Lola lit La marcheuse ♥♥

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018
Le guerre de Syrie racontée par Rima, une fillette qui a la tête dans les histoires, les mots et les couleurs. Rima lit beaucoup, dessine aussi, et s’invente des planètes. Rima est une fillette particulière qui ne parle pas sauf pour réciter le Coran ou le Petit Prince et dont les jambes se mettent en mouvement dès que sa maman détache la cordelette qui relie leurs poignets. Mais un jour tragique, sa maman disparaît lors d’un contrôle policier et Rima, blessée est conduite dans un hôpital/prison. Orpheline, c’est son frère, un adolescent combattant qui vient la chercher et la cache, et l’entrave pour la protéger, pour l’empêcher de marcher. Seule, dans un souterrain, attachée à un vasistas, sans électricité, avec quelques victuailles, Rima regarde la guerre par la fenêtre à barreaux et raconte, par écrit. Elle décrit des choses terribles en plus de la guerre, la solitude, la faim, la peur mais en toute ingénuité et clairvoyance et s’adresse à celui ou celle qui découvrira son journal.
Ce roman m’a vraiment touchée. L’histoire est poignante, l’écriture sensible et juste.

Il faut le lire, et le faire lire !


La marcheuse / Samar Yazbek – Editions Stock La Cosmopolite 2018 – 304p

Lola lit Sergent papa ♥

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018

C’est une histoire de retrouvailles. Celles que Mathieu, acteur quinquagénaire oublié tente avec Antoine, son fils, guitariste et chanteur sur la voie du succès. Malgré leur passion commune pour la musique, leur relation n’est pas évidente, Mathieu a quitté Florence lorsqu’ Antoine était bébé et ne s’est jamais occupé de son fils. Ils vont apprendre à se connaître, à s’accepter, se pardonner et à s’aimer

Premier roman d’une personnalité prolifique. L’auteur Marc Citti touche à tout ; théâtre, cinéma, télévision, musique et écriture. On retrouve ce foisonnement, cette activité dans son livre. Chacun de ses personnages, criant de vérité, est fort des multiples expériences de l’auteur. Les mondes de la musique et de la comédie sont dépeints avec habileté et simplicité, sans clichés. Sincérité est le mot qui m’a accompagnée tout au long cette lecture, sincérité de l’auteur, des personnages, de l’histoire, des situations. Un bon premier roman très agréable à lire !


Sergent papa / Marc CITTI – Editions Calmann Lévy 2018 – 160p

Lola lit Sujet inconnu

Lu en juin dans le cadre des talents de Cultura 2018
Enfant, elle sait déjà qu’elle ne passera pas sa vie dans son village natal en -ange où elle étouffe. Elle est née pour donner un sens à la pauvre vie de sa mère. Alors à 18 ans, elle quitte l’Est triste pour Paris et la fac, mais le bonheur ne vient toujours pas. Un soir de sa vingtième année, elle se laisse traîner en boîte et il est là. Elle l’aime, le désire au premier regard mais il reste un inconnu jusqu’à ce qu’elle le retrouve, un an plus tard, dans un cours de boxe. Une invitation à boire un verre, et l’histoire d’amour commence comme sur un ring, au moment même où elle apprend le cancer de sa mère.


Bon bah je suis encore passée à côté d’une sortie dont le monde se réjouit ! J’ai trouvé cette lecture accablante, presque pénible. L’écriture est syncopée, les phrases courtes, hachées, répétitives, j’ai lu en apnée. Parfois les phrases s’allongent, se construisent, s’apaisent, l’écriture devient agréable mais retourne vite  dans la tempête. On est bousculé, cul par dessus tête, comme dans les vagues de l’océan dont on en réchappe essoré, épuisé, sonné. Alors, je suis ok pour les histoires et les personnages torturés mais pas pour ce type d’écriture ; j’aime les phrases bien construites, trouver une phrase jolie et la répéter pour apprécier sa construction ou sa musique. Je préfère lorsque l’écriture contraste avec l’histoire, que des mots doux racontent une histoire terrible, ça j’aime !
Et puis cette couverture, au secours ! Qu’est-ce qu’elle est moche !

