Lola lit La dernière lettre de son amant ♥

la-derniere-lettreEncore une belle histoire d’amour que nous propose Jojo Moyes. Une double histoire même, celle d’Ellie, une jeune journaliste d’aujourd’hui et celle de Jennifer, dans les années 60, l’époque où on se mariait utile, où vivre ses émotions était assez mal vu, où la rigueur était de mise, où le rôle principal d’une femme était d’être une bonne épouse et la meilleur maîtresse de maison du quartier.

Ellie doit écrire un article sur l’évolution de la femme depuis les années 60. En farfouillant dans les archives, elle tombe sur une lettre d’amour magnifique, et décide de réécrire l’histoire. Ses recherches lui permettent de trouver des indices et surtout l’amènent à s’interroger sur sa propre vie et la relation insatisfaisante qu’elle entretient avec le sublime John, écrivain à succès mais marié et père attentionné.

Parallèlement, on découvre l’histoire de Jennifer qui, victime d’un accident de la route, se réveille amnésique et redécouvre les mystères de son ancienne vie. Qui est le mystérieux R qui lui a écrit ces lettres si passionnées ? Fait-il partie de leur cercle d’amis ? Que s’est-il passé avec Philip, son mari si distant ? Pourquoi sa mère élude ses questions sur l’accident ?

Un livre qu’on lit d’une traite. Alors oui bien sûr, on est loin du roman coup de poing, celui qui colle la chair de poule, empêche de dormir, qui fait réfléchir. Oui, les livres de Jojo Moyes nous font faire de jolis rêves. Alors oui, on serait tenté de les qualifier de romans à l’eau de rose mais pourtant non, pas de mièvrerie, de sensiblerie, les histoires de Jojo Moyes ne sont ni fades, ni insipides, bien au contraire elles sont rythmées, riches en rebondissements et les personnages ont de sacrés caractères. Et de temps en temps, ça fait du bien de lire une romance, surtout quand elle est bien écrite.


La dernière lettre de son amant / Jojo MOYES – Editions Milady 2014 – titre original The Last Letter From Your Lover – 512p

 

 

Yaki lit Trompe la mort

Trompe-la-mort / Jean-Michel Guenassia, Ed. Albin Michel, 388 p.
TROMPE_LA_MORT_couv.qxp_RL_140x205Thomas Larch, Tom ou Tommy pour ses proches, a la particularité de rester vivant lors d’accidents qui pour tout autre que lui seraient mortels. Le roman commence d’ailleurs par « Je suis mort le jeudi 5 février à 7h35 du matin. Je ne sais pas si j’ai été tué alors que l’hélicoptère était en vol ou lorsqu’il s’est écrasé au sol. Personne n’a été capable de me le préciser. », avant de nous embarquer dans l’histoire picaresque de ce héros atypique. Tom est né en Inde d’une mère indienne et d’un père anglais, ingénieurs tous les deux. Mais en Inde, les mariages arrangés sont les seuls acceptés par la famille et la mère de Tom est complètement rejetée par sa famille. Qu’à cela ne tienne ! les deux amoureux se marient et de cette union naît Tom. Tom est élevé par Danhya, sa nounou, à qui il est très attaché, jusqu’à ce que sa mère tombe malade. Pour qu’elle soit correctement soignée, la famille déménage à Londres. C’est le premier chamboulement pour Tom, et non des moindres !, Londres étant une ville triste et maussade quand l’Inde est un pays ensoleillé, chaleureux et coloré. Le récit est partagé par périodes : l’enfance de Tom à Dehli, son adolescence à Londres et l’événement dramatique qui bouleverse sa vie, sa carrière dans l’armée anglaise et ses missions en Irak, sa vie d’homme de nouveau à Londres et enfin son retour en Inde pour raisons professionnelles, mais pas que.
Comme dans ses précédents romans, Jean-Michel Guenassia, balaie les périodes et les lieux et c’est encore une fois prenant et réussi. Son personnage principal est vraiment attachant. Les personnages secondaires, comme toujours ont une vraie place dans l’histoire. L’écriture est agréable, le portrait de l’Inde est réussi, les descriptions sont réalistes. Même si certains passages me paraissent un peu exagérés et si mon roman préféré de Guenassia reste  »La vie rêvée d’Ernesto G », j’ai encore une fois passé un bon moment de lecture !

