Tom a 4 ans ce Noël où ses parents lui offrent Ben, un petit frère fraîchement adopté au Brésil. Elisabeth, sa maman lui demande de l’aimer, de le protéger et lui impose de partager sa date d’anniversaire. Alors toute son enfance, Tom devra souffler la moitié des bougies du gâteau au chocolat alors qu’il aurait préféré une tarte au citron. Toute son enfance, Tom quémandera l’amour de sa mère, toute son enfance Tom attendra les félicitations de ses parents pour son travail et son comportement exemplaires. A la fin de la première partie de ce roman, Tom a 22 ans, il a quitté le domicile familial, vit seul dans un petit appartement, excelle à Sciences Po, et le premier lundi de chaque mois, il dîne chez ses parents et subit pour une soirée encore l’humiliation de l’indifférence. Le jour où Ben tombe éperdument amoureux de la superbe Grace, une camarade de promo de Tom, un séisme se prépare à bouleverser la vie de chacun. Parce que Grace aime Tom et que Tom se laisse aller à aimer Grace, et que Ben qui n’a pas l’habitude qu’on lui résiste menace de faire une grève de la faim. Elisabeth, leur mère, somme Tom d’abandonner sa petite amie pour ne pas faire de peine à son frère. C’en est trop ! Dans la deuxième partie, on le retrouve au Brésil où il travaille dans un bar avec son nouvel ami Ricardo. Tous les 2 partent à la recherche de la mère biologique de Ben…
Mais je m’arrête là sinon, je vais vous dévoiler toute l’histoire et ce serait dommage.
Que l’auteur donne la parole à l’enfant biologique des parents adoptants pour traiter de l’adoption est vraiment intéressant. Que la mère adoptante préfère l’enfant adopté à son enfant biologique est intrigant. Que le père s’efface et laisse son fils souffrir est incompréhensible. Malgré le thème, c’est une lecture agréable et facile, avec le Brésil en toile de fond. L’écriture est simple et fluide, il n’y a pas d’imbroglios, l’histoire se déroule chronologiquement [en dehors des cauchemars de Tom qui nous ramènent à son enfance et nous permettent de comprendre sa souffrance]. Et même s’il y a beaucoup de clichés et quelques invraisemblances, on se laisse embarquer par l’histoire qui connaît certains rebondissements assez bien menés.
Le préféré / Valérie NIVET-DOUMER – Editions Anne Carrère 2015 – 280p

Aziz et Amed ont neuf ans, frères jumeaux, ils vivent dans un pays en guerre.
Il était une fois Blanche, une fillette de 11 ans au regard rebelle, orpheline de mère, qui vit avec son père. Blanche n’a qu’une envie : apprendre à lire, et à écrire son prénom. Mais le diable, parait-il, entre dans l’âme des filles qui savent lire. Alors Blanche comme les autres est confinée dans l’ignorance, jusqu’à ce jour de mai où son père la conduit au Château des Murmures pour l’offrir en mariage à Aymon, le fils un peu simple d’esprit du seigneur de Haute-Pierre et de sa femme Aélis. Finalement la fillette se plaît au château où elle est instruite et s’attache à ce si gentil garçon et à Eloi, le jeune charpentier qui l’a sauvé des eaux de la Loue. La rivière tantôt douce et aimante, tantôt sauvage et cruelle qui serpente sur le domaine révèle à Blanche le secret de sa naissance. Blanche pourrait enfin être heureuse aux Murmures, mais la mort va de nouveau croiser son chemin.
Été 1972, Aphrodi et son mari Savvas Papacosta terminent les préparatifs de l’inauguration de leur superbe hôtel fraîchement construit, le Sunrise, le plus grand et luxueux palace de Famagouste, une ville balnéaire située sur la côte Est de l’île de Chypre. Dans le sous-sol, se cache le principal atout de l’hôtel, le Clair de Lune, une boîte de nuit tenue par Markos, le bras droit de Savvas. En ce début de roman Aphrodi n’apprécie pas Markos, elle jalouse la relation de confiance qui lie les deux hommes et se sent tenue à l’écart des décisions, elle est désagréable voire méprisante et lui, bien qu’admirant la beauté de sa patronne, garde ses distances. Jusqu’au jour où Savvas trop occupé par le chantier de construction d’un nouvel hôtel, confie à son bras droit la responsabilité du Sunrise aux côtés de sa femme. Là, la belle Aphrodi tombe sous le charme du beau Markos et crac ! c’est dans la boîte ou plutôt dans les somptueuses literies des suites magnifiques du sunrise, où ils vivent leur liaison passionnée en secret. Mais la situation politique est très instable et un putsch militaire déstabilise l’Île, la plongeant dans le chaos. Aphrodi doit fuir avec son mari, et laisser son amant gérer leurs affaires. Mais alors que tous les habitants ont quitté Famagouste, deux familles se cachent dans les décombres, les Ozkan, des chypriotes turcs qui attendent le retour de leur fils Ali, et les Georgiou, des chypriotes grecs qui attendent eux aussi leur fils Christos.
Même si dès le début du roman j’ai été gênée par le choix du registre de langue, que les sentiments prêtés à la petite fille m’ont semblé impropres, que le tout m’a paru bien peu crédible, je n’ai pas abandonné et je ne suis pas déçue.
2001, au Danemark. Charlotte Damgaard, jeune mère de jumeaux, prépare les valises pour suivre son mari Thomas en Afrique pour 2 ans après avoir démissionné de son poste dans une ONG dédiée à l’environnement. Mais voilà qu’elle reçoit un appel du premier ministre qui lui propose le poste de ministre de l’environnement, un poste qui ne se refuse pas vraiment ! Tant pis ils n’iront pas en Afrique cette fois-ci. Si les premiers jours sont plutôt idylliques pour Charlotte, Thomas lui se sent assez vite à l’écart. Charlotte se retrouve vite prise dans la tourmente médiatique, tiraillée entre ses nouvelles responsabilités et sa vie de famille.
Printemps 1505, Michelangelo Buonarroti ne peut supporter de voir le corps sans vie du jeune moine à la beauté éclatante. Bouleversé, il profite de la commande de Jules II, un projet grandiose, pour fuir Rome et la mort d’Andréa qu’il ne comprend pas. Il part donc choisir le marbre du tombeau du Pape à Carrare où il va partager six mois durant la vie des carriers, les travailleurs du marbre Giovani, Topolino, Cavallino… L’artiste est revêche, hautain, il rejette violemment Michele un petit garçon qui vient de perdre sa maman. Les souvenirs remontent, enfant Michelangelo a, lui aussi, perdu sa mère. La vie dans la carrière, la compagnie de gens simples, l’affection de ce petit garçon vont finalement avoir raison de sa solitude.



