Lola lit Facteur pour femmes BD

lefacteurQuelle magnifique couverture pour cette BD de Didier Quella-Guyot pour le scénario et Sébastien Morice pour les dessins et les couleurs !

1914, la Première Guerre Mondiale s’annonce. Pourtant sur cette petite île au large des côtes bretonnes, Maël lit les nouvelles avec indifférence. Pour lui, la guerre ne changera rien, il est boiteux, un peu simple, il n’ira pas, contrairement à tous les autres. L’île se vide peu à peu de ses hommes, les tâches sont redistribuées aux femmes. Mais il faut un facteur pour sillonner les chemins rocailleux et Maël a un vélo et connait très bien l’île. La distribution du courrier attendu et redouté, si précieux en ces temps de guerre lui est confié. Maël est gentil, serviable, il plaît à ces femmes esseulées, et même au-delà de ses rêves les plus fous !

L’histoire est intéressante, les dessins très beaux, quant aux couleurs, elles sont magiques ♥


Facteur pour femmes/ Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice – Editions Grand Angle 2015 – 120P

Lola lit Le préféré

lepréféréTom a 4 ans ce Noël où ses parents lui offrent Ben, un petit frère fraîchement adopté au Brésil. Elisabeth, sa maman lui demande de l’aimer, de le protéger et lui impose de partager sa date d’anniversaire. Alors toute son enfance, Tom devra souffler la moitié des bougies du gâteau au chocolat alors qu’il aurait préféré une tarte au citron. Toute son enfance, Tom quémandera l’amour de sa mère, toute son enfance Tom attendra les félicitations de ses parents pour son travail et son comportement exemplaires. A la fin de la première partie de ce roman, Tom a 22 ans, il a quitté le domicile familial, vit seul dans un petit appartement, excelle à Sciences Po, et le premier lundi de chaque mois, il dîne chez ses parents et subit pour une soirée encore l’humiliation de l’indifférence. Le jour où Ben tombe éperdument amoureux de la superbe Grace, une camarade de promo de Tom, un séisme se prépare à bouleverser la vie de chacun. Parce que Grace aime Tom et que Tom se laisse aller à aimer Grace, et que Ben qui n’a pas l’habitude qu’on lui résiste menace de faire une grève de la faim. Elisabeth, leur mère, somme Tom d’abandonner sa petite amie pour ne pas faire de peine à son frère. C’en est trop !  Dans la deuxième partie, on le retrouve au Brésil  où il travaille dans un bar avec son nouvel ami Ricardo. Tous les 2 partent à la recherche de la mère biologique de Ben…

Mais je m’arrête là sinon, je vais vous dévoiler toute l’histoire et ce serait dommage. 

Que l’auteur donne la parole à l’enfant biologique des parents adoptants pour traiter de l’adoption est vraiment intéressant. Que la mère adoptante préfère l’enfant adopté à son enfant biologique est intrigant. Que le père s’efface et laisse son fils souffrir est incompréhensible. Malgré le thème, c’est une lecture agréable et facile, avec le Brésil en toile de fond. L’écriture est simple et fluide, il n’y a pas d’imbroglios, l’histoire se déroule chronologiquement [en dehors des cauchemars de Tom qui nous ramènent à son enfance et nous permettent de comprendre sa souffrance]. Et même s’il y a beaucoup de clichés et quelques invraisemblances, on se laisse embarquer par l’histoire qui connaît certains rebondissements assez bien menés.


Le préféré / Valérie NIVET-DOUMER – Editions Anne Carrère 2015 – 280p

Lola lit L’orangeraie ♥♥♥

orangeraieAziz et Amed ont neuf ans, frères jumeaux, ils vivent dans un pays en guerre.

Un jour, une jeep s’arrête devant l’orangeraie de Zahed, leur père. Un homme sort de la voiture entouré de soldats, s’entretient longuement avec Zahed, et repart en laissant un sac de toile. Les jumeaux sont curieux, que se cache dans ce sac ? La réponse effrayante, leur père va la leur livrer comme un secret ; une ceinture d’explosifs. Et Zahed doit choisir lequel de ses fils va porter cette ceinture, commettre un attentat suicide et mourir en martyr. Faut-il sacrifier Aziz, malade du coeur et déjà condamné ou Amed, plus robuste, moins vulnérable ?

Un tout petit livre d’une puissance incroyable. L’auteur, un québécois, réussit à parler de cette abomination, choisir lequel de ses enfants envoyer à la mort, avec poésie et retenue ; c’est troublant. Un de ces livres qui, des années après, nous donne des frissons juste à y repenser. Un livre impossible à oublier !


