Brighton été 1968 sur le tournage de L’épatante Echelle pour la lune d’Emily Bracegirdle, le dernier film de Reggie Tipton.
Le trio tourmenté de William Boyd est composé de Talbot Kydd producteur comme papa mais sans panache, qui refoule son homosexualité auprès de sa femme et de ses enfants ; Elfrida Wing, l’épouse tant de fois trompée du réalisateur, écrivaine qui noie ses 10 dernières années de pages blanches dans l’alcool et enfin Anne Viklund une jeune première délicieuse et populaire qui tente d’échapper à son ex-mari terroriste fraîchement sorti de prison.
Les personnages en traînent de la souffrance, de la déprime, du mal de vivre, de la misère morale et pourtant vous allez vous amuser grâce à la plume pleine de l’humour pince sans rire et sophistiqué, de cet auteur so british !
Un roman que j’ai eu énormément de plaisir à lire !
Trio / William Boyd – Editions du Seuil – mai 2021 – 496p
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin

Maître Susane, quadragénaire célibataire sans enfant, avocate à Bordeaux, voit débarquer un jour dans son cabinet, Monsieur Principaux, le mari de Marlyne Principaux qui attend son procès pour avoir noyé ses trois enfants en bas âge dans la baignoire familiale. Maître Suzane rencontre Marlyne Principaux, et c’est avec stupeur qu’on apprend que cette femme qui n’a pas vraiment de remords, dit avoir quitté l’enfer de sa vie de famille pour l’enfer de la prison qui lui est bien plus supportable.
Les stations service sur l’autoroute m’ont toujours fascinée. Elles exercent un fort pouvoir d’attirance et de rejet sur moi. Elles font partie du voyage mais concentre tellement de trucs un peu glauques, à commencer par la lumière des néons qui nous fait des têtes de revenants. En tout cas, à chaque départ en vacances, arrêt obligatoire et après, j’invente une vie à certaines personnes que j’ai croisées. Mais je ne suis jamais allée aussi loin qu’Adeline Dieudonné. Pourtant j’aurais dû me douter que ce nouveau roman, après La vraie vie, me secouerait.
Près de 400 pages lues en apnée ! J’ai oublié de respirer, agrippée à mon livre, n’osant plus bouger, dans un état d’urgence. Stress, panique, frayeur, désespoir m’ont accompagnée tout au long de cette lecture. Impossible de lâcher, il fallait que je lise vite parce que c’était tellement douloureux !
Quel roman dérangeant ! Décidément, cet auteur ne me laisse pas indifférente. J’avais vraiment adoré la poésie de
Huit dépressions en trente ans de vie nous annonce Gilles Paris dans les premières pages de son récit. Des dépressions dures, fortes, profondes, bouleversantes. Des séjours en hôpital psychiatrique, des tentatives de suicide, les traitements, les guérisons, les chutes et rechutes, ses addictions, sexe et drogue, l’auteur de nous épargne rien de ses descentes dans le monde fragile et béant de la mélancolie. Parfois on sent qu’il aimerait s’y lover, flotter, ne plus rien sentir, et puis il en sort, toujours, bien sûr.
De nos jours, Edie est une jeune afro-Américaine libérée qui entame une relation avec Eric rencontré sur internet, un homme blanc, plus âgé qu’elle, marié et père de famille. Edie, la vingtaine, ne cherche évidemment pas à se caser, surtout avec ce genre de type, elle cherche juste à multiplier les expériences, sexuelles surtout. Mais contre toute attente, cette relation est différente pour elle, elle a envie d’être avec lui, elle s’attache, Edie tombe un peu amoureuse (enfin ça c’est moi qui le dis parce que Edie ne dirait jamais une chose pareille). La femme d’Eric est au courant, ils forment un couple « libre », et c’est elle qui organise leurs rencontres, imposant une fréquence, un jour, un horaire. Lui docile suit, obtempère, Edie s’échauffe.
Le bonheur est au fond du couloir à gauche est le titre d’un bouquin de développement personnel qui était parmi plein d’autres du même genre, dans le carton que Bérénice a laissé à Michel quand elle l’a quitté. Lui qui n’a pas bien compris mais qui de toute façon ne comprend pas grand chose ou bien tout à l’envers, est persuadé que cette caisse contient un message. Il va donc décortiquer chacune des promesses de ces livres, et essayer de trouver le bonheur en quelques heures, puisqu’un gourou lui a promis le retour de sa belle dès la fin de l’après-midi.
Lionel Duroy dont j’avais adoré