Lola lit Arcadie ♥♥

Farah est une enfant lorsque ses parents rejoignent Liberty House, une communauté dans le sud de la France. Là, Arcady veille à ce que ses membres soient protégés des ondes, du wifi, des réseaux sociaux, des fake news, des engrais et des pesticides mais aussi de la propriété, de l’envie, de la jalousie… Bref, de tout ce qui peut nuire à l’épanouissement de chacun. Là, on peut vivre nu, passer des heures à lire et à observer la nature sans être dérangé et multiplier les expériences sexuelles en toute liberté et dans le respect. Tous sont persuadés qu’ils survivront à la fin du monde. Farah grandit dans l’amour, l’amour des autres, des animaux, de la nature. Mais à l’heure des premiers émois, son corps la plonge dans une profonde perplexité. Elle en parle à Arcady qui, tout naturellement, la conduit chez la gynécologue qui, après divers examens, lui annonce qu’elle souffre du syndrome de Rokitanski. Le MRKH touche une femme sur 4500, souvent décelé au moment de l’adolescence, il se manifeste par une absence partielle ou totale du vagin et de l’utérus. C’est une catastrophe pour Farah, adolescente en quête d’identité, heureusement qu’Arcady l’entoure de sa bienveillance, la rassure, la soutient. Mais bientôt, l’arrivée d’un jeune migrant dans le paysage de Liberty House va bouleverser Farah et l’ordre de la petite communauté pourtant si sereine.

Quel roman ! Irrésistiblement drôle, délicat et très bien écrit, il a tout pour plaire. Comme dans l’excellent Les garçons de l’été, l’auteure explore les méandres de l’adolescence et plante son nouveau décor dans une communauté idyllique, où chacun malgré son âge, son physique, son handicap, ses problèmes, est respecté et aimé. Un havre de paix au soleil, chapeauté par un gourou sympathique qui n’abuse de personne, donne plus qu’il ne prend. Alors paradis ou cour des miracles ?!


Arcadie/Emmanuelle BAYAMAK-TAM – Editions POL – août 2018 – 448p

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