Lola lit La délicatesse ♥♥

La délicatesse,
le mot est agréable en bouche, tout en équilibre. On a envie de le prononcer lentement, de le murmurer, le répéter pour s’en imprégner tant il est doux. Et puis, il augure de moments si appétissants.
Alors un livre dont le titre est « la délicatesse », ne pouvait que me tenter. En plus, la quatrième de couverture propose un court extrait dans lequel François dit de Nathalie alors qu’ils sont au café « le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… » Moi, au café, je prends TOUJOURS un jus d’abricot. Alors en lisant ce passage, je me suis sentie comme « une effraction de la réalité » et ça m’a plu !

ladelicatesse

C’est un joli roman raffiné, subtil et « drôlement » construit : de temps en temps, entre deux chapitres, des infos insolites comme le podium du championnat du monde de puzzle de Minsk en 2008, les ingrédients nécessaires à la préparation du risotto aux asperges, un extrait de la posologie du Guronzan, le texte d’un sms… Ces fantaisies rendent la lecture vraiment agréable.

Et c’est encore une histoire d’amour !! (oui bon, je confesse un petit côté fleur bleue)

Lui, François + Elle, Nathalie

Ils se sont rencontrés, se sont plu, se sont aimés, se sont mariés, ils auraient pu avoir beaucoup d’enfants et vivre heureux mais malheureusement la mort s’en mêle et fauche François, un dimanche alors qu’il est sorti courir. Nathalie est anéantie. Elle s’enferme chez elle.
Charles, le patron de l’entreprise suédoise dans laquelle Nathalie occupe un très bon poste, la soutient pendant cette épreuve (il est secrètement fou amoureux d’elle). Lorsqu’enfin la toute jeune veuve retourne au travail, Charles est d’excellente humeur, non seulement Nathalie est revenue mais elle accepte de dîner avec lui. Il se met à y croire Charles.
Erreur ! C’est à Markus que la belle va donner le baiser tant convoité.
Markus ?? Markus !! Ce petit employé disgracieux !! La si jolie Nathalie !! A peine croyable, un remake de la Belle et la Bête. Même lui n’y croit pas.
Et pourtant…
Mais il va devoir s’accrocher le Markus, parce qu’elle n’est pas simple la Belle, et le chemin qui mène à son coeur est un vrai parcours du combattant, sinueux et semé d’embûches.

Hé bien, vous serez étonnés si je vous dis que cette histoire est tout en délicatesse.
L’écriture est simple, épurée, les phrases sont courtes, les descriptions réduites au minimum. Tout est fait pour nous simplifier la lecture, nous la rendre douce et poétique. Les personnages sont attachants, les situations un brin fantasques.

Et me croirez-vous si je vous dis que, la dernière page du livre achevée, un mot danse devant nos yeux. Lequel ?! DELICATESSE

« La délicatesse », j’ai rarement croisé un titre aussi exact que celui-là.

L’auteur, David Foenkinos et son frère stéphane, ont adapté le roman au cinéma avec Audrey Tautou dans le rôle de Nathalie, François Damiens dans celui de Markus et Pio MiamMiam Oups,pardon 😉 Marmaï, Pio Marmaï en François.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=GokJiGnJHC0&w=560&h=315]

Lola regarde De battre mon cœur s’est arrêté ♥♥♥

« Mon cœur s’est arrêté de battre » = trop banal
« S’est arrêté mon cœur de battre » = trop original
« De battre s’est arrêté mon cœur » = trop confus

« De battre mon cœur s’est arrêté » = PARFAIT !

J’adore ce titre, et Romain Duris aussi j’adore. C’est un acteur excellent qui « habite » chacun de ses rôles ; on le suit les yeux fermés, à chaque fois, on y croit, c’est son histoire, sa vie, c’est lui !

