Lola lit La petite sonneuse de cloches ♥

J’ai trouvé ce roman fort intelligent. Il démarre sur le baiser d’une petite sonneuse de cloches à François René Chateaubriand en 1792, dans la cathédrale de Westminster où il s’était laissé enfermé par mégarde. Chateaubriand troublé par ce baiser qui l’obsède décide de retrouver la petite sonneuse qui est partie sans un mot.

Aujourd’hui, à la mort de son père Joe J. Stockholm, éminent chateaubriandiste, prof de littérature française à l’université et écrivain, Joachim le narrateur se voit confier par le médecin un petit carnet où son père, qui ne pouvait plus guère parler, écrivait ses messages au corps médical. A la dernière page de ce carnet, une phrase énigmatique conduit Joachim sur les traces de la petite sonneuse de cloches. Ce baiser a-t-il vraiment existé ou était-ce un rêve ?

Une énigme à résoudre pour ses 2 jeunes hommes chacun dans leur époque. Un mélange de classicisme et de modernité, un régal de lecture, rythmé, merveilleusement bien écrit, fort bien mené, le parallèle entre les 2 époques est très intéressant. J’ai beaucoup aimé, et je vais me jeter sur le précédent roman de Jérôme Attal. Un coup de cœur ♥♥♥


La petite sonneuse de cloches / Jérôme Attal – Editions Robert Laffont – août 2019 – 270p

Lola lit De rien ni de personne

Rosario a 15 ans, il vit avec ses parents à Palerme. Son père traficote des produits dopants et trompe sa femme, qui s’ennuie. Élève brillant, il choisit de quitter son quartier malfamé dans lequel il ne s’est pas adapté, pour un lycée dans le centre, plus aisé, de Palerme. Mais là aussi, les amitiés sont rares et Rosario peine à trouver sa place. Rosario était le prénom du père de sa mère qui a lutté contre son mari pour le lui faire accepter. Lui aurait préféré Jonathan, tellement plus moderne. Dans ce prénom, il y a un héritage footballistique puisque le grand père était gardien de but, alors Rosario joue au foot. C’est dans le stade qu’il croise des filles et des garçons, qu’il joue sa vie d’ado tout en se répétant sa devise Iu un mi scantu di nenti e di nuddu, « je n’ai peur de rien ni de personne ».

Un premier roman sur l’adolescence, qui a reçu un excellent accueil en Italie mais que j’ai trouvé un peu fade. L’écriture n’est pas désagréable, elle est même plutôt fluide et bien construite, c’est un roman qui se lit facilement mais qui manque de rythme, d’ambiance, de panache ! J’ai été complètement imperméable aux émotions de cet adolescent qui traverse pourtant les tourments de son âge.


De rien ni de personne / Dario Levantino – Editions Rivages – janvier 2020 – 160p 

Lola lit Miroir de nos peines

Après Au revoir là-haut paru en août 2013 et Couleurs de l’incendie en janvier 2018, voici enfin Miroir de nos peines qui conclut la trilogie Les enfants du Désastre de Pierre Lemaitre. Séduite par les 2 premiers,  je n’ai pas été déçue par celui-là. Cette fois, l’auteur s’intéresse à Louise Belmont, la fillette d’Au revoir là-haut, à Paris en 1940, juste avant l’occupation allemande. On retrouve les ingrédients qui ont fait le succès des précédents : une période importante de l’histoire, des personnages très riches, des aventures, et une multitude de détails, qui en font un récit vivant, foisonnant.

Dommage que l’auteur ait prévu de s’arrêter là, j’aurais été pour une tétralogie, le retour de Monsieur Jules par exemple !


Miroir de nos peines / Pierre Lemaitre – Albin Michel – janvier 2020 – 544 p

Yaki lit Les miracles du Bazar Namiya

Trois jeunes cambrioleurs trouvent refuge dans une vieille boutique à l’abandon, le bazar Namiya. Autrefois le propriétaire répondait aux lettres qu’on lui déposait en tentant de venir en aide à ceux qui le sollicitaient. Les trois jeunes reçoivent une de ces lettres écrite 32 ans plus tôt et y répondent.

Ce roman est construit avec des histoires qui s’imbriquent les unes les autres et qui résonnent entre elles. On navigue constamment entre différentes époques, le passé, le présent, mais également entre les différents personnages. Si cela peut paraître un peu décousu, tout a un sens que l’on découvre au fur et à mesure. Ce roman, différent de ce qu’a écrit Keigo Higashino précédemment, est un « feel good » qui plaira sans doute aux amateurs du genre. Personnellement, même si j’ai trouvé l’intrigue bien vue, j’ai été déçue par le traitement que l’auteur fait de sa « bonne » idée, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, peut-être parce qu’il y en a trop et qu’on ne fait que survoler leur histoire. J’ai également été terriblement gênée par le style d’écriture très (trop) simpliste parfois. En bref, un avis mitigé !

Merci néanmoins à Babelio et aux éditions Actes Sud qui m’ont permis de découvrir une autre facette de cet auteur que j’apprécie.


Les miracles du bazar Namiya / Keigo Higashino – Editions Acte Sud – janvier 2020 – 384p

Traduit du japonais par Sophie Rèfle

Yaki lit Le libraire de Cologne

Roman Ado

En 1934, en Allemagne sont promulguées les premières lois anti-juives. Le libraire de Cologne, Alexander Mendel préfère s’exiler en France avec sa famille avant que la situation ne devienne trop critique. Il confie les rênes de sa librairie à son jeune employé Hans Schreiber. Hans va tout faire pour continuer de proposer aux Colognais des livres pas forcément tous approuvés par le gouvernement allemand, sa façon à lui de résister.

