Lola lit Rock War

rockwarUn roman très attirant, couverture orange fluo et métallisée, grosses lettres noires, tranche colorée. Waouh ! Que de promesses ! Alors j’ai eu envie d’essayer et contre toute attente j’ai vraiment aimé l’histoire de ces 3 ados, férus de musique. On commence les présentations par Jay, 13 ans, cheveux hérissés, tee-shirt Ramones et jean noir, issu d’une famille très nombreuse et complètement inadaptée aux conventions sociales, guitariste dans un groupe amateur composé de ses copains de cours. Mais pour Jay, la musique n’est pas un passe-temps, c’est un rêve de gloire et il est prêt à tout pour y arriver. La voix de Summer est magnifique, elle a chanté dans la comédie musicale de l’école mais Summer a des responsabilité et peu de temps à consacrer aux loisirs puisqu’elle doit  s’occuper de sa grand-mère asthmatique avec laquelle elle vit. Un père absent et une mère toxico, il n’y a pas de place pour la musique dans sa vie. Enfin voici Dylan, élève dans son pensionnat pour gosses de riche, fils d’une ancienne star du rock, Dylan est blasé et fainéant, rien ne l’intéresse à part fumer en cachette dans sa chambre. Une fois les personnages principaux plantés, on assiste à la création des trois groupes de rock, JET, Les Industrial Scale Slaughter et Les Pandas of the Doom, dans lesquels chacun va trouver sa place.

Ce roman est le premier tome d’une série qui promet d’être longue, et se termine sur des inscriptions à une émission de téléréalité. Je me suis attachée à cette bande d’adolescents durant ces 345 pages, riches, rythmées et bien écrites. Peu habituée à ce genre littéraire, je ne me suis aucunement ennuyée et j »ai hâte de retrouver Jay, Summer et Dylan dans le tome 2.

Un livre jeunesse, offert par Casterman et Babelio que je remercie pour cette découverte.


Rock War 1 / Robert Muchamore – Edition Casterman jeunesse 2016 – 345P – [Rock War 2014]

 

Lola lit Je m’en vais

je_m_en_vaisAu début du roman, Félix annonce à Suzanne, sa femme qu’il la quitte. « Je m’en vais » lui dit-il et il ferme la porte sans se retourner. Félix Ferrer, cinquantenaire séduisant et cardiaque, coureur de jupons, désabusé à tendance dépressive est galeriste à Paris. Ancien sculpteur sans renommée, il se consacre à l’art des autres qui malheureusement ne rapporte plus, l’agent manque à la galerie. Lorsque Delahaye, son employé lui parle de la Nechilik, une épave prise dans les glaces du Pôle Nord depuis les années 50, et dont les cales sont remplies d’œuvres d’art, Félix ne daigne même pas lever les yeux de son cahier de comptes, il a besoin d’argent pas d’un projet rocambolesque. Pourtant l’idée de posséder ce trésor inuit inestimable fait son chemin et la promesse de se renflouer séduit Felix qui ne tarde pas à s’embarquer sur un brise-glace à destination du Grand Nord pour ce voyage pas très ordinaire. Mais dès son retour pourtant fructueux, les problèmes resurgissent ; la mort de Delahaye d’abord puis le vol dans la galerie de son précieux butin ; Félix avait imprudemment remis à plus tard le rdv avec son assureur, c’est la faillite, il est perdu, il n’a plus goût à rien. Jusqu’à ce que sa route croise celle de Baumgartner…

J’ai beaucoup aimé ce roman, il s’en dégage une certaine douceur et une proximité due sans doute en partie aux interventions du narrateur qui nous accompagne tout au long de l’histoire. À lire aussi pour la beauté de la langue riche et précise.


Je m’en vais / Jean Echenoz  – Les Editions de Minuit 1999 – 256P

Lola lit Disparue

disparueLorraine, dite Rainie, a disparu.
Enlevée par un type qui, dans une lettre adressée au journal local, réclame une rançon de 10000 dollars ainsi que « la fortune, la gloire et une tarte aux pommes bien cuite » !
Une course contre la montre s’engage pour Quincy, le mari de Rainie aidée de sa fille agent du FBI, le commandant Kincaid, la shérif Shelly Atkins et toute l’équipe chargée de l’enquête, au rythme des instructions données par le kidnappeur.

