Lola lit La servante du seigneur

Après « Où on va papa ? » où Jean-Louis Fournier racontait sa vie avec ses fils handicapés, « Veuf » où il nous parlait de son veuvage, c’est au tour de sa fille dans « La servante du seigneur ». Le prochain, ce sera quoi le sujet ?  La vie en maison de retraite…

fournier1 fournierveuf

J’avais bien aimé « Où on va papa », un sujet grave traité avec une certaine légèreté et beaucoup d’humour. J’ai lu « Veuf », et j’ai trouvé que c’était une belle déclaration d’amour à sa femme disparue.

laservanteMais là, non, je ne suis pas d’accord ! Parce que sa fille chérie, la quarantaine, a décidé de rompre avec sa vie urbaine, de se tourner vers la religion, s’installe à la campagne avec son ami théologien et donne un autre sens à sa vie, des choix qui déplaisent à Papa Fournier qui voit rouge, déblatère, médit, se moque et méprise. Il a une vision très manichéenne de la situation : avant, quand elle était proche de lui, sa fille était belle, rigolote, intelligente. Maintenant qu’elle s’est éloignée, elle est devenue méchante, moche et con ! J’ai souvent été gênée en pensant à ce que cette femme avait dû ressentir en lisant ce bouquin. J’ai trouvé cette lecture dérangeante. Et le pompon c’est à la fin du bouquin quand il dit laisser le dernier mot à sa fille qui reprend une par une les critiques formulées par son père, se justifie, et termine par « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un père qui offre sa propre fille au monde entier après l’avoir défigurée »

Mr Fournier, je ne vous félicite pas ! Et même si finalement vous dites aimer votre fille, votre chef d’oeuvre….. moi, je n’aurais pas aimé avoir un père tel que vous.

Lola lit Monde sans oiseaux ♥♥

monde-sans-oiseauxL’héroïne de ce monde sans oiseaux s’appelle Petite Boîte d’Os. C’est son père, Pasteur de leur petite ville qui lui a trouvé ce drôle de surnom. Ce petit roman se lit comme on rêve, en état d’apesanteur, ni tout à fait dans le réel, ni tout à fait en dehors, sans se poser de questions inutiles, en se laissant porter. J’ai aimé. 

Karin Serres, nous conte l’histoire de Petite Boîte d’Os, de sa naissance à sa mort dans ce mode où les oiseaux ont disparu, où les cochons fluorescents font de la natation, où les cadavres finissent dans le lac, où lors de la grande fête de la Remontée les hommes du village hissent les maisons sur les hauteurs pour les protéger des crues du lac. J’ai adoré.

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 http://karinserres.blogspot.fr/

http://www.20minutes.fr/livres/1218161-20130904-monde-oiseaux-karin-serres-chez-stock-paris-france

http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2013/09/22/monde-sans-oiseaux-de-karin-serres-planant/

 

 

Ma liseuse, je l’aime

Cet été, pour mon anniversaire, j’ai reçu une liseuse. 

J’y pensais, je m’y intéressais, je me posais plein de questions et c’est notre amie Yaki qui m’a convaincue de l’utilité de l’objet intrigant.

Depuis que je l’ai, je n’ai plus ouvert un livre. Je redécouvre les classiques et je me suis acheté quelques livres numériques, mais pas des nouveautés que je trouve terriblement chères.

Ces jours-ci, j’ai craqué pour Big Brother, le dernier de Lionel Shriver, version papier, un bon gros pavé de 448 pages. Mais j’avais oublié la galère de lire au lit, l’inconfort et la fatigue. Avec la liseuse, c’est tellement simple et agréable ; allongée sur le côté ou sur le dos, je cale l’objet contre la couette et je tourne les pages avec un doigt, je choisis le rétro-éclairage selon l’heure à laquelle je me couche et j’ai même remisé le petit carnet sur lequel je notais un mot, une phrase, une idée, puisque je peux surligner, annoter, commenter aisément sans crayon, juste en touchant l’écran.

Alors malgré son demi-kilo contre les 206 grammes de ma liseuse, Big Brother ne fait pas le poids ! J’ai hâte de terminer pour reprendre ma liseuse.

Je ne vais pas cesser d’acheter des livres papier, mais je n’achèterai que ceux que j’ai aimés ; je pourrais ainsi continuer à prêter mes préférés.

