Yaki lit Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Paul est en prison pour une raison que le lecteur ne connait pas. Il partage sa cellule avec un autre taulard respecté des autres et qui le protège. Le récit alterne entre le quotidien de Paul en prison et le retour sur son passé. Au fil du roman se dessine la vie de Paul, son enfance entre un père danois pasteur et une mère soixante-huitarde. Cette enfance se déroule presque sans histoires jusqu’au divorce des parents puis le père de Paul s’expatrie au Canada où il le rejoint quelques années plus tard. Aujourd’hui trois personnages hantent les souvenirs de Paul : son père, sa femme Winona et sa chienne Nouk. Le récit mène le lecteur jusqu’à la fin ou l’ensemble de la vie de Paul est dévoilé.

C’est un roman sympathique, bien écrit, qui se lit tranquillement. Je n’ai pas été très captivée par le passé de Paul, finalement pas si extraordinaire, la seule partie plus intéressante étant les années où Paul est concierge dans un immeuble cossu. Par contre, j’ai été intéressée par les descriptions de la vie de Paul en cellule, la promiscuité avec son codétenu est bien retranscrite, le fait qu’en prison on n’est jamais seul sauf dans ses pensées ou ses souvenirs. A découvrir pour cet éclairage.

Lu et apprécié par Lola ♥


Jean-Paul Dubois – Editions de l’Olivier – août 2019 – 246 pages

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Lola lit Hachiko

Hachiko au pays de la nuit est un roman jeunesse de Linné Lharsson, une auteure pas comme les autres, dont le Billy Chaperon avait rencontré le succès, en 2013. Dans ce roman, elle utilise la célèbre histoire du chien Hachiko, pour emprunter, une nouvelle fois, les chemins de l’imaginaire.

Hachiko, c’est ce chien de race Akita qui, dans les années 20, s’est rendu célèbre dans tout le Japon par sa loyauté et sa fidélité. Il avait l’habitude d’accompagner son maître à la gare tous les matins et de venir le chercher tous les soirs. Mais un jour son maître, décédé d’une crise cardiaque à son travail, n’est pas rentré. Hachiko a continué à se rendre à la gare tous les soirs, pendant plus de 10 ans, pour attendre son maître, chaque jour à l’heure précise de son retour à l’endroit exact où il avait l’habitude de l’accueillir chaque soir.

Le roman commence à la mort de Hachiko, le 8 mars 1935, 10 ans après la mort de son maître. Il est attendu fastueusement au Pays de la nuit par la reine Izanami. Mais à son arrivée, Hachiko qui n’a qu’une idée en tête, retrouver son défunt maître, ignore l’intérêt de la reine. Vexée, Izanami entre dans une colère noire contre Hachiko qui va se lancer dans une aventure fantastique avec ses nouveaux amis.

J’ai abordé cette lecture persuadée de lire l’histoire de Hachiko de son vivant (je n’avais pas lu le résumé) j’ai donc été agréablement surprise. C’est un vrai roman d’aventure, avec de l’action, du suspens, des rencontres incroyables et de l’émotion. Les personnages réels côtoient ceux de la mythologie japonaise et d’autres tout droit sortis de l’imagination de l’auteure. L’écriture est agréable, mon fils de 11 ans, à qui je l’ai prêté, s’est régalé 😀

Un super roman jeunesse à offrir ♥

Merci à Babelio et aux Editions RROYZZ pour cette découverte !


Hachiko au pays de la nuit / Linné LHARSSON – Editions RROYZZ – avril 2017 – 194p

Lola lit Tout le bleu du ciel

Quand j’ai commencé la lecture de ce roman, je me suis dit avec un peu d’ironie que tous les ingrédients étaient réunis pour tirer les larmes aux yeux des lecteurs hypersensibles. Je suis sensible certes mais je n’ai pas la larme facile, je ne pouvais donc pas imaginer que je tournerai les dernières pages en pleurant comme une madeleine. C’est bouleversant ! Ça touche à la mort, la maladie, l’amour, l’amitié, la maternité, la volonté de mourir libre… que des trucs pas marrants du tout mais l’aventure est belle, dépaysante, chargée d’émotions. Emile et Joanne nous emmènent avec eux à bord de leur camping car dans les paysages magnifiques des montagnes pyrénéennes. J’ai noté le nom de tous les sites qu’ils ont traversés, j’ai eu envie d’y aller aussi, voir de mes yeux toute cette beauté.

Emile a 26 ans, il est condamné par un Alzheimer précoce et fulgurant, ses parents, sa sœur aimeraient qu’il s’inscrive à un essai clinique mais il ne veut pas. Il ne veut pas finir sa vie branché sur un lit d’hôpital. Il veut partir, partir pour ne pas être un fardeau et pour choisir la fin de sa vie. En douce, il achète un camping car et passe une annonce sur internet pour trouver un compagnon de route. C’est Joanne qui le contacte, un peu plus jeune que lui, éteinte, discrète, réservée. Toujours d’accord, elle ne le contredit jamais, aime la solitude, et ne parle pas. Ce n’est pas ce qu’espérait Emile mais au moins elle ne pose pas de questions.