Sujet inconnu / Loulou Robert – Éditions Julliard août 2018 – 252p

Lola lit Helena ♥

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018

Le roman s’ouvre sur une scène abjecte qui m’a mise mal à l’aise. Je n’ai pas eu envie de continuer, je ne voulais pas me torturer à lire 700 pages des horreurs commises par Tommy, le personnage principal. Mais c’était le premier roman de cette rentrée littéraire dans le cadre du Comité de Lecture de Cultura alors j’ai décidé de poursuivre ma lecture. Heureusement, après quelques pages, Harley ado américaine, a des préoccupations moins tordues. Au cours de la soirée de Lindsay, sa meilleure amie, elle surprend son petit ami dans un lit avec une autre. Surprise, abattue, écoeurée, elle prend la route seule pour se rendre chez sa tante. En chemin, elle tombe en panne et croise le chemin de Norma et de charmante fillette. C’est le début de l’horreur ! J’ai bien envie de continuer à vous raconter mais stop, il faut le lire.

Le nouveau roman de Jeremy Fel (que je découvre) est un pur thriller. Tous les ingrédients sont réunis : la tension narrative, l’ambiance oppressante, la personnalité névrotique du personnage principal, les scènes d’une grande violence, le suspens très très bien mené, des personnages riches et complexes, l’intrigue dont le fil se déroule habilement et cette menace, émotionnellement insoutenable, qui rôde tout au long du roman et nous tient en haleine dans l’inquiétude. Le contrat est bien rempli !

Une lecture hypnotique qui comblera les amateurs du genre et les autres comme il a su me captiver (700 pages lues d’une traite)

 

Lola lit Au grand lavoir

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018
Condamné à perpétuité pour l’assassinat de la mère de l’auteur, il a purgé 18 ans et est libéré pour bonne conduite. A sa sortie, il a vécu la vie de château avec un de ses codétenus, un riche héritier, devenu son amant. À la mort de celui-ci, seul, il est pris en charge par le juge d’application des peines, pris en charge par la société, il a changé de prénom et se retrouve jardinier à Nogent le Rotrou. Voilà pour le passé.
Au début du roman, il regarde la télévision seul chez lui et tout à coup semble reconnaître le visage de cette femme qui parle de son dernier roman. Cette femme, ses yeux verts, ses cheveux roux, ce menton pointu, il la reconnaît ! C’est la fille de la femme qu’il a assassinée. Elle a 20 ans de plus et vient d’écrire un livre, dans lequel elle raconte le décès de sa fille adolescente.
Elle doit venir dédicacer son livre à la librairie de Nogent le Rotrou quelques jours plus tard. Un compte à rebours se met en place, 6 jours de la vie du jardinier meurtrier et 6 jours de la vie de la romancière. Il doit y aller, il va y aller, il le sait. Mais va-t-il réussir à croiser le regard de cette femme ?
Le réel se mélange à la fiction dans ce roman de Sophie Daull, qui avait si merveilleusement et douloureusement écrit Camille mon envolée, un premier livre où elle racontait les derniers jours de sa fille Camille, emportée injustement à 16 ans, par une infection fulgurante. Puis dans La suture, elle se penchait sur le passé de sa mère,  la victime d’un sordide et tragique fait-divers quand l’auteure était adolescente. Dans ce troisième livre, elle imagine le meurtrier de sa mère, lui crée une vie, en fait un personnage de roman.

Au Grand lavoir / Sophie Daull – Éditions Philippe Rey – Sortie le 23 août 2018 – 155p

Lola lit Avec toutes mes sympathies

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018
Le 14 octobre 2015 Alex s’est suicidé. En août, Florence, sa femme avait appelé, affolée, il avait disparu en laissant une lettre d’adieu. Il avait été retrouvé, endormi sur un banc, il avait fini chez les dingues.

Alex, c’est Alexandre, le frère cadet de l’auteure, Olivia de Lamberterie, journaliste et critique littéraire. Il avait choisi de vivre à Montréal avec Florence son épouse et leurs enfants, pour fuir Paris, pour fuir la vie. Alexandre était un sensible, trop sensible pour supporter la vie, il disait « La vie, c’est pas mon truc ». Dans ce livre, Olivia de Lamberterie part « à la pêche aux souvenirs », au temps du bonheur, celui de l’enfance. Un roman sur la fraternité, sur l’amour qui lie un frère et une sœur. Mais aussi un roman sur la mort par suicide, tellement violente pour ceux qui restent, dévastés, en colère, dans l’incompréhension et la culpabilité. Tant de questions se posent, tant de questions sans réponses. Un tendre témoignage.


Avec toutes mes sympathies / Olivia de Lamberterie – Editions Stock 2018 –

Lola lit Le Prince à la petite tasse

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018

Le véritable journal de bord d’une écrivaine poétesse qui accueille un réfugié dans son appartement parisien. Reza, un jeune afghan, est très bien accueilli par l’ensemble de la famille dès son arrivée le 1er février 2010. Et même s’il est un peu méfiant au début, il s’ouvre peu à peu et finit par se livrer à Emilie. Il va partager leur vie jusqu’au 19 novembre 2010, le jour de son emménagement dans un appartement que lui propose le lycée dans lequel il a trouvé un travail.

