Partir ou rester, tenir ou lâcher, dire ou se taire ? Que c’est parfois difficile de prendre une décision ! Il y a ceux qui les prennent trop vite et ceux qui les évitent. Il fait réfléchir bien sûr, hésiter pourquoi pas, mais à un moment il faut se lancer. Certaines décisions sont légères quand d’autres seront lourdes de conséquences.
Karine Tuil se met dans la peau d’Alma Revel, juge d’instruction antiterroriste, qui doit décider du sort d’un jeune homme qui rentre de Syrie où il est suspecté d’avoir rejoint l’Etat Islamique avec sa femme. En 2016, la France reste secouée par les attentats, et la décision d’Alma est cruciale. Au fil des entretiens avec le suspect, Alma doute. Croire, condamner, enfermer, laisser libre ? Tous les yeux sont braqués sur la juge lors de ce procès à haut risque.
Karine Tuil sait nous mettre sous tension, surtout qu’Alma doit aussi prendre une décision lourde pour son couple et sa famille. Et là encore que faire ?
Un roman passionnant sur un sujet délicat, toujours d’actualité, et parfaitement maîtrisé ♥
La décision / Karine Tuil – Editions Gallimard – janvier 2022 – 304p

Steglitz, un quartier de Berlin aujourd’hui. Leni vit avec Ivan, une vie calme, monotone, insipide. Elle ne travaille pas, sort peu, ne voit personne. Un jour son mari part en voyage d’affaires et ne revient pas. C’est le frère de Leni qui vient la prévenir et la somme de quitter l’appartement, et puisqu’elle est seule et démunie, il l’emmène dans un cloaque où elle sera logée et nourrie contre du travail. Elle y est maltraitée, humiliée mais reste (par inertie, soumission).
Le gosse, c’est Joseph Vasseur né le 8 juillet 1919 à Paris, fils de Colette plumassière drôle et simple qui chante, danse et de Paul Vasseur, une gueule cassée qui a survécu au champ de bataille mais a été terrassé par un virus espagnol. Le gosse est heureux ainsi dans ce Paris gouailleur, grouillant, entre une mère aimante et gaie et une grand-mère paternelle perdue dans ses souvenirs d’avant guerre.
Rien ne va plus dans la vie de Tom : la cinquantaine, vendeur de produits protéinés dans une boutique de fitness, plus vraiment amoureux de sa femme, il se pose beaucoup de questions existentielles. Le retour à la maison de son fils qui se sépare de sa copine et l’arrivée de son père atteint d’un cancer ne risquent pas d’améliorer sa dépression. Et puis un jour, derrière la vitrine du magasin, il est témoin d’une agression ; un homme traite une femme avec brutalité ! Tom n’intervient pas et s’en veut, son corps d’athlète aurait sûrement suffi à effrayer l’agresseur. Alors lorsque la même femme est brutalisée par le même homme quelques temps après, Tom sort de la boutique et s’interpose. Il ramène « Enceta » à la boutique pour lui offrir un verre d’eau et lui propose de passer un coup de fil. Mais N7A est seule au monde, sans famille, sans amis, sans papier, voire sans identité, elle s’accroche à son sauveur et ne le quitte plus d’une semelle !
C’est après avoir regardé La grande librairie où était invité Rachid Benzine que j’ai eu envie de lire son roman. Je me le suis procuré dès le lendemain et je l’ai lu en une heure. Mais je ne l’oublierai sans doute jamais. Il est de ces romans qui vous transpercent le cœur, vous essoufflent, vous abattent. Quelques pages poignantes, sans mélo, qui marquent profondément et durablement. Des livres comme des bombes, qu’on manipule avec soin parce que ce qu’ils renferment est si puissant et l’émotion qu’ils procurent si rare. Fabien a 7ans, il est heureux, il vit à Sarcelles et fréquente l’école Jacques Prévert. C’est un élève studieux qui adore la poésie et fait la fierté de son maître. Mais un matin, ses parents lui annoncent qu’il ne retournera jamais dans son école, ils ont décidé de rejoindre leur paradis, la Syrie de Daesh. Fabien aurait préféré rester à Sarcelles, avec ses copains et ses grands-parents mais il doit suivre ses parents qui irradient de bonheur. La suite, on peut l’imaginer quand on a suivi les infos ; très vite, le paradis se transforme en enfer. C’est un cauchemar, un triste voyage tout au bout de l’enfance que nous conte Rachid Benzine.
En 1997 sortait le premier roman de la saga Harry Potter. Le succès fut fulgurant et planétaire. En 2001, Chris Columbus adaptait ce premier opus au cinéma. Imaginez l’importance du casting pour trouver Harry Potter ! Le petit sorcier à lunettes, héros de JK Rowling rencontrait un tel succès qu’il fallait que l’acteur soit à la hauteur des exigences de tout le petit monde concerné par ce pharaonique projet cinématographique. Aux portes de la célébrité, il n’en resta que deux : Daniel Radcliff et Martin Hill. La terre entière connait le résultat, Daniel Radcliff ne peut plus faire un pas sans que les tabloïds préviennent l’humanité. Mais qu’est devenu Martin Hill, le numéro deux ? C’est son histoire qu’a choisi de raconter Foenkinos dans ce roman où il a su mêler réalité et fiction.
J’aime Philippe Besson et j’aime les trains alors quand j’apprends que l’auteur a situé son dernier roman dans un intercités de nuit, je me réjouis d’avance et je piaffe ! Je le lis en quelques heures et le referme en pleurant, j’aimais tellement Victor, j’étais tellement heureuse pour lui. Je repose mon livre et m’interroge sur la fragilité de nos vies, la magie des rencontres, la puissance du verbe et l’importance de l’instant. Et soudain, la moutarde me monte au nez et j’ai envie de crier : Aimons-nous bordel ! Arrêtons d’emmerder le monde ! Faisons preuve de gentillesse, de bienveillance, d’empathie, de tout ce qui peut nous aider à vivre plus heureux les uns avec les autres !
En juin 44, Mainou qui vient de perdre sa maman en couches, doit quitter Montpellier. Son père, résistant, le confie à sa famille en zone occupée. Mainou va vivre la fin de la guerre caché dans la frohmühle, petite ferme lorraine, de sa grand-mère, entouré du fantasque oncle Emile, de la pieuse tante Louise, du vieux chien loup Hector et de Chtol et Maï les boeufs. La nuit, Mainou « qui ne sait plus dormir » aime déambuler dans la maison, il furète, écoute le silence et entend des tac-tac-tac fascinants dans le grenier.
Premier
Je ne rate jamais le nouveau roman de Lisa Gardner, bien que je ne sois absolument pas adepte du genre ; je ne lis que très rarement des thrillers, jamais de policiers et toujours dans le cadre professionnel. Mais finalement j’aime bien de temps en temps me lancer dans un bon « page turner ». Et d’après moi, Lisa Gardner maîtrise le genre ; tout y est très bien construit, des personnages pas trop caricaturaux et abordables, le suspense maintenu de bout en bout, une intrigue qui tient debout, pour un ensemble plutôt bien ficelé. Un excellent thriller !