Lola lit D’après une histoire vraie ♥

Je viens de tourner la dernière page du dernier roman de Delphine de Vigan

 VERTIGINEUX

Lu dans la journée parce qu’il m’était impossible de m’en détacher. Tout y est, les personnages, l’intrigue, l’ambiance, le rythme, l’écriture. Ça faisait un moment que je ne m’étais pas régalée comme ça. Un très astucieux et haletant mélange de fiction et de réalité. On ne sait plus démêler les éléments du roman et ceux de la bio. Je ne vous raconte pas l’histoire, le roman figure dans toutes les listes des prix littéraires de cette rentrée 2016, vous trouverez un résumé très facilement. Moi, je ne vous dis qu’une chose : lisez-le !

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 D’après une histoire vraie / Delphine de Vigan – Editions JC Lattès  2015 – 484p

Mimi lit Les séparées

Khétévane-Davrichewy-Les-séparéesL’histoire d’amitié de deux filles, puis deux adolescentes et enfin deux femmes. On comprend très vite que cette belle histoire d’amitié a pris fin mais on ne sait pas pourquoi. Cécile est dans le coma, elle écrit  (dans sa tête) à son amie Alice, elle revient sur les moments forts qu’elles ont partagés, elle s’interroge. Elle parle aussi de ce qu’elle perçoit autour d’elle,  de ce qu’elle entend sans pouvoir réagir, de ce brouillard dans lequel elle est plongée. Faut-il se réveiller ou se laisser emporter ?

Alice ne sait pas que Cécile est dans le coma, mais elle aussi revit à travers des photos et des magasines les années passées au côté de son amie Alice. Elle nous parle aussi de l’actualité et nous transporte dans les années 80, puis 90 et les années 2000. Au-delà de cette histoire d’amitié, ce livre relate la vie de deux femmes qui approchent de la cinquantaine, les rêves qu’elles ont pu avoir, les choix qu’elles ont faits, les chagrins, les joies, les blessures et enfin cet instant de réflexion qu’elles s’accordent chacune à sa façon.

Ce livre m’a beaucoup touché, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans mais une fois que c’était fait, je ne l’ai plus lâché. Je l’ai lu d’une traite et m’apprête à le relire une deuxième fois.


 

Les séparées de Kéthévane DAVRICHEWY – 2012

 

Mimi lit Trois jours à Oran

Trois jours à Oran de Anne Plantagenet – Edition stock, 2014

3jàoranJ’ai toujours été attirée par les livres qui parlent du Maghreb en particulier, et de l’Afrique et l’Orient en général. Le titre de ce livre m’a donc interpellée : Oran une ville d’Algérie, Anne Plantagenet un auteur français…  De quoi cela pouvait-il bien s’agir ?

Ce livre est raconté à travers la voix d’une femme, fille et petite-fille de pieds-noirs, qui cherche une légitimité dans cette ascendance qui ne dit pas tout. Bercée par les histoires embellies que sa grand-mère lui racontait, elle comprend en grandissant que tout n’est pas si simple. Les pieds-noirs ne sont pas seulement les victimes qu’ils prétendent  être… Elle pense que cette ambiguïté dans laquelle elle a toujours vécu, a influencé ses choix. Arrivée à un tournant de sa vie, elle décide d’aller avec son père de l’autre côté de la rive, à Oran, le pays de sa grand-mère et celui de son père à la recherche de …quoi,  au juste ?

A travers quelques photos qu’elle décrit,  les souvenirs de famille et ce voyage,  Anne Plantagenet semble raconter sa propre histoire sans pour autant faire l’autopsie de ces relations très compliquées entre  les  pieds-noirs  et  l’Algérie.  Tout  au  long  de  ce  périple,  elle  nous  raconte  en  parallèle l’événement qui a bouleversé sa vie.

A l’exception de quelques clichés et raccourcis sur l’Algérie qui m’ont un peu gênée, ce livre raconte la souffrance des pieds-noirs qui parfois s’est transformée en racisme. Au-delà de la génération qui a vécu ce départ douloureux, j’ai pris conscience que leurs petits enfants aussi, qui n’ont jamais connu cette époque, portent en eux des traces ou -oserais-je- dire des séquelles et des questionnements, qui peut-être, façonneront leurs vies.

