De nos jours, sur l’île grecque de Kalamaki, Yannis compte. Il compte et compare ; les bateaux, l’ordre de leur arrivée dans le port, les kilos de poissons pêchés, mais aussi chaque jour à une heure précise, les clients du café Stamboulidis. Il aime ou déteste certains chiffres, celui de son âge par exemple, le 11, méchant et pointu alors que le 12 est magnifique, divisible par 6 chiffres. Yannis est autiste, et inquiet de l’ordre du monde. Maraki, sa maman que son métier de pêcheuse épuise, l’élève seule. Heureusement sur les conseils de Kosmas, le prêtre responsable de la paroisse, elle est bientôt aidée par Eliot, un américain à la retraite qui étudie le Nombre d’Or. Un projet de construction monumental vient perturber l’équilibre de l’île ; certains sont pour cet hôtel de luxe, quand d’autres lui préfèrent le projet un peu fou d’une école philosophique.
Metin Arditi est un conteur admirable ! Ce roman est beau, bien écrit, l’histoire passionnante et tous les personnages attachants, tout comme les excellents Loin des bras et Le Turquetto dont je vous conseille la lecture.
L’enfant qui mesurait le monde / Metin Arditi – Editions Grasset – août 2016 – 304p

Les hasards du calendrier… Le nouveau roman d’Olivier Adam, sorti juste après la mort de Johnny, parle justement de la disparition d’une idole de la chanson vieillissante ou plutôt de la quête de sa fille unique.
Californie, un été, fin des années 60 – The girls, ce sont ces filles que Evie croise dans le parc et qu’elle envie. Mal habillées, crasseuses, malpolies, agressives mais apparemment libres, elles vivent en communauté sous l’influence du mystique et charismatique Russel. Pour Evie, 14 ans, qui juge sa vie d’une banalité abyssale, se trouve moche et sans intérêt, cette vie alternative, c’est l’aventure, le rêve ! Lorsque Suzanne s’intéresse enfin à elle, c’est le coup de foudre. L’admiration d’Evie, l’amène à mentir, à voler, trahir, et participer à des jeux sexuels dégradants. Mais cette fascination la conduira-t-elle jusqu’au meurtre ?
François, un jeune savoyard, quitte ses montagnes pour la méditerranée, où son ami René a réussi à les faire embaucher sur le chantier du barrage de Malpasset, près de Fréjus. Sur place, François ne partage pas la vie de ses collègues, c’est un jeune homme solitaire, qui découvre une région bien différente de celle de son enfance, il aime se promener sous le soleil et prendre des photos avec l’appareil qu’il s’offre grâce à sa première paie. Un soir, il croise Louise Cassagne et tombe follement amoureux. Louise est la fille d’un riche producteur fruitier, opposé comme d’autres, au barrage qu’il juge construit sur un site dangereux. Mais Louise et François s’en moquent, ils s’aiment, vont au cinéma et sont heureux, jusqu’à ce que Louise, de santé fragile, parte en cure pendant l’été. Il lui promet qu’à son retour, il l’épousera, mais Louise ne revient pas et ne donne plus de nouvelles. François est dévasté de chagrin. En novembre, il fait ses 3 jours à l’armée et est affecté aux chasseurs alpins. Mais en ces temps tourmentés, la France envoie ses jeunes soldats en Algérie et le 7 juillet 1956, François »débarque de l’autre côté de la mer ». Quand il rentre en mars 58, il s’installe chez sa mère. Il a changé, il est absent, tourne en rond, et décide de retourner travailler à Fréjus où une terrible catastrophe l’attend. Dans la soirée du 2 décembre 1959, vers 21heures, après un été caniculaire et des pluies automnales diluviennes, le barrage rompt dans un grondement assourdissant ; une cinquantaine de millions de mètres cubes d’eau déferlent dans les villages alentour tuant plus de 400 personnes et détruisant tout sur leur passage.
