Lola lit tangente vers l’est

maylisdekerangal

Un tout petit bouquin de 128 pages de la densité d’un pavé. La rencontre, dans le Transsibérien (9288 km entre Moscou et Vladivostok), d’Hélène, une française qui quitte le pays de son amant et d’Aliocha, un jeune conscrit russe tenté par la désertion. Il lui demande de l’aider, elle le cache dans sa cabine. Ils vont traverser le pays côte à côte, silencieusement. J’ai aimé ce voyage, j’ai aimé les mots de Maylis de Kerangal, je me suis attachée à ses personnages, j’ai eu peur pour eux, j’ai attendu le dénouement avec fébrilité et espoir. A lire !

Tangente vers l’est de Maylis de Kérangal 2012

 

Lola lit N’oublier jamais

bussiDjamal, lors d’un footing matinal, est témoin du suicide d’une jeune femme qui se jette du haut d’une falaise normande. D’après les conclusions du médecin légiste, Magali Verron a d’abord été violée puis étranglée avant d’être balancée du haut de la falaise. Djamal ne comprend pas, il y était lui en haut de la falaise, il l’a vue, elle était bien vivante avant de se jeter dans le vide, Il lui a même parlé et a essayé de l’aider en lui tendant cette écharpe en cachemire rouge qu’il avait ramassée sur le chemin juste avant. Malheureusement qui va croire Djamal, jeune maghrébin de la cité, unijambiste et employé dans un institut psychiatrique ? Il a le profil du tueur en série qui, suivant le même mode opératoire, a assassiné 10 ans plus tôt la jeune et jolie Morgane Avril. Les policiers vont enfin pouvoir clore le dossier et les proches des 2 jeunes victimes faire leur deuil. Mais Djamal est innocent et il compte bien le prouver… A moins qu’il ne soit malade mental et amnésique et qu’il ait véritablement accompli ces horreurs sans le savoir ! Ça existe des cas semblables, il en a vu à l’institut.

Et nous qu’allons nous croire ? C’est la question qui nous est posée au début du livre, et à laquelle on a hâte de pouvoir répondre ! J’ai passé une partie de la nuit à lire le nouveau roman de Bussi « N’oublier jamais ».

Ça démarre sur les chapeaux de roue, c’est rythmé, l’intrigue nous captive, on comprend tout de suite où l’auteur va nous emmener et on le suit avec avidité et passion, on est tenu en haleine et puis hop tout d’un coup, sans prévenir, ça part un peu en vrille, trop d’infos, trop de retournements, trop de nouveaux éléments, trop d’invraisemblances. Du coup j’ai un peu perdu le fil, et l’envie aussi. Pourquoi tant de complications alors que c’était si bien parti !?
Et puis finalement, après tant et tant de tergiversations, d’analyses, d’interrogations, on attend impatiemment la fin et là paf, le dénouement sort d’un chapeau, que je n’ai pas trouvé magique.

Bon attention, c’est un bon roman, à lire ! Mais j’ai préféré le précédent « Un avion sans elle » qui avait su retenir mon attention jusqu’à la dernière page.


Ah je dois aussi signaler que le titre me dérange, cette énorme faute de français me perturbe et même si la question a été posée à l’auteur et qu’il y a répondu , ça ne me gêne pas moins. Alors petit rappel : quand le verbe à l’infinitif est négatif, les 2 termes de la négation se placent devant le verbe = Ne jamais avouer + ne rien dire + ne pas parler = ne jamais oublier. S’il s’agit de l’impératif, mode de l’ordre et du conseil, à la 3° personne, le verbe prend un z = Taisez- vous + Arrêtez de parler + Fermez-la = N’oubliez jamais !

Pour d’autres révisions, n’hésitez pas à me rejoindre ici !