 

Lola lit Les esprits de l’eau

christiewatsonAu Niger, la petite Blessing vit à Lagos, dans la seule rue éclairée. La vie est belle, ses parents travaillent, son frère a de grandes ambitions professionnelles, ils nagent dans le confort moderne, ils sont heureux. Mais le jour où son père part avec une autre femme, le monde de Blessing s’effondre, il faut quitter le bel appartement, l’Ecole internationale des Futurs Décideurs, le confort et la sécurité pour s’installer à Warri, un village reculé au bord du Niger, chez ses grands-parents maternels. La vie s’organise, malgré la peur et la violence des bandes d’adolescents armés, chacun tentant de s’adapter à cette nouvelle vie, si difficile car tellement différente, jusqu’à l’arrivée de Dan, le fiancé blanc de mama, qui va semer le trouble et la discorde.

C’est un joli roman émouvant, qui décrit la triste réalité d’un pays malmené par les guerres ethniques et religieuses, un pays que l’auteur Christie Watson, connait bien puisqu’elle y a vécu longtemps.


Les esprits de l’eau / Christie Watson – Editions Denoël & d’ailleurs 2013 – titre original Tiby Sunbirds Far Away – 480p

 

 

Yaki lit In utero

in uteroIn utero est le journal intime d’un futur père qui raconte ses réflexions sur la grossesse de sa femme, la Femme. Il décrit ses angoisses, ses doutes, ses réflexions sur l’avenir que l’on offre à nos enfants dans un monde qui semble aller si mal, bref tout ce qui lui passe dans la tête pendant l’attente de la naissance…

A priori un livre sur la grossesse ne me tentait pas spécialement et le fait que ce soit écrit par un homme n’y changeait rien ! Mais finalement, je me suis attachée à ce petit roman original. Les chapitres courts donnent un rythme sympathique au récit, il y a de la légèreté mais aussi des réflexions plus profondes. Il résume bien les angoisses des futurs parents et rappelle des moments de vie à ceux qui ont déjà passé ce cap. Sans être le “Roman du Siècle”, mais je ne pense pas que l’auteur y prétende c’est un petit roman qui change et qui fait du bien au milieu de cette rentrée littéraire bien grise !


In utero / Julien Blanc-Gras, Ed. Au Diable Vauvert, 190 p.

Yaki lit Perdue et retrouvée

perdueIl y a 13 ans, Laurel, 6 ans a disparu. Faith, sa petite soeur, a passé toute son enfance avec cette “présence absente”. Sa famille a éclaté, ses parents se sont séparés. Sa mère ne s’en est jamais remise et elle continue d’espérer. Son père a refait sa vie avec un homme, Michel, qui est d’une grande aide psychologique à Faith. Petit à petit, la vie a quand même repris son cours et Faith réussit à vivre dans un semblant de normalité. Elle partage son temps entre son père, sa mère, sa meilleure amie et son petit copain. Mais cet équilibre précaire est à nouveau bousculé quand une jeune fille prétendant être Laurel fait son apparition. Ses parents sont bouleversés, Faith se sent perdue dans ces retrouvailles, où est sa place dans cette nouvelle famille ? Bientôt cependant les jeunes filles trouvent des marques, commencent à avoir des relations de soeur. Mais…

J’ai apprécié ce roman, l’histoire et sa construction mais ce qui m’a le plus intéressée ce sont les réflexions de Faith. On parle toujours de la douleur des parents mais c’est la première fois que je lis un roman dans lequel c’est la soeur qui raconte. On comprend à quel point cela peut être traumatisant aussi pour un enfant d’être celui qui reste et de devoir vivre avec, de vivre avec le mal-être des parents, leur désespoir et leur espoir, et de se sentir à côté de tout ça, de ne pas vraiment trouver sa place quelque part. Et quand Laurel revient, qu’on impose à Faith d’aimer cette soeur qui est une inconnue pour elle, ses sentiments contradictoires et ses doutes sont très bien exprimés. J’ai moins aimé la fin mais ça reste au second plan pour moi.

Un roman à découvrir !


Perdue et retrouvée / Cat Clarke, Ed. R-jeunes adultes 2015, 406 p, titre original The lost and the found

Lola lit Héloïse, ouille !

ouilleHéloïse, la toute jeune nièce dévergondée du très religieux chanoine Fulbert, est fort portée sur la chose, surtout celle de son professeur particulier Pierre Abélard, philosophe réputé, admiré et respecté, que cette relation libidineuse va mener tout droit en enfer !

Ce roman de Teulé sonne comme une chanson paillarde, avec moult couille, con et autres vocables licencieux. Pourtant la passion entre Héloïse et Abélard, sous le règne de Louis VI le gros, est véritable et leur histoire d’amour tragique. Alors pour certains, l’histoire racontée par Teulé n’est rien de moins qu’un 50 shades moyenâgeux avec scènes de sexe, SM, humiliation, pratiques déviantes…, quand pour d’autres, cette magnifique histoire est salie, ridiculisée et réduite à une lubrique histoire de q sous la plume concupiscente de l’égrillard Teulé.

