Lola lit Vends maison de famille

vendsmaisonLorsque Guillaume apprend que sa mère s’est blessée, la question de vendre Malna, la maison de famille, se pose. Sa soeur, expatriée en Chine et lui, prof de français en Italie, sont depuis d’accord longtemps pour se débarrasser de Malna, qui ne figure pas dans leurs meilleurs souvenirs d’enfance, leur père était tyrannique, amoureux de sa maison et de son potager, obligeant les enfants à passer tout leur temps libre là-bas à travailler dans le jardin et à s’occuper des animaux. D’ailleurs à la mort de leur père 10 ans plus tôt, Guillaume et sa soeur avaient  proposé de vendre la maison mais leur mère s’y était opposée avec force et conviction, arguant qu’elle était encore capable de s’en occuper seule. Les enfants avaient abdiqué et étaient retournés à leur vie lointaine, mais cette blessure oblige à reconsidérer la question, leur mère, à plus de 75 ans, ne peut plus entretenir Malna seule, une  décision urgente s’impose. La mère de Guillaume envoie à son fils un album photo de son enfance. Guillaume en tournant les pages, se souvient de chaque moment, si douloureux dans son cœur d’enfant. Les souvenirs resurgis vont aider Guillaume à prendre sa décision.

Je ne participe pas à l’engouement pour ce roman, auquel je n’ai finalement pas grand chose à reprocher. Je suis la seule responsable de ce manque d’intérêt, je n’ai pas eu de compassion pour le narrateur, il n’a pas réussi à me convaincre. Pour moi, passer ses week-end à la campagne à travailler au jardin, même si ça peut effectivement être pénible quand on est ado et qu’on préfère glandouiller dans le hamac, ne relève pas de la maltraitance.

Merci à Babelio et aux Editions Flammarion


Vends maison de famille/François-Guillaume Lorrain – Flammarion 2016 – 215p

Lola lit Camille, mon envolée ♥♥

camillemonenvoléeCamille c’est le prénom de la fille de l’auteure, envolée peu avant ses 17 ans, terrassée par une saloperie de bactérie qui l’emporte en 4 jours, des jours de douleur, de fièvre, de faiblesse dans l’insouciance générale des médecins qui diagnostiquent une grippe sans même se déplacer, dans le chaos d’une visite aux urgences dont ils ressortiront trop vite avec une ordonnance de doliprane sans qu’aucun examen n’ait été fait. L’auteure raconte avec douleur, courage et ironie ces 4 jours d’avant puis ceux qui suivent jusqu’à l’enterrement. C’est déchirant, 190pages lues en pleurant à chaudes larmes sur le futur avorté de Camille, sur le vide de l’absence, sur le deuil d’un avenir familial et sur cette chienne de vie qui prend, qui arrache, qui détruit, et puis qui continue, et heureusement, pour tous les autres. Un témoignage bouleversant, poignant et d’une grande dignité.


Camille, mon envolée / Sophie Daull – Editions Philippe REY 2015 – 192p

 

Lola et Alex lisent Journal d’un Noob

noobAlexandre 7 ans aime les surprises, lire et recevoir des colis. Alors autant vous dire que le concept Masse Critique jeunesse de Babelio, il adore ! Lorsque, cette fois, je l’ai prévenu que j’avais été sélectionnée pour recevoir un livre sur Minecraft, il a été très emballé. Changement de sentiment lorsque Journal d’un Noob est arrivé dans la boîte : 306 pages ! Hé oui même quand on est capable de lire en mangeant, en se brossant les dents et en faisant de la trottinette, un tel pavé, ça refroidit. Après des heures de négociations, j’ai obtenu qu’il le lise mais pas avant les vacances d’été, du coup hors du délai imposé par les lois de Masse Critique. J’étais déçue et j’ai commencé la lecture en solo. C’était sans compter sur la curiosité de mon petit garçon, titillée lorsqu’il a vu mon marque page dépasser du livre. J’ai commencé à lui raconter l’histoire de Minus, ce petit garçon de 12 ans, fils de paysans qui vit à Minecraftia, un village sorti du célèbre jeu Minecraft, et qui rêve de devenir aventurier pour défendre son village contre les zombies, les creepers, les araignées, les sorcières, les squelettes et autres horreurs destructrices. Malheureusement à Minecraftia, un villageois reste un villageois, et Minus et son copain Mastoc ont peu de chance de porter un jour des armes de guerriers. Et pourtant, le jour de la rentrée des classes, le maire en personne vient annoncer aux collégiens que les ennemis sont de plus en plus nombreux et méchants, les 5 meilleurs d’entre eux vont donc être formés pour devenir des guerriers. Le rêve de Minus va-t-il enfin se réaliser ? Et à quel prix ? Il n’en fallait pas plus pour qu’Alexandre se jette sur le journal intime de Minus et l’avale en 3 jours. Il a adoré, il faut dire que ce bouquin est très ludique avec ses illustrations rigolotes, son langage enfantin et son thème Minecraft le jeu qui passionne petits et grands. Une lecture moins passionnante pour moi, les rêves de gloire d’un Noob de 12 ans étant assez éloignés de mon monde, mais l’enthousiasme d’Alexandre a été contagieux et j’ai lu ce premier roman de Cube Kid, un jeune fan du jeu, avec amusement. Alexandre attend le tome II prévu en mai et le III en août avec beaucoup d’impatience, je ne suis pas sûre de les lire mais je me ferai un plaisir d’écouter les résumés que m’en fera mon fils. 