L’orangeraie / Larry Tremblay – Éditions Alto 2013 – 168p

Lola lit La terre qui penche ♥♥

laterrequiIl était une fois Blanche, une fillette de 11 ans au regard rebelle, orpheline de mère, qui vit avec son père. Blanche n’a qu’une envie : apprendre à lire, et à écrire son prénom. Mais le diable, parait-il, entre dans l’âme des filles qui savent lire. Alors Blanche comme les autres est confinée dans l’ignorance, jusqu’à ce jour de mai où son père la conduit au Château des Murmures pour l’offrir en mariage à Aymon, le fils un peu simple d’esprit du seigneur de Haute-Pierre et de sa femme Aélis. Finalement la fillette se plaît au château où elle est instruite et s’attache à ce si gentil garçon et à Eloi, le jeune charpentier qui l’a sauvé des eaux de la Loue. La rivière tantôt douce et aimante, tantôt sauvage et cruelle qui serpente sur le domaine révèle à Blanche le secret de sa naissance. Blanche pourrait enfin être heureuse aux Murmures, mais la mort va de nouveau croiser son chemin.

Quel plaisir de retrouver l’univers poétique de Carole Martinez ! Au cœur du Moyen-Age, une histoire contée à deux voix, la petite fille avant sa mort à 12 ans et sa vieille âme. La plus jeune avec vigueur, fraîcheur et innocence, l’ancienne avec raison, douceur et retenue.
Un texte joliment écrit où pointe un soupçon de cruauté et de crudité, au rythme de chants populaires, existants ou imaginés par l’auteure.


 

La terre qui penche/Carole Martinez – Gallimard 2015 – 362p


 

J’ai reçu ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister-Rakuten.

#MRL15 #PriceMinister.

 

 

Lola lit La ville orpheline

lavilleorphelineÉté 1972, Aphrodi et son mari Savvas Papacosta terminent les préparatifs de l’inauguration de leur superbe hôtel fraîchement construit, le Sunrise, le plus grand et luxueux palace de Famagouste, une ville balnéaire située sur la côte Est de l’île de Chypre. Dans le sous-sol, se cache le principal atout de l’hôtel, le Clair de Lune, une boîte de nuit tenue par Markos, le bras droit de Savvas. En ce début de roman Aphrodi n’apprécie pas Markos, elle jalouse la relation de confiance qui lie les deux hommes et se sent tenue à l’écart des décisions, elle est désagréable voire méprisante et lui, bien qu’admirant la beauté de sa patronne, garde ses distances. Jusqu’au jour où Savvas trop occupé par le chantier de construction d’un nouvel hôtel, confie à son bras droit la responsabilité du Sunrise aux côtés de sa femme. Là, la belle Aphrodi tombe sous le charme du beau Markos et crac ! c’est dans la boîte ou plutôt dans les somptueuses literies des suites magnifiques du sunrise, où ils vivent leur liaison passionnée en secret. Mais la situation politique est très instable et un putsch militaire déstabilise l’Île, la plongeant dans le chaos. Aphrodi doit fuir avec son mari, et laisser son amant gérer leurs affaires. Mais alors que tous les habitants ont quitté Famagouste, deux familles se cachent dans les décombres, les Ozkan, des chypriotes turcs qui attendent le retour de leur fils Ali, et les Georgiou, des chypriotes grecs qui attendent eux aussi leur fils Christos.

Dans ce dernier roman de l’auteur comme dans L’Île des oubliés, j’ai trouvé très intéressante la toile de fond, j’ai appris pas mal de trucs sur le conflit chypriote. C’est un livre assez agréable à lire et très vivant, mais que la couverture est moche !


La ville orpheline / Victoria Hislop – Les Escales 2015 – The Sunrise 2014 – 359p

Lola lit Today we live

todayweliveMême si dès le début du roman j’ai été gênée par le choix du registre de langue, que les sentiments prêtés à la petite fille m’ont semblé impropres, que le tout m’a paru bien peu crédible, je n’ai pas abandonné et je ne suis pas déçue.

Encore un roman qui parle de la guerre, ou plutôt qui se passe pendant la guerre ou plus exactement à la fin de la guerre, décembre 1944, dans les Ardennes. Mais cette fois-ci, les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on a l’habitude de désigner. Ici, le gentil pourrait être Mathias, cet officier SS surentraîné, infiltré, espion, exécutant les ordres, même les plus abjects, avec sang froid, sans état d’âme, mais qui, au moment de tirer une balle dans la tête de Renée une petite fille juive orpheline de sept ans, détourne son arme et choisit d’éliminer un soldat allemand. Mathias et Renée prennent la fuite ensemble, se cachent, s’attachent et traversent ensemble la fin de la guerre. Et nous aussi on s’attache, on y prend goût à cette relation d’amour qui se construit.

Un roman construit comme un film, et c’est normal puisque ce livre était d’abord un scénario travaillé à quatre mains par Emmanuelle Pirotte et son compagnon Sylvestre Sbille, avant qu’elle n’en fasse un roman.


