Le père débarque après une longue absence. Le fils l’observe, se méfie et la mère semble le craindre. Il les emmène aux Roches, une bâtisse isolée au fin fond de la montagne, la maison offre peu de confort, le père est tantôt taiseux, tantôt aimable, perdu dans le passé. Les souvenirs ressurgissent de cet endroit où il a vécu seul avec son père après la mort de sa mère, et qu’il a quitté brutalement à 17 ans.
Un roman qui s’ouvre sur une tranche de vie, celle d’un clan d’Hommes Préhistoriques. Une scène qui plante le décor ; l’isolement, la forêt, la prégnance de la nature, et nous plonge dans l’ambiance ; la rudesse de l’homme, la complicité entre la mère et l’enfant, le silence créent une tension qui fait naître un sentiment d’insécurité, d’angoisse et le présage d’une tragédie. La langue est belle, riche sans être compassée, les descriptions longues et détaillées, les personnages (dont on sait si peu) sont pleins d’une violence, d’une colère contenue qui menace de se déverser derrière chaque page tournée, on tremble pour le fils et sa mère.
Un roman remarquable ! ♥♥♥
Le fils de l’homme / Jean-Baptiste Del Amo – Editions Gallimard – aout 2021 – 240p




L’auteure, enceinte, vient se reposer chez ses parents ; sa nouvelle maternité lui donne envie de se plonger dans l’histoire familiale. Elle se souvient de cette carte postale, reçue à la maison au début de l’année 2003 alors qu’elle était ado. Une vieille carte postale de l’Opéra Garnier adressée à M. Bouveris, le nom de sa grand-mère maternelle, avec juste 4 prénoms : Ephraïm, Emma, Noémie, Jacques. Une carte anonyme, qui avait été rangée dans un tiroir et que l’auteure a bien envie de ressortir pour comprendre. Alors sa mère lui raconte et nous emmène sur les chemins de l’exil, des chemins plein d’espoir, des chemins qui conduisent à la mort. A l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, Ephraïm, Emma et leurs enfants fuient la Russie pour s’installer en Lettonie, puis en Palestine où ils rejoignent le père d’Ephraïm. La famille a éclaté, chacun est parti vers son destin. Finalement, les Rabinovitch choisissent la France dont ils sont sûrs. Et puis la guerre éclate, la tragédie et l’horreur se répandent. Déportés à Auschwitz aucun des 4 prénoms notés sur la carte postale ne reviendra des camps de la mort.
Tara a perdu son mari. Depuis, elle erre dans l’appartement, éprouvée, confuse. Elle n’est plus capable de rien, n’a plus envie de rien, elle sombre, seule et abattue. Parfois, elle voit un jeune garçon, assis dans son salon, une hallucination, qui est-il ? Doit-elle avoir peur ? Elle esquisse un pas de danse, de sa mémoire surgit le Bharatanatyam cette danse traditionnelle indienne qu’elle a apprise enfant. Alors les fantômes jaillissent, les souvenirs affluent, le passé revient. Ce prénom d’abord, Vijaya, choisi par son père adoré et qui signifie Victoire, le prénom d’une petite fille heureuse qui aimait tant rire et danser. Ce pays de l’enfance heureuse, insouciante et cultivée, quand arrive le premier drame. Orpheline, Vijaya est recueillie par le jardinier puis confiée à un refuge pour filles gâchées où elle est accueillie par Amma qui lui assène cette phrase terrible « Rien ne t’appartient ». Le destin de Vijaya prend alors un autre chemin, jusqu’au second drame de sa vie.






Je dois commencer par dire que je ne m’attendais pas du tout à lire un roman catastrophe, avec déchainement des éléments, morts subites et groupes de fêlés armés jusqu’aux dents à la Mad Max. J’étais plutôt ambiance fin de vacances, passage à l’âge adulte, langueur et mélancolie, un peu genre Sagan (ça m’apprendra à ne pas lire les 4ième de couverture quand je choisis un livre). J’avais juste retenu une histoire de grande maison de vacances peuplée d’une bande d’ados rebelles et de leurs parents sex drugs and rock and roll. Du coup quelle surprise quand la tempête s’est abattue sur le pays (?), déracinant, inondant, détruisant, pulvérisant tout (?) sur son passage, coupant les habitants de la grande maison au bord du lac du reste du monde, semant le chaos (?) et transportant un mal qui tue (?). Les ados déjà pas mal remontés contre leurs égocentriques de parents démissionnaires mais responsables de tout, décident de partir (?). Et c’est le début de la survie raconté par Evie, une des ado.
Dans un futur inconnu mais pas si lointain, Klara est une AA, une Amie Artificielle. Conçue pour prendre soin des ados, elle est douée d’empathie et a des capacités d’observation hors du commun. Devant la vitrine du magasin où elle est exposée, Josie la regarde, lui sourit et un jour, vient la chercher avec sa maman. Mais Josie souffre d’un mal incurable et Klara veut tout faire pour la sauver.
Mathieu Palain est né en 1988 à Ris Orangis. Toumany Coulibaly aussi est né en 1988, il a grandi à Vigneux sur Seine. Le premier se rêvait footballeur, le second a été sacré champion de France du 400 m, en 2015. Mathieu Palain est journaliste et auteur de 2 romans, Toumany Coulibaly a passé plusieurs années en prison. Athlète reconnu le jour, aimé de ses entraineurs et apprécié de ses coéquipiers, Toumani Coulibaly se transforme en cambrioleur le soir. Il casse des vitrines de magasins de téléphonie, de pharmacies, de supermarché, s’empare de téléphones portables, de fonds de tiroirs de caisses. Il se fait pincer, écope de prison ferme, pour des affaires plutôt médiocres, à quelques milliers d’euros. Il ne nie jamais, confesse qu’une course poursuite avec la police lui procure plus d’adrénaline qu’une médaille. Il promet qu’il va se ranger, qu’il ne recommencera plus. Et puis, un gars de la cité lui propose un plan et Toumani ne résiste pas, il replonge direct.