Eté 1999, un soir de fête sur un campus américain. L’équipe de crosse est là, comme d’habitude, des copains de sport, de cours et de beuverie, c’est à celui qui aura chopé le plus de filles, chacun ment, s’invente des relations sexuelles pour ne surtout pas être le puceau de la bande. Et ce soir-là, Max le hâbleur demande à Richard le gentil, de raccompagner Alice, une des filles du lycée privé réputées plus libres. Alice est complètement ivre tout comme Max qui l’installe à demi-consciente sur la banquette arrière et goguenard, prend place à côté d’elle malgré les protestations de Richard. Après avoir déposé Alice devant chez elle et s’être fait coursés par sa mère, ils rejoignent les copains au café. Et Max sort le grand jeu, il parade, se vante, donne des détails, raconte comment les deux compères ont abusé d’Alice, sous le regard de Richard qui ne dément pas. Autour de la table, il y a Haley qui plait beaucoup à Nick, et qui est l’amie d’Alice. La rumeur enfle, enfle, la mère porte plainte mais Alice ne se souvient de rien, c’est le black out total, le vide intersidéral, elle n’a aucune idée de ce qui s’est passé sur la banquette de cette voiture ce soir d’été.
Des années plus tard, on retrouve Alice, Nick, Haley et Richard.
Un premier roman à la construction plus qu’originale. L’auteure ne respecte pas la chronologie et multiplie les formes narratives qui alternent ; un chapitre où Nick raconte puis c’est Alice qui parle, les scénarii des films qu’Alice et Haley écrivaient ado, les brouillons d’une lettre de motivation pour la fac… On emprunte divers chemins de lecture et c’est assez réjouissant. Même si j’ai eu un peu de mal à organiser la relation entre Alice et Haley, même si le séjour de Nick m’a paru un peu longuet, je dois dire que la fin m’a scotchée, chamboulant tout ce que je croyais avoir compris. C’est un roman qu’il faudrait relire à la lumière des dernières pages (dommage que je n’aie pas trop le temps avec les premiers romans de la rentrée littéraire de janvier qui s’empilent déjà sur mon bureau)
True Story / Kate Reed Petty – Editions Gallmeister – aout 2021 – 448p
traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos

En quelques phrases, Gigi Bigot, l’auteure nous confie ce qui se passe quand nous sommes dans le ventre de notre maman et nous conte l’origine du philtrum, ce petit creux que nous portons tous au-dessus de la lèvre supérieure et qui viendrait, selon le pays, d’un ange ou d’une fée. Un très joli texte accompagné des illustrations délicates et pleines de poésie d’Evelyne Mary qui a dégradé trois couleurs principales, légèrement poudrés, en plusieurs nuances dans cet album au petit format carré 16X16
Que de violence, de maltraitance, de mépris ! Toutes les femmes de ce roman ont été humiliées, violées, battues par des hommes. Elles font tout pour éviter les coups, font profil bas, se protègent la tête sous leurs bras, se résignent, rêvent de fuir et acceptent leur sort. C’est révoltant, terrifiant, inacceptable !
Isaac, un jeune américain, partage seul et difficilement la vie de son père malade depuis que sa mère s’est suicidée et que son unique sœur est partie étudier à Yale et s’y est mariée. Alors un jour Isaac part. Après avoir volé les économies de son père, il fait un détour par le mobil home où son copain Billy vit avec sa mère. Ces deux-là ont raté leur chance de quitter la Rust Belt, surnom donné à une région industrielle du nord-est des Etats-Unis durement touchée par le déclin industriel où sévit le chômage et la misère sociale. Isaac est un jeune homme brillant qui aurait pu intégrer une université prestigieuse, quant à Billy, il avait eu une proposition pour sa carrière de footballeur mais par manque d’ambition, de courage ou par devoir, ils sont restés à Buell. Isaac convainc Billy de faire un bout de chemin avec lui, mais dans les premières heures de leur fuite, ils tombent sur trois clochards et c’est le drame ! Pour défendre Billy, Isaac lance violemment un projectile qui tue l’un d’eux. Mais qui va devoir payer ? Quelles vies la mort accidentelle de ce SDF va-t-elle briser ?
Au fil des pages, assis sur son lit, un petit garçon égrène ses rêves ; avoir un don, être un géant, savoir compter à l’envers à toute vitesse… ceux-là font sourire mais certains sont plus graves comme pouvoir arrêter la guerre ou empêcher la mort. Moi aussi j’aimerais parcourir le monde et voler dans le vent, adopter tous les chiens qui traînent, apprivoiser une mésange, couvrir tous les murs de ma maison de livres de haut en bas. Et vous, qu’aimeriez-vous ?
J’adore les éditions de 
Sophie, Joachim et Maël vivent à Lille. Sophie travaille à Paris et enchaîne les aller-retour ; Sophie est ambitieuse, débordée, rigoureuse. Joachim télétravaille, militant à Greenpeace, c’est un père et un mari joyeux, positif, engagé et optimiste. Maël est un ado timide et solitaire, mal dans sa peau il se sent différent. Un problème d’identité au cœur de l’adolescence certes mais qui, parfois, prend beaucoup de place et provoque de profondes souffrances. Maël se perd entre l’apparente insensibilité de sa mère et malgré le soutien de son père.
Petite élève de maternelle, elle assistait au concert de Noël avec l’école lorsque le garçonnet assis devant s’était retourné pour lui chuchoter en la fixant « Je t’aime parce que tu as les yeux ronds ». Fillette impressionnable que cette musique avait chargée d’une émotion toute particulière, elle avait paniqué et n’avait rien trouvé de mieux à lui répondre que « Moi je ne t’aime pas parce que tu as les cheveux de travers », une phrase que la narratrice de ce roman passerait sa vie à regretter. Car Etienne, le petit garçon, n’aurait pas fini de l’émouvoir, de l’étonner, de l’attirer. Elle ne l’oubliera jamais et leurs chemins se recroiseront, quelquefois, par hasard, alors qu’il n’a gardé aucun souvenir d’elle.
Un cargo au milieu de l’océan. Aux commandes une femme qui permet à son équipage de se baigner dans les eaux profondes et sombres. A leur retour, ils sont 21. La commande s’interroge, se serait-elle trompée ? Elle sort ses dossiers, recompte, s’étourdit.

