Lola lit L’enfant parfaite ❤️

L’enfant parfaite s’appelle Roxane, fille unique, elle vit chez sa mère Mélanie à Paris, depuis que son père est parti s’installer avec sa maîtresse à Sète dans le sud. Excellente élève, elle fait la fierté de ses exigeants parents qui l’ont inscrite à Sully, le lycée parisien qui produit l’élite française. Roxane a du mal à gérer la pression ; fatigue, solitude, les résultats qui baissent, la peur de décevoir et bientôt un acné sévère, alors quelque chose en elle se dérègle. Elle consulte un dermato qui lui prescrit un médicament controversé en raison des effets indésirables.
Même si le traitement améliore sa peau, Roxane est au bord de l’implosion. Elle voudrait demander de l’aide mais elle ne parvient pas à se confier, ni à sa mère musicienne trop souvent absente, ni à son père si heureux de sa nouvelle vie, ni à ses amis moqueurs qui la délaissent.

Et puis il y a François, cardiologue réputé, ami d’enfance de Cyril Blanchard, le père de Roxane. François est un praticien bienveillant, bénévole en Afrique, qui a choisi la cardiologie au grand dam de son dermatologue de père qui espérait que son fils marche dans ses pas. La vie de François va basculer un jour de janvier 2018.

La construction de ce roman est géniale : l’auteure alterne une langue de narration classique pour les chapitres concernant le sage François et le langage djeun’s, cadencé, syncopé, cru, parfois incompréhensible, mais expliqué dans un lexique en fin de livre, pour les pages du journal de Roxane. Pages que j’ai souvent lues à haute voix, pour la rime, pour le rythme. La musique est en première place dans ce roman divisé en 5 mouvements, chaque chapitre s’ouvrant sur des paroles de rappeurs, la musique de Roxane.

Dès les premières pages, on sait qu’il s’est passé quelque chose le 15 janvier 2018. La tension monte au fil des pages, un évènement tragique a fait basculer les vies de François et Roxane mais quel est le lien entre eux ?

Je pourrais vous parler de ce livre des heures mais je ne dois rien vous révéler.
Cet excellent roman m’a donné envie de tout lire de l’auteure 💚💛🧡❤️


L’enfant parfaite / Vanessa Bamberger – Editions Liana Levi – janvier 2021 – 272p

Lola lit Ce matin-là 💚

Ce matin-là par JosseCe matin-là, la vie presque parfaite de Clara se fissure. Ce matin-là, c’est l’histoire d’une jeune femme qui craque, qui lâche, qui perd pied. On assiste, impuissants, à sa chute vertigineuse. J’ai été touchée par la fragilité de Clara, j’ai eu peur qu’elle se brise, comme du cristal.

Une histoire de burn-out, un syndrome d’épuisement au travail, une histoire banale qui touche de plus en plus de monde. Un phénomène nouveau ? Dont on parle aujourd’hui ?

L’auteur accompagne le personnage délicatement et avec empathie grâce à son écriture lumineuse. Un très beau roman 💚


Ce matin-là / Gaëlle Josse – Editions Notabilia – janvier 2021 – 215p

Lola lit Tout peut s’oublier

Natan vit en Bretagne où il a repris le cinéma de son oncle. Lorsque Claire l’a quitté, il s’est consolé au Japon dans les bras de Jun. Celle-ci, au caractère vif et joyeux, l’a rapidement rejoint en France ; ils se sont aimés, avaient des projets, un atelier de céramiste pour Jun et surtout, la naissance de Léo. Tout allait merveilleusement bien, enfin c’est ce que Natan pensait lorsque Jun lui a annoncé qu’elle le quittait. La suite est plutôt classique, garde alternée, week-end partagés, jusqu’au jour où Jun et Léo disparaissent. Très rapidement Nathan comprend que Jun est retournée au Japon avec leur fils. Il s’y rend, remue ciel et terre pour retrouver son fils persuadé qu’il fera entendre raison à Jun.

La route de Nathan croise celle de Clément et Arthur, les frères d’Alizé disparue lors d’un séjour au Japon, qui se battent depuis plusieurs mois pour faire avancer une enquête chevrotante. Nathan s’attache à Lise, sa voisine privée elle aussi de son fils qui a fui ses salauds de parents électeurs de Macron, et depuis ne donne plus de nouvelles.

Comment survivre à tel chagrin ? L’auteur n’essaie pas de répondre à la question, il nous fait simplement partagé le quotidien de ces personnes soudainement privé de leur enfant, et met à nu leur douleur, leur détresse.

