Lola lit Noyade

Joey 8 ans passe ses vacances d’été dans un centre de vacances comme la plupart de ses petits camardes américains. Joey est un petit garçon timide, réservé et qui, en plus, a peur de l’eau ! Mais pour Alex, le tout jeune maître nageur, c’est inimaginable qu’un des gamins quitte le camp sans savoir nager. Alors quelques jours avant le grand départ, Alex abandonne Joey sur un radeau au beau milieu du lac, il faudra bien que ce peureux revienne tout seul et alors, Alex aura réussi : comme chaque année, tous les enfants sauront nager ! Mais Alex oublie Joey qui disparait. Où est-il ? Il ne sera jamais retrouvé.

20 ans plus tard, Alex est devenu un marchand immobilier, dont les méthodes lui ont apporté succès, argent mais aussi un tas d’ennemis. Alors lorsqu’il retrouve sa piscine souillée d’une eau couleur sang, il ne peut imaginer que le passé, qu’il avait oublié, refait surface. Et pourtant, les indices s’accumulent, quelqu’un lui en veut suffisamment pour mettre la vie de sa famille en danger. Se peut-il que ce soit Joey qui revienne se venger ?

Tous les ingrédients du thriller réussi sont réunis ; du suspens, du rythme, une intrigue qui tient debout… Ce que j’ai trouvé intéressant c’est que, finalement, on tremble pour le « méchant », en effet j’ai parfois oublié qu’Alex avait quand même abandonné un gamin de 8 ans au milieu d’un lac. Je ne suis pas amatrice de ce genre littéraire mais j’ai trouvé celui-ci efficace même si la fin est un peu décevante.


Noyade / JP Smith – Editions Gallimard – Collection Série Noire – juin 2020 – 384p

traduit de l’anglais (américain) par Philippe Loubat-Delranc – titre original The Drowning

 

Lola lit Frangines

Elles sont 3 frangines ; Mathilde, Violette et Louise la petite dernière. Tous les ans elles rejoignent leur parent à la garrigue, la maison familiale du sud de la France.

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille, mais elles se soutiennent, se chamaillent, se câlinent, se disputent, s’engueulent, se fâchent, et se réconcilient…

Elles ont des secrets aussi, entre sœurs, c’est bien normal et quand elles se les avouent elle sont partagées entre la colère de ne pas avoir su avant et le bonheur de pouvoir partager.

Ça crie, ça chante, ça rigole, ça critique, ça pleure… sous la chaleur du soleil du Sud et le chant des cigales.

Un chouette roman de frangines, de frangins aussi, chaque fratrie peut retrouver un peu de son histoire ♥


Frangines / Adèle Bréau – Editions JC Lattès – juin 2020 – 350p

Lola lit Des vies à découvert

Une maison victorienne du New Jersey est le lien entre les deux familles que nous dépeint Barbara Kingsolver. 150 années séparent Thatcher Greenwood et Mary Treat scientifiques progressistes, de la famille Knox, issue de la classe moyenne.

En cette année 2016, la maison de Willa se délabre et nécessite de gros travaux que le salaire de son mari Iano prof à l’université, ne peut supporter. De plus son fils vient de perdre sa femme en couches et revient s’installer chez ses parents avec son bébé. Willa, petit soldat, se bat pour son foyer, se démène, s’occupe de son désagréable beau-père impotent qui vit avec eux, tente de surmonter chaque obstacle, chaque crise du quotidien, elle porte son petit monde à bout de bras, tout en se désolant de l’ascension de Trump.

De leur côté, en 1871, Mary et Thatcher, proches des travaux de Darwin, essaient de se faire entendre par la communauté scientifique pour développer sa fameuse Théorie de l’Evolution. L’auteur choisit de mettre en scène un personnage existant : Mary Treat, chercheuse naturaliste, entomologiste et botaniste des plus importantes de son époque, dont les travaux ont été reconnus par Darwin (himself) et d’autres scientifiques émérites qui louaient sa rigueur et sa grande expertise dans l’observation et l’analyse des insectes et autres organismes vivants.

Ce qui lie Mary et Willa, en plus de leur maison, c’est le courage qui leur donne la force de se battre. Elles ne sont pas si différentes et leurs histoires pas si éloignées, d’ailleurs si chacune a son chapitre, les mots qui terminent ceux de Mary forment les titres de ceux de Willa, comme une guirlande, une corde qui relie leur destin de femmes. Un roman intéressant, très bien documenté, pas si facile à lire si on veut prendre le temps de s’interroger sur tous les sujets abordés par l’auteur.