Et dans CE film-là, il est magistral.

de_battre_mon_coeurIl incarne Tom, petite trentaine, costard cravate, marchand de biens aux méthodes plus que véreuses, capable par exemple, avec ses 2 associés d’expulser des squatteurs à coups de barre de fer.
Tom est violent, vaniteux, impulsif, impatient, froid et pourtant…
Dès le début, on le devine différent de ses deux acolytes, on a l’impression que le monde de magouilles qui l’entoure ne le touche pas, qu’il est ailleurs, détaché, insensible, qu’il traverse sa vie sans convictions, sans sentiments, suivant les traces de son père, un Niels Arestrup dégueulasse, détestable, méprisable.
Un jour, par hasard, Tom tombe sur un ancien ami de sa mère – concertiste renommée, décédée, qui partageait sa passion du piano avec son fils – qui l’invite à passer une audition. Tom va alors se remettre au piano, à sa façon, brutalement, se contraindre à un entraînement intensif avec une jeune pianiste chinoise (qui ne parle pas français d’où une scène de dispute puissante).
Tom y met toute son énergie, travaille sans relâche, se trompe, s’énerve, recommence, travaille, hésite, n’y arrive pas, s’énerve encore… Et sous le regard intransigeant de Miao-Lin, progresse enfin. Il se transforme, abandonne l’ombre pour la lumière, délaissant le monde de son père, violent, rude, noir pour celui de la musique, de sa mère, et de Miao-Lin, où l’honnêteté, le travail, le mérite et la douceur se côtoient.

Ce film est un concentré d’émotions, de sensations. Pendant tout le film contaminés par l’hyper-nervosité de Tom, on a le cuisseau qui s’agite, les doigts qui pianotent, les tempes qui battent, le coeur qui cogne, l’estomac en vrac, le souffle court…

Alors à messieurs Audiard et Duris, je dis merci pour ce film puissant, intense, riche. Quant à vous, vous l’avez raté au cinéma en 2005 ?! Dommage ! Débrouillez-vous mais vous devez le voir 🙂

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SECRETS DE TOURNAGE

REGARDER LE FILM

Lola enquête sur la taille des français

Mais qu’est-ce qu’il y a comme grands !
Moi, avec mon mètre soixante-deux et demi (j’y tiens, vous allez voir pourquoi), je me sens toute petite. Pourtant, je fais pile poil la taille moyenne des françaises.
Bon, ce n’est pas que pour me consoler qu’une Campagne Nationale de Mensurations a été menée par l’IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement).
Entre 2003 et 2004, 11562 volontaires de 5 à 70 ans ont été « scannés » par deux cabines d’imagerie 3D (examen non douloureux de 15 minutes). Celles-ci ont sillonné la France découpée en 5 régions pour l’occasion (nord, sud, est, ouest et région parisienne).
Cette technologie a permis de mesurer les volumes, les formes, de manière très précise. L’objectif était d’une part, de permettre aux industries du textile de réajuster leurs patronnages (on va enfin trouver des fringues qui nous vont !) et d’autre part, plus intéressant, de prendre en considération ces nouvelles mesures pour repenser l’ergonomie : à la maison, au boulot, dans les transports, dans le domaine de la santé (milieu hospitalier) … Il va falloir revoir la longueur des lits, la hauteur des bureaux, des plans de travail, l’espace entre les sièges, la position des pédales dans les voitures…

Parce qu’en 30 ans (la dernière campagne date des années 70), la morphologie des français a changé :
Les femmes ont grandi (un peu) et grossi (un peu plus)
La femme moyenne des années 70 affichait 160,4cm pour 60,6kg et portait un petit 38.
Celle de 2000 est plus généreuse = 162,5cm pour 62,4kg et elle met du 40.
Idem pour les hommes :
1970 = 170,1cm pour 72kg
2000 = 175,6cm pour 77,4kg
Evolution normale grâce à notre alimentation surtout, riche en protéines.
Mais ce qui est étonnant, c’est l’apparition chez les jeunes adultes masculins de 15 à 25 ans, d’un groupe de très grands, plus de 191cm. Et c’est vrai qu’aux heures de sorties de cours, on peut voir des déplacements de troupeaux de géants.

Cette Campagne nous livre d’autres infos plus ou moins rigolotes :

→La taille commerciale la plus demandée est le 40 suivie du 42. Kate Moche Moss est une extraterrestre dans le paysage morphologique français (Je préfère la plantureuse Monica Bellucci)
→Les plus grands français (hommes et femmes confondus) se trouvent dans le Nord-Est, où ils atteignent respectivement 176,4 et 163,1cm
→Chez les femmes, les petites (154cm) et les grandes (172cm) représentent chacune 25% de la population
→26,6% des français est en surpoids et 8,3% en obésité (moins drôle)
→Les petits garçons de 3 ans mesurent 2,5cm et 1kg de plus qu’il y a 20 ans (103cm et 14,2kg).
→La taille moyenne des européens augmente du sud au nord : les plus grands sont les danois, les plus petits les portugais.

