Lola lit Summer

Ce roman avait tout pour me plaire ; une magnifique couverture et un thème, celui de l’absence, qui me passionne. Et il a tenu ses promesses ♥

Summer, superbe liane blonde souriante et enjoue, a disparu l’été de ses 19 ans lors d’un pique-nique au bord du lac Léman

Benjamin, son petit frère, 24 ans après le drame raconte, ou plutôt se raconte. Car il s’agit bien de l’histoire de Benjamin, de la façon dont il gère l’absence de sa sœur.
C’est 24 ans après donc, que dans son bureau, une forte odeur convoque le passé. La boîte à souvenirs, à secrets est secouée puis ouverte.
Benjamin se souvient, reconstruit, interroge, apprend et comprend…

J’ai beaucoup aimé, sauf la fin que j’ai trouvée inutile. Si c’était à refaire, je m’arrêterais quelques pages avant la dernière. Une très chouette lecture !


Summer/Monica SABOLO – Editions JC Lattès – Littérature française – 23/08/2017 – 320p

Yaki lit Ma mère en vigilance orange

A la suite du départ de son père, Louise, 16 ans, se retrouve à devoir gérer la maladie de sa mère, son petit frère de 8 ans, le quotidien en parallèle avec sa vie d’ado, ses amitiés et ses amours.

Louise est une jeune fille très attachante, elle aime la vie et la poésie. Elle est déjà un peu décalée par rapport aux autres ados mais sa situation familiale accentue la différence. Elle prend pourtant tout ce qui lui arrive avec beaucoup de maturité. Le personnage du petit frère est aussi adorable, un petit garçon avec déjà la tête bien sur les épaules. C’est un roman touchant qui aborde en plus des thèmes liés à l’adolescence la thématique difficile de la maladie d’un parent. C’est écrit avec beaucoup de délicatesse, de sensibilité et malgré tout de l’humour. Un beau roman. 


Ma mère en vigilance orange / Eric Sanvoisin – La Joie de Lire, Coll. Encrage, 2017

Yaki lit Le groupe

Le groupe c’est dix élèves de terminale et deux professeurs  qui se réunissent une heure par semaine pour participer à un atelier d’écriture. Si ces ateliers sont animés par l’un des enseignants, tous, élèves et adultes, doivent écrire en respectant les consignes imposées. Tous sont sur le même pied d’égalité. Si au départ les textes sont de pures fictions, il vient un moment où chacun finit par dévoiler un peu de lui. Ces quelques heures passées en groupe vont changer leur vision des uns et des autres et vont changer leurs relations.

Difficile de résumer ce roman qui alterne la vision qu’ont les participants des ateliers et leurs textes de manière très bien construite. L’écriture de Jean-Philippe Blondel est toute en sensibilité. Certains textes sont magnifiques et beaucoup m’ont touchée. On a l’impression d’accompagner le groupe, de participer et de changer notre regard en même temps que celui des participants.

A lire même par les adultes !


Le groupe / Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior, Romans ADO, 2017

Lola lit Mercy, Mary, Patty

L’auteur a choisi un célèbre fait divers pour dresser des portraits de femmes. En 1974, Patricia Hearst 19 ans, fille de millionnaire est enlevée par un groupe révolutionnaire, le SLA. A la place d’une rançon,  les ravisseurs exigent la distribution de nourriture pour les plus pauvres de Los Angeles. Très rapidement et devant le peu de motivation de ses parents à la sauver, Patricia Hearst se rallie à la cause du SLA et participe à des actions terroristes. Syndrome de Stockholm, réelle prise de conscience, engagement politique, lavage de cerveau ? L’Amérique est divisée. Rapidement arrêtée, Patricia risque la prison, alors l’avocat de la famille souhaite plaider le lavage de cerveau et charge Gene Neveva, professeur d’université émérite de trouver dans le dossier des éléments de preuves. En France pour un an, Gene engage Violaine, une jeune étudiante, pour l’assister dans ses recherches.

Pour raconter les 15 jours de recherches de Gene et Violaine dans la première partie, et faire le lien avec aujourd’hui dans la seconde, la narratrice, inconnue et invisible, s’adresse à Gene Neveva en utilisant le VOUS. Ce choix de narration complexe a rendu ce début de lecture laborieux et presque pénible. J’avoue qu’à chaque fois que je reprenais ma lecture, après quelques lignes assez confuses, j’étais un peu paumée, je devais faire un petit effort de concentration. Je n’étais donc pas pressée d’y retourner. Je me suis pourtant accrochée et j’ai un peu mieux appréciée la seconde partie. Mais je n’ai eu qu’une hâte, tout au long de cette lecture, la terminer pour pouvoir commencer la suivante !