Merci à Babelio et aux Editions Rivages


Des vies à découvert /  Barbara Kingsolver – Edition Rivages – 576 pages

traduit de l’anglais/Etats-Unis par Martine Aubert – Titre original : Unsheltered

 

Lola lit Les roches rouges

Alex le vigile terrifie son fils et violente sa femme. Leila trouve de la douceur auprès d’Antoine à peine sorti de l’adolescence, qui vit chez ses parents où il glande toute la journée depuis qu’il a quitté le lycée. Mais quand Alex trouve Antoine dans le parc il l’amoche et promet la même chose à Leila si elle ne rentre pas à la maison vite fait. La peur les fait fuir. C’est le début d’une cavale avec Alex le Pitt Bull aux basques. Les roches qui entourent la petite maison d’Agay sont rouges. C’est dans cette petite maison sur les hauteurs des calanques que Antoine, Leila et son fils Gabi trouvent refuge après avoir fui la région parisienne et la fureur d’Alex. Lise, la sœur d’Antoine se trouve sur leur route et va les suivre dans leur fuite.

J’aime beaucoup Olivier Adam et je ne manque aucun de ses romans « adultes ». J’ai lu celui-ci sans savoir qu’il était destiné à un public de jeunes-adultes. Je n’y ai pas retrouvé la force, la rudesse et la maturité que j’aime tant chez cet auteur mais je n’ai pas été vraiment déçue : les personnages sont attachants, le rythme soutenu, il y a beaucoup de dialogues, la langue est moderne. Un bon roman agréable à lire, à mettre entre toutes les mains.


Les roches rouges / Olivier Adam – Editions Robert Laffont  Collection R – juin 2020 – 240p

Lola lit Les jours brûlants ♥

1976, Joanne Linaker est heureuse dans sa charmante maison de Modesto, jolie petite ville de Californie, auprès de son mari chirurgien, de ses enfants et de ses amis. La vie de cette famille modèle américaine éclate lorsque Joanne est agressée par un junkie qui l’insulte et la frappe au visage pour lui voler son sac. Malgré le soutien de Thomas, Joanne ne supporte plus sa vie, elle prend la fuite au volant de sa voiture vers Las Vegas.

C’est l’histoire d’une femme qui s’extrait de la vie, une femme fragile qui trouve la force et le courage de lutter contre l’immobilisme, une femme brisée qui se réapproprie sa vie. Un roman coup de cœur ♥


Les jours brûlants / Laurence Peyrin – Editions Calmann Levy – mars 2020 – 324p

Lola lit Broadway ♥

Broadway c’est l’histoire d’un type -père de famille, marié, vie routinière dans une maison en lotissement entre barbecues de voisinage et apéros avec les copains- qui reçoit un courrier de la CPAM l’invitant à faire pratiquer un test de dépistage du cancer colorectal pour ses 50 ans. Or il n’a que 46 ans. Incompréhensible ! Entre angoisse et colère, Axel imagine toutes les raisons pour lesquelles il a reçu cette enveloppe bleue si compromettante. Parallèlement son adolescent de fils se fait choper au lycée alors qu’il a dessiné 2 de ses profs s’adonnant à une levrette et c’est à lui de gérer la situation. Axel passe son temps à se faire des films, à se jouer ou se rejouer les scènes de sa vie : comment il aurait dû, ce qu’il aurait pu faire ou dire, avec son voisin, ses copains, la prof… Parce que 46 ans, c’est presque l’heure de l’enveloppe bleue mais c’est surtout l’heure des bilans, mises au point, remises en questions et autres interrogations de milieu de vie. Et si c’était l’heure de vivre enfin comme à Broadway ?

C’est tellement drôle et plutôt bien écrit. Un bon roman qui fait beaucoup de bien ! ♥


Broadway / Fabrice Caro – Editions Gallimard – août 2020 – 208p

 

Lola lit La république du bonheur

Kamakura est une charmante petite ville côtière au sud de Tokyo, c’est là que vit Hatoko dite Poppo. Elle y tient la papeterie Tsubaki, héritée de sa grand’mère, où elle est aussi écrivain public. Cette année est très particulière pour Poppo puisqu’elle vient d’épouser Mitsurô et de ce fait se retrouve maman de la petite Haru. Poppo aime profondément la petite fille, elle prend son rôle de maman très à cœur, et découvre le bonheur d’une vie de famille dont elle a cruellement manqué dans son enfance, ayant été élevée sévèrement par sa grand’mère. Elle est très bien accueillie par ses beaux-parents auxquels elle rend visite avec son gentil époux et son adorable petite belle-fille, elle est acceptée comme épouse et comme maman remplaçante de Miyuri, décédée. Poppo, plutôt solitaire, doit s’habituer à sa nouvelle vie où tout est partagé, l’espace et le temps. Parallèlement, elle continue à écrire des lettres d’amour, de rupture, de souvenirs pour ses clients.