Lola lit la vie rêvée d’Ernesto G. ♥

ernestoJoseph Kaplan fils, petit-fils, arrière petit-fils, 10 générations de médecins pragois réputés voit le jour au début du siècle passé en Tchécoslovaquie.  Son aventure s’achève en 2010 alors qu’il fête ses 100 ans. L’excellent livre de J.M Guenassia retrace sa vie, ses joies, ses peines, au gré de ses rencontres entre Prague, Paris et Alger, et sa passion pour le chanteur Carlos Gardel et le tango argentin. De son mariage tardif, naîtront deux enfants ; Martin dont il sera privé rapidement et Helena qui passera sa vie aux côtés de son père dans ce pays malmené par la politique. On traverse avec Joseph un siècle de guerres, d’horreurs, de barbarie, d’épidémies mais aussi d’avancées médicales formidables. Dans ce roman, on croise des gens connus, mais surtout on fait la connaissance d’autres parfaitement imaginés. Et on s’attache vigoureusement à ce héros, sa famille et ses amis, au point d’en finir la lecture au petit matin épuisée mais heureuse de cette rencontre, et d’avoir une fois encore suivi les conseils d’une amie 🙂

Gardel-CarlosUn roman romanesque, épique que j’ai eu tellement de plaisir à lire. Les personnages féminins de Guenassia sont magnifiques, Christine l’amour de sa vie, et Helena sa fille, mais les « seconds rôles » ne sont pas délaissés bien au contraire, j’ai eu beaucoup de sympathie pour Tereza, l’amie et Mme Marchova la logeuse. Les hommes de Guenassia n’ont rien à envier aux femmes, ils sont terriblement attachants. J’ai envie de tout vous raconter mais ce serait dommage, alors j’arrête…

Le titre est assez trompeur, le héros de ce roman est bien Joseph Kaplan et non Ernesto Che Guevara. Son passage éclair à Prague est pourtant véridique bien que peu connu, il y a vécu dans le plus grand anonymat de mars à juillet 66, quatre mois dont l’auteur nous livre une histoire alternative. Et voilà que grâce au talent, Le Che devient un personnage secondaire de l’histoire de Joseph Kaplan (jubilatoire). Mais comment ai-je pu passer à côté de cet auteur et de ses romans ? Je vais me précipiter sur « Le club des incorrigibles optimistes » et le tout récent « Trompe la mort » dont Yaki nous parle ici.

  leclub   TROMPE_LA_MORT_couv.qxp_RL_140x205


 

En lien avec l’auteur et son oeuvre :

lire les 30 premières pages -> http://fr.calameo.com/read/0000483780923b53eea51

http://www.20minutes.fr/livres/1058051-20121207-la-vie-revee-ernesto-g-jean-michel-guenassia-chez-albin-michel-paris-france

http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-vie-revee-d-ernesto-g-par-jean-michel-guenassia_1137441.html

http://www.radio.cz/fr/rubrique/literature/jean-michel-guenassia-lattitude-tcheque-cest-le-roseau-qui-plie-et-ne-rompt-pas

http://radio.cz/fr/rubrique/literature/jean-michel-guenassia-jai-ecrit-un-roman-sur-la-trahison

http://www.dailymotion.com/video/x13foad_jean-michel-guenassia-la-vie-revee-d-ernesto-g_news

Yaki lit La cuisinière

lacuisiniereDans ce roman, l’auteur réalise une biographie romancée de Mary Mallon, surnommée « Mary Typhoïde » au XIXème siècle parce qu’elle était porteuse de cette maladie et qu’elle la transmettait tout en étant « porteur sain ». L’histoire commence avec l’arrestation, l’enlèvement même, de Mary. Elle est arrêtée et suspectée d’avoir contaminé et tué plus d’une vingtaine de personnes en étant cuisinière à leur service. Mary est gardée et examinée (analyse de sang, d’urine,…) pendant plus de deux ans dans un hôpital avant qu’un avocat ne parvienne à obtenir sa libération à la condition qu’elle n’exerce plus son métier de cuisinière et qu’elle se rende à des examens médicaux réguliers.
L’auteur dresse dans ce roman un portrait vraiment captivant d’une femme battante qui réfute les thèses selon lesquelles elle serait la source des décès qu’on lui impute et qui se bat pour sa liberté. Si au départ Mary n’est pas particulièrement sympathique, on finit néanmoins par s’y attacher et par avoir envie qu’elle s’en sorte. L’auteur nous décrit aussi extrêmement bien l’époque, la vie dans les quartiers populaires surpeuplés de la ville de New York, l’insalubrité, le manque d’hygiène, les épidémies, les conditions précaires des ouvriers. De plus, c’est bien écrit !
Malgré quelques longueurs, un bon moment de lecture instructif !

La cuisinière / Mary Beth Keane, Ed. Presses de la Cité 2014, titre original Fever, 404 p.

