Yaki lit La maladroite

seurat-maladroiteLa maladroite c’est l’histoire de cette petite fille, Diana, maltraitée par sa famille et dont on découvre au fur et à mesure l’histoire à travers la vision de ceux qui ont été physiquement proches d’elle, de ceux qui se sont aperçus qu’il se passait quelque chose de terrible dans la vie de cette petite fille mais qui n’ont pas mesuré l’importance de ce qu’ils pressentaient, de ceux qui ont essayé de l’aider mais n’ont pas su ou pu aller au bout de leur démarche. Parce que ça parait bien simple de juger ! mais est-ce si facile d’être sur qu’un enfant est maltraité ? est-ce si simple de sauver un enfant des mains de ses tortionnaires dans un monde où le poids administratif est si lourd ? est-ce si simple d’enlever un enfant à ses parents quand les soupçons ne peuvent parfois être qu’un soupçon ? Ce sont toutes ces questions, qui n’ont pas de réponses, que j’ai vues dans ce roman coup de poing d’Alexandre Seurat. Il n’y a pas de pathos, le drame est là mais il est de toutes façons trop tard ! Il n’y a pas de jugement parce qu’on a beau dire personne ne peut être assuré d’avoir les réactions qu’il faut face à une telle tragédie. Le style pourrait paraître froid mais il permet au lecteur de prendre un peu de recul et de mieux pouvoir s’interroger, que ferait-on nous ?

Un beau texte inspiré, hélas, d’une histoire vraie…


La maladroite / Alexandre Seurat, Ed. du Rouergue, 121 p.

Lola lit Une bonne raison de se tuer

bessonLe 4 novembre 2008 en Californie est une journée particulière : Obama va être élu, Samuel assiste à la crémation de son fils Paul 17 ans qui s’est suicidé et Laura, une quadragénaire divorcée décide de mettre fin à ses jours. L’abattement de Samuel croise la résignation de Laura, sur fond de liesse américaine. La journée s’étire, lentement, chaque geste du quotidien est décrit en détail pour laisser le temps aux questions de faire surface. Samuel se demande comment continuer à vivre, combler cette absence, où trouver la force, quelle est sa responsabilité, a-t-il été un bon père, comment a-t-il pu passer à côté de la souffrance de son fils ? Pour Laura, la question est plutôt celle de l’après. Que diront ses fils Arthur et Vincent, va-t-elle leur manquer, lui en voudront-ils ? Et ses amis Julia et Jake, comprendront-ils son geste ?

Samuel et Laura vont se croiser, reconnaître leur souffrance dans un regard. Cette rencontre va-t-elle changer le destin ? Encore une question que Samuel et Laura se posent.

Attention, ce n’est pas un roman écrit par Marc Levy, donc pas de rebondissement à la fin, pas de baiser langoureux et salvateur sous les cris de joie de la foule à l’annonce de l’élection du premier homme de couleur à la tête des Etats-Unis !

Un roman comme je les aime, bien écrit, bien construit, qui se lit avec grand plaisir.


Une bonne raison de se tuer / Philippe Besson – Editions Julliard 2012 – 336p

 

 

Lola lit Nouvel an chinois

nouvelanchinoisDifficile de parler de ce livre déroutant, où le rêve et la réalité se fondent.
Difficile de suivre l’auteur et son héros, quand les pronoms sujet changent sans prévenir.
Difficile de trouver le rythme, saccadé, irrégulier, des phrases, des mots répétés.
Et finalement difficile de m’attacher à Ezéchiel, le jeune personnage principal, adolescent, dont le père est mort et la mère absente depuis cette disparition brutale.
Merci à Babelio et aux éditions Zulma


Nouvel an chinois / Koffi Kwahulé – Editions Zulma 2015 – 235p

 

