Lola lit Jeu de lignes

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« Hervé Tullet (né en 1958 et vit à Paris) a publié son premier livre pour enfants en 1994 et est devenu depuis l’un des auteurs les plus innovants au monde de la littérature enfantine. Connu en France comme « le prince des maternelles », Tullet réinvente le principe de la lecture en apprenant aux jeunes esprits à développer leur imagination, leur indépendance et leur créativité. »

Ce petit texte si élogieux, lu dans le catalogue des nouveautés printemps 2015 des éditions Phaidon, m’a donné envie de feuilleter les livres pour enfants de cet auteur français qui cartonne dans le monde des livres pour enfants. Alors lorsque j’ai répéré « Jeu de lignes » dans la liste d’une masse critique de Babelio, je me suis jetée dans l’aventure car un esprit a toujours besoin d’être développé, élevé, entraîné…

Voici donc un petit livre cartonné, bicolore, jaune et rose, très lumineux.
Des traits droits, courbes, brisés, horizontaux, verticaux, des quadrillages, des vagues…
Toutes sortes de lignes peuplent ces pages découpées qui permettent aux petites mains (mais aussi aux plus grandes) toutes les créations possibles.
Un livre qui, posé sur la table du salon en évidence, excite la curiosité de chacun qui, quel que soit l’âge, n’hésite pas à l’ouvrir, à le manipuler, et à s’amuser. Ces lignes, on peut les assembler sagement, les mélanger astucieusement, les entrecroiser joyeusement, les combiner élégamment… Bref s’inventer artiste et imaginer des œuvres d’art.

Et il en existe plein d’autres ! Jeu de hasard, de balles, de construction, de lumière, de piste, de reflets, de sculpture…

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Lola lit Les 12 tribus d’Hattie ♥

CVT_Les-douze-tribus-dHattie_7583En 1923, Hattie, adolescente, et sa famille fuient la ségrégation raciale du Sud rural des Etats-Unis en 1923 et débarquent à la gare de Philadelphia. Très vite, elle épouse August et accouche de jumeaux Philadelphia et Jubilee qui décèdent à quelques mois d’une pneumonie fulgurante. Hattie culpabilisera toute sa vie de n’avoir pu sauver ses bébés. Elle sera une mère sévère et peu aimante pour ses autres enfants ; Floyd le trompettiste de jazz,  Six le prédicateur, Ruthie l’enfant de l’amour, Ella l’enfant offerte, Alice richement mariée et son frère adoré Billups, Franklin soldat à Saigon, Bell la traître, ou encore Cassie internée dans un hôpital.

Au fil des 10 chapitres, chacun consacré à une période de la vie d’un des enfants, on découvre, entre 1925 avec Philadelphia et Jubilee et 1980 avec Sala, l’histoire de la vie d’une famille, d’une maman, d’une femme, d’un pays. Une belle saga familiale, j’ai trouvé très intéressante la construction, le fait qu’on découvre l’histoire de Hattie au travers de l’histoire de ses enfants.

Un roman que j’ai dévoré !


Les douze tribus d’Hattie / Ayana Mathis – Editions Gallmeister 2012 – titre original The Twelve Tribes of Hattie – 320p 


http://www.elle.fr/Loisirs/Livres/Grand-Prix-des-Lectrices-de-ELLE-2015/Selection-Septembre/Selection-roman-Les-douze-tribus-d-Hattie-d-Ayana-Mathis-Editions-Gallmeister-2787398

