Lola lit Malgré nous…

Théo, Maxime et Julien sont amis à la vie à la mort, depuis que, enfants, ils ont échappé ensemble à un incendie alors qu’ils étaient en colo. Adultes, leurs liens d’amitié ne se sont jamais desserrés, même lorsque Maxime et Théo se sont mariés, leurs épouses, Aurélie et Marine sont à leur tour devenues meilleures amies. Le groupe a traversé des orages, toujours ensemble. Alors lorsque Théo s’effondre, en plein burn out, ses amis l’entourent, le soutiennent, toujours présents. Quand Marine doit aller au Brésil, un voyage capital pour sa carrière, elle hésite à partir, elle appréhende de laisser leur petite Julie seule avec son père qui est incapable de s’occuper de lui-même, alors d’une fillette de 4 ans ?! Pourtant, devant l’insistance des amis qui promettent de s’occuper du père et de l’enfant, Marine décide de partir mais d’écourter son séjour, elle fera l’aller-retour, reviendra vite.

Hélas, le vol d’Air France en provenance de Rio, ce lundi 1 juin 2009, disparaît en mer. Théo espère, Théo prie mais Marine était bien dans cet avion. Ou peut-être pas, s’il en croit ce coup de fil d’une certaine Laetitia qui se prétend l’amie de Marine, et qui annonce qu’elle n’est jamais partie au Brésil. Théo perd pied, entre espoir et colère, toujours soutenu par ses amis. Mais jusqu’à quand ?

On se pose beaucoup de questions en lisant ce second roman de Claire Norton, et on espère bien trouver les réponses, parce que cette histoire nous touche par ces thèmes ; l’amour, l’amitié, le deuil… Un roman agréable et facile à lire !


Malgré nous… / Claire Norton – Editions Robert Laffont – juin 2019 – 408p

Lola lit Le Cercle des Hommes ♥

Alors qu’il survole d’un air conquérant l’Amazonie, Gabriel, pdg français d’une grosse exploitation forestière, s’écrase en pleine forêt, sous une attaque surréaliste de Aras. Un indien de la tribu des Yacou le trouve moitié mort, carbonisé, défiguré, gonflé par ses blessures, recouvert de sang, de terre et de vermine. Les 8 membres de la tribu l’accueillent avec circonspection, ne reconnaissant pas en lui un homme mais un animal et il est jeté dans une fosse avec des cochons sauvages. Peu à peu, grâce à un fort instinct de survie, une volonté de fer et une grande capacité d’analyse, Gabriel retrouve des forces. Mais le monde dans lequel il a atterri, le Cercle des Yacou, est bien loin du sien et il va devoir se battre pour sa survie, pour redevenir un Dihab, un homme aux yeux des indiens, quitter la forêt et, qui sait, retrouver son ancienne vie, entre ses somptueux appartements de Paris et New-York, sa délicieuse épouse et ses comptes en banque pleins à craquer.

L’auteur saisit l’occasion du crash, en pleine forêt amazonienne, de l’avion privé de Gabriel, ce surconsommateur qui participe activement, entre autre, à la déforestation de l’une des trois plus importantes forêts vierges du monde, pour pointer l’inconséquence, la bêtise des Hommes. Il compare deux mondes, diamétralement opposés mais imbriqués, par la force de toutes ces « choses » créées par une certaine partie de l’humanité, et qui sont bien dérisoires.

Un livre que tout le monde devrait lire. Un roman farouchement écolo mais aussi profondément humaniste. Un coup de coeur ♥

Un auteur qui m’avait déjà touchée avec Les échoués. Ses autres romans sont sur ma table de nuit, prêts à être lus.


Le Cercle des Hommes / Pascal Manoukian – Editions du Seuil 2020 – janvier 2020 – 336p

