Lola lit La vie heureuse

Depuis une vingtaine d’années, en Corée du sud, pour profiter pleinement de la vie, on participe à ses fausses funérailles. Ce type de prestation proposé aux particuliers et aux entreprises connait un beau succès dans un pays où le taux de dépression et de suicide est important. David Foenkinos en fait le sujet de son dernier roman.

C’est lors d’un voyage d’affaires en Corée que Eric Kherson va être transformé par l’expérience de ses propres funérailles. Il faut dire que Eric Kherson trouve sa vie bien morne entre son job au ministère des  affaires étrangères, sa séparation récente avec Isabelle, son fils qu’il voit de temps en temps et une relation très tendue avec sa mère depuis le décès de son père. Spectateur de sa vie, il se traîne depuis un certain moment déjà. Alors ce jour-là, il entre par curiosité dans le hall de Happy Life. Après les présentations, il est invité à écrire son épitaphe, à rédiger un court texte d’hommage à lui-même, à choisir la photo qui sera posée sur son cercueil qu’il a choisi aussi et dans lequel il va s’allonger pour quelques minutes, couvercle fermé. Quand il en a fini, un petit coup sur le cercueil et hop, le couvercle s’ouvre, Eric Kherson sort mais ne retournera plus dans l’ennui de sa vie. C’est une seconde chance, il doit faire quelque chose de sa vie.

Amélie faisait partie du voyage à Séoul. Amélie, lycéenne dans la même classe que Eric, l’avait recontacté par l’intermédiaire de facebook et d’un groupe d’anciens camarades de classe pour lui proposer de rejoindre son équipe au ministère. Il avait été étonné car ils n’avaient pas été particulièrement proches pendant ces années adolescentes et ils s’étaient d’ailleurs perdus de vue. La proposition était tentante, bienvenue car elle l’aiderait sûrement à sortir de sa déprime, mais son mal être l’avait malheureusement vite rattrapé. Et ce jour-là à Séoul, pendant que Eric faisait l’expérience de ses funérailles, Amélie l’attendait impatiemment devant les locaux de Samsung pour un rdv de la plus haute importance. Il n’était pas venu ! Elle l’avait viré, renvoyé en France illico presto, ils ne s’étaient jamais revus.

Bon je m’arrête là, le reste vous le découvrirez en lisant le roman. Que vous lirez rapidement, avec plaisir ou ennui. Vous ferez partie des lecteurs qui se seront posé beaucoup de questions existentielles ou de ceux qui n’en garderont pas grand-chose. Vous aurez aimé un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. Quant à moi, je préfère rester sur son Charlotte


La vie heureuse / David Foenkinos – Editions Gallimard – janvier 2024 – 208p

Lola raconte Manège d’hiver

Le kamishibaï (de kami : papier et shibaï : théâtre) est une technique de contage d’origine japonaise basée sur des images défilant dans un petit théâtre en bois appelé butaï (https://www.unesorcieremadit.fr)

Lire un kamishibaï fait partie des expériences que j’ai vécues en devenant bibliothécaire. Moi les histoires, je les racontais avec des livres plus ou moins grands, des pages qu’on tourne et des couvertures qu’on referme. Une séance de kamishibaï c’est une histoire qu’on raconte en insérant des illustrations dans un petit théâtre en bois, c’est toute une technique dont la principale difficulté est de mettre les pages dans le bon ordre. Le butaï est face aux enfants, le conteur s’installe derrière et la magie commence… Les enfants adorent ça change des albums.

Je viens de recevoir Manège d’hiver dans le cadre d’une Masse Critique de Babelio. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire en groupe puisqu’il parle de l’hiver et que mes accueils de cycle 1 sont déjà programmés. Manège d’hiver sera donc étrenné l’hiver prochain. Mais en attendant, je peux vous dire ce que j’en pense : que du bien ! D’abord la pochette de rangement en carton bien solide est pratique avec sa fenêtre où apparait le titre. L’histoire est racontée en 9 planches plastifiées mat, très agréables au toucher, avec des coins arrondis pour faciliter les manipulations. Les illustrations sont douces, les couleurs chatoyantes et le texte simple sans être mièvre. Il y a des indications de gestes, de petits bruits… et des tickets à distribuer pour accompagner la lecture. Pour prolonger la séance, les éditions Sésames proposent des coloriages, des gabarits, des diy… à télécharger sur leur site.