Je ne suis pas une habituée de ce genre de littérature mais j’y ai trouvé tous les ingrédients qui font un thriller policier de qualité : suspens, rythme, tension, appréhension, peur, fausse-pistes, rebondissements… tout y est ! Et même si certains personnages sont stéréotypés, les autres ont suffisamment d’épaisseur pour rendre cette lecture très agréable.


Disparue / Lisa Gardner – Editions Albin Michel 2008 – 423P – [Gone 2006]

Lola lit Le peigne de Cléopâtre

lepeigneLe peigne de Cléopâtre est le nom original que Mari, Anna et Fredrik, trois meilleurs amis, décident de donner à l’entreprise de service « aussi simpliste que géniale » qu’ils viennent de créer. Leur credo « résoudre les problèmes des autres » en utilisant leurs propres compétences. Très vite les petits contrats se multiplient ; déco, cuisine, cours d’anglais et de maths, bricolage, comptabilité… Tout va pour le mieux jusqu’au jour où Elsa Karlsten, une vieille voisine, leur demande de la débarrasser de son mari alcoolique et violent contre une rondelette somme d’argent. Leur vie va être bouleversée par cette requête et par celles qui vont suivre.
Ce livre m’a été conseillé et présenté comme une lecture légère et drôle. D’ailleurs la couverture vichy rose et la quatrième de couv. corroborent cette idée. Mais attention, ne vous y fiez pas ! Je vous préviens ce n’est ni drôle ni léger. En fait les 3 amis se trimbalent des bêtes de casseroles depuis leurs enfances qui les ont sacrément perturbés ; humiliation, maltraitance, désamour, indifférence, jalousie, meurtre… Bienvenue dans le monde pas rose du tout de Mari, Anna et Fredrik !

Une lecture pas vraiment passionnante, un peu confuse même parfois, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, ni à leurs histoires. Mais pas désagréable à lire non plus. Bon Bref, bof …


Le peigne de Cléopâtre/Maria Ernestam – Éditions Gaïa 2013 – 318p –  [Kleopatras kam 2007]

Lola lit En attendant Bojangles ♥♥♥

en-attendant-bojangles (1)J’ai pensé à Boris Vian en lisant ce premier roman de Bourdeaut. Le jazz de Nina Simone bien sûr, et la poésie, la folie douce de ce couple fantasque, le désespoir qui se cache derrière l’humour, la pétillance des situations, la cocasserie des personnages – Papa, Maman, l’Ordure le meilleur ami et Superfétatoire, l’oie exotique grincheuse – et surtout le regard bienveillant et plein d’amour du jeune fils. Et tout comme les histoires de Boris Vian, celle-ci ne se raconte pas, elle se lit, sourire aux lèvres et chagrin dans le cœur.

Alors je ne ferai pas de résumé, je vous conseille simplement de lire En attendant Bojangles, et de le lire vite !


En attendant Bojangles/Olivier Bourdeaut – Editions Finitude 2016 – 160P

Lola lit La trace ♥♥

latraceHoa, céramiste et Dale prof d’histoire à l’université font un voyage vers le Mexique, d’Asheville via El Paso à Sierra Mojada sur les traces de Ambrose Gwinnett Bierce, un journaliste écrivain américain, qui, à 71 ans, aurait rejoint les troupes du célèbre bandit Pancho Villa pendant la guerre civile au Mexique en 1913. Sa mort est un mystère puisqu’il a disparu sans que personne ne l’ait jamais revu. Cette virée pourrait être l’occasion pour ce couple anéanti par la disparition de leur fils Declan, de se retrouver. De ces disparitions, nous ne saurons rien, ou si peu, mais elles sont la raison de l’existence de ce voyage. Dale parle beaucoup de Bierce quand on imagine que Hoa voudrait entendre parler de son fils, cet absent si densément et tragiquement présent, et les rancœurs, les reproches affleurent durant ces kilomètres avalés, ces heures, enfermés dans une voiture. Et posés là, irrégulièrement, parcimonieusement des chapitres courts forment le sillon d’un trafiquant de drogue qui parcourt la même dangereuse région que Dale et Hoa. On cherche le point commun, le point de rencontre, le point de rupture, et on découvre, effarés, l’aventure au bout de la route. Un livre incroyable qui s’ouvre sur une scène d’une violence inouïe et qui plonge ensuite dans la torpeur d’un road movie accablant sous la poussière et la canicule du désert mexicain. Fascinant !


