Lola lit Un été avec Kim Novak ♥

Hakan Nesser, un auteur suédois que j’ai découvert grâce à un club de lecture. Rangé dans la section polar, Un été avec Kim Novak m’avait très moyennement emballée, mais la curiosité l’a emporté. Et je suis ravie de cette découverte, je ne vais plus lâcher cet auteur, tant ce roman m’a plu. 

kimnovakErik, proche de la cinquantaine se rend au chevet de son ami d’enfance Edmund victime d’une crise cardiaque. Ils ont partagé un été dans les années 60, un été qui marqua à jamais leur vie. Erik décide alors d’en écrire l’histoire, cette histoire qu’il porte en lui.

Il a alors 14 ans, sa mère mourante est hospitalisée, son père décide donc de l’envoyer avec le fils d’un de ces collègues, dans la maison familiale au bord d’un lac sous la surveillance de son frère Henry, de huit ans son aîné et de sa petite amie. Trois semaines avant les vacances, au collège, la vieille prof d’anglais Sintring est remplacée par la divine Eva Kaludis, portrait de Kim Novak, mariée à la gloire nationale de hand-ball, Bertil Albertsson dit Berra le canon. Les têtes commencent à tourner. Une semaine avant le départ, Henry annonce à Erik sa rupture avec Emmy mais décide de ne rien dire pour ne pas affoler leur père. Ils se débrouilleront entre hommes.

Le séjour commence bien pour les garçons, un vent de liberté souffle sur la maison de Tibériades. Mais la chaleur devient suffocante le jour où ils aperçoivent Eva Kaludis dans les bras d’Henry. L’émerveillement et la crainte se mêlent dans l’esprit des deux garçons, qui redoutent la catastrophe. Elle arrive très vite, sous la forme du cadavre de Berra retrouvé sur le parking devant la maison. Qui est l’assassin ? De forts soupçons pèsent sur tous, mais c’est Henry qui sera emprisonné puis relâché. Aucune preuve : pas d’arme du crime et toutes les traces ont été effacées par une pluie diluvienne. a la fin de l’été, chacun retourne à sa vie, néanmoins subrepticement changé par cette expérience.

Bien plus qu’un polar donc, même s’il y a effectivement un meurtre et une enquête. L’histoire de ce roman est l’histoire de l’entrée dans la vie d’adulte de ces deux adolescents, les premiers émois amoureux, les premières expériences du désir sexuel, la force de l’amitié, les mensonges, les dissimulations… C’est l’heure des grandes questions existentielles. Un roman dit d’initiation ou de formation, d’apprentissage ou d’éducation, appelons-le comme on veut mais surtout lisez-le !


Un été avec Kim Novak / Hakan Nesser – Editions Seuil 2014 – Kim Novak badade aldrig i Genesarets sjö

 

 

Yaki lit Gravé dans le sable de Bussi

gravedanslesableLe 6 juin 1944, le débarquement en Normandie commence. Des soldats américains doivent rentrer en France par la pointe Guillaume. Mais auparavant ils doivent détruire le mur construit par les Allemands sur la plage. Pour cela il est décidé d’envoyer les soldats un par un pour placer une bombe au pied de ce mur. Un tirage au sort a été effectué pour déterminer l’ordre dans lequel les soldats seront envoyés. Oscar Arlington a tiré le numéro 4, Lucky le 148. Et pourtant, à la fin de la guerre Oscar fait partie des survivants tandis que Lucky n’est pas rentré au pays. Sa fiancée, Alice Queen, vient en pèlerinage sur la plage où Lucky a été tué.

De son côté, Alan Woe est aussi un rescapé de la guerre, il a été retrouvé grièvement blessé par la belle Lison. Sans famille au pays, Alan décide de rester auprès de la belle dans ce village normand qui l’adopte très vite.