Yaki lit Une famille délicieuse

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Mina et Nest, deux charmantes vieilles dames, sœurs, vivent une vie tranquille au milieu de la lande, à proximité de la mer. Mina s’occupe de Nest, en fauteuil roulant depuis un accident tragique qui a coûté la vie à leur sœur et à leur beau-frère. Elles reçoivent régulièrement la visite de leurs neveux, Jack et Lyddie. Elles acceptent de recevoir quelques temps leur sœur aînée, Georgie, atteinte de démence sénile. L’arrivée de Georgie est l’occasion pour Mina et Nest d’évoquer leur enfance heureuse avec une mère affectueuse et un père plutôt distant voire absent, d’évoquer une sœur et un frère aujourd’hui disparus, l’occasion aussi de dévoiler quelques secrets de famille…
Une famille délicieuse fait partie de ces livres sans prétention mais très agréables à lire, un livre « délicieux » avec une galerie de personnages attachants qui nous suivent encore une fois la dernière page tournée.
Un vrai bon moment de lecture (même si le meilleur roman de Willa Marsh reste pour moi Meurtres entre sœurs).

Une famille délicieuse / Willa Marsh, Ed. Autrement 2003, The Children’s Hour, 476 p.  

 

Lola lit le complexe de Eden Bellwether ♥

Une histoire machiavélique de manipulation sous hypnose sur fond de musique classique.

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Ce que j’ai trouvé très intéressant dans ce roman, en plus d’être bien écrit, bien construit… c’est que je me suis interrogée sur le rôle des personnages jusqu’au dénouement. Iris, la soeur d’Eden Bellwether, par exemple, du début à la fin, j’ai pensé qu’elle était de mèche avec son frère, qu’elle jouait un double jeu ; je me suis méfiée d’elle tout de suite. Trop belle, trop douée pour être honnête. Puis on la découvre un peu cul-cul la praline, mais c’est un peu gros, donc on pense qu’elle trompe son monde. Pour les copains, pareil, je n’ai pas réussi à savoir tout de suite qui trempait dans la magouille et à quel degré. Pourtant dès la première page, on a la scène finale, alors on pense très vite comprendre ce qui va se jouer. Et finalement, rien n’est moins sûr.

Cambridge, aujourd’hui. Oscar, en rentrant de son boulot d’aide soignant, est attiré par des chants et l’orgue venant d’une église. Il y entre, et fait la connaissance de la soeur de l’organiste vistuose, Eden Bellweither. Iris a tout pour plaire donc elle lui plait, et elle l’introduit dans le cercle amical très privé de son frère. Et là, ça commence à sentir le roussi. Eden, voulant prouver que la musique classique a des pouvoirs, hypnotise Oscar sans son consentement. Oscar part fâché d’avoir été ainsi trompé et humilié. Mais la belle Iris le supplie de l’aider, son frère est atteint de troubles psychiatriques, elle doit trouver des preuves afin qu’il soit enfermé et mis hors d’état de nuire, aux autres et à lui-même. Oscar va faire appel à un expert, ex petit ami d’un vieux grabataire dont il s’occupe à la maison de retraite où il travaille. 

Ce livre est fascinant, dommage qu’il ne fasse que 512 pages. 

Lola lit A ce soir

Laure Adler, femme engagée, journaliste, écrivain, éditrice née en 1950.

acesoirCe soir-là, Laure Adler échappe de justesse à un accident de la route qui aurait pu la tuer. Sonnée, de retour chez elle, elle s’apprête à enlever sa montre pour prendre un bain, l’inscription à ce soir y est presque effacée par la buée mais la date, elle, est inscrite à jamais. 17 années se sont écoulées depuis la mort de son petit garçon Rémi. Emporté à quelques mois par une mort subite, qui n’a pourtant eu de soudain que le nom, puisque l’enfant est resté plusieurs mois à l’hôpital entre la vie et la mort.

Ce soir-là, le récit de cette douleur s’impose à Laure Adler. Elle raconte Rémi, sa si courte vie, sa si longue mort, elle raconte sa souffrance de maman, sa culpabilité, l’incompréhension, toutes ces questions à jamais sans réponses.

De courts paragraphes se succèdent, mélangeant les souvenirs. C’est un livre dont la lecture est forcément difficile mais Laure Adler ne cherche pas à nous faire pleurer, elle partage simplement son chemin de douleur qui n’a pas de fin. La vie continue, oui malheureusement la vie a continué…

«Je n’écris pas pour me souvenir. Je n’écris pas pour apaiser la douleur. Je sais depuis dix-sept ans que la douleur est et demeurera ma compagne. Je vis avec elle. Je la tiens en laisse. Quelquefois, elle me bouscule et me fait tomber.»

