
Dans un futur très proche, Paris se prépare à recevoir les Jeux Olympiques de 2024. La situation politique a changé, le pays est désormais tenu par les conservateurs, parti populiste qui a déjà prévenu qu’un peu de dictature serait nécessaire pour sortir le pays du laisser-aller. Le totalitarisme n’est vraiment pas loin, dans cette France où les syndicalistes sont marqués d’un S, les musulmans pucés, les gardes à vue prolongées de 12 jours sans droit à un avocat, les médias sous censure, la présence militaire ostentatoire, une surveillance omniprésente et des contrôles permanents… Mais l’annonce du gouvernement de renvoyer ou parquer les musulmans pour les « protéger », met le feu aux poudres ! Les français décident de se lever, de se soulever et les progressistes organisent une énorme manifestation. Mais le gouvernement est sûr que tout est sous contrôle tandis qu’un groupe de musulmans extrémistes prépare une offensive.
L’auteur nous offre une galerie de personnages très variés ; hommes, femmes de tous les horizons, âges, conditions… qui sont tous, de près ou de loin liés comme les maillons d’une longue chaîne. Nous les suivons avant, pendant et après la manifestation. Une découverte très intéressante pour moi qui ne connaissais pas du tout l’auteur. C’est agréablement écrit, les personnages sont bien brossés, et le contexte est évidemment important puisqu’il décrit un futur malheureusement possible (prévisible). Je recommande !
Ces femmes-là / Gérard Mordillat – Editions Albin Michel 2019 – 384p

Août 2017, un couple de parisiens vient passer ses vacances dans un village du Lot. Frank n’était pas trop d’accord pour partir si loin de Paris, il craignait de ne plus avoir un œil sur les 2 tout nouveaux jeunes loups qu’il vient d’associer à sa boite de production. Il sent que ces 2 là pourraient avoir des envies de se débarrasser de lui et de ses idées un peu has been. Mais il a accepté de suivre Lisa, actrice qui peine à remplir son agenda. Elle souhaitait se rapprocher de la nature, s’éloigner du stress, elle s’est réjouit d’avoir trouvé cette maison isolée tout en haut d’une colline, sans internet, au confort spartiate. Les débuts sont compliqués, Frank peine à se lâcher et à profiter du lieu, tandis que Lisa profite de ce cadre sauvage idyllique. Mais la présence inquiétante d’un gros chien aux yeux jaunes qui rode et les ruines de cages à fauves que Frank découvre en contrebas de la maison vont pimenter cette drôle de retraite.




Un roman qui ravira les amateurs de feel good. Tous les ingrédients sont réunis :
Le roman s’ouvre sur la noyade de Tom 8 ans, le fils unique du narrateur et de Nora. Il apprend l’horrible nouvelle en Chine où il est en voyage d’affaires depuis 2 mois. Il rentre immédiatement en France et rejoint sa femme dans la maison de vacances familiale où Tom était gardé par sa grand-mère maternelle. Mais la douleur éloigne ces parents anéantis, qui la manifestent différemment, sans réussir à la partager, à se soutenir. Elle accepte un poste de prof en Province, il fait sa valise et s’installe à Belle Ile En Mer où il essaie de ce rapprocher de son petit garçon. Les circonstances du décès de Tom ne sont pas détaillées, on sait juste qu’il a échappé à la surveillance de sa grand mère maternelle sur une plage bretonne. La responsabilité et la très probable culpabilité de la grand-mère ne sont pas développées non plus. Le roman se concentre sur les regrets du papa, et la difficulté d’affronter cette perte ensemble.
De Schlink, je n’ai lu que Le liseur et j’avais été subjuguée. J’ai retrouvé dans Olga la même précision, la même exigence. L’écriture est précise, claire, simple presque froide pour parler de tant de désirs, d’amour et d’aventures.
3 voix pour nous raconter cette histoire de racisme ordinaire aux USA de nos jours.
Le Havre – lundi 10 juin 1940. Lucie nous raconte comment sa mère l’a levée aux aurores ce matin-là. Comment elle leur a demandé avec son frère Jean, de se dépêcher de prendre quelques affaires. Comment ils ont attendu tante Muguette et leurs cousins Joseph et Marline. Comment ils se sont mis en route jusqu’au bac pour rejoindre Lisieux. Ils ont marché de longues heures, suivi la colonne des autres havrais qui fuyaient aussi.