Lola lit Miroir de nos peines

Après Au revoir là-haut paru en août 2013 et Couleurs de l’incendie en janvier 2018, voici enfin Miroir de nos peines qui conclut la trilogie Les enfants du Désastre de Pierre Lemaitre. Séduite par les 2 premiers,  je n’ai pas été déçue par celui-là. Cette fois, l’auteur s’intéresse à Louise Belmont, la fillette d’Au revoir là-haut, à Paris en 1940, juste avant l’occupation allemande. On retrouve les ingrédients qui ont fait le succès des précédents : une période importante de l’histoire, des personnages très riches, des aventures, et une multitude de détails, qui en font un récit vivant, foisonnant.

Dommage que l’auteur ait prévu de s’arrêter là, j’aurais été pour une tétralogie, le retour de Monsieur Jules par exemple !


Miroir de nos peines / Pierre Lemaitre – Albin Michel – janvier 2020 – 544 p

Yaki lit Les miracles du Bazar Namiya

Trois jeunes cambrioleurs trouvent refuge dans une vieille boutique à l’abandon, le bazar Namiya. Autrefois le propriétaire répondait aux lettres qu’on lui déposait en tentant de venir en aide à ceux qui le sollicitaient. Les trois jeunes reçoivent une de ces lettres écrite 32 ans plus tôt et y répondent.

Ce roman est construit avec des histoires qui s’imbriquent les unes les autres et qui résonnent entre elles. On navigue constamment entre différentes époques, le passé, le présent, mais également entre les différents personnages. Si cela peut paraître un peu décousu, tout a un sens que l’on découvre au fur et à mesure. Ce roman, différent de ce qu’a écrit Keigo Higashino précédemment, est un « feel good » qui plaira sans doute aux amateurs du genre. Personnellement, même si j’ai trouvé l’intrigue bien vue, j’ai été déçue par le traitement que l’auteur fait de sa « bonne » idée, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, peut-être parce qu’il y en a trop et qu’on ne fait que survoler leur histoire. J’ai également été terriblement gênée par le style d’écriture très (trop) simpliste parfois. En bref, un avis mitigé !

Merci néanmoins à Babelio et aux éditions Actes Sud qui m’ont permis de découvrir une autre facette de cet auteur que j’apprécie.


Les miracles du bazar Namiya / Keigo Higashino – Editions Acte Sud – janvier 2020 – 384p

Traduit du japonais par Sophie Rèfle

Yaki lit Le libraire de Cologne

Roman Ado

En 1934, en Allemagne sont promulguées les premières lois anti-juives. Le libraire de Cologne, Alexander Mendel préfère s’exiler en France avec sa famille avant que la situation ne devienne trop critique. Il confie les rênes de sa librairie à son jeune employé Hans Schreiber. Hans va tout faire pour continuer de proposer aux Colognais des livres pas forcément tous approuvés par le gouvernement allemand, sa façon à lui de résister.

Tiré de faits réels, cette histoire est néanmoins très romancée. Le personnage de Hans est touchant dans son souhait de rester fidèle à son mentor, il est prêt à risquer sa vie. C’est un roman plaisant qui a pour principal intérêt de décrire la vie en Allemagne pendant la guerre. Les privations, la difficulté des commerces, la « nuit de cristal » sont plutôt bien retranscrites, malgré une écriture un peu trop « simple » à mon goût. Intéressant !

Merci à Babelio et aux éditions Scrineo pour cette découverte.


Le libraire de Cologne / Catherine Ganz-Muller – Editions Scrineo –  février 2020 – 288p

Yaki lit L’Histoire des 3 Adolf

Œuvre monumentale de Osamu Tezuka qui mêle l’histoire tragique d’Adolf Kaufman, Adolf Kamil et Adolf Hitler. Le premier est fils d’un allemand nazi et d’une japonaise. Le deuxième est un allemand juif. Tous deux passent leur enfance au Japon où ils se lient d’une amitié profonde. Mais c’est sans compter l’Histoire et le pari fou d’Hitler de construire son Reich. Des documents démontrant qu’Hitler est d’origine juive vont causer la perte de nombreux personnages y compris celle des 2 Adolf.

C’est une vraie fresque avec des personnages extrêmement fouillés. L’histoire est terrible, violente mais aussi touchante. On ne peut s’empêcher d’être horrifié par ce que le nazisme a pu faire d’atrocités, par l’influence que le nazisme a pu avoir sur ces générations d’enfants. Brillant !


L’histoire des 3 Adolf / Osamu Tezuka – Editions Tonkam Eds – novembre 2003 – 192p

Yaki lit Dans son silence

Alicia a assassiné son mari et, depuis, n’a plus prononcé un seul mot. Internée dans un institut psychiatrique, elle est abrutie de médicaments. Alicia était une artiste renommée. Elle s’est peinte, après le drame en Alceste, personnage de tragédie grecque. Six ans après les faits, un psychothérapeute se met en tête de la faire parler à nouveau.

Roman sympathique, intrigue bien menée avec un rebondissement final plutôt inattendu, bien qu’un peu rapide. La construction est rythmée. Bon moment de lecture. Roman idéal pour les vacances.


Dans son silence / Alex Michaelides – Editions Calmann Levy – février 2019 – 378p

Yaki lit Churchill m’a menti

C’est un roman historique tiré de faits réels qui relate l’abandon par l’Angleterre des iles anglo-normandes pendant la seconde guerre mondiale, Churchill ayant choisi de les sacrifier aux Allemands. Un camp de concentration y a même été installé pour y déporter des juifs et demi-juifs (juifs mariés à des catholiques).