Vingt ans ont passé, on s’apprête à fêter les 20 ans du débarquement. Lors d’une cérémonie commémorative, Alice Queen apprend que les circonstances de la mort de son fiancé sont plus complexes qu’il n’y paraît. Elle engage un détective privé, Nick Hornett, pour l’aider à découvrir la vérité. Son destin va croiser celui de Lison.

Michel Bussi nous entraîne, comme dans ses autres romans, dans une aventure pleine de rebondissements et de retournements de situations. Certes, il faut accepter l’idée de départ de tirage au sort (un peu tirée par les cheveux) mais on passe un agréable moment de lecture. Les rebondissements sont plausibles, les personnages très attachants avec une petite préférence, en ce qui me concerne, pour le personnage du détective. On est même un peu triste de les quitter en refermant la dernière page du roman. Et même si j’avais deviné le fin mot de l’histoire quelques pages avant la résolution de l’énigme, contrairement à d’autres romans de Michel Bussi ( »N’oublier jamais » notamment), le dénouement est bien amené et plutôt crédible.

Un bon moment de lecture.


Les autres romans de Michel Bussi ? On en parle ici : Un avion sans elle, N’oublier jamais et Ne lâche pas ma main.


 En lien avec l’auteur et l’oeuvre :

http://www.lepoint.fr/villes/michel-bussi-l-histoire-d-un-succes-04-11-2014-1878663_27.php

http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/-02-10-2014-4180687.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

https://www.youtube.com/watch?v=xYCjNGTRlzk

Lola lit Les bêtes dangereuses, dévoreuses, venimeuses ♥

lesbebetes

Une belle surprise que ces petites bêtes.

Un très beau livre de Jean-Baptiste de Panafieu, et sympathiquement illustré par Lucie Rioland et Benjamain Lefort. On y apprend plein de choses intéressantes et amusantes.
Divisé en parties qui regroupent les bêtes qui piquent, celles qui mordent, qui pincent, qui écrasent… Il offre à chaque bébête, une double page avec des illustrations de qualité. L’exploitation est très originale : la bébête est l’accusée, elle est d’abord présentée, puis on explique ce dont elle est accusée et ce dont elle est réellement coupable. Halte aux idées reçues, aux accusations mensongères, la vérité est rétablie. Les infos sont traitées avec précision et humour.
Je me suis régalée. Et mon fils de 6 ans aussi…

Et des bébêtes, il y en a des tas d’autres : celles qui sifflent, qui rodentqui collent, qui pissent
De magnifiques cadeaux à offrir aux petits curieux.

Merci à Babelio et aux éditions Gulf Stream.

 

C’est ça la France pour Lina

Montpellier-quartier

Je m’appelle Lina, j’ai 17 ans et j’aime la France. Je viens souvent en vacances parce que mon cousin et ma cousine habitent à Montpellier. J’aimerais bien habiter là-bas mais pour le moment ce n’est pas possible. Je dois terminer mes études. J’ai appris le français à l’école et avec ma cousine. Ma cousine est française, elle est très jolie. C’est la femme de mon cousin mais j’ai appris qu’en France il n’y a pas de mots différents. Par exemple, ses enfants appellent « oncle » le frère de leur maman mais aussi le mari de la sœur de leur maman ! Vous comprenez ? Elle s’appelle Vanessa, elle est assez sévère, elle veut que je parle très bien sans fautes. Elle voulait être professeur alors elle me donne des exercices et des livres à lire. Je m’entraîne beaucoup, je fais de la grammaire, j’écoute des livres audio le soir en m’endormant, le problème c’est que je m’endors vite alors le lendemain je ne me souviens plus de ce que j’ai lu et je dois tout recommencer ! J’écris tous les jours un peu (c’est Lola qui me l’a conseillé), je raconte ma journée, mais je n’écris pas de secrets parce que mes amies et ma cousine corrigent mes fautes, et je demande aussi souvent à Lola de m’aider (merciiiiiii !!). 