Une preuve supplémentaire que la lecture de certains faits historiques est indéniablement subjective 😀


Héloïse, ouille ! / Jean Teulé – Editions Julliard 2015 – 352p

Lola lit A quoi rêvent les loups


loupNafa Walid, jeune algérien, rêve de devenir un acteur à succès, riche et reconnu. Mais sa belle gueule ne suffit pas et il se retrouve chauffeur d’une famille très riche d’Alger. Il y côtoie le luxe et les paillettes jusqu’au jour où il assiste à une scène abominable : une jeune prostituée victime d’une overdose dans le lit du fils de la famille est achevée à coups de pierres. Nafa ne peut que se taire, alors il fuit l’horreur, la culpabilité et trouve refuge dans une mosquée. Il y puise une nouvelle force, fait des rencontres et se plait à rendre des petits services à la communauté. Mais très vite, il se retrouve enrôlé par des extrémistes.

Il y a 3 parties dans ce livre. Dans la première on découvre la vie de Nafa, ses rêves, ses déceptions.  Dans la deuxième, c’est la rencontre avec la foi et on se plait à imaginer que la vie va enfin sourire au jeune homme. Mais la troisième a brisé mes rêves…

C’est un roman difficile comme le sont tous les romans de Yasmina Khadra, parce qu’ils dénoncent la violence par la force des personnages. On assiste à la chute de Nafa en se disant qu’ils doivent être nombreux les Nafa ; ces jeunes gens qui cherchent un idéal, ont perdu tous répères, et suivent des chemins malgré eux tout en les ayant choisis. Et on comprend les mécanismes qui conduisent à cette folie.


A quoi rêvent les loups / Yasmina Khadra – Editions Julliard 1999 – 280p

Yaki lit Tout ce qui est solide se dissout dans l’air

TchernobylCe roman c’est l’histoire de plusieurs personnages qui sont ou seront tous liés les uns aux autres à un moment donné et tous plus ou moins liés à la terrible catastrophe de Tchernobyl. Evgueni, 9 ans, est un prodige de la musique, il est différent de ses camarades et de ce fait il est particulièrement maltraité. Grigori est un jeune chirurgien talentueux, blessé par sa séparation avec Maria. Maria était une journaliste qui, pour avoir été un peu trop dissidente, a été renvoyée, elle travaille à présent comme ouvrière dans une usine. Artiom est un jeune garçon qui vit dans un village près de Tchernobyl.

On suit pendant plus de 400 pages le destin de ces êtres humains avec en toile de fond l’horreur de Tchernobyl et la dureté d’un régime communiste qui vacille. On suit avec horreur l’incapacité des autorités à faire face, leur refus de faire appel à l’aide internationale, le dévouement de ceux qui se sont sacrifiés, en tout état de cause ou en complète ignorance. Et cela est fait avec beaucoup de délicatesse et même de poésie malgré la dureté du sujet. Même s’il y a quelques passages un peu longs, ce roman est un coup de cœur.


Tout ce qui est solide se dissout dans l’air / Darragh McKeon, Ed. Belfond 2015, All that is solid melts into air, 425 p. 

 

La sélection pour le Goncourt des lycéens 2015

  • Christine Angot, Un amour impossible, Flammarion
  • Isabelle Autissier, Soudain, seuls, Stock
  • Nathalie Azoulai, Titus n’aimait pas Bérénice, P.O.L.
  • Olivier Bleys, Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes, Albin Michel
  • Mathias Enard, Boussole, Actes Sud.
  • Nicolas Fargues, Au pays du p’tit, P.O.L.
  • Jean Hatzfeld, Un papa de sang, Gallimard
  • Hédi Kaddour, Les Prépondérants, Gallimard
  • Simon Liberati, Eva, Stock
  • Alain Mabanckou, Petit piment, Seuil
  • Tobie Nathan, Ce pays qui te ressemble, Stock
  • Thomas B. Reverdy, Il était une ville, Flammarion
  • Boualem Sansal, 2084, Gallimard.
  • Denis Tillinac, Retiens ma nuit, Plon
  • Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, JC Lattès

VERDICT le 17 novembre 2015 !

PS : Je vous rappelle que l’année dernière c’est l’excellent Charlotte de Foenkinos qui a remporté le prix.

PS2 : Retrouvez tous les lauréats ici