Finissons en beauté avec la plantureuse Marylin Monroe :

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Lola lit et regarde Mademoiselle Chambon ♥♥♥

Roman écrit par Eric Holder en 1996, adapté au cinéma avec beaucoup de justesse par Stéphane Brizé en 2009.

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Mademoiselle Chambon

C’est l’histoire d’Antonio, maçon portugais, bon mari, bon père de famille, vie tranquille, sans histoires. Un jour, il croise l’institutrice de son fils kévin (la susnommée) et…

ils tombent amoureux !!

Classique, rien d’affolant, une histoire d’amour banale entre un homme et une femme ordinaires. Juste, tout d’un coup, un grain de sable dans une vie si bien réglée. Un grain de sable comme un petit grain de folie. Une rencontre qui va bouleverser Antonio parce qu’elle va lui révéler une partie de lui-même qu’il ne soupçonnait pas, il s’éveille à la sensibilité et à la beauté.

C’est beau, délicat, tout en finesse. Les descriptions des sentiments, des émotions sont magnifiques. Holder décrit avec lucidité la vie provinciale, modeste, engourdie, presque ennuyeuse mais «qui convient». Il porte une grande attention aux personnes, à ce qu’elles ressentent. L’écriture est sobre, simple, chaque mot est choisi, aucun effet, aucun lyrisme pour conter cette histoire tristement banale. Les héros font l’économie de mots, ils parlent peu et avec maladresse. Leurs regards, leurs gestes parlent pour eux, mais avec beaucoup de pudeur et de retenue.
On a envie de parler de passion, parce que : oui, ce que Mademoiselle Chambon et Antonio éprouvent est très fort. Oui, ça dépasse la raison. Oui, ça leur fait faire des choses folles (pour elle, s’acheter une nouvelle robe légère et se demander si elle va lui plaire et pour lui se passer le visage et les mains à l’eau fraîche en quittant le chantier au cas où). Oui, ils sont perdus et en même temps éperdument heureux. Oui, ils prennent le risque de tout perdre. Oui, ils ont envie de s’enfuir vers un possible amour.

C’est la passion ça, non ?!

Sauf que pour Antonio et Mademoiselle Chambon, qui vivent tous les deux dans une petite ville de la Marne, la passion a des allures de long fleuve tranquille, on est loin de Roméo et Juliette, de Jack et Rose, d’Edward et Bella. La folie est ailleurs, douce et amère. Et on pressent que la vie d’Antonio ne sera plus jamais la même.

Mais une question se pose tout de même : est-ce vraiment l’Amour ou juste une brèche dans le quotidien ? Peut-être que vous trouverez la réponse à cette question en regardant le film (après avoir lu le livre, ou vice versa). Parce que l’adaptation est particulièrement réussie. Le roman est vraiment respecté. Les trois acteurs principaux, Sandrine Kiberlain, Vincent Lindon et Aure Atika (Anne-Marie, la femme du maçon) sont d’une justesse incroyable. Pour la petite histoire, Stéphane Brizé a tout de suite proposé le rôle de Jean (oui Antonio devient Jean dans le film ?!) à Vincent Lindon et lui a dit que SA Mademoiselle Chambon avait les traits de Sandrine Kiberlain. Or le couple avait été marié, et était divorcé. Mais Lindon, en vrai gentleman, n’a pas voulu privé son ex-compagne de ce rôle magnifique.

mademoiselle-chambon

Il y a quelques différences entre le livre et le film, mais rien de primordial. Dans le livre, les deux femmes deviennent amies, mademoiselle Chambon se confie à Anne-Marie, l’épouse d’Antonio ; je n’ai pas retrouvé cette intimité dans le film, mais la différence principale pour moi, est le cadre. Dans le roman, «l’action» se passe dans la Marne, région qui n’est pas réputée pour son ensoleillement et cette grisaille participe à l’ambiance feutrée du roman. Le film, par contre, est transposé dans le sud, mais ça n’est absolument pas gênant, le soleil omniprésent allège un peu l’atmosphère. J’ai souvent eu l’impression de percevoir les odeurs et de sentir le souffle du vent en regardant le film.

