Suite au décès brutal de mon frère le mois dernier, je me suis retrouvée à devoir organiser ses obsèques, et je n’étais pas préparée ! Tout doit aller vite : d’abord « choisir » les pompes funèbres. Sur quel critère ? Géographique, le plus proche de l’hôpital. Où nous avons été reçu par une première question déroutante « Alors qu’est-ce qui vous amène ? » Devine ! Après nous avoir répété plusieurs fois qu’elle connaissait très bien son métier (j’espère parce que je ne vais pas pouvoir l’aider), la conseillère funéraire tend des documents à signer. Euh combien ça coûte ? D’abord, répond-elle, on parle des choses jolies avant d’aborder les questions d’argent. WHAT ?! Bah non madame, d’abord on parle des sous et après on signe. Bon finalement elle ne connait pas vraiment son métier, on change de crèmerie. La suivante est beaucoup plus dans l’empathie, on parle de mon frère, des circonstances tragiques de son décès et on nous promet une cérémonie simple mais belle. Parfait ! Merci mademoiselle, on signe où ? Un peu de patience, avant il faut choisir ? Mais choisir quoi ? Un cercueil ?! Un linceul ?! Une urne ?! Vraiment ?! C’est pas un lot ? D’accord le cercueil, il va brûler alors le moins cher. Le linceul, c’est moche tous ces froufrous, ce satin, ce velours. On ne peut pas plutôt prendre un paréo Wax (il adorait) ? Oui bien sûr (ça valait le coup de demander). L’urne, on va la vider dans l’océan donc on s’en fout. La vider à la sauvage ? Interdit ! Bon bah on prend celle avec des coquelicots à 35 euros alors (il adorait les coquelicots). Des fleurs ? Il aimait tellement mais elles ne peuvent pas accompagner le cercueil dans l’incinérateur, donc c’est une dépense inutile surtout qu’on a décidé de mettre en place une cagnotte. Alors quelques fleurs mais pas trop. Sa dernière tenue, jean, chemise, chaussures, manteau… ? Pas facile !
Ok on a choisi le matos, maintenant on aborde le spirituel ; chansons, textes, prises de paroles. Là maintenant tout de suite ? Non, mais rapidement quand même ! Une cérémonie funéraire ça se prépare mais on a de la chance ; en pleine canicule, il n’y a pas de place au crématorium avant 8 jours, ça nous laisse un peu plus de temps entre 2 sanglots pour se demander quelles chansons diffuser. Parce que ce choix là est crucial à mon avis, à chaque fois qu’on écoutera ces morceaux on pensera à lui, alors il ne faut pas merder et se mettre d’accord. Pas de trucs entrainants, même s’il aimait bien rigoler, moi je veux pleurer, pleurer, encore et encore, qu’on pleure tous ensemble, qu’on se repasse nos mouchoirs, qu’on se serre, qu’on se console, qu’on se dise des mots d’amour.
Bon on a oublié de parler d’un truc important, en attendant le grand jour, il va où le corps ? Il reste à l’hôpital dans un tiroir (les 3 premières 24h après le décès sont gratuites et après c’est 79 euros par jour) ou il est pris en charge par les pompes funèbres qui vont lui faire une belle toilette, un beau maquillage et l’allonger dans un beau salon (bien plus cher mais tellement plus digne).
Et tout ça pour la modique somme de 4700 euros, mais on peut payer en plusieurs fois hein mais pas trop étalé quand même. Quelle souffrance de se voir infliger ces moments ! Mais la cérémonie était belle, simple mais belle. On a posé ses objets préférés autour de lui, on a allumé des bougies et écrit sur son cercueil avec des marqueurs de toutes les couleurs. On a écouté des chansons tristes, on a pleuré, parlé de lui, reniflé tous ensemble, revu des gens surgis du passé et on s’est promis de se revoir, on était tous là pour la même raison, parce qu’on l’aimait et qu’il va nous manquer tellement tellement ♥
Alors moi, dans la voiture au retour, j’ai décidé de préparer mes obsèques ! Impensable de faire subir ça à mes enfants et mon conjoint. Alors ce guide pratique reçu quelques jours après m’a semblé être porteur d’un vrai bon gros message (merci Babelio et Croque-Madame). Il y a tout dedans : avant, pendant, après le décès, et même le monde funéraire de demain dans le dernier chapitre. Tout est expliqué, décortiqué, proposé avec légèreté même si rien n’est pris à la légère. L’autrice, entrepreneure de pompes funèbres à Bruxelles, remet l’église au centre du village, la mort au centre de notre vie. Notre finitude est programmée, ce n’est pas un scoop. Alors n’ayons pas peur (facile à dire), protégeons nos proches, anticipons et surtout choisissons nos chansons 😉
(Seul hic c’est qu’il a fallu vérifier certaines infos parce que les lois belges et françaises dans ce domaine peuvent différer)
A toutes celles et ceux qui comptent mourir un jour / Cléo Duponcheel dite Croque-Madame – Editions Academia – mars 2026 – 214p