Dans les années 70, Marie est une beauté provinciale qui fait tourner les têtes des garçons qui l’admirent et des filles qui la jalousent. Et Marie adore ça, susciter l’envie. Alors évidemment, elle se laisse séduire par Olivier, le beau gosse du coin dont toutes sont raide dingues. Elle lui offre même sa virginité, savourant déjà la contrariété des Autres. Mais comme disait ma grand-mère, si tu t’assoies sur un clou, il va t’arriver des bricoles, et dans ces années-là, ce genre de bricole conduisait direct à l’autel
Bakhita c’est le nom que lui ont donné les hommes qui l’ont arrachée à son village soudanais où elle vivait entourée des siens. A sept ans, enchaînée, maltraitée, affamée et assoiffée, elle traverse le désert pour rejoindre la ville où elle sera vendue. Ceci n’est pas un roman, c’est l’histoire vraie de cette femme née au Soudan en 1869, qui a vécu l’enfer de l’esclavagisme, de la torture, du viol, des privations, de l’humiliation, de la douleur. Bakhita s’est battue pour survivre dans l’espoir de retrouver sa soeur Kismeth, enlevée elle aussi, et de revoir un jour sa chère maman et son village. Esclave d’un trafiquant turc qui va l’abandonner quand il est obligé de fuir le pays, Bakhita est rachetée par le consul d’Italie qui la soustrait à sa terrible condition, et finit par céder à ses prières et la ramène avec lui en Italie. C’est le début de la seconde vie de Bakhita. En quelques années, elle va acquérir sa liberté, se faire baptiser, entrer dans les ordres, devenir une religieuse adorée des enfants. En 1947, Bakhita rend son dernier soupir entourée des soeurs canossiennes et de ses fantômes, au couvent de Schio, en Italie. Bakhita a été béatifiée puis canonisée en 2000 par Jean-Paul II.
Connaissez-vous Lviv ? Une ville de l’ouest de l’Ukraine. Mais peut-être la connaissez-vous sous le nom de Lvov, de Lwov ou Lemberg, selon qu’elle a été polonaise, allemande, russe, austro-hongroise entre 1880 et 1945.
Clara et Alex sont de petits écoliers doués de super pouvoirs ! Clara dompte le feu et fulgurAlex est super fort et hyper rapide. Alors évidemment aller à l’école le matin, c’est moins marrant que de défendre le monde. Mais ce matin-là, c’est la panique à l’école, des monstres ont envahi les classes et pourchassent les enfants effrayés. C’est exactement ce qu’attendaient nos super héros ! Pas le temps d’enfiler les super costumes, ils s’attaquent aux squelettes, zombies et autres monstres. Il semblerait que les monstres des contes soient sortis des livres. Les monstres des contes ?! Alors il y a aussi le loup ?! Clara est terrorisée ! Heureusement FulgurAlex est là. Ils vont combattre les monstres et même démasquer le cerveau de l’opération.
En Suède, Eva-Lena, prof de suédois et d’anglais, est parfaite ! Enfin, elle fait tout pour ça, même si ses ados d’enfants, son bosseur de mari, ses collègues et même ses élèves en doutent. Un vendredi soir, elle enfourche son vélo pour retourner au collège et se retrouve enfermée dans la salle de la photocopieuse. Horrifiée par ce contretemps qui risque de bouleverser son planning, Eva-Lena va profiter de cette liberté forcée, retrouvée, pour faire un petit bilan. Parallèlement aux pensées intimes de Eva-Lena, nous découvrons sa vie, sa famille, son travail dans lequel elle s’investit beaucoup (trop ?) et Aurora, une ancienne copine pleine de fantaisie réapparue subitement.
Mince alors, ça avait pourtant l’air super sympa ! Jolie couverture et résumé alléchant : un événement, Eva et Jim 2 jeunes étudiants londoniens se croisent dans la rue, 3 options s’ignorer, se parler, boire un verre, 3 vies différentes depuis leur rencontre jusqu’à nos jours. Le genre de truc que j’adore, auquel il m’arrive de penser et qui me donne le tournis. Mais quel dommage, l’auteure a choisi de raconter les 3 versions en même temps, un chapitre chacune. Bon c’est déjà un peu compliqué à suivre, mais en plus, difficile de s’y retrouver dans les prénoms des enfants différents selon les versions, les décès des grands-parents pas toujours aux mêmes moments, les activités professionnelles des uns et des autres… Les 3 histoires sont bien trop proches pour ne pas s’emberlificoter et nous perdre. Et puis quand même, dans les 3 histoires, tout le monde trompe tout le monde, à chaque baiser, je devais réfléchir pour savoir s’il s’agissait d’un couple officiel, adultère ou en passe de le devenir. J’ai pensé noter sur une feuille, pour chaque version, qui était le père des enfants, qui était la femme, le mari, l’amant, qui travaillait, qui non… Et puis j’ai fini par ne plus me prendre la tête, me dire que ça allait bien finir par se mettre en place tout seul et puis sinon, bah tant pis ! Je suis allée jusqu’au bout quand même, mais je n’ai pas changé d’avis, j’aurais vraiment préféré lire les 3 versions à la suite pour avoir le temps de me familiariser avec les relations entre les personnages. Bref, j’espérais lire un bon roman feel good, c’est raté !