Quand je vais en France, j’aime marcher dans la rue. Avec ma cousine, on va boire une limonade au café parfois et après l’école, on va s’asseoir dans le parc pendant que les enfants jouent. Nous sommes allées deux fois à côté de Paris chez ses parents avec les enfants mais mon cousin n’est pas venu, il travaillait. A Paris, j’étais éblouie. Les maisons sont magnifiques mais je trouve qu’ils pourraient nettoyer les façades. Parfois elles sont noires, c’est dommage. Je trouve les femmes jolies et les garçons mignons.

Une chose que je déteste, c’est au restaurant quand le serveur n’est pas aimable. Et dans les magasins parfois les vendeurs sont désagréables ou alors ils sont tellement  »collants », je suis toujours mal à l’aise j’ai toujours l’impression de déranger. Mais ma cousine a raison, elle dit que s’ils ne sont pas contents, ils doivent changer de travail, dans le commerce, il faut être gentil et souriant, non ?

patisseries-parisJ’adore les gâteaux, quand je suis en vacances en France, je grossis beaucoup parce que pour me faire plaisir ma cousine achète souvent des pâtisseries à la boulangerie. Je n’ai pas de préférés, je les aime tous : éclair au chocolat, flan, Paris-Brest, religieuse… Un différent pour chaque jour, je les goûte tous 😉

Maintenant, vous comprenez pourquoi je suis pressée de retourner chez ma cousine.

Lola lit La tête en friche

La tête en friche de Marie-Sabine ROGER ; Une lecture très aisée, pas besoin de dictionnaire, pas prise de tête, une petite histoire comme une chanson douce, comme l’histoire que les mamans racontent le soir. Une rencontre gentillette, touchante. Entre Germain, 45 ans, 1m89, 110 kg, une armoire à glace un peu simplet, dont la vie se résume en quelques mots : bistrot, potes, belote. Qui vit au fond du jardin de sa mère qui ne l’a jamais appelé que l’ « imbécile heureux », ils n’ont d’ailleurs jamais eu grand-chose à se dire. Son père ? Disparu depuis belle lurette. Son occupation favorite ? Compter les pigeons du parc. Et puis il y a Margueritte, une petite grand-mère toute fragile, qui de temps en temps s’échappe de la maison de retraite et vient elle aussi s’asseoir sur un banc dans le parc et compte les pigeons. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Margueritte aime lire, à voix haute surtout. Elle va amener Germain sur les chemins mystérieux de la littérature, et de la réflexion. Germain se découvre, il réfléchit, et il aime les mots, lui qui a la tête en friche, qui n’a pas été cultivé, de nouveaux sentiments s’éveillent en lui, il peut aimer et être aimé, il a envie de s’occuper de sa nouvelle amie, de la protéger. A lire tranquillement.

L’adaptation cinéma de Jean Becker avec Gisèle Casadesus et Gérard Depardieu est sortie en juin 2010. Je n’ai pas vu, mais suis tout à fait certaine que ça a fonctionné. A voir donc 🙂

Et pour mes collègues enseignants, voici un dossier pédagogique.

 

Yaki lit Cent sept ans

Cent sept ans / Marie-Aimée Lebreton, Ed. Buchet-Chastel (Coll. Qui vive), 128 p.,

 

LEBRETON - Cent sept ans.inddMadame Plume vit en Kabylie, elle y a été élevée par Fatma. Un jour elle rencontre un beau jeune homme dont elle attend rapidement un enfant. Mais c’est la guerre en Algérie et le beau jeune homme est exécuté. Madame Plume se retrouve seule avec ce bébé à naître, c’est Fatma qui l’aide à mettre Nine au monde. Vient le jour où Madame Plume et Nine quittent la Kabylie pour un petit appartement dans le nord de la France. Nine passe son enfance avec une mère qui vit dans l’ombre du passé et dans l’absence de son père dont elle sait si peu. Le retour à ses origines pourra, seul, la libérer de ce passé…

C’est un très court récit écrit avec beaucoup de sensibilité et de poésie. On s’attache à cette petite Nine, à sa mère aussi. L’histoire est triste, l’auteur raconte l’exil, la reconstruction de soi mais elle le fait avec une lueur d’espoir.