Je suis donc séduite par cette découverte que j’ai hâte de partager avec les enfants. Le catalogue des éditions Sésames proposent plein d’autres ressources intéressantes, et je crois que je vais me laisser tenter par les autres kamish surtout qu’ils ne sont pas très chers (29€). J’espère qu’il y en aura bientôt pour les cycles 2 et 3, car les plus grands aussi sont friands de ces séances si particulières.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Sésames

Lola lit La vie de ma mère

Magyd Cherfi chanteur du groupe Zebda rendu célèbre en 1998 par son Tube Tomber la chemise est l’auteur de récits autobiographiques. La vie de ma mère est son premier roman. Et même si c’est un roman, toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés n’est pas purement fortuite puisque Magyd Cherfi s’est largement inspiré non seulement de sa propre histoire mais aussi de celles de la majorité des immigrés de la seconde génération. Ce livre raconte la vie d’une mère qui alors qu’elle approche la fin de la vie décide de se libérer de tout : du regard des autres, du poids des traditions, du carcan de son rôle de mère sacrificielle, envahissante, excessive, pénible à l’image de certaines mères méditerranéennes. La mère de Magyd Cherfi disait aux profs « si mes enfants échouent, je m’égorge devant vous » (La libre janvier 2024). Les enfants portaient le poids de parents prêts à tout pour que leurs enfants s’intègrent et réussissent.

Slimane, cuisinier, quinqua fraichement séparé, a coupé les ponts avec sa mère depuis 8 mois, et ses relations avec ses frères et sœurs sont lointaines et froides. Mais à la mort du père de Boris, son ami et ancien associé, au moment où il va présenter ses condoléances à la veuve, celle-ci lui répond « Il y a pire que la mort, il y a la vie« . Slimane décide alors de rendre visite à Taos, sa mère peu valide qui vit seule dans un petit appartement en banlieue ; il ne la trouve pas au meilleur de sa forme mais sa langue est toujours aussi acerbe. Mère et fils vont essayer d’enterrer la hache de guerre et de prendre ensemble le chemin de la réconciliation et plus surprenant celui de l’émancipation de Taos qui passe, entre autres, par une nouvelle garde-robe. Car Taos veut devenir la femme qu’elle a toujours eu envie d’être, affranchie de ses devoirs de mère, d’épouse berbère, d’immigrée, de voisine.

Un roman d’une grande sincérité qui se lit facilement, qui peut émouvoir parce qu’il traite de la relation entre un fils et sa mère, parce qu’il traite de l’affranchissement d’une femme, pourtant j’ai eu du mal à entrer dans cette histoire que j’ai lue de loin sans me sentir vraiment concernée.


La vie de ma mère / Magyd Cherfi  – Actes Sud – janvier 2024 – 272p 

Lola lit Le ciel en sa fureur ♥♥

Entre terre et mer, humains, gobelins et enfant fée se partagent la lande du Cotentin. Julia, vétérinaire et Stéphane, maréchal ferrant, toutes deux fraîchement arrivées de la grande ville, essaient de s’intégrer dans ce village où croyances et légendes fantasmagoriques rythment la vie des habitants. Et puis le passé effroyable refait surface : des animaux mutilés, une pluie de crapaud, un gamin blond étrange, un mort, et une ombre gigantesque, effrayante qui plane dans les champs et s’aventure jusque dans les maisons. Un passé épouvantant celles et ceux qui attendent leur jugement depuis toutes ces années de silence, soulageant ceux qui ont gardé le poids du secret, interrogeant ceux et celles qui veulent comprendre. Inutile d’en dire plus, plongez-vous dans cette lecture !

Un roman âpre et mystérieux dont il est difficile d’interrompre la lecture, tant on est happé. Troublant et fascinant, une petite merveille, un gros coup de coeur ! ♥♥♥


Le ciel en sa fureur / Adeline Fleury – Les Editions de l’Observatoire – janvier 2024 – 202p

Lola lit Les voleurs d’innocence

Etats-Unis – années 50. Aster, Rosalind, Calla, Daphne, Iris et Hazel sont sœurs et portent de jolis prénoms de fleurs. Elles vivent avec leurs parents dans une grande maison victorienne qui ressemble à un gâteau de mariage. Les sœurs vont par paire : AsteretRosa, IrisetZélie… et s’entendent plutôt bien, chacune a son caractère et ses rêves d’avenir. Mais leur monde va basculer lorsqu’Aster, l’aînée, tout juste sortie de l’adolescence, décide de se marier. Leur mère les avertit, « le mariage va provoquer quelque chose d’horrible », il serait plus sage de le repousser. Evidemment, la prémonition d’une mère un peu bizarre, sous calmants, qui entend et voit les victimes des armes à feu vendues par son mari, pique des crises épouvantables la nuit et vit recluse dans sa chambre, est superbement ignorée par l’ensemble de la famille, sauf Iris, la narratrice, qui suit les préparatifs avec anxiété. Et puis, Aster se marie, déclenchant la malédiction des sœurs Chapel.