Et puis, un jour la naissance d’un sourire transforme l’aventure. J’ai trouvé la première partie est un peu longue, tout me semblait cousu de fil blanc, sans grande surprise mais l’auteure nous emmène bien plus loin et l’intensité de la seconde partie balaie les longueurs.

♥ Un super premier roman d’une toute jeune auteure à suivre ♥


Tout le bleu du ciel / Mélissa Da Costa – Editions Carnets Nord – février 2019 – 654p

 

Lola lit Encre sympathique

Noëlle Lefebvre a disparu. Et c’est Jean Eyben qui est chargé, par la société de détectives privés dans laquelle il travaille, de la retrouver. Nous sommes dans les années soixante, Jean Eyben est tout jeune et il sait déjà qu’il ne fera pas ce métier toute sa vie. Il a quelques pistes, qui le conduisent dans le quinzième arrondissement de Paris, dans un bistrot, un dancing, un appart et la poste. C’est bien maigre, il réussit tout de même à glaner quelques noms qui ne le mèneront nulle part. Jean quittera l’agence de détective mais gardera toujours en tête le mystère de la disparition de Noëlle Lefebvre, et repartira sur ses traces de la Savoie à Rome pour écrire, trente ans après, son propre roman.

On erre, on se perd, on cherche, on aimerait bien la retrouver aussi cette Noëlle, mais dans le cas contraire, ce n’est pas très grave. On aura passer un merveilleux moment avec Modiano, son écriture exigeante mais si modeste.


Encre sympathique / Patrick Modiano – Editions Gallimard – 03/10/2019 –  144 p. – 16 € –

Lola lit Loin

Quelle aventure ce roman ! Il vous emmène loin, très loin 🙂

L’auteur nous trimballe sur les routes allemandes, autrichiennes, turques, géorgiennes et arméniennes, coincés dans une vieille Lada d’occasion entre Antoine et son insupportable frangine Anna. Mais le voyage ne s’arrête pas là et nous allons emprunter tous les moyens de transport existants dont un vieux coucou et un catamaran, pour rejoindre l’Asie à la recherche de Charles, leur père qui les a abandonnés quand ils étaient tout petits. Laurent, le meilleur ami est du voyage, parfait médiateur entre le frère très discipliné et sa punk de soeur qui sont comme chien et chat. Partis quelques jours, ils ne reviendront pas avant plusieurs mois, au terme d’une quête où chacun aura fait un bon bout de chemin personnel.

Beaucoup de personnages peuplent ces histoires parallèles inscrites dans l’Histoire, celle de la montée du nazisme et de la Seconde guerre mondiale, de la Russie communiste, du génocide arménien, de la chute du mur de Berlin, du Tsunami de 2004 dans l’océan indien… On passe de l’une à l’autre sans temps mort, de façon un peu chaotique et ce n’est pas toujours facile de faire le lien entre elles, car les personnages changent de nom mais aussi de prénom, de villes et de pays évidement et même de continent. Un roman rocambolesque, agréable à lire, même si à chaque nouvelle période, chaque nouveau pays, l’auteur nous fait un petit cours de géo-politique qui m’a donné l’impression d’être de retour au collège.


Loin / Alexis Michalik – Editions Albin Michel – septembre 2019 – 656p

 

Lola lit Méchantes blessures

Kamil est un rappeur français, musulman adepte du Souphisme, d’origine congolaise né à Strasbourg. Le lendemain du décès de son père, son agent lui conseille de partir à New York où il pourra faire son deuil et surtout écrire. Kamil s’envole pour les Etats Unis où il se fait assassiner sur le parking d’un club de strip-tease.

Je ne connais l’auteur qu’à travers les textes de quelques unes de ses chansons, mais j’ai eu l’impression en lisant son roman qu’il y avait beaucoup de lui dans son personnage ; le prénom d’abord, Kamil est l’anagramme de Malik, la religion, les racines, le métier, le milieu dans lequel il évolue. Les pensées de l’artiste et de son personnage se superposent, à tel point qu’il est difficile de démêler le vrai du faux. Ce livre est une longue réflexion, plus proche de l’essai philosophique que du roman. On y retrouve son phrasé rythmé, son écriture poétique, ses mots toujours choisis avec soin, sa férocité polie.

Un petit livre spirituel qui nécessite un effort de lecture.