Un joli roman à découvrir.

http://www.dailymotion.com/video/x25a3a3_marie-aimee-lebreton-cent-sept-ans_news

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Lola lit Le quatrième mur ♥♥

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En plein conflit israélo-palestinienne, au Liban, Sam un metteur en scène de théâtre décide de monter l’Antigone d’Anouilh (texte intégral), à Beyrouth au cœur de la guerre. Il recrute ses tragédiens parmi toutes les communautés. Malheureusement la maladie l’affaiblit le contraignant à renoncer à son rêve, il se tourne alors vers son ami Georges qu’il convainc d’aller au bout de ce projet fou. Laissant derrière lui sa femme et sa fillette, celui-ci rejoint la troupe.

Le quatrième mur de Sorj Chalandon est un livre choc, comme un coup, qui met KO, laisse pantelant. Je l’ai lu dans un état d’urgence. J’ai été envahie d’images : un regard, un vêtement, une rue, un escalier. Jamais un livre n’a été aussi visuel pour moi, de l’ordre du reportage de guerre. C’était assez étrange. Quand j’ai tourné la dernière page, je me suis jetée immédiatement sur un autre bouquin, au hasard, sans perdre une minute et je me suis étourdie de mots, de phrases, juste pour ne pas rester sur ces images, me libérer de cette tension. Ce livre est magnifiquement écrit. Les personnages sont sublimes, bien vivants avec leurs forces et leurs faiblesses, il se tiennent là tout proches de nous pendant la lecture.

Même là, 2 mois après cette lecture, y repenser me submerge d’émotion. Sidérée, une fois encore, par la folie des hommes.

Lola lit L’île des oubliés ♥

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, j’ai trouvé le début insipide, fastidieux. Je me suis accrochée pour passer les premières pages. Et je ne le regrette pas. J’ai trouvé très intéressante l’histoire de la dernière léproserie d’Europe, sur Spinalonga, un îlot forteresse situé en Crète.  Un secret de famille est le prétexte choisi par l’auteur pour nous conter la vie de cette communauté d’exclus, de parias, ces gens qui, en plus d’être les victimes d’une maladie terrible ont eu à souffrir de l’isolement, bannis, séparés de leur famille, parqués dans des mouroirs subissant l’ignorance et la cruauté des bien-portants.

Lîle-des-oubliés-Victoria-Hislop1Alexis, toute jeune diplômée, ne sait rien de sa famille maternelle, sa mère, Sophia, ne s’est jamais livrée, n’a jamais parlé de son enfance, de ses parents. Un mystère que la jeune femme décide de percer en allant passer ses vacances en Crète, à Plaka, le village natal de Sophia. Elle y rencontre Fotini, la meilleure amie de sa mère qui accepte de lui raconter l’histoire de sa famille. Et c’est là que ça devient très intéressant. On apprend que la grand-mère de Sophia, institutrice à Plaka attrapa la lèpre et dut abandonner ses deux petites filles Anna et Maria, sa maison, sa famille, ses amis, comme tous les autres malades et fut conduite, par son propre mari responsable du ravitaillement de la léproserie, avec un de ces élèves, sur Spinalonga, une presqu’île face à Plaka qui fut choisie en 1903 par les autorités pour y isoler les lépreux afin d’éviter la contagion. Depuis, la communauté de malades, allant jusqu’à 300 personnes, s’était organisée en une micro société, avec ses commerces, son office religieux, son école, sa mairie… La vie était rythmée par les arrivées et les décès jusqu’en 1939, où des malades arrivèrent d’Athènes. Instruits et décidés à vivre, ils dynamisèrent la communauté, exigèrent des aides, améliorèrent les conditions de vie, et firent de Spinalonga, un vrai village où il faisait bon vivre. Mais la maladie emporta Eleni avant que le remède ne soit trouvé. Quelques années plus tard, sa fille Maria, à la veille de son mariage avec un membre d’une famille puissante, découvre, horrifiée, qu’elle est atteinte de la lèpre. Elle est a son tour débarquée sur Spinalonga par son père. Bon raconté comme ça, ça fait un peu mélo, et je vous l’accorde : c’est un peu mélo. Et encore je ne vous ai pas parlé de la sœur Anna, une petite égoïste, détestable, jalouse et insatisfaite. Mais j’ai été très surprise par le contexte, étonnée d’apprendre que la dernière léproserie avait été fermée en 1957 seulement. Je pensais que ces « établissements » avaient disparus depuis longtemps, que les malades, depuis qu’un traitement avait été découvert, étaient suivis dans des hôpitaux classiques.