J’aime Olivier Adam dont je lis chaque nouveau roman. Je retrouve ici son amour pour sa Bretagne et le Japon qu’il connait bien pour y avoir vécu, la sincérité de ses personnages et la force de son écriture.


Tout peut s’oublier / Olivier Adam – Editions Flammarion – janvier 2021 – 270p

Yaki lit American Dirt

American Dirt par CumminsLydia est une libraire sans histoire. Elle vit au Mexique, à Acapulco avec son mari, Sébastian et son fils Luca. Elle a aussi un très bon ami, peut-être même un peu plus qu’un ami, Javier, avec qui elle passe des heures à parler littérature. Une vie calme et tranquille, même si ces dernières années Acapulco s’est peu à peu transformée en ville dangereuse sous l’influence des cartels, et notamment des Jardineros. Le jour où Sébastian publie un article sur leur chef qui n’est autre que Javier, la vie de Lydia bascule. Elle doit fuir et pour tenter de passer inaperçue elle choisit de se joindre aux migrants qui, au péril de leur vie, tentent de passer la frontière pour rallier les Etats-Unis.

Gros coup de cœur pour ce roman qui aborde avec habileté des thèmes actuels au travers de la fiction. Lydia, ça pourrait être n’importe quelle femme, avec ses peurs, ses faiblesses, mais aussi ses forces, son amour indéfectible quoiqu’il arrive pour son fils. Son parcours est semé d’embûches mais elle ne lâche rien, elle résiste. C’est aussi un beau portrait des migrants qui sont forcés de tout quitter pour un avenir qu’ils espèrent meilleur. Mais que de difficultés sur la route, avant d’atteindre pour les plus chanceux le bout du chemin. Combien d’entre eux meurent avant d’arriver… et pourtant, il existe entre certains une certaine solidarité, un semblant d’entraide. Quant à la description des cartels, je crois qu’il est difficile de s’imaginer vivre ainsi constamment dans la crainte quotidienne.

Un livre important avec une écriture percutante qu’on ne lâche pas de la première à la dernière phrase.


American Dirt / Jeanine Cummins – Editions Philippe Rey – août 2020 – 542p

Traduction : Christine Auché et Françoise Adelstain

Lola lit Fantaisie Allemande ♥♥♥

Fantaisie allemande par ClaudelPhilippe Claudel encore une fois me transporte avec ce roman. Mais est-ce vraiment un roman ou un recueil de nouvelles ? Ces 5 textes se déroulent dans l’Allemagne de la Seconde Guerre, dans toute son horreur, son incompréhension, et les questions qu’elle soulève en chacun de nous. Le lien entre ces textes est un prénom : Viktor, sans que l’on sache si c’est la même personne.

Un roman lacunaire, entre chaque histoire, une pause, une ellipse. Ce qu’il nous faut reconstruire, ou pas. L’auteur fait de nous des acteurs, notre imagination est interpelée. Il nous invite à écrire notre propre histoire. On peut chercher à comprendre ou se laisser bercer par l’écriture magnifique de Philippe Claudel et la richesse de chacune de ses histoires. Une expérience de lecture fabuleuse !


Fantaisie allemande / Philippe Claudel – Editions Stock – septembre 2020 – 120p

J’adore vraiment Philippe Claudel, je ne connais pas vraiment le bonhomme mais j’aime ses romans. Il m’en reste quelques uns à lire que j’essaie de garder précieusement pour plus tard.

L’archipel du chien / Compromis / J’abandonne / La petite fille de Monsieur Linh / Le rapport de Brodeck / Les âmes grises / L’arbre du pays Toraja / Inhumaines / L’enquête …

Lola lit Histoire du fils ♥♥

Histoire du fils par LafonLe fils c’est André, le fils secret, le fils caché confié à tante Hélène, élevé, choyé, adoré par sa maman, son oncle Léon et ses trois cousines. Sa mère, Gabrielle, dite la parisienne, vient en visite tous les ans en août. Elle reste trois semaines puis quitte Figeac sans regret, sans chagrin pour rejoindre sa vie dans la capitale. Du père, on ne parlera qu’au repas de noce du fils et encore pas à lui mais à Juliette, son épouse adorée. Paul Lachalme qui partagea le lit de Gabrielle mais ne voulut jamais partagé sa vie, avocat parisien d’avant guerre réputé menant grand train, avant de faire de mauvais choix en 40 et de finir isolé dans sa propriété campagnarde.