Yaki lit L’ours de Dalécarlie

L’ours de Dalécarlie de Laure Malaprade – les éditions du net – 142 pages
l-ours-de-dalecarlie-laure-malapradeCe premier roman se passe en Suède où Emma rejoint sa mère au chevet de son grand-père mourant, Lennart. Ce grand-père elle ne le connaît pas vraiment, il a toujours été absent de sa vie, pas forcément absent physiquement c’est juste qu’il n’était pas vraiment là, il vivait dans sa solitude depuis que sa femme Saga avait disparu. Emma voudrait en savoir plus sur sa grand-mère Saga. Comment a-t-elle disparu ? Qu’est-elle vraiment devenue ? Sa quête lui fera découvrir une vérité qu’elle n’imaginait pas. L’histoire alterne entre la recherche de vérité d’Emma et ce qui s’est passé à la fin des années 40 dans la vie de Lennart et Saga.J’ai beaucoup apprécié ce roman très délicat et joliment écrit. J’ai apprécié bien sûr l’histoire de ce secret de famille, le suspense bien mené qui donne envie de connaître le fin mot de l’histoire. Les personnages d’Emma, de sa mère Ester, de la cousine de sa mère, Stina, sont bien dépeints, attachants. La relation entre Emma, Ester et Stina est touchante. Les flash-back sont bien vus, ils nous en apprennent chaque fois un tout petit peu plus, tout en maintenant le mystère.
Mais, j’ai surtout beaucoup aimé la peinture de la Suède, une jolie découverte pour moi. On ressent bien la rudesse du climat hivernal et en même temps c’est intéressant de comparer notre mode de vie, voire nos coutumes, avec celle de la Suède. C’est parfois très concret, ce qui donne un point de vue différent de ce qu’on peut lire dans d’autres romans sur les pays nordiques. Et tout ça en seulement 140 pages (version ebook) !
Un premier roman réussi ! Et une auteure à suivre…

 

Lola lit Je vous écris dans le noir ♥

paulinedubuissonPauline Dubuisson a été condamnée à mort 1953 pour le meurtre, avec préméditation, de son ex-fiancé Félix Bailly. Libérée pour bonne conduite après 9 ans de prison, elle quitte la France pour le Maroc en 1962 après avoir vu le film de Clouzot qui s’inspire de son histoire et dont le rôle principal est tenu par Brigitte Bardot. Ce film au titre mal choisi puisque Pauline n’y retrouve pas LA vérité mais celle que les français ont voulu croire et qui l’a conduite au cachot. Exilée au Maroc, où elle se fait appeler Andrée et tombe amoureuse de Jean qui la demande en mariage. Pourtant, en 1963, elle avale des barbituriques, et trouve la mort. A côté d’elle, on retrouve des pages recouvertes de son écriture, disparues depuis.

Jean-Luc Seigle a imaginé les trois cahiers qu’elle aurait pu écrire, et nous les livre à la première personne. On part à la rencontre de ce personnage singulier, mi-attachant mi-abject, mais fascinant. Loin du monstre décrit et condamné juste après la guerre, on découvre une femme blessée, humiliée. Une toute jeune femme tirée par les cheveux sur la place publique par des gens pleins de haine, tondue, rasée et violée, martyrisée, peinte de croix gammées pour avoir eu une relation avec un médecin allemand. L’auteur a mis toute sa sensibilité, sa délicatesse, sa compassion, son empathie pour écrire ce très beau roman.

Pauline Dubuisson voulait être médecin, elle était bonne élève, on imagine qu’elle aurait pu avoir une jolie vie dans le Nord de cette France qui l’a tant haïe, si elle n’avait été victime de la vindicte populaire.


Je vous écris dans le noir / Jean-Luc Seigle – Editions Flammarion 2015 


 En lien avec l’oeuvre, l’auteur

http://ici.radio-canada.ca/emissions/plus_on_est_de_fous_plus_on_lit/2014-2015/chronique.asp?idChronique=366880

http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-verite-la-vraie-sur-pauline-dubuisson_1662049.html

http://television.telerama.fr/tele/films/la-verite,72412.php

Bande annonce du film La vérité

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=3227.html

Yaki lit Le voyant

Le voyant / Jérôme Garcin, Ed. Gallimard, 192 p.

