Paul est en prison pour une raison que le lecteur ne connait pas. Il partage sa cellule avec un autre taulard respecté des autres et qui le protège. Le récit alterne entre le quotidien de Paul en prison et le retour sur son passé. Au fil du roman se dessine la vie de Paul, son enfance entre un père danois pasteur et une mère soixante-huitarde. Cette enfance se déroule presque sans histoires jusqu’au divorce des parents puis le père de Paul s’expatrie au Canada où il le rejoint quelques années plus tard. Aujourd’hui trois personnages hantent les souvenirs de Paul : son père, sa femme Winona et sa chienne Nouk. Le récit mène le lecteur jusqu’à la fin ou l’ensemble de la vie de Paul est dévoilé.
C’est un roman sympathique, bien écrit, qui se lit tranquillement. Je n’ai pas été très captivée par le passé de Paul, finalement pas si extraordinaire, la seule partie plus intéressante étant les années où Paul est concierge dans un immeuble cossu. Par contre, j’ai été intéressée par les descriptions de la vie de Paul en cellule, la promiscuité avec son codétenu est bien retranscrite, le fait qu’en prison on n’est jamais seul sauf dans ses pensées ou ses souvenirs. A découvrir pour cet éclairage.
Jean-Paul Dubois – Editions de l’Olivier – août 2019 – 246 pages

Hachiko au pays de la nuit est un roman jeunesse de Linné Lharsson, une auteure pas comme les autres, dont le Billy Chaperon avait rencontré le succès, en 2013. Dans ce roman, elle utilise la célèbre histoire du chien Hachiko, pour emprunter, une nouvelle fois, les chemins de l’imaginaire.
Quand j’ai commencé la lecture de ce roman, je me suis dit avec un peu d’ironie que tous les ingrédients étaient réunis pour tirer les larmes aux yeux des lecteurs hypersensibles. Je suis sensible certes mais je n’ai pas la larme facile, je ne pouvais donc pas imaginer que je tournerai les dernières pages en pleurant comme une madeleine. C’est bouleversant ! Ça touche à la mort, la maladie, l’amour, l’amitié, la maternité, la volonté de mourir libre… que des trucs pas marrants du tout mais l’aventure est belle, dépaysante, chargée d’émotions. Emile et Joanne nous emmènent avec eux à bord de leur camping car dans les paysages magnifiques des montagnes pyrénéennes. J’ai noté le nom de tous les sites qu’ils ont traversés, j’ai eu envie d’y aller aussi, voir de mes yeux toute cette beauté.
Noëlle Lefebvre a disparu. Et c’est Jean Eyben qui est chargé, par la société de détectives privés dans laquelle il travaille, de la retrouver. Nous sommes dans les années soixante, Jean Eyben est tout jeune et il sait déjà qu’il ne fera pas ce métier toute sa vie. Il a quelques pistes, qui le conduisent dans le quinzième arrondissement de Paris, dans un bistrot, un dancing, un appart et la poste. C’est bien maigre, il réussit tout de même à glaner quelques noms qui ne le mèneront nulle part. Jean quittera l’agence de détective mais gardera toujours en tête le mystère de la disparition de Noëlle Lefebvre, et repartira sur ses traces de la Savoie à Rome pour écrire, trente ans après, son propre roman.
L’auteur nous trimballe sur les routes allemandes, autrichiennes, turques, géorgiennes et arméniennes, coincés dans une vieille Lada d’occasion entre Antoine et son insupportable frangine Anna. Mais le voyage ne s’arrête pas là et nous allons emprunter tous les moyens de transport existants dont un vieux coucou et un catamaran, pour rejoindre l’Asie à la recherche de Charles, leur père qui les a abandonnés quand ils étaient tout petits. Laurent, le meilleur ami est du voyage, parfait médiateur entre le frère très discipliné et sa punk de soeur qui sont comme chien et chat. Partis quelques jours, ils ne reviendront pas avant plusieurs mois, au terme d’une quête où chacun aura fait un bon bout de chemin personnel.
Kamil est un rappeur français, musulman adepte du Souphisme, d’origine congolaise né à Strasbourg. Le lendemain du décès de son père, son agent lui conseille de partir à New York où il pourra faire son deuil et surtout écrire. Kamil s’envole pour les Etats Unis où il se fait assassiner sur le parking d’un club de strip-tease.
Journaliste, fils d’un éducateur à la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse), c’est naturellement vers son père que Mathieu Palain s’est tourné pour comprendre ce métier méconnu après une immersion de 6 mois à la PJJ où il a croisé les personnages de ce roman. « Au quotidien, les professionnels de la PJJ mènent des actions d’éducation, d’insertion sociale, scolaire et professionnelle au bénéfice des jeunes sous mandat judiciaire, pénal ou civil, et de leur famille. » [http://www.justice.gouv.fr]. Les éducateurs ont un rôle primordial, car ce sont eux qui accueillent les jeunes et les accompagnent jusqu’à leur majorité.
Pourquoi ce roman ne m’a pas touchée ? J’ai très vite lâché la main d’Amy qui, pour échapper à l’alcool et à sa vie londonienne sans intérêt, retourne s’installer dans son île natale, dans les Orcades, un archipel subarctique écossais. Je n’ai pas eu envie de la suivre, je l’ai très vite laissé tomber et du coup son histoire m’a terriblement ennuyée. J’ai trouvé que le personnage manquait de panache, de force, de profondeur, elle traîne ses démons comme on traîne un vieux chien, familièrement. Pourtant l’écriture est belle et la nature étourdissante mais elle n’a pas été traitée comme un personnage de l’histoire mais comme un décor.
Difficile de parler de ce roman sans en dire trop.