Méchantes blessures / Abd Al Malik – Editions PLON – 22/08/2019 – 224p 

 

 

 

Lola lit Sale gosse

Journaliste, fils d’un éducateur à la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse), c’est naturellement vers son père que Mathieu Palain s’est tourné pour comprendre ce métier méconnu après une immersion de 6 mois à la PJJ où il a croisé les personnages de ce roman. « Au quotidien, les professionnels de la PJJ mènent des actions d’éducation, d’insertion sociale, scolaire et professionnelle au bénéfice des jeunes sous mandat judiciaire, pénal ou civil, et de leur famille. » [http://www.justice.gouv.fr]. Les éducateurs ont un rôle primordial, car ce sont eux qui accueillent les jeunes et les accompagnent jusqu’à leur majorité.

Wilfried est né du mauvais côté, il n’a pas tiré le bon numéro. Enlevé à sa toute jeune mère toxico, il est placé dès ses premiers mois dans une famille d’accueil ; c’est son parcours que l’auteur nous raconte. Wilfried grandit et s’en sort plutôt bien puisqu’il est promis à une belle carrière de joueur de foot professionnel, jusqu’à ce qu’il pète un plomb, se fasse exclure du milieu pour violence et se retrouve dans la zone. Un roman bien documenté où le métier d’éducateur est redoré. J’ai travaillé avec des jeunes de cet environnement, j’en ai reconnu quelques-uns ; tout est si réel dans le roman de Mathieu Palain, il ne manque rien, tout y est : violence, tendresse, incompréhension, dévouement, irresponsabilité, et injustice aussi.

Le tout petit truc qui m’a gênée, même si je sais que c’était nécessaire, c’est la langue, il écrit comme ils parlent : mal !


Sale gosse / Mathieu Palain – Editions L’Iconoclaste – Août 2019 – 350p

 

 

 

Lola lit L’écart :(

Pourquoi ce roman ne m’a pas touchée ? J’ai très vite lâché la main d’Amy qui, pour échapper à l’alcool et à sa vie londonienne sans intérêt, retourne s’installer dans son île natale, dans les Orcades, un archipel subarctique écossais. Je n’ai pas eu envie de la suivre, je l’ai très vite laissé tomber et du coup son histoire m’a terriblement ennuyée. J’ai trouvé que le personnage manquait de panache, de force, de profondeur, elle traîne ses démons comme on traîne un vieux chien, familièrement. Pourtant l’écriture est belle et la nature étourdissante mais elle n’a pas été traitée comme un personnage de l’histoire mais comme un décor.
Je n’aime pas ressentir ce vide pour un livre, je préfère le déplaisir à l’ennui !


L’écart / Amy Liptrot – Editions Globe – Août 2018 – 336p

Traduit de l’anglais par Karine Reignier-Guerre

 

Lola lit Le ciel par-dessus le toit

Difficile de parler de ce roman sans en dire trop.
C’est l’histoire de Phénix qui a vécu un traumatisme d’enfant alors qu’elle s’appelait encore Elliette.  Décidée à renaître de ses cendres, elle est partie, a construit sa vie, a eu plusieurs hommes dont 2 lui ont donné ses enfants. C’est l’histoire de Paloma, sa fille qui a quitté la maison en promettant à son frère de revenir le chercher. C’est l’histoire de Loup, un garçon pas tout à fait comme les autres qui a pris la voiture de sa mère pour rejoindre sa sœur et qui depuis, croupit en prison. C’est une histoire de famille, de relations tendues, inextricables. Une histoire d’amour aussi, maladroite mais sincère.
Un petit roman dense mais qui n’a pas réussi à me combler. Peut-être que j’avais tellement aimé Tropique de la violence, que j’en attendais beaucoup trop 🙁

Le ciel au dessus du toit / Nathacha Appanah – Editions Gallimard – août 2019 – 128p

Lola lit Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon ♥

Une belle réussite le dernier roman de Jean-Paul Dubois. Encore une fois, je suis séduite, tout est parfait : l’écriture, d’abord comme toujours belle, précise, pleine de tendresse, d’humour. L’histoire, ensuite, impeccablement construite, ne laissant rien au hasard. Les personnages, enfin, complets et accomplis. On y retrouve un Paul, originaire de Toulouse qui vit au Canada, aime son chien et manie la tondeuse à gazon avec brio.

Lorsque son père, pasteur danois, quitte sa mère et Toulouse pour le Canada, Paul ne tarde pas à le rejoindre. Mais ce n’est pas le début du roman : le début, c’est le condo, la cellule que Paul partage avec Patrick Horton, un Hells Angels terrifié par le dentiste et les ciseaux de coiffeur, au centre pénitentiaire de Montréal.  Mais que fait Paul, cet homme amical, honnête, poli, serviable, concierge irréprochable de l’Excelsior, en prison ? L’auteur remonte tranquillement le fil de l’histoire, tout en partageant les conditions de cohabitation de Paul et Patrick. C’est très bien ! ♥


Jean-Paul Dubois – Editions de l’Olivier – août 2019 – 246 pages