Pour surveiller son jeune amant Jo qui la mène en bateau, Claire Millecam, la cinquantaine crée un profil fictif sur facebook, elle garde son prénom, s’invente des origines portugaises, et allège le poids de ses années. Ainsi Claire Antunès, 24 ans, approche KissChris, un copain de Jo chez qui il vit. Photographe, amateur de jolies filles, Christophe craque vite pour Claire la douce qui se prend au jeu jusqu’à en oublier les raisons de cette imposture. Lui, très amoureux, veut la rencontrer mais Claire réussit à le maintenir à distance en s’inventant des déplacements professionnels puis un petit ami envahissant et jaloux. Mais KissChris insiste, il le sait, ils sont faits l’un pour l’autre. Claire hésite, le quitter, lui avouer la vérité au risque de le perdre, la situation est inextricable, cet amour impossible.
Ça c’est la première partie racontée par Claire Millecam à Marc, le psy de l’hôpital où elle est internée, et pour moi, ça commence plutôt bien, avec une histoire intrigante dans l’air du temps même si j’ai trouvé un peu trop caricaturales les réflexions féministes sur les femmes de 50 ans « périmées », perdues pour l’amour (j’en connais plein qui, loin d’être perdues, l’ont enfin trouvé !)
Puis vient l’audition du fameux docteur Marc qui nous donne lecture d’un texte intitulé Les fausses confidences de Claire Millecam, la même histoire ou presque, dont la fin très différente aurait été écrite par on ne sait qui.
Et enfin, le brouillon d’une lettre dans laquelle l’auteur, prénommée Camille, explique à son éditeur pourquoi elle a écrit cette histoire, qui encore une fois diffère des précédentes, tout en restant suffisamment proche pour nous embrouiller.
Je vous épargne l’épilogue où il est question de Paul Millecam, le mari et de Katia, la nièce supposée suicidée dans la première fin puis ressuscitée dans la deuxième, qui a ajouté à ma grande confusion. Malheureusement à trop vouloir brouiller les pistes, Camille Laurens m’a perdue en route.
Celle que vous croyez / Camille Laurens – Editions Gallimard 2016 – 186p


Une quatrième de couverture qui nous promet une histoire de famille qu’on imagine évidemment avec secrets, jalousies, drames, réconciliations…
Ilia Grenko est un célèbre
Erica Silvermann a été enlevée à sa riche famille alors qu’elle n’avait que 5 ans. Jamais retrouvée, ses parents n’ont pas réussi à faire leur deuil. Sal, petit bandit de banlieue, va consacrer 10 ans à transformer Violet, une fillette qu’il adopte parce qu’elle ressemble à la petite disparue, pour qu’elle soit prête à tenir le rôle d’Erica le moment venu. A 17 ans, Erica /Violet réapparaît dans un climat de joie mais de défiance. Erica retrouve ses parents, sa maison, ses meilleures amies, son lycée, mais Violet découvre une vie différente de la sienne faite d’arrestations, de fuites, de petits et gros coups. La vie d’Erica est douce et agréable, elle y est aimée, choyée, consolée, appréciée. Alors quand Taylor sa nouvelle amie, qui a découvert son secret, la soutient et que James lui déclare son amour, Violet est perdue, elle est prête à flancher.
Ce premier roman de la très jeune et jolie américaine Michelle Painchaud appartient au genre littéraire Jeune Adulte, créneau en pleine expansion, qui s’adresse aux adolescents mais qui, si on en croit les statistiques, séduit en majorité les 20-30 ans. C’est sûrement pour cette raison -j’ai largement dépassé la trentaine- qu’il me manque un petit/grand quelque chose dans l’écriture ; un peu de profondeur, de consistance, d’expérience, de vécu peut-être pour que je sois pleinement satisfaite quand je lis ce type de littérature. Et cela même si j’ai trouvé l’intrigue de ce roman particulièrement intéressante, et sa lecture plutôt agréable.
Deux histoires en miroir – les destins croisés de deux jeunes filles :
Une nuit de 1941, une jeune Lituanienne de 15 ans, Lina, sa mère, Elena, et son frère, Jonas, sont réveillés en pleine nuit par des gardes soviétiques. Ils sont emmenés dans des wagons à bestiaux avec d’autres Lituaniens et déportés en Sibérie dans des conditions atroces. Lina va essayer de survivre, aidée par un garçon de son âge Andrius.
Treize, c’est le nombre de marches que le condamné à mort doit gravir pour subir le châtiment de la pendaison au Japon. Treize, c’est le nombre de marches que va devoir gravir Ryô Kihara condamné pour avoir, semble-t-il, assassiner un couple de personnes âgées, sauf que Ryô Kihara ne se souvient de rien. C’est là qu’entre en scène Shoji Nangô. Shoji Nangô est gardien de prison, il a été recruté pour prouver l’innocence de Ryô Kihara. Il engage pour l’aider Jun’ichi Mikami. Jun’ichi est en liberté conditionnelle après avoir passé 2 ans en prison pour avoir assassiné un autre jeune homme, en état de légitime défense. Il accepte l’offre de Shoji Nangô, une façon pour lui, peut-être, de racheter sa faute, mais aussi pour aider financièrement ses parents qui paient des dommages et intérêts à la famille de sa victime. Les deux hommes commencent leur enquête mais le temps est compté, la décision de mise à mort du condamné ne saurait tarder…
Lorsque Guillaume apprend que sa mère s’est blessée, la question de vendre Malna, la maison de famille, se pose. Sa soeur, expatriée en Chine et lui, prof de français en Italie, sont depuis d’accord longtemps pour se débarrasser de Malna, qui ne figure pas dans leurs meilleurs souvenirs d’enfance, leur père était tyrannique, amoureux de sa maison et de son potager, obligeant les enfants à passer tout leur temps libre là-bas à travailler dans le jardin et à s’occuper des animaux. D’ailleurs à la mort de leur père 10 ans plus tôt, Guillaume et sa soeur avaient proposé de vendre la maison mais leur mère s’y était opposée avec force et conviction, arguant qu’elle était encore capable de s’en occuper seule. Les enfants avaient abdiqué et étaient retournés à leur vie lointaine, mais cette blessure oblige à reconsidérer la question, leur mère, à plus de 75 ans, ne peut plus entretenir Malna seule, une décision urgente s’impose. La mère de Guillaume envoie à son fils un album photo de son enfance. Guillaume en tournant les pages, se souvient de chaque moment, si douloureux dans son cœur d’enfant. Les souvenirs resurgis vont aider Guillaume à prendre sa décision.