Lola lit Clément

Clément, le récit d’autofiction de Romain Lemire où il raconte son enfance et l’inceste que son père lui a fait subir ainsi qu’à ses frères, ses cousins et tant d’autres enfants. Un livre bouleversant, qui prend au tripes. Clément a 7 ans, lorsque André, professeur de français apprécié, rentre dans la chambre de son plus jeune fils, nu, et lui demande s’il veut savoir comment on fait les enfants. A sept ans dans les années 80, dans l’ignorance de l’enfance, comment mettre en doute la parole d’un père adoré. Alors Clément se retrouve à tripoter « la quéquette » paternelle, et à lécher ses bourses « poilues ». Cette première partie est assez déconcertante et m’a mise mal à l’aise ; les mots employés pour décrire des scènes d’une telle violences sont si naïfs, si innocents que mon cerveau d’adulte a eu du mal à supporter. Et puis Clément grandit, son langage change, le vocabulaire est plus cru, plus en adéquation avec les viols qui se répètent jusqu’à ses 14 ans, l’année du suicide du père après la révélation de l’inceste paternel par un des trois frères. Un inceste ordinaire dans une famille bourgeoise unie et cultivée, des grands-parents dans des maisons de campagne, des vacances familiales, des sorties culturelles au théâtre, au concert ; une enfance heureuse, raconte Clément. Mais l’inceste est une bombe à retardement et on retrouve Clément adulte qui cherche à rompre le silence dans lequel sa mère s’est enfermée, pour pouvoir vivre enfin, ses frères qui essaient de construire des familles et sa sœur Estelle qui dérive. Un livre à lire car l’inceste y est traité différemment, à hauteur d’enfant.

Goncourt du 1er Roman 2026, l’auteur Romain Lemire, comédien, auteur, chanteur, y croit à peine.


Clément / Romain Lemire – Editions Le Cherche Midi – avril 2026 – 400p