Journal d’un Noob/Cube Kid – 404 Editions 2016

Lola lit Max ♥

MAX20 avril 1936. MAX est le prénom qu’avait choisi la maman du premier enfant issu du programme nazi Lebensborn, programme à l’initiative d’Himmler, qui s’inscrit dans la politique d’eugénisme du régime d’Hitler, destiné à développer une race aryenne pure qui dominerait le monde. Mais Max s’appellera Konrad, et sa maman disparaîtra avec les autres, les bébés seront confiés à des infirmières puis à des éducatrices qui les élèveront selon des principes dictés par le général SS Sollman pour en faire l’élite de l’empire hitlérien. Max nous raconte donc son histoire, depuis le ventre de sa mère quelques heures avant sa naissance jusqu’à ses 12 ans. Konrad s’applique à être un parfait petit produit aryen, quand Max s’attache à Lukas, un jeune garçon juif polonais. C’est un livre assez perturbant ; l’enfant est dur, impitoyable, complètement endoctriné, ses propos sont abjects, il participe activement à des missions abominables et  il nous raconte tout ça avec des mots d’enfants. L’idée de faire parler Max est très intéressante mais la gravité du thème et son traitement pour adolescents m’a paru discordant, et il a fallu, plus d’une fois, que je me rappelle que c’était un livre jeunesse. J’aurais eu envie d’un livre pour adultes, sans les grossièretés, les pipi-caca-boudin, les répétitions, les explications superfétatoires. Un livre à lire, néanmoins, pour apprendre et ne pas oublier.


Max / Sarah Cohen-Scali – Editions Gallimard Jeunesse, collection Scripto 2012 – 480P

 

 

 

 

Lola lit Une vie entière ♥

seethaler-une-vie-entic3a8reOrphelin à 4 ans, recueilli par un homme qui l’a maltraité et frappé jusqu’à le rendre boiteux, Andreas vit seul dans ses chères montagnes autrichiennes. Quand il rencontre Marie, il éprouve un sentiment tellement fort, il tombe si éperdument amoureux qu’il en perd les mots. La déclaration d’amour qu’il finit par faire à la jolie aubergiste est féérique (à découvrir p48), elle accepte sans hésitation la demande en mariage et s’installe dans la petite maison d’Andreas où ils sont merveilleusement, tendrement, simplement heureux. Un soir alors qu’ils sont assis devant la porte et à regarder le crépuscule descendre dans la vallée, Marie annonce à Andreas quand il propose d’agrandir le potager « Il y a quelque chose qui va pousser. Et ce sera quelque chose d’absolument merveilleux ». Mais une catastrophe arrive avec la nuit…

Allez je m’arrête là et pourtant je meurs d’envie de parler encore et encore de ce livre. La vie entière d’Andreas Egger, une vie de travail, de misère, de chagrin, de guerre, de captivité, tient dans ces quelques pages magnifiquement écrites. Encore un roman des Editions Wespieser qui m’a vraiment touchée comme La trace de Forrest Gand et Les trois lumières de Claire Keegan. ♥♥♥


Une vie entière / Robert SEETHALER – Editions Sabine Wespieser 2015 – 157P – [Ein ganzes Leben – Autriche – 2014]

Lola lit Les trois lumières

3_lumieres100pages pour un été. L’été qu’une fillette passe chez un couple du côté de la famille de sa mère, laquelle, encore enceinte, ne peut pas s’occuper de toute sa marmaille. Alors un dimanche après la messe, le père la dépose, sans ménagement, à la ferme de Kinsella et sa femme Edna. Il repart précipitamment comme déchargé d’un fardeau en oubliant de sortir la valise du coffre de la voiture. La petite hésite entre deux sentiments, la joie de quitter sa maison et la peur de ces inconnus. La petite fille va vivre un bel été, cajolée, embrassée, câlinée, consolée par ce couple pourtant blessé par la disparition d’un enfant, elle découvre enfin la douceur d’être aimée. Un condensé d’émotions, de poésie pour cette belle histoire toute simple mais si justement contée. Une belle lecture !


Les trois lumières / Claire KEEGAN – Editions Sabine Wespieser 2011 – 100P – [Foster 2010]

Lola lit Blitz

blitzPris au hasard à la bibli, c’est une chouette découverte ! En janvier à Munich, Helga sexagénaire allemande et interprète bénévole au Lebensgärten 2015 un congrès de jardiniers-paysagistes accueille à l’aéroport les participants dont Beto, architecte paysagiste espagnol, venu présenter son jardin-sabliers avec Marta, sa compagne et associée. Malheureusement Beto reçoit le texto que Marta destinait à son ex, un chanteur uruguayen. La séparation est immédiate, elle reprend l’avion vers Madrid, il décide de rester un peu sur place. Complètement abattu par cette mauvaise surprise et les poches vides, il traîne jusqu’à ce qu’il croise Helga qui l’invite à passer la nuit chez elle. Cette rencontre hasardeuse va bouleverser la vie de ce trentenaire qui, rentré dans une Espagne en crise, a bien dû mal à reprendre le cours de sa vie.