levoyantJacques Lusseyran, né en 1924 et mort à 47 ans, est un personnage oublié de notre histoire et pourtant  quelle destinée étonnante ! A 8 ans, le jeune Jacques, bousculé par ses camarades d’école, tombe sur le coin d’une table, il ne reverra plus jamais. Ses parents auraient pu le confier à une école spécialisée mais sa mère le prend en charge, tous les deux ils apprennent le braille et Jacques peut ainsi retourner dans une école classique avec une machine à écrire le braille. Dès son enfance, Jacques doit faire preuve d’un courage et d’une volonté hors du commun, deux traits de caractère qui le poursuivent quand la deuxième guerre mondiale éclate. Jacques est alors étudiant mais suite au décret de Vichy qui exclue, entre autres, les handicapés des établissements scolaires il est déscolarise. Qu’à cela ne tienne, Jacques avec d’autres élèves va créer un mouvement de résistance, les Volontaires de la liberté. Ses activités de résistance le conduiront à être déporté à Buchenwald, déportation dont il ne sortira pas indemne. Jacques Lusseyran aura 3 épouses et certainement bien d’autres conquêtes, il croisera sur sa route des personnages surprenants. Et malgré sa résistance active il sera oublié, et quand il décède dans un accident de voiture en France, après avoir passé quelques temps à Hawaï, le journal titrera simplement « un Haïwien décède en France ».

Jerome_GarcinJérôme Garcin réalise dans son roman bien plus qu’une biographie. Il nous donne à voir le destin fascinant d’un homme qui en 47 ans aura vécu bien plus d’une vie. On peut cependant regretter que l’auteur reste un peu trop en surface, ce qui donne au lecteur l’impression de rester extérieur au récit. Mais ce roman donne vraiment envie de s’arrêter sur l’histoire de Jacques Lusseyran et de se pencher sur ses écrits.

A découvrir.

http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien-Jerome-Garcin.-Le-voyant

http://www.lefigaro.fr/livres/2015/01/15/03005-20150115ARTFIG00019-jacques-lusseyran-l-aveugle-clairvoyant.php

Yaki lit La Maison-Guerre

La Maison-Guerre / Marie Sizun, Ed. Arlea, 267p., 20€, ISBN : 978-2363080707

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La Maison-Guerre c’est le nom que Marie a donné à la maison dans laquelle elle a passé plusieurs mois quand elle était enfant pendant la deuxième guerre mondiale. Sa mère, Véra, l’y a déposée un jour de juin en lui disant qu’elle y serait en sécurité. Dans cette maison, elle est accueillie par tante Mathilde, tante Gabrielle, oncle Albert et la « vieille dame ». Les premiers mois sont rythmés par les lettres ou les visites, toujours courtes, de Véra. Marie est plutôt heureuse dans ce cocon, mais elle essaie de comprendre les bribes de conversation qu’elle entend quand les adultes pensent qu’elle n’est pas là. Sa mère ne vient plus, son père qu’elle ne connaît pas est prisonnier de guerre… Que peut-on comprendre de tout ça quand on a 4 ou 5 ans ?

Le roman est composé de deux parties, la première partie relate les mois passés dans la Maison-Guerre. Dans cette partie, Marie Sizun mêle la troisième personne du singulier avec le « tu », ce qui peut être parfois déroutant. La deuxième partie raconte la fin de la guerre, le retour du père, les recherches infructueuses de la mère.

Un avis plutôt mitigé pour ce roman. La première partie m’a paru un peu trop longue, lente, à la mesure de la langueur des journées d’enfant de Marie, mais en même temps le lecteur s’attache à cette petite fille qui ne comprend pas grand chose du monde des grands. La deuxième partie plus courte m’a touchée, j’ai aimé le regard porté sur cette enfant puis cette adolescente qui grandit avec l’absence de la mère et les questions sans réponse.

Yaki lit Blue book

Blue book / Elise Fontenaille-N’Diaye, Ed. Calmann-Levy, 220 p., 17€, ISBN : 978-2702144121

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Elise Fontenaille est un auteur que j’apprécie beaucoup, ses romans me touchent parce qu’elle a l’art et la manière d’écrire avec beaucoup de sensibilité, elle part d’un fait réel et créé une atmosphère autour. Mais son dernier livre Blue book n’a rien d’une histoire inventée, vraiment rien d’un roman ! Il s’agit du récit d’un génocide oublié et même caché, celui des peuples Hereros et Namas en Namibie au tout début du XXème siècle, avant l’arrivée du nazisme en Allemagne, un génocide qui préfigurait déjà des atrocités qui allaient être commises pendant la seconde guerre mondiale. En effet, ces tribus ont été persécutées, massacrées, internées dans les tout premiers camps de concentration, sous prétexte qu’il s’agissait de races “inférieures”. D’ailleurs certains futurs nazis étaient présents lors de ces exterminations (comme le docteur Eugen Fischer, théoricien de la «dégénérescence de la race blanche», dont Hitler lira plus tard en prison l’ouvrage tiré de ses travaux en Namibie).

