Ecouter un livre est bien difficile pour moi, il y a bien trop de tentations de se déconcentrer et de perdre le fil : un bruit à l’extérieur (Le facteur apporte-t-il enfin mon colis ?), dans la maison (Mais, la machine n’a toujours pas essoré ?), un bruit dans ma tête (Qu’est-ce qu’on va manger ce soir ?), un petit défaut de prononciation du lecteur (Il n’aurait pas légèrement chuinter sur voyage ?)… Alors en général, les livres je préfère les lire. Pourtant avec Jules, tout s’est bien passé. Deux jours de suite, je me suis confortablement installée avec un casque sur les oreilles et je me suis laissée raconter cette histoire par son auteur. L’histoire de Jules, un labrador guide pour aveugles qui, le jour où sa jolie maîtresse recouvre la vue après une opération, est confié à un maître brutal. Jules s’échappe et veut rejoindre sa douce Alice. Pas facile pour un chien, même guide pour aveugles ! Il a besoin d’aide, et c’est Zibal, le génial vendeur de macarons d’Orly qui va l’aider.
Une jolie galerie de personnages, un peu cabossés, prompts à l’amour, attachants en diable, dont Jules est le héros. Une histoire romantique, sentimentale, qui aurait pu n’être qu’une gentille lecture de vacances. Mais qui, grâce à la voix de son auteur, gagne quelques galons. En effet, Didier Van Cauwelaert nous raconte cette histoire, qu’il a écrite et en laquelle il croit, avec un ton agréable et rythmé et beaucoup de tendresse.
C’est donc un livre qui mérite, VRAIMENT, d’être écouté ! Merci à Audible et à Babelio
PS : Mon chien Paco, est un braque allemand, aussi beau que celui de la couverture.
Jules de Didier Van Cauwelaert – Livre audio/version intégrale – lu par l’auteur – 5h23mn d’écoute – Edité par Audible FR le 07/01/16


2506, Hugo a 10 ans et s’apprête à désobéir à ses parents. Il a décidé, malgré l’interdiction formelle, de pénétrer dans la salle de verre et grâce à son tout nouveau scanner de poche, de découvrir ce que cache l’objet venu du passé, que ses parents gardent secrètement.
L’homme qui ment, c’est Lucien, dit Lulu, le père de Marc Lavoine, acteur (Le cœur des hommes) et chanteur (Les yeux revolver). Un mari volage, un père complice et un travailleur engagé dans la lutte contre le capitalisme. Marc Lavoine raconte son enfance dans les années 70, dans un pavillon de la banlieue sud de Paris, entre son frère de 2 ans son aîné, ses parents, Lucien et Michèle, sa mère jolie secrétaire triste qui souffre en silence des frasques de son mari et ses grands parents. La vraie vie sans paillettes ! Bon… Un récit, autobiographique à n’en pas douter, où j’ai retrouvé le charme discret de Marc Lavoine, la douceur de ses mots. Mais il n’a pas réussi à me faire aimer son père, un personnage pour lequel je n’ai eu aucune sympathie.
On connaît tous Ernesto Rafael Guevara dit le Che. Révolutionnaire marxiste, son célèbre visage orne quantité d’objets dérivés ; draps de plage, casquettes, tee-shirts, briquets et même mugs… Le Che n’aurait pas aimé tout ce mercantilisme, toute cette publicité autour de son nom. Ernesto était un homme de principe, d’idéologie, qui disait Je ne suis pas plus un héros qu’un mythe, je suis un idéaliste. Son frère Juan Martin Guevara en est persuadé, lui qui a partagé sa vie et ses engagements et c’est pour cette raison qu’il est sorti de l’ombre et décidé d’écrire. Ce livre n’est pas la biographie du Che, mais l’histoire d’une famille, d’une fratrie, d’hommes et de femmes. Une famille dont la particularité était d’abriter un des plus légendaires révolutionnaires de ce monde. Ernesto était un fils, un frère, un père aimant, rigoureux, droit, juste qui a consacré sa vie à lutter pour la liberté, contre l’impérialisme, à se battre pour ses idéaux, prêt à mourir pour ses convictions. Un homme de terrain, de combat, très éloigné de l’image figée qu’il reste de lui aujourd’hui, Au fur et à mesure que sa légende s’est amplifiée, sa pensée s’est dépréciée. Il est devenu une coquille magnifique mais vide écrit son frère qui voudrait que la mort de son frère ait servi à sa cause et pas à décorer des objets du quotidiens.