Découpé en 12 chapitres, un par mois de l’année chaotique de Beto. Le premier, mois de janvier est le plus important, long, dense et riche en événements (125 sur les 166 pages). Les 11 autres sont malheureusement très courts et s’enchaînent, l’auteur ne s’attardant pas. Dommage, j’aurais aimé en savoir plus sur ce Beto que j’aimais bien. Un roman très agréable à lire, des personnages attachants, des situations plausibles, un thème intéressant. David Trueba, un auteur espagnol, scénariste et réalisateur dont je vais lire les romans précédents.


Blitz/David Trueba – Editions Flammarion 2016 – 166p – [Blitz 2015]

Lola lit Laver les ombres

laverlesombresLéa danse, elle danse pour vivre, pour survivre, pour oublier qu’elle ne sait pas aimer, qu’elle est dévastée, sans comprendre pourquoi. Un soir de tempête, elle rejoint sa mère en Bretagne, sa mère qui lui a murmuré au téléphone qu’elle avait des choses importantes à lui dire. Léa ne sait pas ce qu’elle va entendre mais elle a besoin de savoir. L’histoire se raconte en tableaux au présent et au passé, le présent de Léa et le passé de Romilda, sa maman, prostituée à 16 ans par l’homme qu’elle aime. Ce petit livre m’a fait penser à Le ventre de la fée, de la poésie pour nommer l’indicible, l’économie de mots et la puissance des images. Un roman difficile à oublier.


Laver les ombres/Jeanne Benameur – Editions Actes Sud 2008 – 159P

Lola lit Le bigorneau fait la roue ♥

lebigorneauMarc termine laborieusement Sciences Po. A l’heure des bilans, il est soucieux pour son avenir, trouver le grand amour est sa priorité mais il n’est malheureusement pas capable de garder une petite amie plus de 3 jours. Il part se ressourcer auprès de sa famille en Bretagne où il développe une théorie très personnelle, selon laquelle contrairement aux croyances populaires, l’incompréhension est le ciment des couples qui veulent durer. En effet, ne pas se comprendre, c’est rester dans l’ignorance de l’autre. On le sait tous, au début, on ne livre que le meilleur de nous, c’est après qu’arrivent les grandes déceptions. Le pire vient avec la connaissance ! Ne pas se comprendre, finalement, c’est faire l’impasse sur les imperfections de l’autre, garder intact le regard aveuglément amoureux des débuts, les papillons dans le ventre et tout ça. L’incompréhension est la garantie de la longévité, et pour s’en convaincre, Marc pousse l’expérimentation plus loin puisqu’il franchit les frontières pour aimer en langue étrangère ; l’Italie d’abord avec Veronica, superbe vendeuse de pizzas, puis les Etats-Unis où il rencontre le Docteur K, une sublime femme d’affaire lors d’un voyage professionnel, et enfin la Russie avec la flamboyante  Vasilissa.

C’est un premier roman très agréable, intelligent et récréatif. Le héros est attachant et ses aventures drolatiques. J’ai passé un bon moment !


Le bigorneau fait la roue / Hervé Pouzoullic – Editions Anne Carrière 2016 – 229P

Lola lit Le Cheval d’orgueil en BD

chevalOrgueilLe Cheval d’Orgueil est un roman autobiographique, écrit par Pierre-Jakez Hélias en 1975. Rédigé en breton, traduit en français et dans d’autres langues, ce roman est, à la surprise générale, un succès international. L’histoire se situe juste après la Première Guerre Mondiale et décrit la vie, à Pouldreuzic un petit village breton, d’une famille de paysans, selon un code strictement établi entre traditions et coutumes. Je ne connaissais pas ce roman mais la lecture de l’adaptation en BD dessinée par Marc Lizano et contée par Bertrand Galic m’a donné envie de le découvrir.

L’envie de me plonger dans le quotidien de cette famille bigoudène, d’apprendre et de comprendre de quoi leur vie était faite, a été plus forte que mon hésitation à me lancer dans une BD qui ne m’attirait pas. Malheureusement, dès les premières pages, j’ai eu du mal à me concentrer, à différencier les personnages que je ne  reconnaissais pas toujours. Et même si le trait de Marc Lizano est doux, les visages de ses personnages plutôt enfantins, le choix de 2 couleurs noir et rouge (et leurs dégradés) comme seules couleurs m’a gênée, et m’a donné l’impression d’un ensemble embrouillé. Il a vraiment fallu que je m’accroche pour aller jusqu’au bout. La BD ne m’a pas convaincue, je suis vraiment passé à côté mais elle m’a vraiment donné l’envie de lire le roman.

Merci à Babelio et aux Editions Soleil 


Le Cheval d’Orgueil / Bertrand Galic et Marc Lizano – Editions Soleil 2015 – 143P