Mademoiselle Chambon est donc une histoire qui, sans le talent de Holder puis de Brizé, aurait pu être l’histoire insignifiante de deux personnes insipides qui se croisent…

Mais Mademoiselle Chambon est, grâce au talent de l’écrivain puis du cinéaste, l’histoire poignante de deux personnes émouvantes qui s’aiment…

Cette histoire a été « transportée » au théâtre par La Compagnie des Epices, je n’ai vu que des extraits mais j’ai vraiment été emballée, je vous livre la présentation du spectacle par Alain Prioul, un des 3 directeurs artistiques :

« J’ai choisi de transporter ce roman à la scène, en conservant au maximum sa structure, son phrasé et son rythme. Ce ne sera pas une pièce de théâtre mais un récit à trois voix. Chaque personnage est le narrateur de sa propre histoire. Il pense avec les mots d’Eric Holder, mais lorsqu’il se retrouve confronté à un autre protagoniste, il retrouve ses maladresses de langage, ses impossibilités de formuler à voix haute et intelligible ce qu’il ressent avec cette acuité tellement tranchante qu’elle en devient douloureuse. »

Le voyage fête son premier mois sous le soleil

Voilà, ça fait déjà un mois que le voyage de Lola a commencé ! 

Vous êtes nombreux à être monter dans le petit train, et je vous remercie, ça fait plaisir de savoir que je ne passe pas la plupart de mon temps libre verrouillée sur mon pc pour rien ! Parce que 17 articles publiés, ça fait beaucoup beaucoup d’heures de travail 😉 Ah bin « si j’aurais su, j’aurais pas v’nu » comme disait Petit Gibus » mais j’adore ça.

J’en profite pour mettre au point 2 ou 3 trucs, parce que peut-être que vous vous posez des questions 😉

D’abord, Lola ne choisit, pour ses articles, que des sujets français, non par chauvinisme bien sûr (bien que j’adore la France) mais pour que nos nombreux amis étrangers profitent un peu de nos richesses culturelles.

Secondo, Lola ne choisit pas forcément des nouveautés, des sujets dont on parle dans la presse. Par contre, un livre ou un film passé inaperçu, oublié ou boudé mais qui vaut le coup, ça c’est intéressant.

Enfin, Lola ne choisit que des sujets qui lui plaisent. Alors peut-être que pour vous, c’est un peu gnan-gnan de toujours lire des trucs sympas mais c’est vraiment un parti-pris. Pour les coups de gueule, il faudra aller voir ailleurs 🙁 Moi, j’ai plutôt envie de vous faire découvrir des bons livres, des chouettes films, des enquêtes intéressantes ou marrantes, des gens sympas et talentueux… Bon peut-être qu’un jour, je vais péter un plomb, me mettre à râler et à casser du sucre sur le dos de tout ce qui bouge mais là, je créerai une nouvelle catégorie !

Et puis j’aimerais bien qu’il y ait un espace réservé aux voyageurs, où vous pourriez parler à votre tour de vos livres, vos films, les trucs que vous aimez… mais je ne sais ABSOLUMENT pas comment mettre ça en place. Mais j’y arriverai un jour, j’ai déjà réussi à intégrer des photos et des vidéos dans mes articles, alors… Je découvre de nouvelles fonctions tous les jours !

Voilà, je vous remercie encore une fois. Vous avez accueilli ce projet avec beaucoup d’enthousiasme, et le nombre de visites quotidiennes sur le site prouve votre intérêt.

Alors puisque Le voyage de Lola vous plait, faites-en profiter vos amis, partagez, partagez et partagez encore, plus on est de fous, plus on rit. Et ne soyez pas timides, donnez-moi vos idées ! 😉

Allez, je vous envoie un joli brin de muguet en ce premier mai, et je vous souhaite de passer une excellente journée sous ce soleil tant désiré.

(et rdv demain pour un nouvel article)

Lola se balade à La Cotinière

A 550 km de Paris, sur la façade ouest de l’île d’Oléron, se cache le port de La Cotinière, le plus important de l’île et même du département de Charente Maritime.

cotinierevue

La Cotinière, c’est aussi un ravissant petit village de pêcheurs (896 habitants), l’un des plus typiques de l’île, fait de petites maisons basses, collées les unes aux autres, et de toutes petites rues bordées l’été de roses trémières et de belles de nuit.

