On peut être hospitalisé en psychiatrie, sans consentement, par un tiers ; c’est l’hospitalisation sous contraintes. Avant, seul un psychiatre pouvait décider de l’hospitalisation sur la demande du tiers, mais depuis 2013, le dossier du patient doit passer devant le juge des libertés et de la détention, qui vérifie que la procédure ne présente pas d’anomalies, donne la parole au patient et décide, après avoir pris connaissance des avis médicaux, de la poursuite de l’hospitalisation. Cette audience, en présence du juge et du patient accompagné d’un avocat, doit impérativement avoir lieu avant le 12ième jour d’hospitalisation.
Raymond Depardon filme 10 audiences. 10 personnes. 10 histoires. 10 décisions. Entre chacun de ses entretiens, une succession de plans interminables sur des couloirs vides et silencieux, une route, un passage piéton dans la brume… super stressant. Mais on comprend que le réalisateur a une passion pour la photo. D’ailleurs, il a été photographe avant d’être cinéaste.
J’ai été troublée de croiser ces regards ; ceux des patients, fixes, noirs, vides, inquiétants, ceux des juges à l’opposé, francs, droits, vifs parfois déconcertés ou amusés. Un documentaire nécessaire pour comprendre ce qui se cache derrière les portes fermées à clefs, les barrières des HP, pour approcher la maladie mentale, surprenante, impressionnante, incompréhensible.

1958 – Eliza Donneley quitte Chicago précipitamment, fuyant son mari menaçant et abandonnant son fils chéri. Débarquée à Paris, elle devient Violet Lee, avec pour seule richesse, son appareil photo et une bourse remplie de bijoux qu’elle se fait dérober dès son arrivée. Effrayée, inquiète, sur le qui-vive, elle craint pour sa vie et se cache dans un hôtel de passe où elle croise Rosa, une prostituée, qui devient son amie et lui trouve une place dans un foyer. Un petit travail de nanny, de nouvelles amies, de belles rencontres, et Violet se reconstruit doucement sous la protection de Sam, un compatriote dont elle tombe follement amoureuse.
Un texte d’une grande qualité littéraire !
Quelle noirceur dans ce roman de Paul Lynch ! Grace est à peine adolescente quand sa mère la chasse de la maison un jour d’octobre 1845, elle doit partir travailler et ne revenir que les poches pleines. La nourriture manque cruellement à cette mère qui ne peut plus nourrir tous ses enfants. La Grande Famine sévit alors en Irlande. Entre 1845 et 1852, le mildiou anéantit les culture de pommes de terre, nourriture de base de la population, les irlandais deviennent fous des douleurs de la faim, les morts s’entassent par millions. C’est terrible !
C’est en regardant les JO Paralympiques de 2016 à Rio que l’auteure a l’idée du roman. Le héros de Valentine Goby ne sera pas comme Zheng Tao, champion médaillé Olympique de natation, mais il est, lui aussi, amputé des membres supérieurs. François a 22 ans, il a abandonné ses études d’ingénieurs au grand dam de son père, pour voyager. En ce jour d’hiver 1956, il rejoint son cousin à qui il doit donner un coup de main. Mais sur la route entre Paris et V, dans les Ardennes, une panne de voiture l’oblige à aller chercher de l’aide le long de la route, dans la nuit, le froid et la neige. Il décide de suivre les rails mais il est victime d’un accident électrique qui le laisse carbonisé, presque mort dans la neige. Heureusement, une petite fille le trouve, conduit à l’hôpital, il survit certes, mais ses 2 bras sont sacrifiés. Comment François va-t-il réussir à survivre ? Où trouver les motivations pour continuer ? Comment vit-on sans bras ?
L’auteur nous prévient dès la couverture, en sous titre : La plus précieuse des marchandises est un conte. Mais pas n’importe quel conte, un conte qui ne ressemble pas à tous les autres, même si dès le début, évidemment on pense Au Petit Poucet. Une forêt, un pauvre bûcheron marié à une pauvre bûcheronne… Sauf que ces bûcherons-là n’ont pas d’enfant à abandonner. Au grand désespoir de la pauvre bûcheronne qui aimerait tant avoir un bambin à chérir. Alors pour s’occuper, pour tromper le froid et la faim, elle court après les trains qui, en ces années sombres, circulent sans arrêt en bordure de la forêt . Et puis un jour de neige, de l’unique lucarne d’un wagon une main jette un paquet, et d’un signe ordonne à la pauvre bûcheronne de le récupérer. C’est le miracle qu’elle attendait ! Sa vie s’illumine, mais c’est sans compter sur la barbarie des Hommes.
Jean Farel est un célèbre journaliste politique septuagénaire, Claire Farel, son épouse d’une quarantaine d’années, essayiste et féministe engagée et Alexandre, leur fils, un brillant étudiant à Stanford, l’une des plus prestigieuses université du monde. Tout va bien dans le meilleur des mondes, le leur, fait d’apparences, de faux-semblants, de mesquineries, de trahisons, de blessures. Mais il faut garder la tête haute toujours, dissimuler ses faiblesses, se battre pour être vus, reconnus, rester au top, même si pour ça, il faut blesser les siens. Mais jusqu’à là, tout va bien.
Au pays des Inuits, la jeune Uqsuralik se réveille un matin avec du sang sur les jambes. Affolée, elle quitte son igloo. C’est alors que la banquise se brise et qu’elle est emportée loin des siens. La voilà séparée de sa famille. Armée se son seul courage et de sa volonté de survivre, elle s’enfonce dans un espace pas toujours accueillant. Elle va y faire des rencontres, pas toujours amicales, elle aura un mari, quelques jours, puis un enfant. Elle poursuivra son chemin et sa vie de femme.
Pax Monnier, comédien sans succès reconverti dans le coaching en entreprises, exulte ; un metteur en scène américain super connu veut lui faire passer des essais pour son prochain film. Pax en est sûr, c’est la chance de sa vie, il lui faut ce rôle, il va enfin entrer dans le monde hermétique du cinéma. Pas une minute à perdre, il quitte le boulot, passe chez lui vite fait et file au rdv. Alors ce cris et ces bruits étranges à l’étage du dessus l’inquiètent mais ne le détourne pas de son timing. Les voisins se disputent, bougent des meubles ? Peu importe, il n’a pas le temps. Vite vite, il doit partir. Il croise un homme dans l’escalier qui descend précipitamment. Il rencontre le metteur en scène, ça marche, il aura un petit rôle, il donnera la réplique à Matthew McConaughey, l’incroyable héros de l’excellent
Gabriel est prêtre. Il reçoit en confession une femme qui lui explique qu’il va être appelé à l’asile pour y bénir un cadavre et que sous les jupes de ce cadavre il trouvera le journal de Rose. Il se retrouve alors en possession de l’histoire terrible de Rose, une jeune fille que son père a vendue à un homme affreux. Ce monstre va abuser d’elle sous les yeux de sa propre mère. Dans cette maison il y a aussi Edmond, l’étrange Edmond qui voit tout mais n’agit pas, Edmond en présence de qui Rose se sent différente.