Quel bonheur de retrouver Bérénice Pichat, La Petite Bonne m’avait tellement plu ! Cette fois, le personnage féminin s’appelle Servane, une jeune fille de 17 ans dans le Paris de 1943 étouffé par l’occupation allemande. Les parisiens ont peur, froid et faim, les allemands réquisitionnent le moindre aliment, les dénonciations arbitraires font rage. Depuis le décès de sa mère à l’asile, Servane (sur)vit avec son beau-père dans un immeuble sous le regard perçant de la concierge. Quand elle rencontre une amie de lycée sur un trottoir, elle est loin d’imaginer ce que l’avenir lui réserve près de Paul, ancien militaire devenu trafiquant. Je n’en dis pas plus, vous le découvrirez en aout, lors de sa sortie.
De nouveau l’autrice met en scène des personnages ordinaires avec des zones d’ombre, ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs. C’est cette zone que l’autrice explore. Qui ne s’est jamais posé la question « Et moi, qu’est-ce que j’aurais fait à cette période ? » Quelle est la priorité ? Manger, sauver sa peau ou rester moralement infaillible ?
J’ai été moins touchée par les personnages, mais j’avais tellement aimé La petite bonne. Je trouve encore une fois très intéressante la construction du roman, entre prose et vers libres, avec quelques éléments intégrés (notes, billets, tickets…) même si elle est moins spectaculaire que dans La petite bonne.
Un excellent deuxième roman. J’ai hâte de savoir ce que l’autrice nous réserve pour le prochain !
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Un marché noir / Bérénice Pichat – Editions Les Avrils – aout 2026 – 288p