Yaki lit Miniaturiste

leminiaturiste1686, Petronella Oortman quitte le village de son enfance pour rejoindre son mari, Johannes Brandt, qu’elle connaît à peine, à Amsterdam. Elle a tout juste 18 ans, son mari de 20 ans plus âgé est un marchand important d’Amsterdam. L’accueil qu’elle reçoit à son nouveau domicile est mitigé. Sa belle-sœur, Marin, la reçoit froidement, son mari l’ignore la plupart du temps. Deux domestiques vivent également dans la maison, Cordelia, une jeune servante au comportement plutôt familier pour une servante et Otto, un homme à la peau sombre, une curiosité pour la jeune Nella. Quelques jours après son arrivée, Johannes offre à Nella une somptueuse maison miniature, la réplique exacte de leur demeure. Vexée tout d’abord de ce cadeau pour le moins étrange, Nella contacte néanmoins un miniaturiste pour lui commander des objets afin de meubler sa maison miniature. Bientôt, elle reçoit les objets qu’elle a commandés puis des objets qu’elle ne commande plus. Etrangement ces objets semblent avoir une signification et un lien avec les événements réels de la vie de Nella. Ses liens avec Johannes, Marin, Cordélia et Otto évoluent, les événements se précipitent.

Déjà intriguée par le résumé de ce premier roman, j’ai eu un réel coup de cœur pour ce roman original, pour l’ambiance dans laquelle j’ai été plongée dès les premières pages, pour la période historique choisie très documentée. La maison miniature, les objets qui sont envoyés à Nella, le miniaturiste, sont autant de mystères que le lecteur a hâte de voir dévoilés. Les personnages sont extrêmement bien dépeints, l’évolution des relations entre chacun est touchante.

De plus, le roman est écrit au présent, ce qui apporte une proximité avec les personnages et le récit, c’est une réelle immersion dans l’histoire, le lecteur vit les événements en même temps que Nella !

C’est aussi un roman qui prend son temps, un vrai roman d’ambiance comme je les aime.

Un très bon moment de lecture !

http://www.lexpress.fr/culture/livre/jessie-burton-le-grand-succes-d-une-miniaturiste_1672461.html


Miniaturiste / Jessie Burton, Ed. Gallimard 2015, 512 p, titre original The miniaturist

 

Lola lit Check-point ♥

checkpointLe dernier roman d’un de mes auteurs favoris, JC Rufin, porte un titre bien étonnant. Lui qui, au sein de l’Académie française, avec les 39 autres « immortels » s’applique à « travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. » (Article 24 des statuts) en élaborant, entre autre ouvrage un dictionnaire, nous rappelle pourtant que ce terme ne figure pas encore dans les dictionnaires français contrairement à check-list ou check-up.

Malgré ce titre qui sonne comme une superproduction américaine ou un navet d’aventures français, je ne me suis même pas demandé si j’allais le lire, c’était une évidence, et, bien sûr, je l’ai dévoré. Une ambiance qui m’a fait penser au vieux film de Clouzot Le salaire de la peur avec Montand et Vanel, un film puissant dont l’atmosphère m’avait fascinée. Encore une fois les personnages de Rufin sont d’une force incroyable ; Maud, une jeune femme d’une vingtaine d’année, dont l’engagement dans l’action humanitaire relève d’idéaux, Lionel de quelques années son aîné, le chef de la mission, Vauthier dont on s’interroge sur les motivations, et enfin Alex et Marc anciens militaires et amis. Tous les cinq vont prendre la route vers la Bosnie alors en pleine guerre fratricide, à bord de deux gros camions poussifs remplis d’aides diverses. Dans ce huis clos oppressant, les groupes se forment, les alliances se font et se défont au rythme des kilomètres parcourus.

Génial !


Check-point / Jean-Christophe Rufin – Collection Blanche Gallimard 2015 – 400p

 