Dans les années 70, le jour de la rentrée des classes dans la nouvelle école, ce n’est pas maman qui vient chercher Jean 6 ans et son petit frère Paul, c’est Yvette, leur gentille nounou. Papa travaille beaucoup et maman n’est plus là. Jean fait la connaissance de sa voisine, Michèle, qui a 2 ans de plus que lui et accepte de jouer avec lui quand elle s’ennuie. Un jour, Michèle apporte à Jean une carte postale dans laquelle sa maman lui raconte ses aventures. Jean ne comprend pas pourquoi sa maman envoie ses nouvelles à Michèle, ni pourquoi il doit promettre de n’en parler à personne. Mais Jean est un petit garçon doux et raisonnable alors il garde le secret. Jusqu’à ce que son petit monde s’écroule.
Le renard comme tous les matins se lève affamé et part vers la ferme d’un pas décidé.
Alex est un petit garçon qui ne s’intéresse pas du tout aux livres qui l’ennuient, lui font perdre son temps et l’énervent ; il est atteint de la Bleuïte, une maladie très grave qui touchent les allergiques aux livres. Alors quand la maîtresse annonce une visite à la bibliothèque, Alex s’affole. Heureusement sa copine Mina, amoureuse des livres, lui promet que tout va bien se passer. Arrivé à la bibliothèque, Alex entend une voix tout droit sortie d’une étagère, qui l’interpelle et lui ordonne de suivre les flèches tracées sur le sol. Mais elles apparaissent et disparaissent au fur et à mesure qu’il s’approche, il finit par se perdre, paniqué il court et percute une étagère qui s’ouvre. Alex pénètre alors dans une salle d’attente comme chez le médecin où patientent un vieil homme, un jeune homme, une vieille dame et son chat et un garçonnet. Tout à coup le tableau posé sur le mur s’anime, c’est la pagaille dans la salle, chacun se lève pour passer en premier. Mais le gribouillis-monstre sorti du tableau demande au Père Noël, au Prince, à la Marquise de Carabosse et au Petit Poucet de se calmer et convoque Alex, qui a reconnu la voix de la bibliothèque, dans son bureau. Là, assis sur une montagne de livres, il explique à Alex que dorénavant, il est le nouveau gardien des livres, son travail consiste à nettoyer, ranger, réparer, mais aussi traduire, retrouver ou imaginer les histoires incomplètes… et il lui met entre les mains un conte russe dont les mots ont été effacés. Alex doit rentrer dans le livre, LIS, LIS, LIS lui crie le monstre ! Et voilà Alex devenu Alexovitch face à Godzillac, le dragon à trois têtes, qui menace la princesse. La fin est plutôt attendue, Alex terrasse le dragon sous le regard enamourée de Minouschka la très belle fille du Tsar des Bonbecs. C’est la fin du conte russe mais pas encore celle de l’histoire d’Alex le petit garçon allergique aux livres qui, absorbé par sa lecture, n’a pas entendu sa classe quitter la bibliothèque. La fin de la fin est très jolie et poétique, c’est Mina qui prend tout doucement la main d’Alex qui semble hypnotisé par son album et l’histoire qu’il raconte, et ils partent tous les deux main dans la main.






Le Chagrin des vivants a tout bon ! L’écriture est élégante et toute en sensibilité, l’histoire parfaitement menée, bien documentée, les personnages sont incroyablement riches. L’émotion est au rendez-vous de ce sublime roman dans lequel, dès les premières pages, je me suis sentie bien, confortablement installée dans cette histoire. Dès le début, rien ne m’a heurtée, rien ne m’a gênée, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de ses trois femmes, merveilleusement racontées par Anna Hope. Dans l’Angleterre de l’après Première Guerre, Ada, 55 ans, Evelyn la quarantaine et Hettie 19 ans vivent les 5 jours qui précédent l’arrivée de The Unknown Warrior, qui a quitté les champs de bataille français pour rejoindre l’Abbaye de Westminster de Londres où il sera enterré le 11 novembre 1920. Le pays exsangue essaie de relever la tête, renaître de ses cendres, revivre, ce qui est impossible à Ada et Evelyn, à qui la guerre a arraché un fils unique à l’une et un fiancé à l’autre. Leur vie est scellée par la tristesse, le tourment et la colère ; Ada ne peut se résoudre à la mort de Michaël, et Evelyn, veuve blanche car non mariée, refuse celle de Fraser. Quant à Hettie, elle profite de sa jeunesse et danse, danse pour fuir l’appartement qu’occupent sa mère, aigrie par son veuvage, et son frère, rentré abattu du front. Ces trois femmes sont étrangères et pourtant un homme, le capitaine Edouard Monfort, est à la croisée de leurs chemins. Au fil de ces 5 journées, on assiste avec beaucoup d’émotions à leur réveil, elles vont chacune reprendre pied et choisir le chemin de la vie. Magnifique !