Lola lit Le rapport de Brodeck ♥♥♥

Cette lecture est un jeu de patience, où les éléments s’emboîtent les uns dans les autres jusqu’à reconstituer l’histoire. L’auteur n’en dit pas trop, mais on comprend tout. Et on partage l’horreur, et on se demande comment tant de cruauté est possible, comment on peut être aussi lâche. Et on se dit que ça existe encore des comportements pareils, ça existe et moi, ça me tord le ventre. L’ignorance, la méconnaissance de l’autre engendrent la méfiance et la haine, et conduisent à l’horreur. 

le rapport de BrodeckBrodeck a été dénoncé, pour rien, par tous, alors qu’il se sentait chez lui dans ce village. Il a passé des années d’horreur dans un camp puis à la fin de la guerre, il est rentré, retrouver sa femme, meurtrie, mutique, parce qu’elle a subi, elle aussi, la violence des hommes. A son retour, il fait la connaissance de celui que tous appellent Anderer (l’autre) serviable, gentil, au caractère doux, débarqué de nulle part avec un âne et une jument, et dont la seule présence dérange les villageois qui s’interrogent, s’échauffent, le haïssent et finalement l’assassinent. Brodeck est chargé par le maire et les notables du village d’écrire un rapport sur ce meurtre, de l’expliquer. Mais c’est tout autre chose que ce qu’ils attendent que Brodeck va leur livrer.

Un livre à lire absolument.

A lire aussi, « Les âmes grises » et « La petite fille de Monsieur Linh »

Lola lit Le bleu est une couleur chaude ♥♥

lebleuVoilà un bien joli roman graphique. L’histoire est touchante, l’amour entre deux jeunes femmes, les dessins sont beaux, le trait très doux, et l’ambiance feutrée. 

Apparemment tout le contraire de l’atmosphère de « La vie d’Adèle » l’adaptation ciné d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or Cannes 2013, que je n’ai pas vue mais dont nous avons tous beaucoup entendu parler, entre chef-d’oeuvre et oeuvre pornographique.

Le film, je ne sais pas mais le roman graphique, je dis OUI !

Le bleu est une couleur chaude (Glénat), de Julie Maroh, prix du public au festival international d’Angoulême en 2011.


http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2013/10/09/la-vie-dadele-que-reste-t-il-de-la-bd-le-bleu-est-une-couleur-chaude.html

http://www.juliemaroh.com/2013/05/27/le-bleu-dadele/

http://www.editions-des-chavonnes.com/2013/10/j-ai-lu-pour-vous-le-bleu-est-une-couleur-chaude-de-julie-maroh.html


Lola lit La cuisinière d’Himmler ♥

Non non, rassurez-vous, ce livre n’est pas un énième témoignage !

himmler

Truculent, c’est l’adjectif que l’on trouve dans le résumé de ce roman et on n’est pas déçu. C’est drôle, haut en couleur, vif, cocasse, fantasque, non-conformiste, picaresque et hardi.

Rose, une centenaire (et oui, il va falloir s’y faire, 20452 en 2014 et il y en a de plus en plus, 1000 par an depuis 2010, lire ici) qui ne supporte pas que les gens se plaignent, aime Mickael Jackson jeune « à son meilleur, quand il avait une vraie voix d’enfant pur et pas encore de castrat glorieux », dit de l’Histoire que c’est « une chienne, une saloperie qui lui a tout pris », a traversé « le siècle des assassins » et veut écrire ses mémoires.

Elle en a croisé des gens, personnages célèbres, des monstres et des anges. Certains l’ont fait souffrir, d’autres l’ont aimée. Elle en a traversé des épreuves, subi des horreurs mais s’est toujours relevée. Ce qui lui a permis de survivre est un sentiment pas très noble, la vengeance ! Un plat que Rose savoure froid et qui lui redonne des forces.

Un roman assurément drôle, dont l’écriture est plaisante et simple, une lecture très agréable.


http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/Franz-Olivier-Giesbert-auteur-de-La-Cuisiniere-d-Himmler-604565

http://www.paris-premiere.fr/emission-ca_balance_a_paris/videos/11293374-la_cuisiniere_d_himmler_de_franz_olivier_giesbert.html

 

 

 

Yaki lit Ma révérence

Ma révérence / Scénariste : Wilfrid Lupano, Illustrateur : Rodguen, 128 p., Ed. Delcourt
mareverenceMa Révérence c’est l’histoire de deux potes qui préparent un braquage. Il y a le narrateur qui, lors d’un voyage au bout du monde est tombé amoureux, mais a fui quand le ventre de sa belle a commencé à s’arrondir ! Maintenant il voudrait bien aller la retrouver, se faire pardonner, mais pour ça il lui faut de l’argent. Et puis, il y a Gaby, alcoolique, vulgaire, homophobe et raciste, un vrai beauf, mais avec un côté paumé qui le rend sympathique malgré tout. Le plan est prêt, les deux amis vont braquer des convoyeurs de fond. Seulement tout plan, même bien préparé, peut avoir une faille, surtout quand Gaby est dans les parages…

