Le 17 mai 2003, Paul et Ana se disent oui ! C’est une noce sans chichis comme le voulait Ana, ils sont une douzaine et tout se passe bien. Et puis Paul se retourne et se retrouve nez à nez avec Joseph. Ana est ravie de sa surprise, elle eu tellement de mal à le retrouver ce vieux copain de collège. Le cœur de Paul s’emballe, il est projeté en 1984, l’année de ses quinze ans.
Le soir du 13 janvier, il se rend à la fête d’Isabelle Barouin avec Joseph son nouvel ami. Depuis leur rencontre quelques mois auparavant, ils ne se quittent plus, une belle amitié est née. Paul n’était pas très populaire, son bégaiement et sa timidité maladive l’ont toujours privé de relations amicales mais Joseph l’a entraîné dans le sillage de la popularité et Paul se sent tellement bien depuis que Joseph est entré dans sa vie. Tellement à l’aise même que ce soir-là, il boit un peu et se rapproche de Nathalie Bouchard, la fille aux dreadlocks, qui lui fait les yeux doux. Vers 2h du matin, le désir est à son comble, Paul cherche Joseph pour lui raconter. Il le trouve allongé dans une chambre à l’étage, il a trop bu, se sentait mal et voulait se reposer. Paul est surexcité, il a envie de Nathalie mais il a la trouille, il ne sait même pas embrasser, alors dans l’obscurité Joseph lui explique comment s’y prendre et propose de lui montrer. Paul est perplexe mais leurs bouches s’attirent, leurs langues s’emmêlent, leurs corps se collent, leurs sexes gonflent et soudain, la porte s’ouvre avec fracas, la lumière jaillit et les autres rigolent, crient, insultent ; Paul Daumas et Joseph Kahn sont des pédés, des sales pédés. Joseph ne remettra pas les pieds en cours et Paul subira les pires humiliations en secret jusqu’au drame de la nuit du 14 juillet.
Vingt ans après, l’actualité de Paul c’est un mariage, un bébé, une maison en construction alors le retour de Joseph dans sa vie sonne le glas du prétendu bonheur.
Bon j’arrête, j’espère ne pas en avoir trop dit ! Pourtant je n’ai pas parlé des parents de Paul ni de Cécile sa petite sœur. Lisez-le ! ![]()
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Un beau roman émouvant qui traite, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, de sujets brûlants ; l’adolescence, l’homosexualité, le harcèlement scolaire, les relations au sein de la famille, l’alcoolisme, l’infidélité, la liberté, la passion, le mensonge, les secrets, la fratrie…
Les ailes collées / Sophie de Baere – Editions JC Lattès – février 2022 – 384p

Un superbe ouvrage coloré et moderne. Un texte passionnant, enrichi de photos et de nombreux documents authentiques – lettres, discours, coupures de presse, diplômes, rapports… – qui rendent cet ouvrage tellement vivant. Simone Veil est connue pour sa prise de position sur l’avortement, on a souvent vu
A Portsmouth, au sud de l’Angleterre, au début du XX° siècle, la vie est belle chez les Alistair. A la tête d’une boulangerie renommée, Charles, le roi de la tourte, sa femme Helen, leurs 3 enfants, Molly, Edward et Letta sont unis et heureux.
Charles, Palma et Victor sont frères et sœur. Il y a cinq ans, suite au décès de leur papa, ils ont quitté leur pavillon de banlieue. Depuis, leur mère les trimballe sur les routes de France. C’est Palma qui nous raconte les déménagements, les difficultés à s’adapter, les départs au petit matin, le mystère des destinations, mais surtout le petit monde qu’ils se sont construits tous les quatre, prisonniers de leurs souvenirs d’enfance, et les liens indéfectibles qui unissent cette fratrie. Et surtout la question lancinante qui accompagne le début de cette lecture, que fuient-ils ?
Minjue, étudiante à Séoul, retourne dans on village natal pour s’occuper de sa grand-mère. Mais un jour de visite de son frère Minho, un incendie se déclare derrière la montagne et détruit la maison. Seule Minjue en réchappe, sa grand-mère et son frère périssent dans l’incendie, elle est conduite à l’hôpital, en état de choc. Jisuk, une camarade de classe, rend visite à Minjue qui lui demande dans un souffle où est son chien. Jisuk décide de se rendre sur place, dans le village où les rumeurs vont bon train.
En 2019, alors que son compagnon Raphaël Glucksmann est candidat aux élections européennes, Léa Salamé décide de quitter, le temps de la campagne, son émission à la radio. Laurence Bloch alors directrice de France Inter lui propose de réaliser une série d’entretiens. Cet été-là, tous les samedis à 12heures, sont diffusés les portraits de 12 femmes. Qu’elles soient dans l’ombre ou la lumière (politicienne, rabbine, écrivaine, actrice, chirurgienne, sportive, femme d’affaire…), ce sont des femmes fortes, influentes et accomplies ! Mais qui ont du mal à se dire « puissante ». Les entretiens ont été retranscrits avec soin et sont sortis en septembre 2020 sous le titre « Femmes puissantes » dans lequel Léa Salamé se livre un peu.
Avril 1999 – Alaska Sanders est une jeune fille assassinée alors qu’elle sortait de son travail à la station essence et qu’elle se rendait à un dîner en amoureux. Après une courte enquête, la police obtient des aveux du petit ami assassin et de son complice. Mais quelques années plus tard, l’inspecteur Perry Gahalowood, en charge de l’affaire à l’époque, reçoit une lettre anonyme qui le conduit à son confrère Kazinsky qui lui livre un secret de nature à rouvrir l’affaire Alaska Sanders.
Un jeune réfugié nous emmène dans ses déambulations dans son quartier de Bobigny où il a posé son sac dans une petite chambre, un endroit à lui où il est enfin en sécurité. Au fil de ses sorties, il nous livre ses impressions, ses souvenirs. Il croise Fouad, le cafetier tunisien qui rêve de rentrer au pays et son plus vieux client alcoolo, l’Imam radical qui essaie de le convaincre de le rejoindre, Saïd un jeune dealer bourré de contradictions et surtout Violette, sa voisine d’en face, dont il est amoureux et qu’il espionne depuis sa petite fenêtre.
C’est lorsque sa secrétaire très très dévouée s’écroule dans son bureau victime d’une crise cardiaque que Matthias d’Ogremont, [marié, deux enfants, une femme, zéro divorce […] DG à la tête d’une société d’acquisition d’entreprises en cessation] son patron et amant, décide de prendre la poudre d’escampette. Son coup de tête le conduit aux portes d’un stage intitulé Libère l’esclave en toi, tout un programme pour cet homme égoïste, hyper connecté, qui vit à 100 à l’heure, pour son travail, délaissant sa femme et ses deux enfants.
Dans ce recueil de neuf nouvelles, l’auteur nous entraîne sur les chemins de la mémoire et des souvenirs. Dès la première histoire, nous sommes submergés par la mélancolie, le gris de la vie, celle qui n’oublie pas, ne lâche jamais. Les histoires se suivent et se ressemblent ; un espace s’ouvre et un souvenir s’engouffre, avec ses secrets, la colère ou l’indifférence et les regrets. Et la mort, presque toujours, pour clore enfin le chapitre de la douleur. Un livre triste comme un dimanche pluvieux, une plume délicate et peu expressive, et beaucoup d’émotions.