Lola lit Dans la foule

heysel

Le 29 juin 1985, en Belgique, au stade du Heysel, finale de coupe d’Europe de foot Liverpool vainqueur en titre contre la Juventus de Turin où joue Platini, alors meilleur joueur d’Europe, ballon d’or depuis 2 ans ; un match attendu et sous haute tension, surtout qu’en janvier de la même année, Liverpol a perdu un match contre la Juventus. Les suporters anglais qui comptent des bandes de hooligans, débarquent dans les rues de Bruxelles, et commencent à se mettre dans l’ambiance, bières, désordre sur les trottoirs, comportements agressifs, cris, chants, insultes… ils sont venus et ça se voit. Ils ont une revanche à prendre et entendent mettre les italiens au pas, en utilisant la violence s’il le faut. 60000 personnes sont attendues, à 17h, les tribunes se remplissent et les esprits (et pas que…) s’échauffent, insultes, provocations, jets de pierres, de canettes, on continue dans l’élégance et le fair play. Les anglais veulent en découdre, bousculade, mouvement de foule, panique, tout est hors contrôle, les spectateurs qui veulent quitter les tribunes sont coincés, écrasés, piétinés et soudain crack, tout s’écroule, murs, barrières, c’est l’horreur ! Et le bilan est terrible, 39 morts. Finalement le match sera joué, les organisateurs ont pensé que ça calmerait la situation. La vétusté des installations, les règles de sécurité insuffisantes ont été mis en cause, il y a eu des procès et des condamnations, des normes de sécurité ont été mises en place et Liverpool a été interdit de coupe d’Europe pendant 6 ans.

danslafoule

Le roman de Laurent Mauvignier décrit la trajectoire -avant, pendant et après la tragédie- de Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses deux frères aînés de Grande-Bretagne, Tana et Francesco de jeunes italiens en voyage de noces, et des bruxellois Gabriel et Virginie, tous venus assister au match du siècle ! Malheureusement je n’ai pas accroché. J’ai trouvé ça long, parfois inutile, j’ai sauté des passages complets sans avoir l’impression d’avoir raté quelque chose d’intéressant. Et puis à un moment, c’est la panique, il y a des morts, mais pourquoi ?? Heureusement que j’avais lu le résumé sinon j’aurais bien été incapable de comprendre ce qui se passait. Je suis passée à côté, pourtant j’avais très envie de le lire, ce drame du Heysel en 1985 m’avait bouleversée et j’avais aimé Autour du monde . Reste l’écriture de l’auteur, brillante.


 

Dans la foule / Laurent Mauvignier – Les Editions de Minuit 2006 – 376p


 

En lien avec l’auteur, l’oeuvre et la tragédie :

http://www.ina.fr/video/3191966001

http://www.telerama.fr/livres/stade-final,15923.php

https://www.youtube.com/watch?v=22SRWULgP9s

http://www.ina.fr/video/CAB8501419401

 

Lola lit Les notes de la mousson

lesnotesdelamoussonDans sa loge de gardienne d’un collège de banlieue parisienne, Angèle s’étiole et se fane. Certains soirs, dans les couloirs désertés, elle déambule en sari et bracelets de chevilles à grelots. Angèle a le mal du pays, l’Inde, qu’elle a été obligée de quitter pour rentrer en France s’occuper de ses parents vieillissants. En partant, elle a laissé Galta, sa fille adoptive qui n’a pas voulu la suivre. De son côté, à Pondichery, Galta s’interroge sur son passé, elle voudrait retrouver celle qui lui a donné tant d’amour et qu’elle a, pourtant, laissé partir sans plus jamais lui donner de nouvelles.

Et pourtant… Les notes de la mousson est un roman très/trop simple à lire, dont il m’est resté un vague sentiment de superficialité, comme si je n’avais lu que l’esquisse du roman de Fanny Saintenoy. Il m’a manqué l’essentiel, la profondeur ; les personnages, leurs relations en manquent, tout semble avoir été survolé. Même la richesse, les couleurs de ce pays incroyable de contrastes, de traditions sont à peine évoquées. J’ai attendu bon nombre de pages que l’histoire décolle, que les choses s’accélèrent, que la force soit avec nous avant de me rendre compte que je devrais me contenter d’un petit roman bien sage écrit dans un français commun, raisonnable et prudent.
Malgré tout, je lirai « Juste avant », son roman précédent dans lequel j’espère trouver un peu plus de l’auteur, de sa délicatesse, sa sensibilité que l’on devine tout au long des notes de la mousson.

Lu dans le cadre de Masse critique, merci à Babelio et aux Editions Versilio.