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Elise Fontenaille-N’Diaye, lors d’une enquête qu’elle faisait sur son aïeul le général Mangin*, a trouvé un rapport officiel dans une bibliothèque universitaire à Pretoria, le Blue book, sur ces massacres. Ce rapport a été rédigé par un jeune juge anglais, Thomas O’Reilly, qui a recueilli des témoignages édifiants. Cet homme est apparemment décédé en 1919 de la grippe espagnole. Sa disparition a été bien utile à l’Allemagne et à l’Angleterre, l’Allemagne ayant demandé à l’Angleterre de faire disparaitre ce rapport en échange de son silence sur des agissements guère plus reluisants de l’Angleterre. Elise Fontenaille-N’Diaye se devait de témoigner à son tour.

Un récit poignant donc ! A lire absolument !

*Charles Mangin, né à Sarrebourg le 6 juillet 1866 et mort à Paris le 12 mai 1925, est un général français. Convaincu de la valeur des troupes sénégalaises, c’était un partisan ardent d’une armée africaine, la « force noire », plus nombreuse et plus puissante, au service de la France. Mangin tel qu’il était, adoré ou détesté, a incarné le type de l’officier colonial, infatigable, tempétueux, dominant les hommes et forçant les événements. (Wikipédia)

http://www.liberation.fr/livres/2015/01/14/la-colonie-genocidaire_1180716

Yaki lit Marée d’équinoxe

maréeOlivia Rönning est une jeune élève de l’Académie de police, elle suit les traces de son père décédé quelques années plus tôt. Leur professeur leur propose de choisir un « cas » non élucidé et de voir si les nouvelles techniques d’enquêtes pourraient permettre d’avoir de nouvelles pistes. Olivia choisit une enquête à laquelle son père a participé. Il s’agit d’un meurtre atroce commis il y a vingt ans sur une jeune femme enceinte, enterrée vivante dans le sable et noyée par la marée montante. Seul un jeune garçon a été témoin du meurtre mais l’enquête n’a jamais pu être résolue, personne n’ayant jamais signalé la disparition de la jeune femme. Olivia cherche à prendre contact avec un autre flic, Tom Stilton, qui avait mené l’enquête avec son père mais ce dernier a disparu.
En parallèle, la police est amenée à enquêter sur des jeunes qui tabassent des SDF et mettent les films de ces SDF battus sur Internet.
Marée d’équinoxe est un très bon roman policier, avec une vraie intrigue bien faite, qui se tient de bout en bout malgré les nombreux croisements entre différentes enquêtes et personnages. Les rebondissements sont toujours crédibles. Les héros changent des enquêteurs habituels et ont des personnalités vraiment très intéressantes et bien vues. En filigrane, on découvre une Suède particulièrement violente.
J’ai beaucoup aimé ! Et j’ai hâte que la suite soit traduite…

Marée d’équinoxe / Cilla et Rolf Börjlind, Ed. Seuil 2014, titre original Springfloden, 466 p.  

Lola lit Autour du Monde

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Ce livre pourrait être un recueil de nouvelles. Parce qu’il décrit des tranches de vie de personnes différentes, sur chacun des continents, à un moment très précis, le 11 mars 2011 où le tsunami le plus monstrueux jamais enregistré a endeuillé le Japon. Des tranches de vie plus ou moins longues, plus ou moins intéressantes, plus ou moins riches, qui s’enchaînent sans autre point commun que cette actualité, il n’y a pas d’autre lien.

Le roman s’ouvre sur la romance de Yûko, une jeune japonaise déjantée et Guillermo un jeune mexicain qui parcourt le monde. Ils vont passer quelque temps dans une petite maison de pêcheur au nord du Japon, dans le village qui sera le premier englouti par la vague. Puis les histoires se succèdent, sans interruption, il n’y a pas de chapitres entre les histoires, les phrases sont longues, longues, certaines interminables ; difficile de reprendre son souffle, de faire une pause pour réfléchir un peu à ce qu’on a lu, parce qu’on ne sait jamais à quel moment on va changer de continent.

