Lola lit Il est des hommes qui se perdront toujours ♥♥

L’espérance de vie de l’amour, c’est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. Dans les années 90, à Marseille, Karel, Hendricka et leur petit frère infirme Mohand, vivent dans une cité hlm fictive sous les coups de leur alcoolique et drogué de père et le regard triste de leur mèrePour s’en sortir, ils fuient la maison et trouvent l’amour dans un camp de gitans. Mais La seule chose qui dure toujours, nous prévient l’auteure, c’est l’enfance quand elle s’est mal passée. Alors attendez-vous au pire !

Qu’elle les signe Emmanuelle Bayamack -Tam ou Rebecca Lighieri, les romans de cette auteure française sont d’une puissance troublante. Que ce soit dans Arcadie, Husbands ou Les garçons de l’été ou plus récemment dans Eden, la famille est toxique, elle offre à ses enfants un lieu de déséquilibre, de conflit, de violence, d’espoirs déçus, de rancoeur… Mais il y a de l’amour aussi, celui entre certains membres de ces familles calamiteuses et celui très cru que l’auteure décrit dans les scènes de sexe. Ces livres sont comme ses films que l’on regarde les mains devant les yeux en laissant un petit espace entre chaque doigt. On veut voir, mais en gardant une distance raisonnable pour ne pas être emporté. Une tension dingue fait se dresser les poils à chaque fois qu’on tourne une page, les personnages peuvent déraper dans la sauvagerie à tout moment. Dérangeants et addictifs, impossible de s’arrêter en route !


Il est des hommes qui se perdront toujours / Rebecca Lighieri – Editions POL – mars 2020 – 384p

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