Une histoire de famille, de sororité, un brin de fantastique, agréablement écrite. Deux parties assez différentes, racontées par Iris dans la première consacrée à sa famille, qui devient Sylvia Wren, artiste internationale, féministe avant-gardiste, engagée pour les femmes, dans la seconde. Un roman qui se lit très bien, un excellent moment de lecture ♥


Les voleurs d’innocence / Sarai Walker – Editions Gallmeister – aout 2023 – 624p

Traduction de l’anglais US par Janique Jouin-de Laurens

Lola lit Mon cœur en cendres

Je ne savais pas que j’allais lire un roman pour les ado en commençant le dernier livre de Olivier Adam, 264 pages avalées en quelques heures. L’auteur connait les ado, leur monde, leurs forces et leurs faiblesses, il parle leur langage, sans les caricaturer. Nous allons vivre les cinq jours du dernier été d’Antoine, lycéen, qui partage sa vie dans une cité avec sa mère infirmière et son petit frère autiste. Antoine et ses potes attendent les résultats du bac en partageant quelques paniers au terrain de basket sous une chaleur étouffante. Et puis les résultats tombent, Antoine est bachelier, sans éclat mais il a obtenu le sésame qui va lui permettre de continuer ses études. Il fera du droit pour rassurer sa mère qui veut pour lui un avenir stable et prospère. Alors pour le féliciter, elle lui offre l’aller retour en tgv pour rejoindre Léa en Bretagne où elle passe des vacances dans la maison familiale. Antoine et Léa sont ensemble depuis 3 mois, ils se sont rencontrés aux cours de théâtre et ça marche bien, ils sont très amoureux malgré leurs différences. Léa est déjà à la fac, issue d’une famille de littéraire, éditeur et traductrice, elle vit dans les beaux quartiers parisiens. Cet été-là, Antoine va essayer de s’adapter au monde de la belle Léa.

Antoine est un héros sensible et pudique, il a la tête sur les épaules et sait de quoi son avenir sera fait. Fragile, sous médocs à cause des rêves troublants qui le tourmentent, c’est un gars bien, qui se retrouve, malgré lui, au cœur d’une tragédie. L’histoire se raconte à travers les messages que Léa envoie à sa meilleure copine en vacances au Canada, les lettres qu’Antoine écrit à Tranh un de ses copains qui s’est suicidé l’été précédent, et les chapitres confiés au narrateur. Un bon moment de lecture mais que cette couverture est laide !


Mon coeur en cendres – Olivier Adam – Editions Robert Laffont – septembre 2023 – 264p

Lola lit Matrix ♥

Bienvenue en Angleterre au XII° siècle. Lauren Groff écrit une bio très romancée de Marie de France dont on sait peu de choses. Née en France, elle grandit à la cour anglaise après la mort de sa mère, auprès de la reine Alienor d’Aquitaine qu’elle aime avec passion. Bientôt, celle-ci la chasse de Westminster et la contraint à prendre le voile dans une abbaye royale isolée dans la campagne anglaise. C’est un déchirement pour Marie qui quitte les jours fastes de la cour pour un endroit sordide et un accueil des sœurs très hostile. Après une période de désespoir, effarée par les conditions de vie à l’abbaye, Marie se lance dans le travail, bien décidée à transformer l’abbaye en un lieu prospère et libre pour les femmes. Elle commence par créer un potager pour que chacune puisse manger à sa faim, puis récupère l’argent dû et mets au pas les débiteurs récalcitrants. A force de courage, de travail et de détermination, Marie réussit à enrichir l’abbaye, elle construit des dépendances pour accueillir les étrangers de passage, ajoute une aile à l’abbaye pour installer les jeunes filles qui souhaitent étudier, crée un labyrinthe pour protéger le lieu, et que les femmes y soient en sécurité. Marie restera fidèle à son amour pour Aliénor, elle lui écrira des poèmes, elle est d’ailleurs « la première poétesse française connue pour son recueil Les Lais de Marie de France, douze récits en vers narrant des aventures chevaleresques et l’amour courtois ». Et consacrera sa vie aux femmes, à son abbaye et à l’écriture.

Je me suis régalée. Le style de l’autrice est tout à fait surprenant, fleuri et enrichi de mots archaïques (bravo à la traductrice qui a su conserver le style), les descriptions nous projettent dans un univers d’odeurs, de sensations ; humidité de l’air et des corps, âpreté des matières et des corps. On souffre avec les sœurs, de la malefaim, de la maladie, du froid glacial, de la boue, de la jalousie et de la méchanceté aussi, et puis on revit ensemble ! Moi j’y étais dans cette abbaye anglaise au XII siècle 😉


Matrix / Lauren Groff – Editions de L’Olivier – janvier 2023 – 304 p.