Lola lit Et toujours les forêts

La vie de Théo commence mal, sa mère ne l’aime pas et cherche à s’en débarrasser. Elle le laisse des jours et des jours sans nouvelles chez les nounous, le récupère pour l’abandonner ailleurs. Jusqu’au jour où elle le dépose au bout du long chemin qui mène vers la forêt, chez Augustine et part sans se retourner. Théo et son arrière grand mère apprennent à vivre ensemble et finissent par s’aimer. Théo grandit sous le regard bienveillant d’Augustine.
Mais un jour, le Monde s’enflamme, la vie disparaît, ne laissant que quelques survivants dans une nature plus qu’hostile.
J’ai eu du mal au début, tout ce qui touche à la violence et plus particulièrement sur les enfants, me met à mal à l’aise. Mais j’ai cru voir une petite lueur d’espoir quand se noue la relation d’amour entre Théo et Augustine. Malheureusement la deuxième partie m’a terrassée !
C’est terrifiant, angoissant, j’ai voulu interrompre plusieurs fois ma lecture mais je me suis dit qu’il allait forcément se passer un truc chouette, même si je ne voyais pas trop quoi. J’étais prête à tout croire, à tout accepter même le plus invraisemblable, pourvu que cette horreur cesse. J’avais hâte que le calvaire se termine, pour eux tout autant que pour moi !
Mais c’est très bien écrit, et comme il semblerait que la noirceur soit le dénominateur commun à tous les romans de cette auteure, je vais devoir me passer de cette belle plume.
Du coup, la dernière page tournée, je me suis lancée dans un feel good ! Pas vraiment mon genre de littérature mais là il me fallait du Bisounours.

Et toujours les forêts / Sandrine Collette – Editions JC Lattès 2020 – janvier 2020 – 334p

Yaki lit L’empreinte

En 2003,  Alexandria Marzano-Lesnevich, alors étudiante à Harvard choisit lors de son stage d’étudier le cas Ricky Langley. Ricky Langley était pédophile, il a étranglé un garçonnet de 6 ans, Jeremy Guillory. Alors qu’elle est convaincue d’être contre la peine de mort, l’auteure s’aperçoit avec stupeur que ses convictions s’affaiblissent face à ce crime pédophile. Il faut dire que cette affaire résonne douloureusement avec son propre vécu, Alexandria a elle-même été abusée, enfant, par son grand-père.
Le récit est habilement construit, l’auteur mêle avec intelligence sa quête de la vérité, son plaidoyer contre la peine capitale et sa propre histoire. Son enquête sur Ricky Langley l’accompagne dans sa reconstruction jusqu’à la résilience.
C’est un récit perturbant qui nous bouscule dans nos propres convictions.  Alexandria Marzano-Lesnevich a réalisé un travail très fouillé, minutieux (toutes ses sources chapitre par chapitre sont listées à la fin du livre). Ce roman se lit à la fois comme un roman policier et comme un documentaire, un mélange des genres très réussi.

Je ne dirai pas que ce livre est un coup de cœur mais un coup au cœur, tant il est percutant. Un récit qu’on ne peut oublier une fois la dernière page refermée.


L’empreinte / Alexandria Marzano Lesnevich – Editions Sonatine – janvier 2019 – 480p

Traduit par Héloïse Esquié

Lola lit Il est juste que les forts soient frappés ♥

Sarah est morte. Un tumeur l’a terrassée, malgré ses 42 ans, malgré l’amour de ses 2 enfants, malgré la combativité de Théo. La maladie l’a emportée, ils ont perdu la bataille. Ils se sont battus, surtout Théo, qui était persuadé qu’ils avaient été frappés parce qu’ils étaient forts, qu’ils étaient capables de supporter, de se battre et de gagner. Mais ils ont perdu ! Sarah est morte, entourée de sa famille, de ses amis mais seule à partir. Sarah est morte, et elle décide de nous raconter son aventure, ce parcours des combattants ; mais d’abord sa jeunesse, sa rencontre avec Théo le lutin à la joie de vivre, leur histoire d’amour improbable, la naissance de Simon et Camille. Elle raconte surtout l’arrivée de la maladie dans ce tableau charmant ; les visites chez le Docteur House, le soutien des proches, la chimio, l’espoir, la rémission, la rechute… Sarah revit ses moments, ne nous cache rien, ni d’elle ni des autres puisque morte, elle sait tout.

C’est un récit incroyable, vertigineux. Un roman qui nous touche par la banalité de son histoire ; la maladie frappe n’importe qui et n’importe quand. Nous sommes tous des Sarah, des Théo, des Simon, des Camille… Il n’y a aucune justice, qu’on soit fort ou faible, heureux ou malheureux, seul ou entouré, contrairement à ce que pense Théo l’optimiste. C’est triste et pourtant, l’auteur en a fait un livre lumineux, qui parle d’amour surtout, avec beaucoup d’humour, même aux heures les plus sombres. Il faut continuer à vivre, à profiter de la vie, de ce qu’elle offre de plus beau.