Mercy, Mary, Patty / Lola Lafon – Editions Actes Sud – août 2017 – 240p

Lola lit La tresse

La tresse du nouveau roman de Laetitia Colombani entrelace 3 destins de femmes de nos jours ; en Inde, Smita une intouchable, impure, maudite, juste autorisée à nettoyer les excréments des castes supérieures, rêve d’une autre vie pour Lalita, sa fille de 6 ans. Giulia est une jeune sicilienne indépendante qui, au décès de son père, doit se battre pour reprendre l’atelier familial et s’affirmer dans une société où les hommes dominent. Au Canada, Sarah, avocate quarantenaire brillante, s’apprête à prendre la tête du prestigieux cabinet Johnson & Lockwood. Mais ses résultats d’analyse révèlent un cancer, une terrible nouvelle que Sarah doit garder secrète pour poursuivre sa carrière.

Un roman sur la condition des femmes, les combats qu’elles doivent mener partout, chaque jour, contre les traditions, les discriminations, l’injustice et le machisme. Et pas pour accéder au pouvoir, ah non ! Juste pour un peu de liberté et d’égalité.

Un premier roman prometteur, l’écriture très agréable et la construction à 3 voix -un chapitre, une femme, un pays, un combat- offrent un joli moment de lecture. J’attends l’adaptation ciné, parce que c’est sûr, il y aura une adaptation ciné !


La tresse / Laetitia Colombani – Editions Grasset – 2017 – 222 pages

Lola regarde Médecin de campagne

François Cluzet est parfait dans le rôle de Jean-Pierre Werner, médecin de campagne un peu bourru qui apprend qu’il est atteint d’un cancer et a beaucoup de mal à laisser un peu de place à Nathalie Delezia envoyée en renfort par l’ami oncologue pour le seconder et peut-être même le remplacer. On fait avec eux le tour des patients du village, des fermes alentour, on les suit dans leurs visites à domicile et au cabinet et on accompagne Jean-Pierre sur le chemin de cette terrible maladie.

C’est un joli film, sincère et touchant, avec d’excellents acteurs ! Le temps passe si vite qu’on est étonné quand arrive la fin.


Par ici la Bande AnnonceBA

Un film de Thomas LILTI avec François Cluzet et Marianne Denicourt  (2016)

Lola lit Point cardinal

Point cardinal c’est l’histoire de Laurent bien marié à Solange, papa comblé de deux  adolescents Thomas et Claire, qui mène une vie idéale.
Mais Laurent souffre de sa duplicité car il se sent emprisonné dans son corps d’homme, lui qui se sent femme. Alors tous les samedis après-midi, au prétexte d’un entraînement de vélo, Laurent enfile ses habits de Mathilda, perruque blonde, talons vertigineux, robe à paillettes et rejoint ses amies transsexuelles au Zanzibar.
Mais un jour, femme et enfant partent 3 jours pendant lesquels Laurent enfile son costume de femme dans la maison. En rentrant, Solange découvre la perruque et décide de suivre son mari. Cette filature la mène devant le bar où Mathilda lui avoue qui il est. Puis tout s’enchaîne, libéré, délivré, Laurent lâche la nouvelle à table. Thomas réagit très brutalement, Claire est perdue. Et si Laurent-Lauren est étonné de ne pas trouver de réconfort parmi les siens, il est au moins sûr de ses alliés au travail.

Comme dans Amours et Pietra viva, l’auteur traite un sujet grave avec douceur et politesse. Les émotions sont contenues, il n’y a pas de place pour les cris, les crises, les reproches et les représailles dans les romans de Léonor de Recondo. Un roman très agréable à lire mais je doute que ce soit aussi simple dans la vraie vie. Alors comme dans les précédents, il m’a juste manqué un peu de passion.


