Claire Lancel écrivaine, la cinquantaine, a blessé volontairement et violemment son compagnon qui est dans le coma. Avant son procès, Claire raconte à son avocate (et aux lecteurs) sa relation avec Gilles, de l’émerveillement des débuts avec un homme gentil et très amoureux jusqu’au drame. Leur histoire avait pourtant bien commencé, amoureux comme des adolescents, ils s’étaient même fait des promesses : Gilles a fait promettre à Claire de ne jamais écrire sur lui et elle lui a demandé de ne jamais la trahir, promesses qui ne seront pas tenues mais qui en doutait ? Insidieusement, le comportement de Gilles se modifie, soufflant le chaud et le froid, entre manipulation et domination, chantage et humiliation, Gilles exerce une emprise psychologique sur Claire, et bien qu’il devienne infect, elle se sent perdue, essaie de comprendre, lui trouve des excuses, se cherche des torts, se sent responsable et coupable. Comme Carole la meilleure amie de Claire, on se rend rapidement compte que Gilles est toxique, mais Claire est aveuglée, on voudrait la mettre en garde, l’amour de cet homme est excessif, vénéneux, son comportement est abject.
La narration est intéressante car elle mélange le « je » de Claire et des entretiens des personnes de l’entourage du couple, qui doivent s’exprimer, témoigner, expliquer la relation de Claire et Gilles. Pourtant j’ai eu un peu de mal au début à m’extraire des clichés : cette femme éperdument amoureuse de ce type pervers. Mais le roman est construit comme un thriller et j’ai eu envie de comprendre la mécanique de cette histoire. J’ai bien fait de ne pas abandonner trop rapidement, c’est du Camille Laurens quand même !
Ta promesse / Camille Laurens – Editions Gallimard – janvier 2025 – 368p.








Billie partage la vie chaotique de son père Léo depuis la disparition de sa mère. Quand, pourquoi, où ? Les questions de Billie restent sans réponse. Léo survit difficilement, entre son boulot à la conserverie de sardines et les bières qu’il éclusent quotidiennement, parfois en grande quantité. Il ne sait pas comment faire avec sa fille, il n’a jamais su, il l’aime c’est sûr mais il n’y arrive pas. Alors Billie, 12 ans, s’élève toute seule mais elle aime la vie, le collège et sa meilleure copine Lisa, les copains du terrain de basket et même Napoléon, le chien insupportable des voisins complotistes. Mais la vie avec son père n’est plus possible, Billie a besoin d’exister dans ses yeux. Pour le faire réagir, qu’il sorte de son mutisme relationnel, qu’il s’intéresse à elle, qu’il la regarde, elle s’enfuit de la maison après avoir préparer un modeste paquetage de camping. Comme Côme Laverse du Rondeau le personnage du Baron Perché le roman italien d’ Italo Calvino, Billie s’installe dans arbre d’un parc d’acrobranche désaffecté. Et elle attend que son père vienne la chercher. Mais ce n’est pas Léo qui l’appelle par son prénom depuis le pied de son arbre. C’est un vieux monsieur qui ressemble à Clint Eastwood et qui est très bien habillé. Après la peur et la surprise, viennent les questions. Qui est Robert ? Comment connait-il son prénom ? Pourquoi parle-t-il de sa mère au passé ? Billie est ébranlée, entre colère, curiosité et chagrin.