Mais La Cotinière c’est surtout : 

1) des glaces délicieuses (les meilleures jamais mangées) faites maison avec une quantité incroyable de parfums.
2) le retour des bateaux de pêche avec les mouettes qui les escortent, les poissons tout frais pêchés, les filets mis à sécher sur le sol.
3) le petit marché nocturne où on trouve tout un tas de petits bazars spécial vacances d’été, où des artistes tirent le portrait, caricaturent, tatouent…
4) le phare rouge et blanc au bout de la jetée.
5) les pavés coco, de délicieux gâteaux à la noix de coco et au chocolat.
6) la marée qui découvre les rochers et fait apparaitre des mini-piscines pour les crabes et les crevettes.
7) le climat de l’île vraiment très agréable, l’ensoleillement comparable à celui d’une partie du sud de la France (Oh, je devine vos sourires narquois mais ce n’est pas une blague !!)
8) et enfin la plage de sable fin où l’eau finalement n’est pas si froide grâce au fameux Gulf Stream (Oui bon ça va, on a compris !)

cotiniereplage

Et puis l’île d’Oléron n’est pas très grande avec ses 30 km de long sur 8 de largeet ses 4 coins sont tout aussi intéressants : St Trojean, Fort Boyard, Fort Louvois, le phare de Chassiron…

cotiniereport

Allez donc faire un petit tour à La Cotinière et n’oubliez pas votre épuisette !

Razzia à la fnac

Il y en a qui ont l’eau à la bouche en passant devant la vitrine d’un pâtissier, pour d’autres c’est un magasin de chaussures ou de sacs à main qui les retient sur le trottoir, et il y en a même (au moins un) qui sont attirés par les produits de charcuterie (si, si, je vous jure, ça existe ! Chuuuut, mais Chéri, il faut l’attendre quand il s’arrête devant une charcuterie).

Moi, les vitrines qui me font rêver, ce sont celles des librairies. Elles ont un goût de paradis. J’aime aussi les papeteries, les carnets, les cahiers, les crayons, les feutres à pointe fine, les stylos décorés… C’est le bonheur les papeteries. Alors quand je rentre dans une librairie-papeterie, alors là, c’est le paradis du bonheur !!

Du coup, la fnac, c’est le seul supermarché où j’aime faire mes « courses », c’est ma pâtisserie à moi ! Je bave d’envie devant les rayons, je voudrais tout avoir. Quand je suis là-dedans, je rêve de tout acheter. Tous ces bouquins qui me tendent la main, tous ces films qui me font de l’oeil ! Je dois vraiment me faire violence pour ne pas vider mon codevi 🙂 Mais j’y vais quand même (et fuck le monde !) quand une envie irrépressible me prend.

Et aujourd’hui par exemple, j’ai frôlé la déprime vu le temps (à se mettre la tête dans le four), donc direction la fnac, antidote à la morosité où j’ai évidemment acheté quelques livres et quelques films :

Les livres :

Où on va, papa de Jean-Louis Fournier (2008)

Charly 9 de Jean Teulé  (2011)

La femme au miroir de Eric-Emmanuel Schmitt (2011)

Le fils de Michel Rostain (2011)

Les années cerises de Claudie Gallay (2011)

Je connais tous ces auteurs sauf Michel Rostain que je n’ai jamais lu, j’ai acheté ce livre juste parce que je suis tombée dessus, que j’étais en pleine frénésie acheteuse et que je n’avais acheté que des trucs connus ; une petite cerise sur le gâteau qui j’espère ne sera pas véreuse. J’ai aussi acheté IQ24 de Haruki Murakami le livre 1, ainsi que « la vie très privée de Mr Sim » de Jonathan Coe et la suite de « le mec de la tombe d’à côté » de Mazetti. Mais ceux-là, pour le moment, je les garde pour moi.

On passe aux films :

Je l’aimais tiré du magnifique roman éponyme de Gavalda, adapté en 2009 par (l’adorée) Zabou Breitman avec Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze (je les aime tous)

Copacabana (2010) de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert, sa fille Lolita Chammah et Aure Atika. Connais pas ce film, mais Isabelle Huppert me fascine.