Cette BD est une jolie réussite, autant l’histoire que les personnages qui sont touchants, une histoire qui paraît banale au départ mais va se révéler l’être beaucoup moins au fur et à mesure que la date fatidique du braquage approche. Le scénario tient bien la route et nous tient en haleine, comment nos deux paumés vont-ils bien pouvoir s’en sortir ? Et puis surtout seront-ils les mêmes après ce qui va leur arriver. Les dessins sont aussi réussis et servent judicieusement l’histoire.

A découvrir.
mareverenceplanche

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Yaki lit Romicide

Romicide / Gianni Pirozzi, Ed. Rivages/Noir, 203 p.
romicideLe corps torturé d’un vieil homme est retrouvé près de Rennes. Il a été torturé au fer à souder. L’inspecteur Rozenn découvre qu’il s’agit d’un Rom hongrois, Bertrand Kertesc, qui vivait dans une aire d’accueil de gens du voyage. Rozenn se heurte très vite au silence de la communauté. L’aire d’accueil est surveillée par Augusto Rinetti, un ex-militant d’extrême gauche, divorcé et père d’un petit garçon qu’il accueille en garde alternée un week-end sur deux. Rozenn le contacte et le convainc, en échange d’une reconduction de son contrat, de mener discrètement son enquête auprès des Roms. Pour pouvoir garder sa maison de fonction et continuer de recevoir son petit garçon, Rinetti finit par accepter. Mais même pour lui, qui est déjà introduit auprès des Roms, collecter des informations s’avère très difficile.

Au-delà de l’enquête plutôt classique c’est la description du milieu des tziganes qui est intéressante, leurs mentalités, leur mode de vie, c’est un milieu fermé avec une vraie méfiance vis à vis des gadjos (une méfiance d’ailleurs réciproque). Mais c’est aussi des veillées conviviales, le sentiment d’appartenance à un même clan.

L’autre intérêt de ce roman réside dans les deux personnages principaux vraiment bien campés, avec leurs faiblesses, leurs désillusions, leurs contradictions, parfois attachants parfois méprisables, deux personnages très complexes.

L’intrigue est bien menée, rien n’est facile ou évident, contrairement à certains polars, ce qui donne un enquête vraiment réaliste avec malgré tout un dénouement assez surprenant.

Une bonne découverte.

PS : Gianni Pirozzi comme son nom ne l’indique pas est un auteur français de romans policiers né le 2 juillet 1968 à Saint-Brieuc.



En lien avec l’oeuvre et l’auteur

http://moisson-noire.over-blog.com/article-romicide-gianni-pirozzi-54962074.html

http://www.encoredunoir.com/article-romicide-de-gianni-pirozzi-87098238.html

 

Lola lit Les brumes de l’apparence

les brumes de l'apparence

 

Bouhhh ! Je n’ai pas aimé « Les brumes de l’apparence ». Je me suis précipitée pour l’acheter dès sa sortie sans même lire le résumé, tellement sûre de mon coup, tellement hâte de lire un bon bouquin après 2/3 ratés.

Hé bien, j’aurais dû lire le résumé ! La médiumnité, voilà le sujet du livre. Un terme que je ne connaissez même pas et un thème qui ne m’a touché que dans Ghost 😛

L’histoire de Gabrielle, caricature de la parisienne de quarante ans, chef d’une caricature d’entreprise spécialisée dans l’événementiel, mariée à une caricature de chirurgien esthétique de renom, horrifiée d’avoir à prendre le train  – le quoi ?! – pour la campagne (no man’s land) où elle doit rejoindre une caricature d’agent immobilier qui va s’occuper de vendre le terrain dont elle vient d’hériter d’une tante dont elle ignorait l’existence !

