Le Chagrin des vivants a tout bon ! L’écriture est élégante et toute en sensibilité, l’histoire parfaitement menée, bien documentée, les personnages sont incroyablement riches. L’émotion est au rendez-vous de ce sublime roman dans lequel, dès les premières pages, je me suis sentie bien, confortablement installée dans cette histoire. Dès le début, rien ne m’a heurtée, rien ne m’a gênée, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de ses trois femmes, merveilleusement racontées par Anna Hope. Dans l’Angleterre de l’après Première Guerre, Ada, 55 ans, Evelyn la quarantaine et Hettie 19 ans vivent les 5 jours qui précédent l’arrivée de The Unknown Warrior, qui a quitté les champs de bataille français pour rejoindre l’Abbaye de Westminster de Londres où il sera enterré le 11 novembre 1920. Le pays exsangue essaie de relever la tête, renaître de ses cendres, revivre, ce qui est impossible à Ada et Evelyn, à qui la guerre a arraché un fils unique à l’une et un fiancé à l’autre. Leur vie est scellée par la tristesse, le tourment et la colère ; Ada ne peut se résoudre à la mort de Michaël, et Evelyn, veuve blanche car non mariée, refuse celle de Fraser. Quant à Hettie, elle profite de sa jeunesse et danse, danse pour fuir l’appartement qu’occupent sa mère, aigrie par son veuvage, et son frère, rentré abattu du front. Ces trois femmes sont étrangères et pourtant un homme, le capitaine Edouard Monfort, est à la croisée de leurs chemins. Au fil de ces 5 journées, on assiste avec beaucoup d’émotions à leur réveil, elles vont chacune reprendre pied et choisir le chemin de la vie. Magnifique !
Le chagrin des vivants / Anna Hope – Editions Gallimard 2016 Collection Du monde entier – 400p – Wake 2014

Pour surveiller son jeune amant Jo qui la mène en bateau, Claire Millecam, la cinquantaine crée un profil fictif sur facebook, elle garde son prénom, s’invente des origines portugaises, et allège le poids de ses années. Ainsi Claire Antunès, 24 ans, approche KissChris, un copain de Jo chez qui il vit. Photographe, amateur de jolies filles, Christophe craque vite pour Claire la douce qui se prend au jeu jusqu’à en oublier les raisons de cette imposture. Lui, très amoureux, veut la rencontrer mais Claire réussit à le maintenir à distance en s’inventant des déplacements professionnels puis un petit ami envahissant et jaloux. Mais KissChris insiste, il le sait, ils sont faits l’un pour l’autre. Claire hésite, le quitter, lui avouer la vérité au risque de le perdre, la situation est inextricable, cet amour impossible.
Une quatrième de couverture qui nous promet une histoire de famille qu’on imagine évidemment avec secrets, jalousies, drames, réconciliations…
Ilia Grenko est un célèbre
Erica Silvermann a été enlevée à sa riche famille alors qu’elle n’avait que 5 ans. Jamais retrouvée, ses parents n’ont pas réussi à faire leur deuil. Sal, petit bandit de banlieue, va consacrer 10 ans à transformer Violet, une fillette qu’il adopte parce qu’elle ressemble à la petite disparue, pour qu’elle soit prête à tenir le rôle d’Erica le moment venu. A 17 ans, Erica /Violet réapparaît dans un climat de joie mais de défiance. Erica retrouve ses parents, sa maison, ses meilleures amies, son lycée, mais Violet découvre une vie différente de la sienne faite d’arrestations, de fuites, de petits et gros coups. La vie d’Erica est douce et agréable, elle y est aimée, choyée, consolée, appréciée. Alors quand Taylor sa nouvelle amie, qui a découvert son secret, la soutient et que James lui déclare son amour, Violet est perdue, elle est prête à flancher.
Ce premier roman de la très jeune et jolie américaine Michelle Painchaud appartient au genre littéraire Jeune Adulte, créneau en pleine expansion, qui s’adresse aux adolescents mais qui, si on en croit les statistiques, séduit en majorité les 20-30 ans. C’est sûrement pour cette raison -j’ai largement dépassé la trentaine- qu’il me manque un petit/grand quelque chose dans l’écriture ; un peu de profondeur, de consistance, d’expérience, de vécu peut-être pour que je sois pleinement satisfaite quand je lis ce type de littérature. Et cela même si j’ai trouvé l’intrigue de ce roman particulièrement intéressante, et sa lecture plutôt agréable.
Deux histoires en miroir – les destins croisés de deux jeunes filles :
Une nuit de 1941, une jeune Lituanienne de 15 ans, Lina, sa mère, Elena, et son frère, Jonas, sont réveillés en pleine nuit par des gardes soviétiques. Ils sont emmenés dans des wagons à bestiaux avec d’autres Lituaniens et déportés en Sibérie dans des conditions atroces. Lina va essayer de survivre, aidée par un garçon de son âge Andrius.
Treize, c’est le nombre de marches que le condamné à mort doit gravir pour subir le châtiment de la pendaison au Japon. Treize, c’est le nombre de marches que va devoir gravir Ryô Kihara condamné pour avoir, semble-t-il, assassiner un couple de personnes âgées, sauf que Ryô Kihara ne se souvient de rien. C’est là qu’entre en scène Shoji Nangô. Shoji Nangô est gardien de prison, il a été recruté pour prouver l’innocence de Ryô Kihara. Il engage pour l’aider Jun’ichi Mikami. Jun’ichi est en liberté conditionnelle après avoir passé 2 ans en prison pour avoir assassiné un autre jeune homme, en état de légitime défense. Il accepte l’offre de Shoji Nangô, une façon pour lui, peut-être, de racheter sa faute, mais aussi pour aider financièrement ses parents qui paient des dommages et intérêts à la famille de sa victime. Les deux hommes commencent leur enquête mais le temps est compté, la décision de mise à mort du condamné ne saurait tarder…