Rentrée littéraire 2014, Yaki lit Charlotte

Charlotte / David Foenkinos, Ed. Gallimard, 224 p.
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Lors d’une exposition, David Foenkinos découvre l’œuvre picturale de Charlotte Salomon et a comme un coup de foudre pour cette artiste méconnue. Pendant des années, lui trotte dans la tête l’envie d’écrire un roman racontant la tragique destinée de cette femme. Il part alors à la recherche des documents retraçant son destin, des lieux dans lesquels elle a vécu, des personnes qui peuvent lui en apprendre un peu plus sur elle. Il en résulte ce très beau roman. 

Charlotte_Salomon

Auto-portrait

       

Différents de ses précédents romans auxquels je n’avais pas vraiment adhéré, ce roman dessine un beau portrait de femme marquée par les tragédies familiales, sa tante, sa mère et d’autres membres de sa famille ayant la triste habitude de se suicider. Malgré une enfance relativement protégée par son père et sa belle-mère, Charlotte est rattrapée par son destin pendant la seconde guerre mondiale. Elle fait la rencontre d’un homme dont elle est très amoureuse et qui est en quelque sorte le déclencheur de son talent. Les rencontres qu’elle fait ensuite lors de sa fuite en France lui permettent de donner un vrai sens à son œuvre. L’écriture particulière de ce roman, une sorte de long poème en prose, apporte de la profondeur au personnage tout en allégeant le côté tragique de son destin. De plus, en parallèle, mais de façon très discrète, David Foenkinos nous explique sa démarche d’écrivain à la recherche d’une vérité à romancer, une démarche vraiment intéressante. 

On en ressort touché, ému, triste pour la perte de cette artiste talentueuse et avec l’envie d’aller regarder de plus près ses œuvres.

Une belle réussite et un coup de cœur !

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http://www.lepoint.fr/livres/rentree-litteraire-2-david-foenkinos-sur-les-traces-de-charlotte-salomon-15-07-2014-1846156_37.php

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/08/21/03005-20140821ARTFIG00021–charlotte-de-david-foenkinos-ode-a-charlotte-salomon.php

Lola lit Ne lâche pas ma main

J’avais très envie de lire ce roman de Michel Bussi. Après Un avion sans elle et N’oublier jamais, je m’attendais à me régaler sur les plages de mes vacances avec Ne lâche pas ma main.

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Que nenni ! Et je vais même avouer qu’à un moment, de lassitude, j’ai lu la fin ! Bon pour ma défense, après avoir lu la fin, j’ai repris le cours normal de ma lecture. Bizarre, non ? C’est la première fois que je fais un truc pareil. D’ordinaire, quand un livre ne me plait pas, je n’ai aucune envie d’en connaître la fin. J’en conclu donc que ce roman m’a plu MAIS je l’ai trouvé longuet… Pourtant, tout est fait pour tenir le lecteur en haleine, une intrigue bien ficelée, des rebondissements en cascade, des incertitudes, des fausses pistes… Et pourtant, au bout d’un moment je me suis ennuyée.

La Réunion – Un hôtel de luxe – Un couple idéal (beaux, sympa, joli petite fille) La femme monte chercher un truc dans la chambre et ne redescend pas. La police arrive, le mari a un comportement bizarre et disparaît à son tour avec la fillette de 6 ans. Course poursuite dans l’île et fin à l’américaine.

J’avais déjà eu un petit souci avec N’oublier jamais, un moment où je décroche. Décidément, on dirait que les fins de Bussi et moi, ça ne marche pas ! Mais je vais quand même persister et lire dès que possible « Nymphéas noirs« .

Lola lit Chambre 2 ♥

chambre-2

Béatrice est aide-puéricultrice dans une maternité. Chaque jour, elle visite des chambres d’accouchées, elle réconforte, conseille, soutient ces femmes fortes ou fragiles, ces femmes déchirées, perdues ou heureuses, tristes fatiguées vidées étonnées, des mères d’enfants sages hurlants affamés endormis bavards silencieux parfois morts comme son petit Jésus né trop tôt, enterré sous un rosier au Père Lachaise. Béatrice n’est plus heureuse, Gabor a fui en emportant le bonheur.

Avant elle dansait nue au son du violon de Gabor son amour et de la batterie de Paolo, son ami, ils parcouraient les routes d’Europe de festival en festival, de scènes en scènes, Maria Rose et Roméo Fares, ses enfants adorés, blottis contre son sein. Mais un jour, tout s’est effondré. D’abord la mort de Pierre le rouge et Pierre le bleu, le départ de Phiphi qui ne croyait plus en eux. Et finalement, Paolo parti jouer dans un groupe de rock.