Il est question d’un oncle, ancêtre maléfique, dévoreur d’enfants, tout ce charmant petit monde de revenants hantent la maison dont les murs dégoulinent de sang humain, avec des pièces « vivantes » où se dessinent fugacement des visages sur les miroirs, avec des portes qui se referment toute seules en enfermant des visiteurs, de fantômes d’enfants qui geignent, d’odeurs de fleurs blanches, de feu, de flammes… Bref, digne d’un film fantastique, j’imagine. Et puis il y a ces lettres anonymes de menaces qui resteront malheureusement anonymes, puisque juste après avoir été découvertes, sont oubliées !

Je suis allée jusqu’au bout, parce que j’avais l’espoir que tout d’un coup Gabrielle se réveille d’un cauchemar. Mais non ! Du coup, pour moi, un roman 0 émotion, 0 intérêt. Alors vivement le prochain roman de Frédérique Deghelt, que je ne bouderai sûrement pas parce que son écriture est décidément très agréable, et que j’avais vraiment aimé « La vie d’une autre« 


Yaki lit Lulu femme nue

Lulu femme nue / Etienne Davodeau, Ed. Futuropolis, 80 p.
lulucouvLulu est une femme tranquille, la quarantaine, un mari, trois enfants, une fille de 16 ans et des jumeaux plus jeunes. Elle passe sa vie à s’occuper de tout ce petit monde. Son mari n’est pas vraiment un mari modèle, il est plutôt indifférent, un peu alcoolique. Elle aimerait trouver un emploi mais c’est difficile quand on n’a pas travaillé depuis longtemps. Un jour, après avoir essuyé un nouveau refus, elle décide de ne pas rentrer, elle rentrera demain… Puis elle rencontre une VRP qui lui propose de l’emmener sur la côte. Alors Lulu se laisse convaincre, elle raconte sa vie… Elle n’a rien prévu, elle se laisse aller au gré des rencontres… Elle s’offre quelques jours de liberté dont elle va profiter pleinement.

luluplancheL’histoire nous est raconté par Xavier, un ami de Lulu, puis par sa fille un soir où les amis de Lulu sont réunis. Au commencement, on ne sait pas pourquoi ils sont là, on ne le saura qu’à la fin après avoir imaginé plusieurs scenarii.

Dans cette BD, Etienne Davodeau nous offre un joli portrait de femme, très sensible. Il n’y a pas de jugement, l’histoire est touchante, les personnages émouvants et la mise en images très réussie, les couleurs collent vraiment à l’histoire. Un tout petit bémol pour la fin qui, après une histoire aussi forte, m’a semblé un peu trop ordinaire.

Une belle réussite !

Davodeau


http://www.telerama.fr/livres/lulu-femme-nue,53884.php

http://ulufemmenue.blogspot.fr/

 

Yaki lit Le chien qui louche

Le chien qui louche / Etienne Davodeau, 144p., Ed. Futuropolis/Le Louvre

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Fabien est agent de surveillance dans le fabuleux musée du Louvre. Il vit une jolie histoire d’amour avec Mathilde qui l’invite à rencontrer sa famille, son père, ses frères et le grand-père, en province. Quand ils apprennent que Fabien travaille au Louvre, les frères de Mathilde lui montre une toile de leur aïeul, Le chien qui louche, en lui demandant si la toile pourrait trouver sa place au Louvre. Malgré la qualité médiocre de la peinture, Fabien n’ose pas répondre un « non » franc mais il est amoureux… il en parle à un visiteur régulier du musée qui lui propose son aide.

 

Je suis assez partagée sur cette BD. Autant l’idée de départ me paraissait intéressante, autant l’histoire inventée par Etienne Davodeau me paraît trop farfelue, la famille de Mathilde trop caricaturale, l’invention d’une soi-disant confrérie secrète au Louvre trop peu crédible. C’est d’autant plus dommage que la visite du Louvre est drôlement bien faite, à tel point qu’on a envie d’aller un refaire un petit tour. J’ai beaucoup aimé notamment l’analyse des touristes qui prennent tous les mêmes photos, qui sont finalement intéressés uniquement par les œuvres les plus célèbres, la Joconde bien sur et La Victoire de Samothrace, et qui jettent à peine un œil à l’œuvre moins connue juste à côté ! Les dessins en noir et blanc mettent vraiment en valeur les œuvres du musée.

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A découvrir malgré tout.

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