Chaque histoire a une ambiance bien à elle, c’est ce qui fait, à mon avis, la richesse de ce roman. Ma préférée est celle d’Ernesto et Giorgio, deux octogénaires qui décident d’aller tenter leur chance au casino, une belle histoire d’amitié, j’ai bien aimé celle un peu angoissante des frères Vince et Mitch.

J’ai lu aussi Dans la foule du même auteur où il est question du drame du Heysel, en Belgique. Il semblerait que la fragilité de la vie soit un thème qui inspire Mauvignier.


Autour du monde / Laurent Mauvignier – Éditions de Minuit 2014 – 384 p.


 

En lien avec l’auteur et son oeuvre

http://www.franceculture.fr/emission-les-bonnes-feuilles-laurent-mauvignier-autour-du-monde-2014-07-24

http://bibliobs.nouvelobs.com/rentree-litteraire-2014/20140911.OBS8948/laurent-mauvignier-autour-du-monde.html

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/09/04/03005-20140904ARTFIG00029–autour-du-monde-de-laurent-mauvignier-vague-et-ressac.php

http://www.boursorama.com/actualites/voyage-autour-du-monde-avec-laurent-mauvignier-9603500c1c0498b458e3a8462504fc39


 

En lien avec le Tsunami

http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_2011_de_la_c%C3%B4te_Pacifique_du_T%C5%8Dhoku

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/11/alerte-au-tsunami-apres-un-seisme-d-une-magnitude-de-7-9-au-japon_1491449_3244.html

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2755.php

Yaki lit Danser les ombres ♥

Danser les ombres / Laurent Gaudé, Ed. Actes Sud, 249 p.

gaudeJanvier 2010 à Haïti, Port-au-Prince. Lucine revient dans sa ville après avoir passé plusieurs années à s’occuper de sa jeune sœur Nine et des enfants de celle-ci. Nine vient de mourir et Lucine revient annoncer au père d’un des enfants la nouvelle afin qu’il participe à la vie de son fils. Saul n’a jamais terminé ses études de médecine parce qu’il n’a pas réussi à surmonter l’échec du soulèvement populaire de 2004 et surtout l’assassinat de sa demi-sœur. Firmin, chauffeur de taxi, et ancien tonton macoute végète. Lily, une jeune américaine, atteinte d’une maladie grave, a souhaité venir vivre ses derniers jours à Port-au-Prince. Il y a aussi les jeunes élèves infirmières, le vieux Tess qui tenait autrefois une maison close et d’autres encore. Tous ces personnages se croisent, se haïssent, certains vont s’aimer, commencer à se reconstruire. Jusqu’au moment où, à la moitié du roman, tout bascule, le moment où « sans que rien ne l’annonce, d’un coup, la terre, subitement, refusa d’être terre, immobile, et se mit à bouger ». Les destins de ces personnages que nous avons accompagnés sont alors irrémédiablement chamboulés.

L’auteur décrit avec merveille Haïti, pays dans lequel l’Histoire et les anciennes luttes contre le pouvoir sont toujours omniprésentes, tout comme la culture vaudou avec la peur des esprits, le respect des traditions. Il décrit tout aussi bien le terrible tremblement de terre, les minutes puis les jours qui ont suivi. On s’y croit, on y est. La fin, bien que déconcertante de premier abord, est fidèle au reste du livre, belle, poétique, touchante. En résumé, un roman réussi, plein de sensibilité avec une belle écriture et une jolie musicalité des mots.

Un bel hommage à Haïti. Un coup de cœur.


 

Un article sur le livre : http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/danser-les-ombres-hommage-lyrique-de-laurent-gaude-a-la-terre-dhaiti-209267

Un lien pour avoir quelques dates clés de l’histoire d’Haïti : http://www.collectif-haiti.fr/histoire-dhaiti.php

Un 2ème qui résume bien aussi l’histoire de ce pays : http://www.telerama.fr/idees/haiti-c-est-une-longue-et-terrible-histoire,51608.php

Haïti 5 ans après : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1305076-haiti-5-ans-apres-le-seisme-les-plus-demunis-souffrent-toujours-la-reconstruction-tarde.html