Après la vie de Vera Candida, voici celle de Maria Christina Väätonen. Une nouvelle histoire de femme, de maternité, de famille, de secrets et de culpabilité.
Dans sa maison rose de Laperouse, son village natal du Grand Nord Canadien, entre un père taciturne, une mère psychorigide et une soeur handicapée, Maria Christina se sent à l’étroit, elle a besoin d’air, de liberté et de soleil. Adolescente, elle s’enfuit et débarque en Californie. Elle y rencontre Rafael Claramunt, grand écrivain incompris, publie « La vilaine soeur » son premier roman, autobiographique, à cause duquel elle se fâche avec sa famille.
Mais 10 ans plus tard, un appel téléphonique de sa mère va lui faire quitter son confort d’auteur à succès pour retourner sur les traces de son enfance, se confronter à ses secrets, ses mensonges et ses drames.
J’ai retrouvé l’écriture particulière et très agréable de Véronique Ovaldé qui m’avait séduite dans « Ce que je sais de Vera Candida » et « Des vies d’oiseaux ». Les thèmes sont graves et douloureux mais l’auteur les développe avec délicatesse et fantaisie.
A ajouter sur la liste « Livres à lire »
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en lien avec l’oeuvre/l’auteur :
– http://www.rtl.fr/emission/laissez-vous-tenter/billet/la-grace-des-brigands-de-veronique-ovalde-un-roman-poignant-sur-l-emancipation-feminine-7764311198
– http://www.franceinfo.fr/livre/le-livre-du-jour/le-livre-du-jour-22-10-la-grace-des-brigands-1185901-2013-10-22
Lola regarde « Effroyables jardins »
Dans les années 50, Jacques fait le clown dans une fête de village à la grande honte de son fils de 14 ans qui trouve son père ridicule. André, le meilleur ami de Jacques, lui explique pourquoi…
L’histoire commence à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Jacques et André font sauter un poste d’aiguillage, acte de résistance dérisoire pour les beaux yeux de la jolie Louise. Malheureusement, les allemands désignent 4 otages. André, Jacques, Thierry et Emile sont donc jetés au fond d’un trou et seront fusillés si les coupables ne se dénoncent pas. Les heures passent, les 4 hommes ont peur, se déchirent, se soutiennent. Lâcheté, culpabilité, bravoure, fraternité, amertume, amitié… Un concentré d’émotions et de sentiments.

Thierry (Thierry Lhermitte – Emile (Benoit Magimel) – Jacques (Jacques Villeret) – André (André Dussollier)
Un film magnifique où les acteurs sont formidables ; le très regretté Villeret, toujours aussi juste, Dussollier épatant comme d’hab et Benoit Magimel, excellent. Je n’aime pas trop Lhermitte mais là, je dois dire que je l’ai trouvé à sa place.
« Simple, touchant, plein d’humanité et de tendresse » avait écrit Studio à la sortie du film en 2003, il n’y a rien à ajouter…
Lola lit Plein hiver ♥♥
À Lisbon petite ville du nord des États Unis, un jour, David, 14 ans, disparaît. 4 ans plus tard, un jeune homme apparaît seul, sur la route.
La rumeur se met en marche, David Horn est revenu. Mais ce retour ébranle la communauté ; Pourquoi plus de méfiance que d’enthousiasme ? Que s’est-il passé pendant ces années, où était-il ? Celui qui revient est-il le même que celui qui est parti ?
C’est un roman troublant, fiévreux, qui ne répond à aucune question, ne résout aucune énigme. Une histoire lourde, remplie de l’absence et du silence. L’ambiance est inquiétante, pesante.La construction du roman ajoute à cette atmosphère en alternant les jours avant la disparition et les journées qui suivent l’apparition. On se demande à quel moment tout va basculer, on attend, fiévreusement mais rien ne vient, à part l’ennui et cette torpeur que l’on finit par partager.
Un roman impossible à lâcher, qui amène à se demander ce qui fait grandir, ce qui nous pousse vers l’avant, qui rappelle que l’on ne connaît pas forcément ceux que l’on aime, que certaines choses nous échappent, qui remplit les espaces laissés vides par les absences, quelles qu’elles soient. Bref une lecture intéressante mais pas du tout reposante ! Que je vous conseille toutefois car il est indispensable de se poser des questions même quand on n’ a pas de réponses.
Plein hiver de Hélène Gaudry écrivain français née en 1979 à Paris. Actes Sud, janvier 2014
C’est ça la France pour Maria
Lola lit Ce que je sais de Vera Candida ♥
« Ce que je sais de Vera Candida » est une belle histoire de femmes.