Le père de mes enfants (2009) d’une inconnue avec des inconnus (pour moi)

Avant l’aube (2010) de Raphaël Jacoulot avec Jean-Pierre Bacri (pour moi ça suffit, si Bacri est là, je fonce, quitte à être déçue, m’en fous, je lui pardonne tout à cet affreux !)

Allez maintenant au boulot, il va falloir lire et regarder tout ça !! Houlala, j’en frémis (de plaisir) d’avance, j’ai hââââte !

Amis voyageurs, bon week-end et réjouissez-vous, mardi c’est férié 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lola lit La vie d’une autre ♥

Marie s’endort un soir de 1988 dans les bras du beau Pablo, fraîchement rencontré dans ce restaurant marocain où elle a passé la soirée à fêter son nouveau boulot avec ses amis. Marie s’endort comblée. En ouvrant les yeux le lendemain, Pablo est là, qui la regarde, il y a tant d’amour dans ses yeux. Et cette mèche grise là sur la tempe, pas remarquée hier soir. Puis Pablo ouvre la bouche et… le charme est rompu : « Les enfants sont en train de déjeuner, ton café est prêt. Je n’ai pas le temps de les accompagner. Est-ce que tu peux t’en occuper ? » (p12) 

Quoi ? Ha ha, la bonne blague ! En plus d’être beau, il a de l’humour… Mais quand les 2 marmots se jettent sur elle en l’appelant maman, Marie ne comprend plus rien, elle est abasourdie, c’est un cauchemar !? Malgré le choc, Marie « suit » les enfants à l’école et, sur le chemin du retour s’arrête interloquée devant un kiosque à journaux datés de 2000 !

La veille, c’était bien le jeudi 12 mai 1988. Alors là, ça devient franchement l’angoisse. Que se passe-t-il ? Marie est-elle frappée d’amnésie ? Où sont ces 12 années pendant lesquelles elle a apparemment épousé Pablo et lui a fait des enfants ? (En plus, se réveiller en l’an 2000, cette année mythique, pleine de promesses ! Déjà pas facile de se faire appeler maman par des enfants qu’on n’a pas désirés, ni mis au monde et encore moins élevés, mais devoir en plus se familiariser avec toutes ces nouveautés technologiques, internet, téléphone portable…) Marie a souvent pensé à ce qu’elle serait/ferait en 2000, mais ça, elle n’aurait pu l’imaginer : se réveiller dans la peau d’une autre Marie, plus vieille, mariée au grisonnant Pablo et maman. Marie a oublié 12 ans de sa vie. Son mariage, ses accouchements, son boulot ? Sa mère est-elle vivante ? A-t-elle des amis ? Qui sont-ils ? Un tourbillon de questions l’assaille. Par crainte d’être prise pour une folle, elle décide de cacher la vérité à Pablo. Elle va elle-même trouver les réponses, enquêter sur sa vie, ou plutôt sur la vie de l’autre, celle qu’elle est devenue… Vous suivez ?! 🙂

Super roman, très agréable à lire, l’écriture est fluide et pleine d’énergie, on ne s’ennuie pas une seconde, presque aussi impatients que Marie de découvrir le pourquoi de cet abîme. Bon, il ne faudra pas être déçu, à la fin on ne va pas se décrocher la mâchoire de surprise sous l’effet de « la révélation ». Mais ce n’est pas grave, parce que c’est un sacré roman d’aventure qu’a écrit Frédérique Deghelt (Pirates des Caraïbes à côté c’est du pipi de chat), l’héroïne se réveille dans une vie qui n’est pas la sienne et n’a aucun souvenirs des 12 années écoulées.

Si c’est pas de l’aventure, ça ! Elle doit :

grand 1 → rassembler les 12000 pièces de cet incroyable puzzle                               

grand 2 → trouver ce qui a déclenché cette amnésie, comprendre pourquoi sa vie subitement lui a échappé.

Alors Marie cherche, remue, doute, analyse, réfléchit, suppute, s’interroge…            

Finalement sa vie était-elle si parfaite ? Et quid de ce pacte dont parle Pablo ?