Ce roman a fait un carton apparemment, et ça ne m’étonne pas, il a l’étoffe d’un succès. Une saga familiale, les vilains pas beaux contre les gentils tout doux. Une belle panoplie de sentiments : les bons d’un côté, les mauvais de l’autre. Des clichés, des descriptions doucereuses, une écriture prosaïque, prise de risque=0. Mais un contexte bigrement singulier. A lire donc pour info.

 

Lola lit Une vie entre 2 océans ♥

Sortez les mouchoirs ! Moi j’ai commencé à pleurer page 445, tout à la fin. Parce qu’avant, prise dans l’histoire, je n’en ai eu ni le temps ni l’envie. J’ai attendu de savoir ce que la vie et les hommes allaient réserver à Isabel, Tom, Lucy, Hannah et les autres… Je ne sais pas si c’est l’âge ou la nouvelle tendance mais depuis quelque temps qu’est-ce que je pleure, moi ! Je me ramollis, c’est sûr. Et dans ce livre, il y a de quoi verser des torrents de larmes.

2oceansDécembre 1918, Australie. Tom Sherbourne, rescapé des tranchées, obtient le poste de gardien de phare sur l’île reculée de Janus Rock, au sud-ouest de l’Australie. C’est un homme abattu par les atrocités de la guerre qui se laisse séduire par la toute jeune Isabel, qu’il épouse et qui partage sa vie en parfaite harmonie. Lorsque le ventre d’Izzy s’arrondit, tous les deux sont ivres de joie même si Tom a du mal à se laisser aller pleinement à ce nouveau bonheur. La guerre lui a laissé des images qui le hantent, des corps déchiquetés par les éclats d’obus, des membres arrachés, des gueules cassées, les cris, la puanteur, la souffrance, l’agonie et la mort. Malheureusement les bébés d’Isabel ne vivent pas. Deux semaines après une troisième fausse-couche, Isabel est tirée de ses prières par les cris de Tom, qui vient d’apercevoir une embarcation toute proche de la côte. Allongé au fond de cette barque, le corps sans vie d’un homme et un nourrisson. Une ravissante petite fille dont Isabel s’empare prestement, console, baigne, nourrit, embrasse, serre tendrement dans ses bras. Tom doit prévenir les autorités et faire un rapport, le moindre événement devant être consigné dans le livre de bord. Isabel s’y oppose, et tente de convaincre son mari adoré que l’arrivée de ce bébé est une bénédiction, un miracle, une récompense divine, quelques jours seulement après le décès de leur petit garçon. Prévenir les autorités revient à précipiter ce pauvre petit être dans un orphelinat, dans les douleurs de l’abandon. Elle se sent prête à l’accueillir, à l’aimer, à lui offrir une vie d’amour et elle est certaine qu’il sera un papa merveilleux, ils ont tant d’amour à donner, ils méritent un peu de bonheur, ils ont tellement souffert, déjà perdu tant de proches, bébés, frères, parents… Tom, malgré ses réticences, baisse la tête, Isabel a gagné, le corps est enterré et la petite fille, renommée Lucy grandit, entourée, choyée, adorée. Mais leur ciel sans nuages s’obscurcit lorsqu’ils ont vent de l’histoire tragique d’Hannah cette jeune femme qui erre dans les rues, à la recherche de sa petite fille et son mari disparus en mer. Une histoire qu’Isabel tente d’oublier lorsque Tom est rongé par la culpabilité. 