Une belle histoire que l’auteure partage avec le jeune afghan, une expérience de solidarité, de fraternité, de partage, écrite dans une langue fluide, simple et agréable, mais que j’ai trouvée superficielle et qui n’a malheureusement pas réussi à m’émouvoir. Les sentiments de Fabrice, le mari sont complètement passés sous silence et ceux des enfants, Noé et Marius, réduits à une seule joie puérile. Pourtant la décision d’accueillir un réfugié chez soi est une décision importante, qui n’est pas anodine, ni sans conséquence sur l’équilibre familial. J’imagine que chacun a dû vivre cette expérience de manière très différente, qui racontée, aurait sûrement enrichi le texte. Mais Emilie de Turckheim semble avoir vécu une relation quasiment exclusive avec Reza.

Fort heureusement, l’auteure a glissé quelques petits moments de poésie qui ont illuminé un peu ma lecture. Et j’aime la couverture, que je trouve joliment naïve ainsi que le titre qui me plait beaucoup aussi ; ce jeune homme qui a traversé bien des épreuves, vécu des situations terribles mais qui, tel un prince, ne peut boire son thé que dans une jolie petite tasse de porcelaine fine.


Le prince à la petite tasse / Emilie de Turckheim – Calman Levy 16/08/2018

Lola lit Un million de minutes :\

Wolf Küper est un papa ambitieux qui a un travail très très important et très très bien payé, qui travaille beaucoup et tout le temps, et part souvent à l’étranger. Ses enfants, Nina 4 ans, Simon 6 mois et Vera son épouse, ne profitent pas beaucoup de lui. Mais Nina est une petite fille différente, une petite fille ‘’pas comme les autres’’, qui ne se satisfait pas des 10 minutes que son père lui accorde le soir. Elle, elle aimerait passer un million de minutes avec son père. Un rapport au temps qui fait réfléchir son père qui décide d’exaucer son souhait. Il démissionne, vend tout et la famille au complet part en voyage pour deux ans. C’est cette aventure que l’auteur raconte ; des paysages, des rencontres, des liens familiaux resserrés…

Une lecture que j’ai trouvée un peu bordélique ! Il ne semble pas y avoir d’ordre dans la narration ; on passe d’une période à une autre, d’un endroit à un autre, sans fil logique (ou alors je ne l’ai pas trouvé), c’est perturbant. Le papa parle beaucoup de sa vie professionnelle, certes très intéressante mais qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire de Nina puisque l’éditeur nous a prévenu en quatrième de couverture qu’elle était « l’héroïne attachante de ce livre ». Je m’attendais à faire la connaissance de cette petite fille, à voyager à travers son regard, à partager cette aventure incroyable, mais j’ai surtout appris à connaitre monsieur Küper.

Un témoignage qui ravira sans doute les amateurs de livres de développement personnel, dont je ne suis pas.


Un million de minutes ; Comment j’ai exaucé le souhait de ma fille et trouvé le bonheur en familleWolf KUPER – Actes sud  juin 2018 – 327p

Lola lit Bientôt viendront les jours sans toi

Dans les années 80, en Espagne, un an après la mort de son père, Dani Mosca décide de rapatrier son corps dans son village natal, au nord du pays. Il va profiter de ce long voyage dans un corbillard, pour revenir sur sa vie, se remémorer les bons et les mauvais moments, en une série de petits retours en arrière tantôt amusants, tantôt émouvants.
J’ai aimé partager le voyage de Dani Mosca, c’était un voyage assez tranquille, un de ceux qui, tout en étant agréable, ne laisse pas un souvenir inoubliable, mais garde une place particulière.
J’avais découvert David Trueba avec Blitz, que j’avais beaucoup aimé.
J’ai retrouvé dans ce roman la tendresse que cet auteur a pour ses personnages et qu’il réussit à partager avec le lecteur.

Merci à Babelio et à Flammarion

 

 

Ma rentrée littéraire 2018

                        

Dans un ordre aléatoire, ceux que j’ai choisis, qu’on m’a conseillés, dont la lecture m’a été imposée par les comités de lecture (Cultura, bibliothèques…)

Il y en a tant d’autres à lire, je les rajouterai au fur et à mesure, et vous pourrez lire mes billets en cliquant sur les couvertures.

Et vous, elle se dessine comment votre rentrée littéraire ?