Dans l’île imaginaire de Vatapuna, l’histoire semble se répéter pour Rose Bustamente la grand-mère, Violette la fille et Vera Candida la petite dernière qui, pour échapper à son destin, fuit l’île à 15 ans, sans un mot pour sa grand-mère. C’est une fuite nécessaire, Vera Candida ne veut pas de la vie faite de violence de ses aînées, enchaînées à un homme, à des secrets. Elle l’aura, elle aussi, sa fille sans père, mais ailleurs pour conjurer le sort.
Je n’en écris pas plus, c’est un super bouquin à découvrir. L’écriture de Véronique Ovaldé est très agréable, pleine de fantaisie et d’humour, elle nous emporte parfois dans un tourbillon, nous captive puis nous laisse tout doucement le temps de reprendre notre souffle et repart de plus belle. Vous aussi, vous allez vous laisser embarquer dans cette histoire, c’est sûr !
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Ce que je sais de Vera Candida – Véronique Ovadé écrivain français née en 1972. Roman publié en août 2009 aux éditions de l’Olivier, Prix Renaudot des Lycéens et Prix France Télévision en 2009, Grand Prix des lectrices Elle en 2010.
Yaki lit Mauvais genre
Mauvais genre / Chloé Cruchaudet, Ed. Delcourt/Mirages, 160 p.
Dans cet album, Chloé Cruchaudet adapte une histoire vraie, celle du livre « La garçonne et l’assassin » (Danièle Voldman et Fabrice Virgili). C’est l’histoire de Paul et de Louise. Ils s’aiment, mais voilà, c’est la première guerre mondiale qui commence ! Paul essaie bien au début de survivre dans cette folie jusqu’au jour où il est traumatisé par la mort d’un camarade. C’est décidé, la guerre pour lui c’est fini, quoiqu’il arrive il n’y retournera plus ! Mais comment déserter sans se faire reprendre ? Louise le cache mais Paul ne peut pas sortir, il déprime… jusqu’au soir où sur un coup de tête il prend la robe de Louise et il sort. Et de ce coup de tête vient une idée, Paul va se travestir en femme. Louise va l’aider, lui montrer comment se tient une femme, comment elle parle, lui montrer les techniques d’épilation… Paul se transforme en Suzanne ! Mais bientôt tout dérive, Paul ou Suzanne, Suzanne ou Paul… on ne sait plus… et surtout pas Paul, ni Louise !
C’est vraiment un très beau roman graphique, bien dessiné. Mais ce qui m’a le plus frappée dans cette BD c’est l’utilisation des couleurs qui est vraiment très bien vue, complètement adaptée aux situations. Malgré la gravité des thèmes abordés, la guerre, l’identité sexuelle, la violence conjugale, l’auteur réussit une BD toute en délicatesse. Une vraie bonne surprise sur un thème qui ne m’attirait pas plus que ça au premier abord !
La véritable histoire de Paul et Louise = http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-nous-n%E2%80%99irons-plus-au-bois-la-drole-d%E2%80%99histoire-de-paul-louise-et-s
Lola lit Eldorado ♥♥♥
La Méditerranée est un cimetière. Cette image ne m’a pas quittée tout au long de cette lecture. L’Eldorado, pour certains, est juste en face, sur l’autre rive, là où nous vivons, nous. Pour eux, un coin à rejoindre absolument pour échapper à la misère, la violence, la faim, la mort. Ils savent tous que le chemin est long et parsemé de pièges mortels, pourtant ils économisent, des familles et même des villages entiers pour permettre à l’un d’entre eux de passer la Méditerranée pour atteindre l’Europe, terre de paix et de délices.
Depuis 20 ans, le commandant Salvatore Piracci à bord de sa frégate d’interception les surveillent, les retrouvent, les appréhendent, les interrogent, les repêchent et les déposent au centre de détention pour qu’ils soient ramenés là d’où ils viennent, qu’ils retrouvent ce qu’ils ont fui. Salvatore Piracci est la sentinelle, il garde les portes de l’Europe, il repousse poliment les envahisseurs. Jusqu’au jour où cette femme le suit et lui raconte sa traversée, qui lui a coûté 3000euros, 1500 pour elle et 1500 pour son bébé mort de soif sur le Vittoria, qui devait les déposer de l’autre côté. Mort comme tant d’autres abandonnés en mer, sans eau, sans nourriture, sans carte, ils ont dérivé, entassés, au gré du vent, sous un soleil de plomb. C’est Salvatore qui les avait trouvés au bout de 3 jours et ramené à terre les quelques survivants. Elle ne l’a jamais oublié et vient lui demander un service, une arme pour se venger, tuer le responsable, Hussein Marouk, un homme d’affaires véreux, celui qui a « trouvé le bateau, l’a acheté et l’a mis à la disposition des passeurs, moyennant un pourcentage sur les bénéfices. C’est lui qui a fixé le nombre de passagers qu’il fallait et qui a donné l’ordre d’abandonner le bateau. »
De l’autre côté, il y a aussi Soleiman, qui doit quitter son pays et la misère, il doit partir, trouver du travail pour nourrir son frère aîné Jamal, gravement malade et sa mère restés au village. Il va faire la route au côté de Boubakar, parti de chez lui depuis sept ans, ils seront compagnons de route. Il va réussir, il le faut pour sauver Jamal et pour tous ceux qui croient en lui.