Lola lit Pas Pleurer de Lydie Salvayre ♥

J’ai beaucoup aimé Pas pleurer.

paspleurerJuillet 1936 en Espagne. L’Été anarchiste, raconté par Lydie Salvayre selon deux points de vue ; celui de Montse sa mère, au langage fleuri, mélange délicieux de français et d’espagnol et celui plus littéraire de Georges Bernanos, écrivain catholique français né en 1888 , qui séjournait alors à Majorque.

Le coeur de Montse, adolescente cet été-là, penche du côté des libertaires ; elle croit aux rêves de liberté de son frère José. « Il y a dans les rues une euphorie, une allégresse et quelque chose d’heureux dans l’air qu’ils n’ont jamais connu« . La révolution a des airs de romance, Montse est toute à l’ivresse de cette nouvelle vie qui s’annonce. Un soir d’août, elle rencontre un jeune anarchiste à la terrasse d’un café, passe la nuit avec lui. Mais dès le lendemain 7h, il repart sur le front. De cet amour fulgurant naîtra, le 28 mars 37, une petite fille prénommée Lunita, la soeur de l’auteur.

La voix de Bernanos, elle, est grave, troublée. Catholique convaincu, témoin de la barbarie de l’armée de Franco, choqué par les assassinats odieux, révolté par la complicité de l’église catholique espagnole, il rédige « Les Grands Cimetières sous la lune » un pamphlet violent anti-franquiste publié en France en 1938, auquel l’auteur fait référence.

J’ai trouvé ce livre optimiste, drôle et émouvant malgré le thème tragique. Tous les personnages auxquels il est si facile de s’attacher tant ils sont décrits avec sentiment. Le rythme est soutenu, et surtout la langue est belle, même quand elle est malmenée.

Une lecture que je vous conseille. 

PS : J’ai été un peu agacée au début en constatant que l’espagnol utilisé n’était pas traduit, mais j’ai décidé d’accepter de ne pas tout maîtriser, et finalement je n’ai pas été gênée. 


En lien avec l’auteur et son oeuvre :

http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/11/05/le-goncourt-a-lydie-salvayre-pour-pas-pleurer_4518570_3260.html

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/pas-pleurer-la-guerre-despagne-par-lydie-salvayre-en-course-pour-le-goncourt-200115

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/08/21/03005-20140821ARTFIG00014–pas-pleurer-de-lydie-salvayre-a-la-suite-de-bernanos.php

http://www.franceinter.fr/personne-lydie-salvayre

http://tempsreel.nouvelobs.com/video/20141106.OBS4384/lydie-salvayre-merite-t-elle-le-prix-goncourt.html

http://www.20minutes.fr/culture/1475643-20141105-prix-goncourt-lydie-salvayre-laureate-surprise

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/11/05/03005-20141105ARTFIG00225-lydie-salvayre-un-goncourt-poignant-et-inattendu.php

Lola lit Constellation d’Adrien Bosc

UnknownLe 28 octobre 1949, dans l’archipel des Açores, entre Paris et New-York, s’abîmait en mer le Constellation F-BAZN d’Air France. Tristement connu parce qu’il transportait le célèbre boxeur Marcel Cerdan, l’amoureux d’Edith Piaf, qui se rendait avec les 36 autres passagers aux Etats-Unis. Il devait y affronter Jake LaMotta et lui reprendre son titre de champion. La Môme, impatiente, avait lourdement insisté pour qu’il avance son voyage, il avait donc échangé sa traversée en bateau contre un billet d’avion. Tant mieux pour Edith et Philip Newton, les deux jeunes amoureux de retour de leur lune de miel et une certaine Mme Erdmann qui ont dû céder leur place au champion au titre du droit de priorité. Les 37 passagers et les 11 membres d’équipage ont péri.

Ce livre est l’histoire du crash, parfaitement documenté, techniquement intéressant. J’avais très envie de le lire, je trouvais le thème intéressant et j’avais entendu l’auteur sur France Inter (ici) qui avait expliqué l’importance pour lui de la notion de drame collectif, de ces « 48 destins ». Malheureusement Adrien Bosc n’a pas tenu sa promesse, l’existence des  »autres » est juste survolée, il m’a manqué l’essentiel. Moi, comme prévu, je voulais savoir qui étaient les 47 autres. J’ai l’impression d’avoir été trompée !

En plus, j’ai trouvé l’ensemble assez décousu, compliqué parfois de s’y retrouver, des informations dont je n’ai pas toujours compris l’intérêt, des jeux de hasards trop hasardeux à mon goût, des passages inutiles. Bref, je n’ai pas eu la tête dans les étoiles, du tout.