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Chichereau 

Lola lit Le jour et l’heure ♥

Edith, mariée à Simon depuis près de 40 ans, mère de quatre adultes, grand-mère aimante, est atteinte d’une maladie dégénérative dont elle redoute l’évolution. Elle choisit de mourir dignement mais doit aller en Suisse puisque la France lui refuse ce droit. Alors un beau matin, la famille s’entasse dans la voiture familiale et emprunte les routes secondaires pour un dernier voyage tous ensemble. Ils partent à 6 et reviendront à 5. Ce très beau roman raconte sans pathos et avec sincérité et pudeur les dernières heures d’Edith en compagnie de ses enfants et de Simon, son mari.
J’aime beaucoup cette autrice, ses histoires, ses personnages, sa sensibilité me touchent, et cette fois encore, mon cœur a chaviré. J’étais triste de refermer ce livre, j’avais envie de partager encore un peu la vie d’Audrey, Anna, Théo, Jeanne et les souvenirs de Simon, ils vont me manquer. C’est fou ce que permet la Littérature ♥️

Le jour et l’heure / Carole Fives – Editions JC Lattès – aout 2023 – 144p

Lola lit (Dé)rangée

J’ai enfin lu (Dé)rangée.
Une BD sur le modèle des bouquins de développement personnel.

La petite voix de Fleur qui lui murmure tout le temps de faire du sport, de manger sainement, de ranger son appartement, de se débarrasser des relations toxiques, de quitter son boulot… prend forme sous les traits de Line, une jeune fée, qui s’invite chez Fleur pour la coacher.
Plusieurs chapitres se succèdent aux titres qui sonnent comme des lapalissades : 1/ Si vous faites ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez ce que vous avez toujours obtenu. 3/ 100% des choses qu’on ne tente pas échouent. D’autres plus inattendus : 5/ Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. 6/ Si vous désirez vraiment quelque chose, vous trouverez un moyen. Sinon vous trouverez une excuse 🙄

Bon moi le développement personnel, c’est pas vraiment mon truc ! On sait tous à peu près ce qu’il faut faire, en théorie, pour que la vie soit parfaite (manger sainement, faire de l’exercice, avoir des loisirs, prendre du temps pour soi, respirer, se reconnecter à la nature, sortir au grand air, s’amuser, avoir des amis, s’épanouir au travail…) Alors moi, toutes ces injonctions, ça me stresse, je fais ce que je peux !
Néanmoins, (Dé)rangée est une lecture agréable, les illustrations sont colorées et mignonnes.

Une BD qui ravira les amateurs-rices du genre.


(Dé)rangée / Manon Hénaux (texte) et Greg Blondin (dessins et couleurs) – Editions Bamboo – avril 2023 – 136p

Lola lit Son odeur après la pluie

C’est l’histoire vraie de la relation de l’auteur avec son chien. Lorsque Cédric Sapin-Defour adopte Ubac, il sait que les Bouviers Bernois ont plutôt une espérance de vie à 1 chiffre. Mais comment penser à la fin quand on débute à peine. Cédric et Ubac ou Ubac et Cédric vont partager une trop courte vie de chien, quelques années seulement, mais quelles années ! Amour, respect, complicité, protection, loyauté… ils vont partager beaucoup. Et l’arrivée de Mathilde, la compagne de l’auteur, va ajouter à ce bonheur. Plus tard Cordée et Frison rejoignent le trio, ils forment à présent une meute. Les humains s’isolent un peu : avec 3 chiens de cette taille, les sorties se compliquent. La vie à la montagne s’organise dans l’harmonie d’une vie simple tournée vers la nature.
Et puis un jour de 2017, après avoir vécu 13 belles années, Ubac quitte le monde. Et la tristesse, le chagrin engluent Cédric.

Une belle histoire d’amour entre un chien et un Homme. J’ai été sensible à cette lecture même si la complexité de l’écriture m’a parfois obligée à relire des passages ou des phrases pour en comprendre le sens. Ce qui a un peu refroidi mon entrain mais ne m’a pas empêchée de pleurer la mort d’Ubac, comme j’ai pleuré celles de mes vieux compagnons.

J’ai toujours eu des chiens, aujourd’hui Paco et sa fille Billie partagent notre vie de famille. Mais Paco a déjà 13ans, c’est un braque et il approche de la fin. Je pense à son départ et j’appréhende ce moment qui va être tellement douloureux. Ce ne sera pas le premier animal que je perds et c’est toujours un chagrin monumental. Et puis ça passe doucement, on pense à eux avec plus de tendresse que de tristesse et on s’attache à d’autres vies que l’on aime tout autant. Les chiens n’ont qu’un défaut : vivre trop peu d’années !

Un bel hommage au Meilleur Ami de l’Homme ♥


Son odeur sous la pluie / Cédric Sapin-Defour -Editions Stock – mars 2023 – 270p