La trace/Forrest GANDER – Editions Sabine Wiespieser 2016 – The trace 2014 – 305P

 

 

 

 

Lola lit Cette nuit, je l’ai vue ♥

cettenuitYougoslavie – 2nde guerre mondiale – Cinq voix se succèdent pour tenter de percer le mystère qui entoure Veronicka, jeune femme slovène libre et fantasque. Stevo, un officier de cavalerie serbe ouvre la danse. Il raconte comme ils se sont aimés, les années de bonheur partagées après qu’elle a quitté son mari Leo. Et un jour, lui aussi elle l’a abandonné, et depuis, il l’attend. La deuxième voix est celle de Josipina, la mère de Veronicka, qui regrette d’avoir convaincue sa fille de quitter son amour d’officier et de retrouver sa vie facile et fastueuse auprès de son mari. Puisqu’un soir de janvier 1944, en pleine guerre, Veronicka et Leo ont quitté le manoir avec leurs invités et ne sont jamais rentrés. Puis le docteur allemand Hortz, un de leurs invités réguliers raconte les agréables soirées données au manoir en ces temps sombres, par ce couple si intéressant et si accueillant, dont il n’a plus jamais eu de nouvelles. Mais c’est grâce à Jozi, la domestique et confidente du manoir que nous commençons à entrevoir l’horreur de ce qui c’est passé cette terrible nuit. Et enfin, Ivan, le garçon qui venait donner un coup de main contre un petit salaire ferme le dernier chapitre de cette histoire tragique.

Tout commence comme une romance mais au fil des pages, on sombre dans l’indicible, l’incompréhensible, là où la nature humaine est vraiment dégueulasse. Notre attention est captée, notre intérêt grandit, on se met à chercher, à s’interroger, à vouloir comprendre et finalement la terrible fin nous bouleverse. Un roman saisissant !


Cette nuit , je l’ai vue/ Drago Jancar – Editions Phébus 2014 – To noc sem jo videl – 214P

Lola lit Naissance d’une vocation

simoneweilIl convient dans un premier temps de bien différencier Simone Veil née Jacob en 1927, la femme politique, première présidente du Parlement européen (1979) et première femme ministre d’État (1993), à qui l’on doit la légalisation de l’avortement en 1975. Et Simone Weil, philosophe, écrivain, journaliste, sœur d’André Weil, un des plus grands mathématiciens du XX, son frère adoré. Et même si ces deux-femmes ont des points communs, Danielle Netter a choisi de se pencher sur l’enfance de la philosophe, qu’elle décrit dans ce petit livre. La fillette, née en 1909, à Paris, de parents juifs alsaciens, montre dès son plus jeune âge une intelligence et une maturité bien au-delà de celles de ses camarades. Elle se passionne pour son frère, de 3 ans son aîné, lui-même d’une intelligence remarquable, qui partage avec sa sœur son travail scolaire, ses découvertes, ses idées, ses  réflexions. Simone l’admire mais se sent inférieure face à l’entendue des savoirs du jeune garçon. Très complices, ils ont une relation fusionnelle et exclusive. Le livre retrace l’enfance et l’adolescence de Simone et se termine lorsqu’à 22 ans, elle est reçue septième à l’agrégation de philosophie.