Tiré de faits réels, cette histoire est néanmoins très romancée. Le personnage de Hans est touchant dans son souhait de rester fidèle à son mentor, il est prêt à risquer sa vie. C’est un roman plaisant qui a pour principal intérêt de décrire la vie en Allemagne pendant la guerre. Les privations, la difficulté des commerces, la « nuit de cristal » sont plutôt bien retranscrites, malgré une écriture un peu trop « simple » à mon goût. Intéressant !

Merci à Babelio et aux éditions Scrineo pour cette découverte.


Le libraire de Cologne / Catherine Ganz-Muller – Editions Scrineo –  février 2020 – 288p

Yaki lit L’Histoire des 3 Adolf

Œuvre monumentale de Osamu Tezuka qui mêle l’histoire tragique d’Adolf Kaufman, Adolf Kamil et Adolf Hitler. Le premier est fils d’un allemand nazi et d’une japonaise. Le deuxième est un allemand juif. Tous deux passent leur enfance au Japon où ils se lient d’une amitié profonde. Mais c’est sans compter l’Histoire et le pari fou d’Hitler de construire son Reich. Des documents démontrant qu’Hitler est d’origine juive vont causer la perte de nombreux personnages y compris celle des 2 Adolf.

C’est une vraie fresque avec des personnages extrêmement fouillés. L’histoire est terrible, violente mais aussi touchante. On ne peut s’empêcher d’être horrifié par ce que le nazisme a pu faire d’atrocités, par l’influence que le nazisme a pu avoir sur ces générations d’enfants. Brillant !


L’histoire des 3 Adolf / Osamu Tezuka – Editions Tonkam Eds – novembre 2003 – 192p

Yaki lit Dans son silence

Alicia a assassiné son mari et, depuis, n’a plus prononcé un seul mot. Internée dans un institut psychiatrique, elle est abrutie de médicaments. Alicia était une artiste renommée. Elle s’est peinte, après le drame en Alceste, personnage de tragédie grecque. Six ans après les faits, un psychothérapeute se met en tête de la faire parler à nouveau.

Roman sympathique, intrigue bien menée avec un rebondissement final plutôt inattendu, bien qu’un peu rapide. La construction est rythmée. Bon moment de lecture. Roman idéal pour les vacances.


Dans son silence / Alex Michaelides – Editions Calmann Levy – février 2019 – 378p

Yaki lit Churchill m’a menti

C’est un roman historique tiré de faits réels qui relate l’abandon par l’Angleterre des iles anglo-normandes pendant la seconde guerre mondiale, Churchill ayant choisi de les sacrifier aux Allemands. Un camp de concentration y a même été installé pour y déporter des juifs et demi-juifs (juifs mariés à des catholiques).

L’histoire est racontée tout à tour du point de vue de différents protagonistes, des personnages auxquels on s’attache comme d’autres que l’on peut trouver lâches. C’est une histoire étonnante, méconnue et qu’il est bon de rappeler. J’ai surtout été horrifiée par l’histoire de Victoire, cette jeune femme fière et indépendante qui perd tout et surtout sa dignité quand elle est « utilisée » par les nazis pour « procréer », elle ne s’en remettra jamais !

Que d’horreurs, mais un roman vraiment captivant et bouleversant.


Churchill m’a menti / Caroline Grimm – Editions Flammarion 2014 – 276p

Yaki lit Frère d’âme

Il s’agit de l’histoire d’un tirailleur sénégalais, Alfa Ndiaye, et des atrocités qu’il a commises après la mort de son ami, son presque frère, Mademba Diop. Un roman très dur, difficile à lire de par les descriptions crues des meurtres perpétrés par Alfa Ndiaye. L’écriture est particulière faite de répétitions comme une longue ballade, c’est à la fois rude et poétique. Difficile de dire si j’ai aimé ou pas, mais c’est assurément un roman qui ne laisse pas indifférent.

Un roman lu et aimé par Lola


Frère d’âme/David Diop – Editions Seuil 2018 – 175p

Lola lit Love me tender

Constance Debré nous livre un texte choc, libre, mélancolique. Avocate, mariée, maman d’un petit garçon, la narratrice qui ne se sent plus à sa place dans sa vie décide un jour de tout plaquer ; boulot, mari, maison, fils et même hétérosexualité ! Dans cette nouvelle autofiction, Constance Debré parle des filles, avec lesquelles elle couche, celles qu’elle aime, prend et jette. C’est aussi l’histoire d’une mère sans enfant, puisque son ex-mari, à l’annonce de son homosexualité, lui interdit de voir leur fils unique, l’accuse d’inceste, de pédophilie. La justice doit répondre à la question suivante : Un femme qui affiche son homosexualité, en fait un roman -Play Boy son premier livre- très cru, est-elle « normale » ? Peut-elle rester une mère ? S’occuper de son enfant ? Etre une bonne mère ? La narratrice veut s’affranchir des contraintes, plus de famille, excepté son père qu’elle visite de temps en temps, pas d’appartement, pas de voiture, peu de vêtements, pas d’objets à part sa carte de piscine, elle fait le vide pour être prête à recevoir  ce qui pourrait arriver. Son quotidien est fait de rdv galants, de longueurs à la piscine et d’écriture. Elle voit peu son fils, toujours en terrain neutre, au sein d’une association, en présence de spécialistes de l’enfance. Jusqu’où veut-elle aller pour récupérer son fils ?

Un très beau texte, qui pose beaucoup de questions, sur la maternité et l’amour, entre autre.


Love Me Tender / Constance Debré – Editions Flammarion – janvier 2020 – 192p