Encore un roman qui favorise l’insomnie 😉 Impossible de le lâcher, impossible de résister à l’envie de tourner la page, de finir le chapitre, de commencer le suivant, de savoir ! Alors évidemment, il y a des petites choses qui dérangent, pas très crédibles, mais dans l’ensemble, ça marche vraiment super bien !
New Hampshire, en pleine nuit, les policiers sont prévenus d’un accident de la route. Lorsqu’ils se rendent sur les lieux, une femme qui semble gravement blessée réclame avec déchirement et affolement Véro, sa fillette de 6 ans, qui n’est plus dans la voiture. Des équipes partent à la recherche de la fillette, sans succès, jusqu’à ce que Thomas, le mari de Nicki, nie l’existence de Véro ; le couple, ensemble depuis plus de 20 ans, n’a malheureusement jamais pu avoir d’enfant. Il informe aussi les policiers que sa femme est très perturbée, suite à 2 chutes récentes sur la tête, elle souffre de problèmes de mémoire, voire d’affabulations. Le comportement du mari, et surtout le comportement de cette femme face à son mari, rendent les enquêteurs soupçonneux. Bientôt, la découverte de la disparition d’une fillette prénommée Vero, 30 ans auparavant, et la présence de ses empreintes dans la voiture des Grant, continuent de semer la confusion. STOP !!!
Amateurs du genre, vous allez être comblés !
De cette auteure, j’avais lu Disparue, que j’avais apprécié aussi.
Le saut de l’ange/Lisa Gardner – Editions Albin Michel – 4 Janvier 2017 – 480p

Je termine l’année 2018 en beauté grâce à ce petit roman, le premier de Guy Boley, qui s’est distingué récemment avec Quand Dieu boxait en amateur, qui a récolté toutes les attentions. Je ne l’ai pas encore lu mais quand j’ai trouvé Fils du feu, je me suis dit que ça pouvait être une bonne mise en bouche. C’est un petit roman certes, 160 pages mais d’une force admirable. Le père, forgeron, travaille avec Jacky, le premier amour de Jérôme, le tout jeune narrateur. La forge où, fasciné, le petit garçon reste, pour sentir la chaleur, les couleurs, les odeurs, de la ferraille bien sûr mais aussi des corps, des torses dénudés. La vie de la petite cour est tranquille jusqu’à la terrible nouvelle de la mort du petit frère, Norbert. Chacun essaie de traverser la tragédie ; le père sombre dans l’alcool, la fille aînée quitte la maison et la mère continue de faire vivre Norbert, lui mettant son couvert et des draps propres dans son petit lit, lui faisant réviser ses leçons et lui racontant des histoires le soir pour l’endormir.
Je suis toujours un peu méfiante lorsqu’un livre ou un film est porté aux nues par les critiques. J’ai peur d’être déçue, de passer à côté d’un truc apparemment génial, de ne pas avoir compris le génie du truc, je me sens un peu en marge, comme quand dans une soirée, où tout le monde rit d’une blague que je suis la seule à ne pas trouver drôle du tout. Mais le pire, c’est que j’ai peur d’aimer aussi, de me fondre dans la masse, de ne pas savoir si j’aime vraiment autant que les autres ou si je suis influencée par l’avis des autres. Du coup, je préfère attendre un peu avant de lire les pépites 😉
Stand by, ça vous dit quelque chose ? Film français sorti en 2000, avec l’excellentissime Dominique Blanc dans le rôle principal. C’est l’histoire d’Hélène qui, alors qu’elle part s’installer à Buenos Aires avec Gérard, se fait larguer juste avant d’embarquer. Atterrée, sous le choc, elle erre dans l’aéroport, qu’elle ne quitte plus, y vit ou plutôt y survit, s’y crée des amitiés. J’avais été marquée par ce film, son atmosphère, le choix d’un lieu que tout le monde croit connaître parce qu’on y passe, on vient y prendre l’avion, accompagner un ami, chercher un proche. J’avais aimé l’idée de ce lieu de transit pour raconter l’errance de cette femme, Orly où des gens travaillent. J’ai commencé ma vie professionnelle à Orly sud, à l’embarquement. J’étais une de ceux qui, derrière un guichet, vérifient les billets, étiquettent les valises, surveillent l’excédent bagage. Je regardais tous ces gens partir et moi, je restais là à me faire engueuler par des touristes stressés. A l’heure de la pause, je croisais les femmes de ménage, la sécurité, le personnel naviguant, et les autres au sol ; on se saluait, on s’interpellait, on discutait un peu, on prenait un café, on fêtait un mariage, une naissance, un départ à la retraite. Une fois rentrés, on ne sortait de l’aéroport que pour le quitter à la fin du boulot, au petit matin, en plein journée ou la nuit, selon notre emploi du temps. C’était vraiment particulier, une parenthèse, une autre planète, un microcosme. J’ai retrouvé ce sentiment d’espace clos, d’enfermement dans le film.