Je m’arrête là, si vous voulez connaître le dénouement, envoyez-moi un message privé   😛               Non… je plaisante !

Ce roman vaut par l’histoire. En trois parties, du 16 décembre 1918 au 28 août 1950. Les dix premières pages de la première partie racontent la découverte du bébé, puis le décor et les personnages sont plantés, la deuxième partie nous enchante, décrivant les années idylliques et enfin arrivent l’orage et le dénouement. 448 pages mais une lecture agréable, facilitée par cette construction chronologique, et une écriture conventionnelle. Encore un roman dont l’histoire se prête parfaitement à une adaptation sur grand écran.

A méditer, la phrase de Violet, la mère d’Isabel : « On doit vivre avec les décisions que l’on prend. C’est ça le courage. Assumer les conséquences de ses erreurs. »


Une vie entre deux océans / ML Stedman – Editions Stock 2013 – The Light Between Ocean

 

Lola lit Les couleurs de l’oubli

Le projet de monter un atelier de peinture dans un hôpital de gériatrie revient à François Arnold, plasticien, praticien de l’art thérapie, fondateur de l’association « L’arbre à Mains » . Depuis 1993, tous les mardis, il accueille ses « artistes » atteints de la maladie d’Alzheimer pendant 1h30. Quand tout le monde est là, chacun volontaire, habitué ou curieux, le thème est choisi ensemble, donnant lieu parfois à des réminiscences, des souvenirs. Le ton est donné, le travail peut commencer dans une ambiance joyeuse, néanmoins studieuse. La peinture utilisée est la gouache en tube, appliquée en « crottes » sur des assiettes en carton, le support, des feuilles de bristol blanches ou colorées, un soin particulier est apporté aux pinceaux. Les artistes sont invités à faire leur mélange de couleur, à laisser parler leur imagination, courir leur pinceaux, chacun est encouragé, félicité. A la fin de la séance, toutes les œuvres sont exposées, elles doivent être terminées pour des raisons évidentes liées aux symptômes de cette maladie, elles sont admirées et l’une est choisie pour l’exposition de fin d’année.

Les couleurs de l’oubli est un recueil de ces peintures, enrichi de textes somptueux, de phrases d’auteurs.

Les-couleurs-de-loubliUn livre coloré, gai, vivant, qui se feuillette, à la découverte d’œuvres magnifiques, drôles, sérieuses, souvent naïves, toujours émouvantes, à la recherche d’une émotion particulière selon nos propres vies, et aussi pour plonger dans l’univers envoûtant de Jean-Claude Ameisen, La voix de France Inter. J’ai été touchée, en imaginant tout ce que ces personnes avaient mis dans leurs dessins. Je les ai imaginées, certaines appliquées mordillant le bout de leur pinceau, d’autres rigolardes cherchant le rire du voisin, les dernières fredonnant un air de leur jeunesse, un sourire posé sur leurs lèvres fines, parties dans un ailleurs qu’elles sont seules à connaître. Impossible d’en choisir une à vous présenter, elles ont toutes une force de vie incroyable, on les dirait sorties de l’imaginaire d’enfants ; les roses de Guy, le vitrail de Roland, la lune rousse de Simone, le chat de Mme Eugénie, l’ange de Jeanne, le bouquet de Georges…

Un livre d’art, à conserver, à offrir. A ouvrir parfois, souvent pour se souvenir de la fragilité de la vie, toucher la grâce et se remplir de l’espoir qui fait vivre chacun de nous.

lescouleursdeloubli

Merci à Babelio et aux éditions de l’Atelier pour ce cadeau !