Today we live / Emmanuelle Pirotte – Editions du Cherche midi  2015 – 238p

Yaki lit L’héritière

lheritiere2001, au Danemark. Charlotte Damgaard, jeune mère de jumeaux, prépare les valises pour suivre son mari Thomas en Afrique pour 2 ans après avoir démissionné de son poste dans une ONG dédiée à l’environnement. Mais voilà qu’elle reçoit un appel du premier ministre qui lui propose le poste de ministre de l’environnement, un poste qui ne se refuse pas vraiment ! Tant pis ils n’iront pas en Afrique cette fois-ci. Si les premiers jours sont plutôt idylliques pour Charlotte, Thomas lui se sent assez vite à l’écart. Charlotte se retrouve vite prise dans la tourmente médiatique, tiraillée entre ses nouvelles responsabilités et sa vie de famille.

J’ai beaucoup aimé ce roman politique, son intrigue, son écriture et sa construction. Malgré ses 608 pages et son sujet de prime abord pas vraiment léger, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. J’ai apprécié de suivre les changements dans la vie de Charlotte à partir du moment où elle devient une femme publique et où toute vie privée devient impossible. J’ai d’abord eu de la sympathie pour elle, puis un léger mépris quand j’ai compris que le « pouvoir » lui montait à la tête avant de m’y attacher à nouveau quand j’ai compris que malgré tout elle restait fidèle à ses convictions.

J’ai aimé la suivre dans son quotidien et voir à quel point le fait de devenir ministre changeait sa vie de mère et de femme. C’est très réaliste et le fait que ça se passe au Danemark ne change rien à l’intérêt du roman. C’est sans doute pareil dans tous les pays fonctionnant de cette manière, y compris dans notre pays avec lequel j’ai trouvé des similitudes.

Le fait que le ministère choisi par l’auteur soit celui de l’environnement est également très intéressant. Même si certains faits sont un peu datés, les thèmes restent d’actualité et sont vraiment bien traités.

Enfin, je me suis attachée aussi aux personnages secondaires, ceux qui sont dans l’environnement immédiat de Charlotte comme ceux qui en sont plus éloignés. Ils sont dépeints pour certains par petites touches disséminées dans le roman, ce qui lui donne un certain rythme.

J’ai dévoré ce roman.


L’héritière / Hanne-Vibeke Holst – Ed. Pocket – 608 p.

Lola lit Pietra viva

pietra-vivaPrintemps 1505, Michelangelo Buonarroti ne peut supporter de voir le corps sans vie du jeune moine à la beauté éclatante. Bouleversé, il profite de la commande de Jules II, un projet grandiose, pour fuir Rome et la mort d’Andréa qu’il ne comprend pas. Il part donc choisir le marbre du tombeau du Pape à Carrare où il va partager six mois durant la vie des carriers, les travailleurs du marbre Giovani, Topolino, Cavallino…  L’artiste est revêche, hautain, il rejette violemment Michele un petit garçon qui vient de perdre sa maman. Les souvenirs remontent, enfant Michelangelo a, lui aussi, perdu sa mère. La vie dans la carrière, la compagnie de gens simples, l’affection de ce petit garçon vont finalement avoir raison de sa solitude.

J’ai retrouvé Amours dans Pietra viva ; l’écriture simple, douce, délicate, poétique de Léonor de Récondo. Pourtant comme dans Amours, les thèmes sont graves, mais on se laisse porter, on s’abandonne tranquillement, c’est une sensation de plénitude assez étrange mais plutôt agréable.


Pietra viva / Léonar de Récondo – Editions Sabine Wespieser 2013 – 225p

Lola lit les derniers jours de Stefan Zweig

Laurent Seksik c’est Le cas Eduard Einstein et L’exercice de la médecine que j’ai beaucoup, beaucoup aimés ET Stefan Zweig est l’un de mes auteurs préférés.

Alors évidemment Les derniers jours de Stefan Zweig racontés par Laurent Seksik, j’étais impatiente.

L’histoire, on la connait : Stefan Zweig, a fui l’Allemagne dès la montée du régime d’Hitler. L’Angleterre d’abord où il rencontrera la jeune et éperdument amoureuse Lotte, qu’il épousera après s’être séparé de sa femme Friedricke. Les Etats-Unis ensuite, qu’il quittera aussi pour finalement se réfugier à Petropolis au Brésil. Laurent Seksik nous raconte ses derniers mois, où ballotté entre l’envie d’écrire, d’oublier le passé, de vivre enfin, il est rattrapé par ses vieux démons qui le tirent vers le vide. Pour quitter enfin ce monde de fous, il met fin à ses jours entraînant Lotte dans son suicide.

Stefan Zweig dessiné par Alison Thirion http://cargocollective.com/alisonthirion

Stefan Zweig dessiné par Alison Thirion http://cargocollective.com/alisonthirion

Je dois dire que, sans être vraiment déçue, ce n’est pas mon préféré, j’en attendais peut-être trop. Je le relirai plus calmement. En attendant, je vais essayer la version BD de l’auteur avec Guillaume Sorel aux dessins.

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