Un beau coup de cœur pour ce premier roman ♥


Il est juste que les forts soient frappés / Thibault Bérard – Editions de l’Observatoire – janvier 2020 – 210p

Yaki lit 7 lettres

Colton Crest est retrouvé mort par son meilleur ami, Eliott. Quelques temps auparavant il avait disparu plusieurs jours avant de réapparaître sans fournir d’explication. Le jour de l’enterrement alors qu’Eliott doit faire un discours il trouve dans sa poche une lettre lui expliquant que Colton a été assassiné et qu’à l’issue d’une «chasse au trésor» il connaîtra le nom de l’assassin.
Si l’intrigue démarre bien et si l’idée de départ est bien vue, le dénouement est décevant et, une fois la surprise du début passée, il y a beaucoup de longueurs.
Dommage !

7 lettres / Olivia Harvard – Roman ado/jeune adulte – Editions Hachette Jeunesse – mai 2018 – 80p

Yaki lit Mercredi le jour où les jeunes filles rencontrent la mort

Deux enquêtes se rencontrent dans ce polar. La première concerne la mort atroce d’une mère de famille apparemment bien sous tous rapports mais qui, en réalité, menait une double vie. La
deuxième enquête plus diffuse est liée à la disparition de plusieurs jeunes filles. Même si ce tome peut se lire indépendamment, il fait partie d’une série dans laquelle évoluent le policier Karlsson et la psychologue Frieda Klein.
Une écriture fluide, une intrigue qui tient la route et des personnages perturbés juste ce qu’il faut.
Une lecture agréable 

Mercredi le jour où les jeunes filles rencontrent la mort / Nicci French – Editions Fleuve – mai 2014 – 560p

Yaki lit Oublier Klara

Ce roman est construit en 3 parties dans lesquelles on suit 3 générations d’une même famille : Klara, la grand-mère, Rubin, le père et Iouri. L’histoire se déroule en Russie. Klara a été arrêtée sous le régime de Staline pour trahison à son pays. Elle a été déportée et n’est jamais revenue. Rubin a grandi sans mère, il s’est endurci, est devenu marin puis capitaine de bateau. Iouri a grandi sous l’égide d’un père autoritaire et en a beaucoup souffert. Alors que Rubin va mourir, il demande à Iouri de découvrir ce qu’il est advenu de Klara.
C’est un roman historique très intéressant, documenté, sur une période noire de la Russie où l’on pouvait être arrêté sur de simples spéculations ou être trahi même par ses proches. Le récit montre également les dégâts causés sur une famille et sur plusieurs générations, c’est aussi un roman sur les relations filiales. C’est très bien construit, l’écriture est fluide. Les personnages ne sont ni tout blancs, ni tout noirs, ils essaient juste de survivre, chacun à sa manière, à un régime, un système qui broie ses citoyens.
A découvrir.


Oublier Klara / Isabelle Autissier – Editions Stock – mai 2019 – 320p

Yaki lit Inséparables ♥

Grace et Tippi sont sœurs siamoises. Le haut de leurs corps leur est propre, le bas elle le «partage»  ! Après des années à vivre plus ou moins «cachées», elles intègrent le lycée. Elles s’y font deux
amis, Jon et Yasmeen, que leur situation particulière ne perturbe pas. Elles ont, par contre, à subir le regard des autres qui les regardent comme des «&monstres&».
Le récit est celui de Grace qui partage avec le lecteur ses sentiments, ses impressions, ses doutes et surtout son amour inconditionnel pour Tippi, l’autre partie d’elle-même.
Très beau livre, très émouvant, porté par l’écriture particulière en «vers libres» de Sarah Crossan. Beaucoup d’émotion dans le récit avec des personnages extrêmement touchants.
Une histoire qui ne s’oublie pas ! Bravo à Clémentine Beauvais, la traductrice. Un coup de cœur ♥

Inséparables / Sarah Crossan – Editions Rageot – mai 2017 – 416p

Traduit par Clémentine Beauvais

Yaki lit Promenez-vous dans les bois… pendant que vous êtes encore en vie

Nora est une jeune écrivaine de 26 ans célibataire. Elle voit peu de monde et son principal hobby est de courir. Alors qu’elle n’a plus eu de nouvelles de son ancienne meilleure amie, Clare, une amie de celle-ci la contacte pour l’inviter à son enterrement de vie de jeune fille. Surprise, Nora hésite à s’y rendre mais elle finit par accepter, ce qu’elle n’aurait sans doute pas dû faire…
Malgré un résumé alléchant, ce roman «policier» n’a que peu d’intérêt. L’écriture est banale tout comme l’intrigue. Les personnages ne sont pas vraiment intéressants et l’on se doute assez vite du dénouement de l’histoire. Mieux vaut lire La mort de Mrs Westaway du même auteur.

Promenez-vous dans les bois… pendant que vous êtes encore en vie / Ruth Ware – Editions Fleuve  – février 2016 – 384p

Traduit par Séverine Quelet