Les notes de la mousson / Fanny Saintenoy – Editions Versilio 2015

Lola lit l’excellent Laurent Gaudé

Laurent-GaudéLaurent Gaudé dont j’aime la ferveur et la douceur qui teintent ses romans. Son écriture brillante, simple, concise, poétique, lyrique me transporte. Et pourtant Laurent Gaudé ne se la pète pas du tout, quelle humilité ! Il met son talent au service de son histoire, de ses personnages, toujours si riches, si attachants. Après Sous le soleil des Scorta, Eldorado, Pour seul cortège, La porte des enfers et Ouragan, je me suis plongée avec impatience dans son nouveau roman Danser les ombres. Encore une merveille. Encore un roman qui m’a comblée.

Yaki l’a déjà lu et en a parlé ici.

 

Lola lit Amours

amoursAu début des années 1900, dans une maison bourgeoise du Cher, la maîtresse de maison apprend avec colère que Céleste la toute jeune domestique est enceinte. Il faut vite se débarrasser de cette grossesse et licencier la fautive. Que de soucis pour la délicate Victoire ! Mais son univers entier bascule lorsqu’elle surprend la réaction de son mari à l’annonce de la nouvelle ; elle comprend alors qu’il est le père de cet enfant. Elle pourrait chasser la bonne, divorcer d’Anselme mais après réflexion elle décide de profiter de la situation pour enfin avoir l’enfant qu’elle désire en vain depuis tant d’années. La grossesse de la bonne est tenue secrète, et Victoire fait croire qu’elle attend enfin un heureux événement. Lorsque l’enfant parait, Victoire le prénomme Adrien et l’arrache à sa mère. Malheureusement, elle ne comprend rien à ce petit corps qui, sans nourriture, dépérit. Céleste souffre de voir son bébé souffrir et chaque nuit, elle vole l’enfant dans la chambre de ses maîtres pour le nourrir et le choyer, et le redépose dans son lit au petit matin.

Une nuit, Victoire est réveillée par un bruit, elle se lève, monte à l’étage des domestiques et surprend Céleste et Adrien l’un contre l’autre dans le petit lit. Cette révélation va changer leur vie.

C’est une jolie histoire, celle d’un amour passionné entre 2 jeunes femmes, l’écriture est fine, agréable. Juste un bémol l’histoire d’amour apparaît trop brutalement, rien dans le caractère de chacune ne laisse présager qu’un tel abandon soit possible. Tout est trop rapide, pour moi 😛


Amours / Léonor de Récondo – Sabine Wespieser éditeur 2015 – 280p 

Lola écoute Viva

Un roman audiolib reçu par Babelio.
Un article difficile à écrire car ambivalent. En effet, j’ai aimé la lecture très agréable faite par Denis Lavant, comédien à la voix chaude, à la diction parfaite. J’ai aimé l’histoire incroyablement riche contée par Patrick Deville, qui débute avec l’arrivée de Trotsky au Mexique, terre des exilés, pays des révolutions, en 1937. Comme dans Peste et Choléra, le mélange entre romanesque et réel est très harmonieux, l’auteur est parfaitement documenté.
Par contre, j’ai trouvé compliqué d’écouter un tel roman ; il y a tellement de personnages légendaires, on y rencontre Frida Kahlo, Lowry, Artaud… et un foisonnement d’anecdotes, que je m’y suis perdue parfois. Et ce qui est si naturel avec un livre ; relire, rechercher dans les pages précédentes, reprendre une partie… relève de l’impossible avec un livre audio.
Pendant l’écoute, plusieurs fois je me suis dit que ce n’était pas grave si quelque chose m’échappait puisque j’allais le lire à mon tour.

A Tampico, le 8 janvier 1937, Léon Trotski et sa femme (à gauche) sont accueillis par Frida Kahlo (au centre) et le marxiste américain Max Schachtman. © Bettmann/CORBIS

A Tampico, le 8 janvier 1937, Léon Trotski et sa femme (à gauche) sont accueillis par Frida Kahlo (au centre) et le marxiste américain Max Schachtman. © Bettmann/CORBIS

Je me suis régalée avec l’entretien avec Patrick Deville à la fin du livre, entretien que je conseillerais d’écouter avant même le roman.


En lien avec l’auteur et l’oeuvre

http://www.seuil.com/livre-9782021135961.htm