Un livre magnifique de simplicité. Un livre de portraits tout en finesse, en délicatesse et en économie de mots. Un livre de liens, de famille, d’amour, de parenté. Des liens tissés, jamais brisés. Une grande saga en 176 pages !

Un petit bijou Emoji


Histoire du fils / Marie-Hélène Lafon – Editions Buchet-Chastel – août 2020 – 176p

Prix Renaudot 2020

Lola lit Liv Maria ♥♥♥

Liv Maria par KerninonLiv Maria Christensen est née sur une île bretonne où elle grandit dans le bonheur et l’insouciance, bercée par les histoires racontées par son norvégien de père, et les sorties en mer pour pêcher avec ses oncles. Un jour, alors qu’elle a 17 ans, elle est victime d’une agression sexuelle, sa mère l’envoie à Berlin chez sa tante paternelle. Après le déchirement de quitter son île et l’incompréhension de cette mise à l’écart, Liv s’adapte à sa vie berlinoise et vit une relation estivale et néanmoins passionnée avec Fergus O’Shea, son prof d’allemand, un irlandais quarantenaire marié et père de famille qui lui promet de garder le contact mais qui, de retour dans son pays à la fin de l’été, ne répondra jamais à ses lettres. Ce même été, ses parents, qu’elle n’avait pas vus depuis un an, périssent dans un accident de voiture. Rentrée dévastée, Liv décide de reprendre le commerce familial avant de choisir finalement l’aventure en Amérique du sud où elle pose ses valises. Devenue trentenaire, elle y rencontre un touriste, l’épouse et le suit dans son pays, l’Irlande !

Julia Kerninon nous conduit, entre les années 70 et aujourd’hui, sur les traces de son incroyable héroïne, une femme loyale, sincère, indépendante, éprise de liberté, marquée toute sa vie par son premier amour trahi, qui finira par la rattraper par un odieux hasard.

J’ai adoré ce personnage lumineux Emoji  Un roman coup de cœur !


Liv Maria / Julia Kerninon – Éditions L’Iconoclaste – août 2020 – 272p

Lola lit Le cœur battant de nos mères ♥

Le coeur battant de nos mères par Bennett

A Oceanside, Californie, la Chapelle du Cénacle. Au sein de cette communauté afro-américaine conservatrice, tout se sait, se devine, se charge, se partage, se répand… Chacun doit rester sur ses gardes de peur d’être jugé et pas seulement par Dieu. Au cœur de cette histoire, trois jeunes âmes adolescentes, Aubrey Evans, Luke Sheppard et Nadia Turner, liés par l’amour et les secrets.

La mère de Nadia s’est tiré une balle dans la tête, celle de Aubrey a fait rentrer un monstre dans sa maison quant à celle de Luke, femme du pasteur, elle est très impliquée dans son rôle de gardienne de la morale chrétienne. Sur les bancs de l’église, les Mères, des femmes noires, âgées, retraitées, veuves, seules, paroissiennes fidèles qui sont toujours là, écoutent, voient et prient pour les uns et les autres.

Je ne raconterai pas ce qui lie Nadia, Luke et Aubrey, je ne dirai d’ailleurs rien de plus, excepté que j’ai beaucoup aimé. L’histoire est intéressante, l’écriture est belle, l’ensemble est parfaitement maîtrisé.
Un très grand plaisir de lecture  Emoji


Le cœur battant de nos mères / Brit Bennett – Editions Autrement – août 2017 – 352p

traduit de l’anglais (usa) par Jean Esch

Lola lit J’ai failli te manquer

J'ai failli te manquer par FouchetJ’ai enfin terminé ! Ce fut laborieux de lire ce roman mettant en scène Cerise et sa mère Lise qui lui aurait préféré un garçon et qui aurait souhaité la mort de sa fille à la place de son mari. Cette pauvre Cerise qui se débat dans cette relation difficile avec ce parangon d’égoïsme qu’est sa mère.
Une histoire triste et même pas belle.
J’ai été trompée par la douceur et la naïveté de la couverture qui m’a laissé penser qu’il s’agissait d’un roman qui fait du bien (ce dont j’avais sûrement envie à ce moment-là, en pleine crise sanitaire)
Pourtant je l’ai lu en entier, l’écriture et la sensibilité de l’auteure m’ont plu, il faudra que je lise ses autres romans.

 


J’ai failli te manquer / Lorraine Foucher – Editions Héloïse d’Ormesson – avril 2020 – 368p