Toutes ces questions que se pose Marie, les thèmes abordés, le temps qui passe, les choix déterminants, le pardon, la vie de couple, les souvenirs… sont universels. Cette introspection pourrait être la nôtre. Il y a bien des fois où se réveiller le matin, croiser la tête de Monsieur de mauvais poil, arbitrer les disputes des mômes, marcher dans le caca du chien, se renverser l’eau chaude du thé sur les pieds, ça donne envie de se prendre la tête dans les mains et de se demander : « Mais qu’est-ce que je fous là ?!?! C’est pas ma vie ça !!! Moi, j’aurais dû être célibataire, sans enfants (mais avec des neveux adorables), faire un boulot de dingue dans un truc humanitaire, j’aurais voyagé, gagné des sous et en plus suscité l’admiration ! Bref la vie d’une autre, quoi ! Parce que la mienne (qui n’est pas si mal) c’est mari + gosses + animaux de compagnie.

Et puis, la chance qu’ils ont ces deux-là, c’est que Marie, elle n’est amoureuse que depuis quelques heures. Et ça, c’est génial après 12 ans de vie commune. Elle l’aime son Pablo, c’est tout beau tout nouveau pour elle. Et qui n’a jamais rêvé de ça ?! S’aimer comme au premier jour…

(une minute de rêverie)


La vie d’une autre / Frédérique Deghelt –  Editions Babel – janvier 2010 – 340p

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« La vie d’une autre » a été librement adapté au cinéma par Sylvie Testud, avec dans les rôles principaux Juliette Binoche et Mathieu Kassovitz 

Le livre en tout cas, vous pouvez le lire les yeux fermés 😉

Lola enquête sur la « nouvelle orthographe »

Bonjour, pour commencer je vous propose un petit jeu. Vous devez choisir l’orthographe correcte des mots proposés :

oignon ou ognon — nénufar ou nénuphar — trente-et-un ou trente et un — des après-midis ou des après-midi — évènement ou événement — je céderai ou je cèderai — un coût ou un cout — il parait ou il paraît — amoncellement ou amoncèlement — des matchs ou des matches — un week-end  ou un weekend — portemonnaie ou porte-monnaie — ambigüe ou ambiguë — je les ai laissés partir ou je les ai laissé partir — absous ou absout — chariot ou charriot — papèterie ou papeterie — douçâtre ou douceâtre.

Alors ?! Ah ah, pas facile, hein ?! Ça chauffe sous les cheveux !! Vous voulez savoir ?!

Eh bien bravo, vous avez tous gagné !

Depuis la grande réforme de 1990, tous ces mots sont correctement orthographiés 😀

La tendance de cette réforme, qui portait sur  le trait d’union, le pluriel des noms composés, l’accent circonflexe, le participe passé des verbes pronominaux et diverses anomalies, était donc, vous l’avez compris, de simplifier l’orthographe en se débarrassant des accents superflus, des pluriels trop compliqués, en unifiant la graphie de certains mots, en supprimant certaines incohérences et en clarifiant des situations confuses, pour permettre aux enfants (et aux adultes aussi) d’appliquer les règles orthographiques plus facilement et peut-être leur donner envie d’écrire sans fautes, et contribuer ainsi au renforcement de la langue française !

Cela dit, depuis le XVIIème siècle, il y en a eu des réformes visant à simplifier l’orthographe. A partir de 1740, quand les philosophes entrent à l’Académie, plus du quart du vocabulaire est transformé et modernisé, par suppression de lettres inutiles (autheur > auteur), des consonnes muettes (adjouster > ajouter), remplacement du es interne (estre > être). En 1762, apparait l’accent grave et c’est en 1835 que l’Académie adopte définitivement la position de Voltaire sur le remplacement de oi par ai, et corrige les formes verbales j’estois, je feroi, je finirois

Les réformes du XXème siècle seront plus timides et quasiment sans effets (1901, 1935, 1977). La dernière, celle de 1990, ne déroge pas à la règle. L’emploi de la  nouvelle orthographe n’est pas imposé, juste recommandé et l’ancienne reste admise. Les enseignants, par contre, doivent enseigner ces nouvelles règles en classe mais apparemment ce n’est pas si facile étant donné que les éditeurs de manuels scolaires ne prennent pas en compte les rectifications.