Un roman japonais où le temps passe lentement, où le bonheur se trouve dans le goût d’un mochi, l’odeur des feuilles de thé fraîchement ramassées, la cuisson des boulettes de riz gluant… Un roman d’amour maternel, de bienveillance et de respect. Un roman très facile à lire, sans surprise, sans suspens, ni rebondissement, tout en délicatesse et sensibilité.

La République du bonheur est la suite de La papeterie Tsubaki mais peut se lire indépendamment. N’ayant pas lu le précédent et ne sachant pas qu’il s’agissait d’une suite, j’ai découvert Hatako, des bribes de son histoire, la papeterie, les clients… et j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose à ce roman, qu’il était un peu lacunaire. Il m’a manqué notamment des informations sur Hatako pour me permettre de comprendre sa façon d’accueillir ce bonheur familial. De plus, certains personnages reviennent (Le baron et madame Barbara notamment) et leur histoire continue mais le début est dans l’autre roman, du coup je n’ai pas réussi à m’attacher à eux. A mon avis, on apprécie bien mieux ce roman si on a lu le précédent.


La république du bonheur / Ito OGAWA – Editions Picquier – août 2020 – 282p

Lola lit La Rentrée Littéraire automne 2020

Chaque année septembre en France, c’est le mois de l’effervescence ! Enfants, parents, lecteurs-trices partagent des sentiments communs et intenses,entre impatience, curiosité, excitation et appréhension, dans l’attente du Grand Jour de la rentrée, scolaire pour les un-e-s, littéraire pour les autres.

Septembre 2020, malgré la crise sanitaire, aura sa grande Rentrée Littéraire avec pas moins de 511 romans soit presque autant que l’année dernière. La production littéraire étrangère, quant à elle, continue de diminuer, passant de 188 en 2019 à 145 cette année. Mais la mauvaise nouvelle concerne les premiers romans, il faudra se contenter de 65 potentielles grandes découvertes, coups de maître, de cœur ou de foudre.

Comme chaque année, comme devant une vitrine de Cyril Lignac, j’ai l’eau à la bouche juste en pensant à ce que je vais lire. Certaines lectures  s’imposent, d’autres moins. Après quantité de titres barrés, gommés, réécrits sur mes multiples listes, je crois que je suis prête !

Je partage mes envies, mes chouchous :

Nature humaine de Serge Joncourt / Buveurs de vent de Frank Bouysse / Les roses fauves de Carole Martinez / Les évasions particulières de Véronique Olmi / Fantaisies allemandes de Philippe Claudel / Chavirer de Lola Lafon /Saturne de Sarah Chiche / Liv Maria de Julia Kerninon / Une rose seule de Muriel barbery / Comme un empire dans un empire d’Alice Zeniter / Les démons de Simon Liberati / Des vies à découvert de Barbara Kingsolver / Yoga d’Emmanuel Carrère / Fille de Camille Laurens / Le sel de tous les oublis, de Yasmina Khadra /Du côté des indiens d’Isabelle Carré / Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier / Arènes de Négar Djavadi / Les secrets de ma mère de Jessie Burton / Nickel  boys de Colson Whitehead / Comédies françaises d’Éric Reinhardt / Broadway de Fabrice Caro

et j’ai hâte de découvrir :

Bénie soit Sixtine de Maylis Adhémar / La cuillère de Dani Héricourt / Mémoire de soie de Adrien Borne / Glory de Elizabeth Wetmore / La petite dernière de Fatima Daas / Aria de Nazanine Hozar

entre autres, évidemment ☺

et vous, vous allez lire lesquels ?!