Salvatore aussi franchira cette frontière mais dans l’autre sens, parce que la détermination, la force qu’il a vu dans les yeux de ces déracinés, clandestins, lui font prendre conscience de la vacuité de sa vie, de l’horreur de son travail. A son tour, il fuit son pays, sa vie et son unique ami. A son tour, la peur, la faim, la misère, la violence vont l’accompagner dans sa quête d’un ailleurs différent.
Ce roman est terrible, aussi terrible que le regard des hommes si souvent repêchés au large de Lampedusa. Un thème tragique remarquablement traité par l’auteur, dont la beauté de l’écriture m’a encore une fois conquise, tout comme m’ont conquise Le soleil des Scorta, prix Goncourt 2004, Ouragan et plus récemment Danser les ombres.
Lola lit Ce qu’il advint du sauvage blanc ♥♥
En 1843, Narcisse Pelletier, jeune mousse breton de 18 ans, se retrouve abandonné sur une plage Australienne.
17 ans plus tard, à Sydney, Octave de Vallombrun, géographe français, est convié à une réunion dans le bureau du gouverneur, pour décider du sort d’un homme, immédiatement surnommé »le sauvage blanc », découvert sur une plage ; un homme qui, quoiqu’un peu maigre, est en bonne santé, dont le corps est couvert de tatouages et de scarifications et dont l’apparence suggère fortement qu’il appartient à la race blanche. Il semble doté d’une intelligence mais ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne dit pas un mot. Octave de Vallombrun est chargé de ramener l’homme en France et de le réadapter à la civilisation.
Même si le thème a déjà été exploité -Robinson et cie- je me suis passionnée pour l’histoire de Narcisse, et tout comme Octave, j’ai eu envie de savoir comment il avait survécu et ce qu’il avait vécu pendant toutes ces années.
La construction du livre est intéressante, elle fait alterner des chapitres qui racontent la survie de Narcisse et sa rencontre avec un peuple aborigène, et les compte-rendus qu’Octave envoie au Président de la Société de Géographie. On assiste donc d’un côté à la dé-civilisation de Narcisse et dans le même temps à sa re-civilisation. L’écriture est très agréable, adaptée à l’époque, on dirait un roman de Dumas, les lettres d’Octave semblent être sorties d’une malle poussiéreuse.
J’ai beaucoup aimé ce roman, prix Goncourt 2012. Je vous le conseille vivement !
Au fait, Narcisse Pelletier a existé ! Ce roman est librement inspiré de son histoire. L’auteur François Garde, nous en parle ici → http://www.chronobook.fr/evenement-entretien-exclusif-avec-francois-garde-482.html
Lola lit Tom, petit homme…
Tom, 11 ans, vit dans un mobile home crasseux avec Joss, sa maman à peine sortie de l’adolescence et qui cherche désespérément à se faire aimer pour autre chose que la taille de ses bonnets de soutien gorge. Tom est le petit homme de la maison, c’est lui qui remplit les assiettes avec les légumes qu’il dérobe gentiment dans le potager des voisins qui, d’ailleurs, choisissent leur programme télé en fonction de cet adorable petit garçon qui s’installe confortablement dans le salon de jardin pour regarder le film du soir. C’est au cours d’un de ces larcins qu’il sauve Madeleine, une octogénaire, tombée dans son jardin, il la remet sur pieds et ils deviennent amis. Leur chemin croise aussi celui de Samy, tout juste sorti de prison pour une babiole, ex de Joss et encore amoureux.
C’est une jolie histoire, avec des personnages attachants, dans une campagne verdoyante. Il n’y a que des bons sentiments dans ce livre et ça fait du bien, un peu de douceur dans notre monde de brutes.
Barbara Constantine est née en 1955 à Nice. Petite, elle rêvait d’être indienne. Elle est devenue indrienne (habitante de l’Indre). C’est presque pareil. Ses quatre romans ; Allumer le chat en 2007, À Mélie sans mélo, Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, Et puis, Paulette, tous publiés chez Calmann-Lévy. Elle écrit aussi pour la jeunesse et collabore à certains scénarios dont celui de Cédric Klapish « Les poupées russes », la suite de « L’auberge espagnole »
Merci de votre intérêt !
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