Alors avec Gabor et les enfants, Béatrice s’est installée dans le petit appartement parisien prêté par ses parents et a trouvé du travail, et les enfants sont allés à l’école. Mais la vie « normale » tant espérée par Béatrice a fait fuir Gabor et depuis, les enfants ont grandi et Béatrice est seule et triste dans les couloirs de la maternité.

juliebonnie

Bouleversée par ce livre, si intime, si émouvant, j’ai senti les odeurs décrites, entendu les cris, perçu la musique mais surtout j’ai ressenti la vulnérabilité, le chagrin, la détresse de Béatrice. J’ai été touchée par la justesse de l’écriture de Julie Bonnie.


 

En lien avec l’oeuvre, l’auteur :

http://www.youtube.com/watch?v=8swUm3iuPvo

http://www.20minutes.fr/livres/1190969-20130722-chambre-2-julie-bonnie-chez-belfond-paris-france

http://www.lefigaro.fr/livres/2013/08/30/03005-20130830ARTFIG00002-julie-bonnie-laureate-du-12eme-prix-du-roman-fnac.php

http://www.franceinfo.fr/emission/le-livre-du-jour/2012-2013/chambre-2-de-julie-bonnie-08-30-2013-02-00

 

 

Rentrée de vacances, et vous ?

Bonjour tout le monde, voilà les vacances sont déjà finies !

On reprend le chemin du boulot, de l’école, des cours de gym hebdomadaires, des agendas fournis, des rendez-vous casés entre deux, … On reprend la course folle de l’année.

Combien de temps va-t-on garder le bénéfice de ces heureuses journées ?

Cette année encore, je suis partie avec un tas de livres dans mes valises, certains m’ont plu un peu, beaucoup, d’autres déçue. J’ai très envie de partager ces moments de lecture, des billets se préparent…

Et puis, j’aimerais bien changer quelques trucs ici ; Le voyage a évolué, j’ai des petites idées, j’espère avoir le temps de m’y consacrer bientôt.

On se retrouve dès le premier jour de septembre pour « Chambre 2 » de Julie Bonnie.

Bonne préparation de rentrée !

Lola lit La petite communiste qui ne souriait jamais ♥

Dans son roman, Lola Lafon a imaginé la vie de Nadia Comaneci, toute jeune gymnaste roumaine de 14 ans, qui obtint la note parfaite de 10 aux barres asymétriques aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976 ; ses années difficiles auprès de Bela Karolyi, son entraîneur, la perfection lors des JO de Montréal en 1976, les rivalités avec les gymnastes russes, les privations, le succès, les excès du régime politique, puis la descente, le corps qui se transforme qui n’obéit plus, les blessures, les JO de Moscou de 1980, la déception, l’humiliation et finalement la fuite, tout ça dans un pays sous dictature.

Un récit passionnant, entrecoupé d’échanges entre l’auteure et la gymnaste, fantasmés eux aussi. Lola Lafon nous plonge dans cette période tourmentée, trouble et violente de la Roumanie du couple  Ceaușescu et nous attache à cette petite fille qui travaille comme une forcenée, se bat contre elle-même et les autres pour rester parfaite.

Je me souviens de Nadia Comaneci, je me souviens l’avoir vue à la télé. J’étais toute petite, je n’avais aucune idée des enjeux, elle m’a juste laissé un souvenir magique, j’ai eu peur pour elle, qu’elle chute de la poutre et se brise les os, qu’elle lâche la barre et se fracasse. Ce que je préférais c’était la gymnastique au sol ; elle était magnifique, ravissante, pétillante, sautillante, elle enchaînait les acrobaties aériennes avec tellement de facilité et un sourire radieux.

J’ai aimé ce roman qui m’a fait retrouver la petite fée de mon enfance.

PS : J’ai trouvé la deuxième partie très… bordélique. L’auteur l’a, peut-être, voulue à l’image des événements qu’elle décrit ! Heureusement ça se joue en quelques pages seulement 🙂


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Nadia Comaneci, petite fée souriante,

malgré le titre de ce roman.


nadia-comaneci nadiaecart divers - JO - Archives Archive - Olympiade -

Lola lit Réparer les vivants ♥♥♥

Magnifique lecture ! J’avais découvert et particulièrement aimé « Tangente vers l’est » de Maylis de Kérangal, elle me bouleverse avec « Réparer les vivants ».

reparerlesvivantsSimon, 19 ans, est victime d’un accident de la route alors qu’il rentre d’une session de surf avec ses amis. Les 2 autres s’en tirent, mais Simon, lui, a moins de chance, il n’avait pas bouclé sa ceinture. Comas profond, celui dont on ne revient pas ; le cœur de Simon bat mais son cerveau est mort. Pierre Révol, le médecin de garde doit annoncer l’inconcevable à Sean et Marianne, les parents de Simon. Penchés sur son corps allongé sur un lit d’hôpital, tout près de lui, sentant son souffle faible, et sa poitrine se soulever tranquillement, ils ont du mal à comprendre, à accepter : comment peut-on être mort si l’on respire encore ?