 J’aurais aimé que l’auteur nous raconte l’enfance de cette petite fille incroyable plutôt que d’énoncer des faits. Ce petit livre de 115pages s’apparente plutôt à un catalogue, très intéressant certes mais auquel il manque un peu d’émotions, de sentiments, d’humanité. Il m’aura toutefois donné envie de m’intéresser à cette femme au destin si particulier.

Merci à Babelio et aux Editions Riveneuve pour cette découverte.


Naissance d’une vocation/Danielle Netter – Editions Riveneuve 2016 – 128p

Lola lit Le piano dans l’éducation des jeunes filles

lepianoVolodia, jeune professeur de littérature à la fac, s’intéresse à la place du piano dans l’éducation des jeunes filles. Pour écrire son livre, il s’entoure d’Hérode, un homme de lettre grossier mais adulé, de Julien son ami journaliste, d’Anténor son directeur de thèse et d’Alexei, un russe mystique. Pour nourrir son sujet, Volodia l’amoureux, le passionné vit une relation avec Sonia la cynique et sexuellement insatiable, puis il s’attache à la brillante Asma et rencontre enfin l’amour pur avec Sophie Baxter, une pianiste reconnue qui le fascine.

L’auteur dont c’est le premier roman a déjà publié, entre autres, des essais sur la musique (Johannes Brahms), la philosophie (Cioran, Ejaculations mystiques) et la poésie (Rimbaud, Celui-là qui créera Dieu). Alors il y a beaucoup BEAUCOUP BEAUCOUP de références littéraires, Flaubert, Voltaire, Shakespeare, Nietzsche, Rimbaud et musicales évidemment. Et pourtant j’ai trouvé que Stéphane Barsacq -contrairement à d’autres- ne fait preuve ni de fatuité, ni d’arrogance et encore moins d’auto-satisfaction. Pour autant ce n’est pas une lecture loisir, j’ai dû m’accrocher un peu pour aller au bout.


Le piano dans l’éducation des jeunes filles/Stéphane Barsacq –  Albin Michel 2016 – 352 pages

 

 

Yaki lit Le pique-nique des orphelins

 

lepicnicdesorphelinsLe pique-nique des orphelins est la réédition du deuxième roman de Louise Erdrich paru en 1986 sous le titre “Une branche cassée”. Il s’agit d’une saga familiale qui se déroule pendant 40 ans dans le Dakota du Nord.  L’histoire débute au début des années 30 par l’abandon sur un champ de foire de trois enfants, Mary, Karl et Jude, par leur mère qui s’envole en biplan avec un cascadeur aérien. A partir de là les trois enfants vont vivre chacun un destin différent. Jude, le plus jeune encore tout bébé, est kidnappé par un homme et élevé par cet homme et sa femme en remplacement de leur propre enfant qu’ils viennent de perdre. Mary et Jude prennent le train pour rejoindre leur tante et leur oncle mais ils sont séparés. Karl va alors vivre une vie d’errance tandis que Mary s’intègre dans sa nouvelle famille et se rend vite indispensable, au grand désespoir de sa cousine Sita. Les destins des trois enfants se croiseront parfois.

Le pique-nique des orphelins est un roman choral, chaque chapitre raconte l’histoire d’un personnage principal ou parfois d’un personnage plus secondaire. Ce procédé permet de  suivre sans trop s’ennuyer la vie de ces personnages atypiques. Les personnages ont, en effet, un caractère bien trempé, surtout les personnages féminins. Cependant, même si je ne me suis pas ennuyée, je ne me suis pas attachée pas aux personnages, j’ai eu du mal à comprendre leurs choix de vies et je suis restée complètement extérieure à leur destin. De plus, j’ai eu l’impression de rester sur ma faim et je n’ai pas vraiment compris pourquoi le roman se termine à ce moment-là de l’histoire et pas avant ou après. L’écriture est, comme toujours, agréable, parfois poétique, mais ce roman me laisse un sentiment mitigé. J’ai préféré ceux qu’elle a écrits ensuite…


Le pique-nique des orphelins / Louise Erdrich – Editions Albin Michel 2016 – 480 p