Lola lit Fille

Dans les années 60 à Rouen naît Laurence Barraqué. Sa naissance aura assombri son père Matthieu Barraqué médecin généraliste qui lui aurait, évidemment, largement préféré un garçon. Elle aura assombri sa sœur qui aurait préféré rester fille unique. Laurence grandit dans une société où naître fille, grandir fille c’est être sous domination masculine. D’ailleurs ne lui rabâche-t-on pas dès son plus jeune âge à l’école que « le masculin l’emporte sur le féminin » ? Quelle injustice ! Comment les écoliers peuvent-ils se construire dans l’égalité en entendant des phrases pareilles ? Laurence s’interroge, à la maison, à l’école, à la danse, partout, ailleurs , et ne comprend pas pourquoi. Elle grandit pourtant, silencieusement et un jour devient maman. Son premier enfant ne survit pas à la naissance et à l’incompétence d’un jeune médecin, fils d’un confrère de son père. Puis, elle devient mère d’une fille à son tour.

Que transmet une fille à sa fille ? Comment élever une fille dans un monde d’hommes ? C’est tout l’enjeu de ce roman, balayer ces 40 ans où la société a été bousculée par les femmes. Une société où les femmes doivent se battre pour être respectées, traitées d’égal à égal, encore et toujours, même si de grandes dates ont changé la condition des femmes de notre pays mais le chemin à parcourir reste long et semé d’embûches.

Dès notre premier souffle, nous sommes des filles, nous portons cette étiquette autour du cou comme un joug. Fille, un mot aux multiples définitions, aux multiples sens, pas toujours flatteurs et souvent injurieux. L’auteure met en lumière l’importance du mot fille dans notre vie, le dissèque, l’analyse, l’observe et le met en situation. Camille Laurens écrit avec justesse, conviction, lucidité et une certaine brusquerie, un roman féministe.

Merci à Babelio et aux Editions Gallimard

 

Rentrée Littéraire 2020

511 nouveaux romans et recueils de nouvelles

Le nombre de romans français augmente de 336 à 366 titres. Les premiers romans subissent une chute libre, passant de 82 l’an dernier à 65 cette année, dont 37 écrits par des auteures. Avec 145 titres, contre 188 l’an passé (- 22,9 %), la production de littérature étrangère continue de diminuer.

♥♥♥ Voici ma première sélection ♥♥♥

Térebenthine de Carole Fives – à paraître le 20 août / Gallimard

Fantaisie allemande de Philippe Claudel – à paraître le 23 septembre / Stock

Nature humaine de Serge Joncour – à paraître le 19 août / Flammarion

Les évasions particulières de Véronique Olmi – à paraître le 19 août / Stock

Les roses fauves de Carole Martinez – à paraître le 20 août / Gallimard

La fièvre de Sébastien Spitzer – à paraître le 19 août / Albin Michel

Du côté des indiens d’Isabelle Carré – à paraître le 19 août / Grasset

Buveurs de vent de Franck Bouysse – à paraître le 19 août / Albin Michel

Le cœur synthétique de Chloé Delaume – à paraître le 20 août / Seuil

Chavirer de Lola Lafon – à paraître le 19 août / Actes Sud

Saturne de Sarah Chiche – à paraître le 20 août / Seuil

Un jour viendra couleur d’orage de Grégoire Delacourt – A paraître le 19 août / Grasset

Comme un empire dans un empire d’ Alice Zeniter – à paraître le 19 août / Flammarion

Rachel et les siens de Metin Arditi – à paraître le 26 août / Grasset

Fille de Camille Laurensà paraître le 20 août / Gallimard

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier – à paraître le 3 septembre / Editions de Minuit

Ma vie de cafard de Joyce Carol Oates – à paraître le 17 septembre / Philippe Rey

Des vies à découvert de Barbara Kingsolverà paraître le 19 août / Actes Sud

L’intimité d’Alice Ferney – à paraître le 19 août / Actes Sud

Les démons de Simon Liberati – à paraître le 19 août / Stock

Le sel de tous les oublis de Yamina Khadra – à paraître le 19 août / Julliard

Yoga d’Emmanuel Carrère  – à paraître le 10 septembre / P.O.L

Une rose seule de Muriel Barbery – à paraître le  19 août / Actes sud

Les aérostats d’Amélie Nothomb – à paraître le 19 août / Albin Michel

Impossible d’Erri de Luca – le 20 août prochain / Gallimard

Comédies françaises d’Eric Reinhardt – à paraître le 20 août / Gallimard

Nickel boys de Colson Whitehead – à paraître le 19 août / Albin Michel

Quichotte de Salman Rushdie – à paraître le 2 septembre / Random House Libri

Un enlèvement de François Bégaudeau – à paraître le 20 août / Verticales

La discrétion de Faïza Guène – à paraître le 27 août / Plon