comme tous les hommes de sa famille. L’autre, orphelin, a été recueilli par ce même chef d’état quand il était petit, il deviendra ministre. Les frères ont vécu une enfance heureuse dans le palais de leur père, une adolescence complice qui a soudé leur relation et leur amour fraternel. Un jour, le frère adopté assassine un garde qui brutalise un pauvre hère. Mais le regard du garde le hante, son comportement change et il finit par disparaître. 10 ans durant, le narrateur attend son frère. Et un jour, il revient. Mais il n’est plus le même homme, il n’est pas revenu en paix, il est dorénavant du côté des minorités, les pauvres, les laissés pour compte. Il prend la tête de la rébellion. Son frère, qui règne sur le pays, est anéanti par le chagrin et les doutes. Très vite, des fléaux vont s’abattre sur le pays, eau des fontaines empoisonnée, invasion de sauterelles, peste, pays plongé dans la nuit… des plaies qui nous font évidemment penser à celles infligées par Dieu à l’Egypte, et que le peuple impute aux rebelles. L’affrontement entre les deux frères, dont l’un n’est qu’amour et l’autre haine, vire au drame.

L’auteure réécrit remarquablement l’histoire biblique de Pharaon et Moïse. Un premier roman envoûtant, un de ceux qui laisse une empreinte forte. J’ai adoré !


Celui-là est mon frère / Marie Barthelet – Editions Buchet Chastel 2016 – 176p

Lola lit La correction

lacorrectionFrançois, le narrateur est correcteur dans la Revue du Tellière dirigée par l’autoritaire et flamboyante Reine qui ne le laisse pas indifférent. Un métier auquel sa mère, récemment décédée, l’a toujours pensé destiné. François après avoir travaillé dans une papeterie s’est rangé à l’avis maternel et est devenu correcteur. Il aime son travail qui consiste à dénicher la moindre faute dans les textes qui lui sont confiés par Reine et il entend le faire le mieux possible. Alors lorsqu’il se rend compte un jour, en relisant ses corrections, qu’il reste des erreurs, il s’interroge, achète un calepin dans lequel il note toutes ces coquilles, roulure pour coulure, catin pour satin, culotte pour calotte… Et finit par conclure que quelqu’un glisse ses horreurs dans son travail, mais à quelle fin ? De suppositions en hésitations, François devient soupçonneux, paranoïaque et commence à y perdre son latin. Un jour sur le chemin du bureau, il découvre un oisillon chétif abandonné dans la rue, il le sèche, décide de le garder et le cache dans sa poche, trouvant en lui un trésor, un signe, un talisman.

C’est un premier roman très plaisant, à l’ambiance mystérieuse, onirique et drôle, qui prend tout son sens dans les dernières pages. Sans chercher à comprendre où l’auteure voulait en venir, je me suis laissée porter par l’écriture précise et épurée, jusqu’à la fin surprenante. Un roman à relire, pour en comprendre toutes les ficelles, une auteure à suivre assurément.


La correction / Elodie LLORCA – Editions Rivages 2016 – 189p

Lola lit Beaux rivages

bouraouiLa narratrice, une femme de 46 ans, est quittée par son compagnon Adrian. Lui, propriétaire d’une galerie d’art en Suisse et elle doubleuse voix en France, ils vivaient depuis huit ans une relation sans nuages entre Paris et Zurich. La rupture est donc une surprise pour elle qui pensait finir sa vie avec lui, une surprise d’autant plus douloureuse qu’il la quitte pour une autre femme. Cette autre qui, en plus d’avoir brisé la vie de la narratrice, poste des photos de sa nouvelle idylle avec Adrian et des messages que la narratrice pense lui être destinés. Elle devient accro à ce blog qu’elle consulte chaque jour bien qu’il ajoute à sa souffrance. Et les jours passent, elle décide de consulter un psy sans que cela change vraiment.

On retrouve l’écriture plutôt classique et très jolie de Nina Bouraoui, ici le style est lent et répétitif. Autour des deux personnages principaux, gravitent trois petits rôles dont on ne sait rien ou si peu, sa psy, sa rivale et Sacha, une relation.
La douleur de la narratrice d’avoir perdu l’homme qu’elle aime occupe tout le roman, elle tourne en rond dans ses pensées négatives, n’a pas de réel désir d’en sortir. Je me suis souvent ennuyée, j’ai parfois espéré qu’elle retrouve le goût de vivre et d’aimer, mais je n’ai absolument pas été touchée. Le thème pourtant très actuel du blog n’est pas développé, le travail psy non plus. Non vraiment je n’ai pas compris l’intérêt de ce roman !


Beaux rivages / Nina BOURAOUI – Editions JC Lattès 2016 – 245p