Bienvenue à Seyvoz, une commune fictive nichée dans la montagne. Seyvoz et son barrage installé dans les années 50, Seyvoz et son village englouti sous le lac – 4 jours, 4 chapitres – Tomi vient travailler sur le barrage, il doit contrôler les installations. Mais en arrivant à Seyvoz, entre-t-il dans une quatrième dimension ? Les voix qu’il entend, les personnes qu’il croise viennent-elles du présent ou du passé ? Sont-elles seulement réelles ?
Un roman écrit à quatre mains ; Maylis de Kerangal dont je connais très bien les livres et Joy Sorman que je n’ai jamais lue. J’ai écouté plusieurs émissions de radios où elles étaient invitées à expliquer comment elle avaient écrit ce livre ensemble. C’était très intéressant, j’ai d’ailleurs essayé de retrouver quels passages étaient écrits par l’une ou l’autre. Finalement, j’ai oublié de m’y intéressée car j’ai été fasciné par le fond et plus par la forme.
Un roman, librement inspiré de l’histoire du barrage de Tignes, est très bien documenté, Maylis de Kérangal excelle dans les descriptions techniques, j’ai retrouvé son écriture très sensorielle. Je me suis passionnée pour la période passée et la construction du barrage. Un très court roman elliptique, qui m’a intriguée et touchée. Un excellent moment de lecture pour qui n’a pas besoin de réponses à ses questions concrètes 😉
Seyvoz / Maylis de Kerangal et Joy Sorman – Editions Inculte – février 2022 – 112 pages

L’auteure convoque plusieurs époques pour nous raconter Gabrielle ; son enfance et son adolescence, interrompues parfois par l’intervention déroutante de deux clowns qui visitent les malades à l’hôpital. Gabrielle a poussé sous l’attention inquiète de ses parents, née prématurément, elle a dû batailler pour survivre, et soumet son corps à une discipline intransigeante. Gymnaste accomplie, élève brillante, Gabrielle multiplie les exploits. Pourtant, ces réussites étouffent des douleurs, des non-dits, Gabrielle cache un lourd secret, tapi dans ses bronches fragiles dont s’échappent parfois des araignées velues dont elle se libèrera à la toute fin du roman. Mais qui est donc le narrateur qui parle de Gabrielle avec tellement de tendresse ?
Dans ce super ouvrage, Maria Rivans, artiste plasticienne britannique, nous invite à plonger dans son univers onirique qui associe images vintage et références cinématographiques. Les vingt premières pages sont consacrées aux inspirations de l’artiste, on y trouve une liste de matériaux et fournitures, quelques techniques pour composer un collage et des exemples de collages réalisés par l’artiste avec les images proposées dans le catalogue de plus de 1500 images à découper, toutes plus incroyables les unes que les autres : une planche d’insectes, une de super héros, de feuilles, de moyens de transport, de singes, de champignons, d’objets domestiques vintage, de statues, pierres précieuses… et puis des portraits en noir et blanc d’actrices célèbres dont Audrey Hepburn et Marilyn Monroe, côtoient un gros matou gris assis et un crâne humain. Il y a vraiment de quoi s’éclater !
L’histoire commence par une nuit où le ciel est éclaboussé d’étoiles. Tout est calme dans la maison des Hawkins, chacun dort d’un sommeil profond lorsqu’une créature fantastique, qui ressemble à un gros nounours, entre dans la chambre du petit Ben. C’est un Wumple, un habitant d’Auxfanthas. Son royaume est en danger et il vient chercher le petit garçon qui peut les aider. Ben part alors pour un long voyage dans un monde fabuleux. Monsieur et madame Hawkins sombrent alors dans le chagrin, la police tourne en rond, pensent à une fugue. Et puis Ben réapparait ! Il est heureux, et raconte avec excitation ses exploits au royaume des Auxfanthas. Les adultes n’y croient pas bien sûr mais ne savent toujours pas où il a passé ces derniers mois, ni avec qui. Sauf Arthur et Estrela, dont le fils Arold a fait un voyage dans un pays de magie et de lutins quand il était enfant. La vie reprend jusqu’à un nouveau départ de Ben, dans les mêmes conditions. Les Hawkins, désemparés et mortifiés par les regard suspicieux et parfois accusateurs qui les entourent, prennent alors contact avec Apea l’association créée par Arthur et Estrela, où ils trouvent du réconfort et des réponses à leurs questions.
C’est l’histoire d’Hélène, issue d’un milieu populaire, qui a gravi l’échelle sociale grâce à sa volonté. Adolescente, elle s’était bien juré de ne pas finir sa vie à Epinal. Elle a brillamment étudié, trouvé un poste à responsabilité et à haut salaire, elle a fait carrière et s’est mariée à un « pareil qu’elle mais en un peu mieux » et a deux charmantes filles. Mais finalement à l’approche de la quarantaine, Hélène n’est pas satisfaite, elle s’en ouvre à sa stagiaire, qui lui conseille de s’inscrire sur un site de rencontre. Alors qu’elle dine au resto pas loin de sa ville natale, elle reconnait Christophe le beau gosse du lycée, en pleine discussion plutôt animée avec une femme. Lui est resté à Epinal, il y a fait sa vie, il s’est même mariée à sa petite copine de l’époque avec qui il a un petit garçon. Il joue même encore dans l’équipe de hockey ! Lui aussi est au mitan de sa vie et ce n’est pas reluisant non plus.
Jeanine Cummins est une auteure que je suis heureuse d’avoir découverte et dont je vais attendre la sortie des prochains romans avec impatience et appréhension.
Petra Rautiainen est une jeune auteure finlandaise passionnée par l’Histoire, la nature, les grands espaces arctiques et le peuple Sami, autrefois appelés “lapons”, le dernier peuple autochtone d’Europe, habitant une zone qui couvre le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola (Laponie).
Partir ou rester, tenir ou lâcher, dire ou se taire ? Que c’est parfois difficile de prendre une décision ! Il y a ceux qui les prennent trop vite et ceux qui les évitent. Il fait réfléchir bien sûr, hésiter pourquoi pas, mais à un moment il faut se lancer. Certaines décisions sont légères quand d’autres seront lourdes de conséquences.