Mais c’est vrai que c’est difficile, subitement d’écrire maitresse et plus maîtresse, alors que cette faute nous a coûté des points dans les dictées ! Et puis on n’a pas envie de lâcher sinon à quoi ça aura servi d’apprendre toutes ces règles par cœur, toutes ces exceptions, et les exceptions des exceptions 🙂 C’est gravé à jamais !!

Pourtant, au cours des siècles, on l’a vu, l’orthographe n’a cessé d’évoluer, et plus de la moitié des mots qui figuraient dans le premier dictionnaire de l’Académie en 1694, ne s’écrivent plus de la même manière.

Les réformes, il y en aura d’autres, ce n’est pas fini.

Surtout que le niveau d’orthographe des petits (et des plus grands) français ne cesse de baisser. Selon une étude, réalisée par la direction statistique du ministère sur les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle 1987-2007, le nombre d’erreurs sur une même dictée est passé en moyenne de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de quinze erreurs était de 26 % en 1987, il est aujourd’hui de 46 %.

Les fautes d’orthographe, un vrai problème de société ! À tel point qu’un organisme privé vient de mettre en place une certification en orthographe, « la certification Voltaire » comme le toeic pour l’anglais.

Et au fait, vous vous souvenez de l’histoire des « zharicots » ? Un jour, on nous a dit qu’il fallait faire la liaison ?! Hé bien c’était une rumeur, rumeur colportée par L’Actu (n°8 du jeudi 3 septembre 1998, p.7), qui n’a pas jugé bon de publier de rectificatif ! même pas drôle 🙁

Le journal en a parlé, voici la vidéo : http://videos.tf1.fr/jt-20h/la-reforme-de-l-orthographe-tres-peu-appliquee-6818080.html

Les nouvelles règles de 1990 sont ici : http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/introduction.html#introduction

Des renseignements sur la certification Voltaire ? Par là : http://www.certification-voltaire.fr/certification-voltaire.html

Lola lit Le magasin des suicides ♥

suicideUne merveille ce petit bouquin, drôle à mourir ! Et ça tombe bien puisque la mort ou plutôt le suicide, c’est justement le sujet du livre. Non, ne grincez pas des dents, je sais bien que c’est un sujet ultra sensible et qu’il est indécent d’en plaisanter. Mais Jean Teulé a écrit une fable, véritable hymne à la vie, complètement décalée.

L’histoire complètement loufoque et déjantée de la famille Tuvache qui tient une petite boutique spécialisée dans le matériel « de qualité » destiné à réussir son suicide (cordes tressées main, kits hara-kiri, poisons maison… ) La devise de la maison : « Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé ». Une règle d’or, ne jamais dire « aurevoir » aux clients mais « adieu ».Depuis 10 générations, l’affaire est prospère. Mischima, le père s’est spécialisé dans les morts violentes, la mère Lucrèce, concocte elle-même ses potions létales, Vincent, l’aîné des ado travaille d’arrache-pied à la création d’un parc d’attraction sur le thème du suicide et enfin Marilyne adolescente mal dans sa peau, dépressive mais à qui ses parents défendent de se donner la mort. Bah oui, qui tiendrait la boutique s’ils se laissaient aller à la tristesse ? Il faut être raisonnable !

Et ainsi va la vie morbide de la famille Tuvache.

Jusqu’au jour où par professionnalisme, les époux testent un préservatif poreux et donnent le jour à Alan, bambin qui, au grand désespoir de ses parents, aime la vie. Il est heureux le bougre ! Il chantonne, plaisante, console  les clients… Drôle, tendre, gentil, Alan respire la joie de vivre. Quelle déception pour Mischima et Lucrèce, et quelle honte pour la famille !

Le bonheur d’Alan sera-t-il contagieux ? La morosité du reste de la famille le contaminera-t-elle ?

J’ai adoré « le magasin des suicides » dans ses moindres détails ! Je me suis régalée de la première à la dernière page (dommage qu’il n’y en ait que 150)

Intelligent, férocement drôle, absurde, original, délirant, poétique, touchant, ce petit livre plein de fraîcheur va vous laisser un petit goût de bonheur.

Bonne lecture…


PS : Patrice Leconte (cinéaste français, « Ridicule », « La fille sur le pont »…), s’est lancé pour la première fois dans le film d’animation pour adapter « Le magasin des suicides », en 2016.