Point cardinal / Léonor de Récondo –  Sabine Wespieser éditeur 2017 – 225p

Lola lit Article 353 du code pénal

Un huis clos dans une salle de tribunal à la pointe de la Bretagne où Martial Kermeur fait face au juge et déroule les circonstances qui l’ont amené à jeter Antoine Lanzenec à la mer. Ce promoteur, arrivé 6 ans auparavant dans une belle voiture de sport et qui, avec de grands projets immobiliers avait réussi à convaincre un village presqu’entier d’investir dans sa nouvelle résidence « Le Saint Tropez du Finistère ». Mais après avoir poussé un homme au suicide et en avoir envoyé un autre en prison, le promoteur véreux a fini à l’eau avec les rêves des petites gens qui avaient cru à ses promesses et investi tout ce qu’ils avaient.
Un long monologue tristement réaliste, rarement interrompu par une remarque du juge. J’avais l’impression d’être assise dans le bureau du juge, j’ai  »écouté » avec attention cet honnête homme coupable d’un meurtre se raconter, parler de sa femme, de son fil, et j’ai été touchée et j’ai compris comment Martial Kermeur était passé à l’acte. Le rôle du juge est très important, un catalyseur qui m’a doucement amenée à la même conclusion que lui. Un livre que j’ai beaucoup aimé !

Article 353 du code pénal – Tanguy Viel – Editions de Minuit 2017 – 174p

Lola lit Croire au merveilleux

Dans Croire au merveilleux, on retrouve César, personnage rencontré dans le précédent roman de l’auteur, Plonger qu’il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir lu. Depuis la disparition de Paz sa femme adorée, César est inconsolable et dans une telle détresse qu’ il décide de mettre fin à ses jours. Son suicide est bien orchestré, Hector confié à ses grands-parents, les médicaments achetés en dose suffisante, César est prêt. Mais son geste est interrompu par la visite de sa jeune et magnifique nouvelle voisine, qu’il va suivre dans un voyage onirique et hellénique où il trouvera peut-être enfin les réponses à ses questions.

Je n’ai malheureusement pas réussi à croire au merveilleux ! Et quel dommage parce que je me faisais une joie littéraire de ces retrouvailles. Peut-être que, tout juste lu après La salle de bal de Anna Hope, ce roman a souffert de la comparaison. Je n’y ai pas cru, je me suis ennuyée…

 

Lola lit La salle de Bal

J’appréhendais de me lancer dans ce nouveau roman d’Anna Hope, j’avais un peu peur d’être déçue, Le chagrin des vivants, m’avait tellement plu. Finalement bravant ma peur, avec courage et détermination, j’ai entamé ma lecture 😉

Et très vite, j’ai été émerveillée et intimidée par la salle de bal, cette pièce magnifique au coeur de l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, au nord de l’Angleterre, à l’aube du vingtième siècle. Nous sommes en hiver 1911 et une jeune pensionnaire est internée pour avoir brisé une vitre de l’usine dans laquelle elle était ouvrière. Ella, dans les premiers temps, souffre de l’enfermement et de la privation de liberté et tente de s’évader, mais très vite, sa révolte laisse place à la résignation et elle s’abandonne à la routine de l’établissement.

Si les femmes de Sharston ont l’interdiction formelle de sortir, les hommes, quant à eux, sont employés à l’extérieur. Parmi eux John Mulligan, un irlandais indifférent à son sort, qui ne s’est jamais remis de la disparition de sa femme. La vie de l’asile est rythmée par l’orchestre du docteur Fuller, jeune psychiatre violoniste, persuadé que la musique et la danse peuvent améliorer le sort de ses patients. Chaque vendredi, un grand bal est organisé dans la grandiose salle de bal. Seuls les pensionnaires les plus obéissants, sages et sans histoire peuvent y participer, chacun attendant fébrilement d’être appelés, sauf Ella et John qui n’ont aucune envie de participer à la vie de Sharston. Pourtant, c’est à cette occasion qu’ils vont se connaître et bientôt, assister au bal du vendredi va devenir, pour eux, essentiel.

L’intérêt du docteur Fuller pour la guérison de ses malades et son opposition à l’eugénisme, prôné à cette époque par les politiques, Churchill en tête, laisse entrevoir une fin heureuse à l’histoire d’amour de John et Ella. Mais au 2/3 du roman, tout bascule admirablement !

J’avais peur, complètement effrayée à l’idée de ce qui allait advenir à ces 2 pauvres hères qui méritaient pourtant tellement d’être heureux. Et pour la première fois de ma vie de lectrice, j’ai failli abandonner ma lecture !

Alors autant vous dire que j’ai beaucoup aimé ce roman. L’histoire, racontée du point de vue des 3 personnages, Ella, John et Charles Fuller, est parfaitement construite. Encore une fois, le sujet choisi par l’auteure est vraiment intéressant, l’écriture claire et fluide, les personnages attachants.  Et je me demande avec délice, quel sera le thème du prochain 😉


La salle de bal/ The ballroom (2016) – Anna Hope – traduit de l’anglais par Elodie Leplat – Editions Gallimard 2017 – 389 pages


Merci au service presse des Editions Gallimard et à Babelio