L’histoire est racontée tout à tour du point de vue de différents protagonistes, des personnages auxquels on s’attache comme d’autres que l’on peut trouver lâches. C’est une histoire étonnante, méconnue et qu’il est bon de rappeler. J’ai surtout été horrifiée par l’histoire de Victoire, cette jeune femme fière et indépendante qui perd tout et surtout sa dignité quand elle est « utilisée » par les nazis pour « procréer », elle ne s’en remettra jamais !

Que d’horreurs, mais un roman vraiment captivant et bouleversant.


Churchill m’a menti / Caroline Grimm – Editions Flammarion 2014 – 276p

Yaki lit Frère d’âme

Il s’agit de l’histoire d’un tirailleur sénégalais, Alfa Ndiaye, et des atrocités qu’il a commises après la mort de son ami, son presque frère, Mademba Diop. Un roman très dur, difficile à lire de par les descriptions crues des meurtres perpétrés par Alfa Ndiaye. L’écriture est particulière faite de répétitions comme une longue ballade, c’est à la fois rude et poétique. Difficile de dire si j’ai aimé ou pas, mais c’est assurément un roman qui ne laisse pas indifférent.

Un roman lu et aimé par Lola


Frère d’âme/David Diop – Editions Seuil 2018 – 175p

Lola lit Love me tender

Constance Debré nous livre un texte choc, libre, mélancolique. Avocate, mariée, maman d’un petit garçon, la narratrice qui ne se sent plus à sa place dans sa vie décide un jour de tout plaquer ; boulot, mari, maison, fils et même hétérosexualité ! Dans cette nouvelle autofiction, Constance Debré parle des filles, avec lesquelles elle couche, celles qu’elle aime, prend et jette. C’est aussi l’histoire d’une mère sans enfant, puisque son ex-mari, à l’annonce de son homosexualité, lui interdit de voir leur fils unique, l’accuse d’inceste, de pédophilie. La justice doit répondre à la question suivante : Un femme qui affiche son homosexualité, en fait un roman -Play Boy son premier livre- très cru, est-elle « normale » ? Peut-elle rester une mère ? S’occuper de son enfant ? Etre une bonne mère ? La narratrice veut s’affranchir des contraintes, plus de famille, excepté son père qu’elle visite de temps en temps, pas d’appartement, pas de voiture, peu de vêtements, pas d’objets à part sa carte de piscine, elle fait le vide pour être prête à recevoir  ce qui pourrait arriver. Son quotidien est fait de rdv galants, de longueurs à la piscine et d’écriture. Elle voit peu son fils, toujours en terrain neutre, au sein d’une association, en présence de spécialistes de l’enfance. Jusqu’où veut-elle aller pour récupérer son fils ?

Un très beau texte, qui pose beaucoup de questions, sur la maternité et l’amour, entre autre.


Love Me Tender / Constance Debré – Editions Flammarion – janvier 2020 – 192p

Lola lit Disparaître ♥

J’aime bien les romans de Mathieu Menegaux. Ils sont nickels ! Rien à redire : l’histoire est toujours super bien ficelée, l’écriture propre, les personnages intéressants, il n’y a rien à jeter. Après Je me suis tue, Un fils parfait, Est-ce ainsi que les hommes jugent, le revoilà avec Disparaître. Couverture soignée, intrigue soignée, personnages soignés : tout y est, et c’est réussi !

A Paris, une jeune fille se défenestre, la police conclut très vite au suicide. A Nice, un noyé est retrouvé sur la plage, épilé avec soin, le bout des doigts brûlé, aucune trace de lutte. Aucun moyen d’identifier le macchabée. Encore une fois, le suicide est privilégié. Ces 2 morts sont-elles liées ? D’autre part, l’inspecteur Grondin aimerait comprendre pourquoi un homme décide de disparaître en prenant soin de ne laisser aucune traces. Il nous entraîne dans une enquête palpitante.


Disparaître / Mathieu Menegaux – Editions Grasset – janvier 2020 – 216p

Lola lit Kim JiYoung, née en 1982

Avant d’être bibliothécaire, j’ai enseigné le français aux étrangers. Comme l’anglais, l’allemand ou l’espagnol LV1 ou LV2, le français est enseigné dans les collèges et lycées du monde entier. J’ai donc travaillé pendant plus de 20 ans avec des étudiant-e-s de toutes nationalités et de tous âges. Des JiYoung, j’en ai croisé beaucoup, ces jeunes filles sud-coréennes, toujours charmantes, discrètes et tellement bien élevées. La plupart considérait ce séjour à Paris comme une parenthèse dans leur vie sur laquelle elles étaient, finalement, assez peu disertes. J’ai donc beaucoup appris sur la condition de la femme en Corée du sud dans ce roman et je n’ai pas été étonnée. Je n’ai, finalement, pas trouvé la condition des coréennes si éloignée de la nôtre ; les différences de salaire, la charge des enfants et des tâches ménagères, l’abandon d’une carrière pour cause de maternité, un travail de mère au foyer, temps plein 24/24 – 7/7 , pas reconnu, moqué voire méprisé.

La vie de Kim JiYoung se découpe en 6 périodes, de son enfance à aujourd’hui. Au fil des pages, les chiffres démontrent, les statistiques confirment, et JiYoung s’effondre. Un très bon premier roman que je situe entre le documentaire et la fiction.


Kim JiYoung, née en 1982 / Nam-Joo Cho – Editions Nil  – janvier 2020 – 216p

Traduction : Pierre Bisiou , Kyungran Choi