Un manquant dans le vocabulaire viticole, c’est un cep de vigne mort ou déficient qui laisse un trou. Dans ce roman, Thomas a disparu mais je n’ai pas eu l’impression qu’il « manquait ».
Deux ans après, alors que Claire n’a jamais signalé cette disparition officiellement, elle est convoquée avec Joan et Hélène, deux amies du couple. La police qui enquête sur le meurtre de Marie S. (survenu 2 mois avant la disparition de Thomas) est remontée jusqu’à la piste de Thomas. Les trois femmes se livrent chacune leur tour sur leurs liens avec Thomas : l’une unie à lui par le mariage, l’autre par une amitié trouble et la dernière par une relation pas si simple. Mais qui était-il vraiment ?
L’écriture est fluide et agréable mais le texte manque de rythme et de piquant, j’ai trouvé l’ensemble répétitif, long et monotone, presque ennuyeux. Il m’a manqué quelque chose pour être happée. Le sort de Thomas ne m’a pas vraiment intéressée, sa disparition anecdotique est plutôt l’occasion de parler de la vie des trois amies dont les vies auraient pu faire un roman passionnant : Claire a repris le vignoble de ses parents et s’est découvert une véritable passion, Hélène actrice inconnue vend ses charmes pour vivre, Joan exilée américaine sans papier joue à cache cache avec les services d’immigration. Au moment du roman, elles ont créé une communauté sur le modèle de la Commune de Tolbiac nous indique l’auteure dans l’épilogue. Mais ma curiosité n’a pas du tout été piquée ! Malgré cet avis mitigé, j’ai envie de découvrir les autres romans de cette autrice que je ne connaissais pas.
Les manquants / Marie Eve Lacasse – Editions Seuil – mars 2023 – 256p






A la terrasse d’un café parisien, après quelques bières 3 copains trentenaires, amateurs d’aventures, atteints du syndrome de Tom Sawyer, font le pari complètement fou de descendre la Seine jusqu’à la mer. Eté 2018, à bord d’un canoé 2 places de 3m80 ayant appartenu à Véronique Sanson et baptisé Bateau, une tringle et un rideau de douche en guise de mâts et de voile, Hubert l’auteur capitaine écrivain et journaliste, Samuel étudiant brillant et François le major latiniste prennent la mer ou plutôt le fleuve, du pont du Garigliano vers Honfleur. Une aventure à la rencontre du peuple des berges, une galerie de personnages incroyables, extravagants, hauts en couleur, riverains du fleuve. Une histoire d’amitié, d’engueulades, de jalousies, de petites galères. 3 potes sont sur Bateau, parfois l’un tombe à l’eau…

Avec
Un livre très personnel, où l’autrice évoque son amitié idyllique avec Sybil. Elles se rencontrent sur les bancs de l’école primaire, et s’entendent très bien tout de suite. Laurence est fascinée par la chevelure de Sybil qui porte des tresses brunes, épaisses et très longues ; personne ne l’a jamais vue avec les cheveux détachés, c’est le mystère de Sybil. Les deux fillettes partagent un appétit féroce pour la lecture, le savoir et les longues discussions. Ces moments de partage scellent leur relation qui va durer jusqu’au lycée. Dans la famille de Sybil, on est sensible aux apparences, on fréquente la haute société. Il faut donc être parfait, irréprochable ! La mère de Sybil a de l’ambition pour ses enfants. La famille de Laurence est plus fantaisiste, plus libre, plus douce aussi ; il faut trouver sa voie qui n’est pas forcément celle de l’excellence. Au lycée, leur milieu social va les séparer, elles intègrent deux établissements différents. Leur amitié s’étiole, les rdv s’espacent, les jeunes filles s’éloignent. Sybil ne semble pas en souffrir contrairement à Laurence qui gardera un vide qu’elle cherche, dans ce roman, à comprendre. Devenues femmes et mères, elles se revoient une fois ou deux mais Laurence peine à reconnaitre son amie flamboyante dans la triste et fade Sybil adulte. Jusqu’à ce jour, où elle apprend la mort brutale de son amie. L’auteure sait à ce moment qu’elle écrira un jour sur Sybil ; des années plus tard, elle dévoile enfin le secret et son inconsolable chagrin.
La petite Eve est née à Barcelone par PMA. Sa maman, Stéphanie a décidé de faire un bébé toute seule au grand dam de Nicole sa mère, une vieille femme méchante, aigrie et pleine d’amertume, qui rumine, se plaint, n’aime personne et ne se gêne pas pour dire ce qu’elle pense. Surtout de cette stupide fête blanche que sa sotte de fille prépare pour introniser Greg son copain gay comme père intime de Eve. Quelle horreur ! Nicole fulmine. Et ses trois filles angoissent, elles craignent que la douairière ne gâche la fête qui promet d’être belle. Tout sera blanc, Stéphanie y veille, de la déco à la nourriture, des vêtements des invités au linge de table, tout doit être parfait.