Mais le temps passe et la question du don d’organe doit être posée. Pourtant l’infirmier coordinateur des prélèvements d’organes, Thomas Rémige prend le temps d’expliquer sans effrayer, sans brusquer, sans culpabiliser des parents « cognés par la douleur ». Il faut se décider, oui ou non, mais il faut faire… vite. Chacun attend, équipes médicales, chirurgiens, infirmiers, receveurs et leurs familles, sans aucun regard accusateur ou malveillant, il faut laisser Marianne et Sean décider, le temps est suspendu. Et soudain, « oui, notre fils est donneur ». Alors, la grande machine se met en route, avions, hélicoptères, voitures sirènes hurlantes, le temps presse maintenant : les corps sont ouverts, préparés, réparés pour les uns, enterré pour l’autre ; « Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ».

Du dimanche 5h50 au lundi 5h49 : 24h moins une minute. Si peu de temps pour autant de vies à tout jamais brisées et d’autres sauvées, ressuscitées.

En écrivant ces lignes, j’ai de nouveau la chair de poule et l’émotion me serre la gorge. J’ai compris tout ce qui se passait, je me suis identifiée à chaque personnage ; Simon, ses parents, sa petite soeur, Juliette sa petite amie, ses deux copains rescapés et leurs parents, la femme de 50 ans qui va recevoir le cœur de Simon (et dont j’ai malheureusement oublié le nom), ses enfants, les médecins et le personnel médical…

kerangal

J’ai aimé chacun d’eux avec leurs particularités. Maylis de Kérangal les décrit tous avec tellement de réalisme et de sensibilité, et tout en poésie. Son style alterne entre les registres de langage, ce qui rend l’histoire proche de nous, concrète.

L’écriture est soignée, les mots choisis, c’est un pur plaisir.


En lien avec l’oeuvre et l’auteur

Extrait lu par l’auteur = http://www.telerama.fr/livre/maylis-de-kerangal-lit-un-extrait-de-son-roman-reparer-les-vivants,110099.php

http://www.lexpress.fr/culture/livre/grand-prix-rtl-lire-2014-reparer-les-vivants-de-maylis-de-kerangal-recompense_1500634.html

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-la-mort-moderne-et-la-reparation-des-vivants-2014-05-24

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/06/25/03005-20140625ARTFIG00138-maylis-de-kerangal-le-nouveau-phenomene-litteraire.php

http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2014/06/26/reparer-les-vivants-de-maylis-de-kerangal-ou-comment-la-mort-peut-amener-la-vie/

http://www.franceinfo.fr/emission/le-choix-culture/2013-2014/reparer-les-vivants-de-maylis-de-kerangal-02-07-2014-10-25

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/reparer-les-vivants-linterview-de-maylis-de-kerangal-148545

Lola lit Hors champ ♥

 

hors-champC’est l’histoire d’Aurélien qui, en une semaine, s’efface. Il disparaît aux yeux des siens et des autres. D’abord il devient flou, ses couleurs s’estompent, puis ses contours se gomment, jusqu’à devenir complètement invisible. Les autres l’ignorent,  le croisent sans le voir, le bousculent sans le sentir, ne l’entendent plus.                         Et pourquoi ? Aucune idée.

Il ne s’est rien passé, c’est juste qu’Aurélien n’existe plus pour les autres, il est hors champ. Au début, Aurélien ne comprend pas, il lutte, il veut que sa copine le regarde droit dans les yeux, que ses parents lui parlent, que les passants l’évitent mais Aurélien n’existe plus. Alors il se résigne, se fond, se dissout.

C’est un roman déroutant. Evidemment, on se dit que finalement, on en est tous un peu là, dans nos sociétés tellement individualistes. On sert souvent à faire exister les autres, centrés sur eux-même : soucis, boulot, conjoint, gamins, argent, santé… Se rendent-ils compte que nous sommes là ? Que nous existons ?

Un livre parfaitement écrit -tout comme Magnus– et qui fait réfléchir. Qui dit mieux ?


Hors champ / Sylvie Germain – Editions Albin Michel 2009 – 208p