Farah est une enfant lorsque ses parents rejoignent Liberty House, une communauté dans le sud de la France. Là, Arcady veille à ce que ses membres soient protégés des ondes, du wifi, des réseaux sociaux, des fake news, des engrais et des pesticides mais aussi de la propriété, de l’envie, de la jalousie… Bref, de tout ce qui peut nuire à l’épanouissement de chacun. Là, on peut vivre nu, passer des heures à lire et à observer la nature sans être dérangé et multiplier les expériences sexuelles en toute liberté et dans le respect. Tous sont persuadés qu’ils survivront à la fin du monde. Farah grandit dans l’amour, l’amour des autres, des animaux, de la nature. Mais à l’heure des premiers émois, son corps la plonge dans une profonde perplexité. Elle en parle à Arcady qui, tout naturellement, la conduit chez la gynécologue qui, après divers examens, lui annonce qu’elle souffre du syndrome de Rokitanski. Le MRKH touche une femme sur 4500, souvent décelé au moment de l’adolescence, il se manifeste par une absence partielle ou totale du vagin et de l’utérus. C’est une catastrophe pour Farah, adolescente en quête d’identité, heureusement qu’Arcady l’entoure de sa bienveillance, la rassure, la soutient. Mais bientôt, l’arrivée d’un jeune migrant dans le paysage de Liberty House va bouleverser Farah et l’ordre de la petite communauté pourtant si sereine.
Lorsque Cubetout, un nouveau magasin dédié à Minecraft, ouvre ses portes, Antoine et Vénus, fans de ce jeu vidéo, sont impatients. Mais les gens qui sortent du magasin ont un comportement bizarre. A quoi sert cette boîte blanche que Max, le machiavélique propriétaire de Cubetout, offre à tous les clients ? Antoine et Vénus, aidés de Homer Docku leur prof de techno, vont tenter de percer le secret et de tout remettre en ordre. Pour sauver leurs proches, ils vont devoir traverser le portail qui les projette dans la virtualité de Minecraft et affronter tous les dangers ; des hordes de zombies, un dragon, des monstres… Sortiront-ils vainqueurs de cette aventure ? Réussiront-ils à sauver la Terre ?
En 1903 à Benton Harbour, dans le Michigan, le charismatique Benjamin Purnell promet l’éternelle jeunesse à ses adeptes qui se pressent en masse aux portes de La Maison de David, un village peuplé de jeunes hommes athlétiques et souriants, à la barbe interminable et soyeuse, et de jeunes filles aux longs cheveux blonds vêtues de fluides robes blanches, un village aux allures de paradis. C’est là que Laura Kasischke plante le décor de son nouveau roman. Dès la première page, nous sommes prévenus, bien que les documents, extraits d’articles de l’époque, témoignages de fidèles, citations, dépositions, textes publicitaires, extraits de livres, transcriptions de moments du procès qui introduisent chaque nouveau chapitre, et les images qui closent le livre soient authentiques, « L’auteure ne revendique aucune vérité historique et a pris de grandes libertés pour écrire son récit. » Ce n’est donc pas un documentaire, l’auteure nous livre un peu de la vie de la secte au travers du regard des femmes. La vieillissante de Cora Moon d’abord, l’ancienne institutrice de Benjamin, présente dès le début et qui garde un oeil lucide/mature sur la communauté. Puis les regards mélangés des jeunes filles qui forment un
Les romans de Barjavel sont extraordinairement poétiques et visionnaires. Je l’ai découvert toute jeune, avec Les chemins de Katmandou, que j’ai dévoré, adoré. Depuis, j’ai lu tous ses autres romans et je les ai tous aimés, Barjavel est un auteur qui continue de me toucher.
Elle est arrivée au village alors qu’elle était nourrisson, dans les bras d’un cavalier inconnu qui a surgi d’un nuage de poussière et déposé l’enfant par terre sur le sol au pieds du chef et sa tribu rassemblée. Elle aurait dû périr là sous leurs yeux indifférents, elle n’a cessé d’hurler de faim, de chaud et de chaud mais Mamambala s’est avancée, l’a prise dans ses bras, l’a mise à son sein et l’a nommée Salina car son visage était baigné du sel de ses larmes.
Au Japon, à Tokyo, Sentarô s’ennuie dans la petite boutique où il prépare des dorayakis, petits gâteaux japonais faits de 2 sortes de petits pancakes fourrés à la pâte de haricots. Un jour, une petite grand-mère se présente et lui propose ses services de pâtissière. Mais son âge avancé et la déformation de ses mains, Sentarô refuse. Mais Tokue Yoshii est obstinée, elle revient et fait goûter ses dorayakis à Sentarô qui, émerveillé par le goût du gâteau, accepte. Dès lors, chaque matin, Tokue transmet son savoir-faire à Sentarô qui découvre enfin le plaisir de pâtisser. Les dorayakis de Tokue sont succulents, le chiffre d’affaire explose, les clients affluent. Mais la rumeur grandit, Tokue présente tous les symptômes de la lèpre et bien qu’elle soit guérie, la propriétaire de la boutique oblige Sentarô à la licencier. Mais Tokue comprend, elle le remercie de lui avoir donné une chance et leur amitié grandit.