Je prends vraiment toute la mesure de ce que m’apporte la lecture quand je tombe sur un livre comme celui-là, qui fait partie des livres qui nous font nous sentir différents, nous remplissent d’émotions, traversés par des sentiments forts et prégnants ; joie, colère, tristesse, peur, révolte, nous laissent ko ou léger, que l’on garde encore ouvert contre soi la dernière page lue, qu’on ne voudrait pas refermer, qu’on ne peut s’empêcher de dévorer en se disant qu’on aimerait qu’ils durent longtemps.

Tropique de la violence est l’un de ces livres-là. Un très grand roman, puissant, juste, bouleversant, rare !
Marie s’est installée à Mayotte pour suivre Cham, qu’elle a rencontré et épousé en Métropole. Infirmière, elle travaille dans un hôpital où elle croise les réfugiés comoriens, qui fuient la misère de leur pays tout proche. Un jour, une très jeune fille qui porte son nourrisson se présente à l’hôpital. Dans ces contrées où sont ancrées bien des croyances, le bébé avec son oeil vert sera maudit, on le dira habité par un Djinn, et la jeune maman qui le sait, lance un regard désespéré et suppliant à Marie. Marie comprend, garde l’enfant, l’adopte et le prénomme Moïse. Cham parti avec une autre femme, Marie élève seule Moïse, dans l’amour et le confort. Mais à l’adolescence et alors que Moïse cherche des réponses, Marie lui raconte son arrivée à Mayotte. Moïse a du mal à accepter ses origines, et lui si sage, commence à fréquenter les petits délinquants. Et c’est la descente aux enfers…
Nathacha Appanah connait son sujet, elle qui, d’origine Mauricienne, a vécu un temps à Mayotte où elle pensait offrir à sa fillette un décor de carte postale. Mais l’île a une autre réalité, complexe, violente, que l’auteur dépeint avec vérité et justesse. Je l’ai lu en apnée, j’ai vibré, frissonné, pleuré aussi. Bref, j’ai adoré ♥
Tropique de la violence/Nathacha Appanah – Editions Gallimard – 25/08/2016 – 192p

Au début des années 50, Sigvaldi a choisi le prénom de sa seconde fille après avoir lu Gens indépendants de Halldor Laxness paru en 34/35, parce que la fin l’avait fait pleurer, même si l’héroïne avait eu un triste destin. Helga avait accepté, pour la simple raison que sans le a final, ce prénom signifie amour en islandais. A cette époque, Sigvaldi et Helga s’aiment et Asta est le fruit de cette passion. Mais la suite de leur histoire est chaotique et Asta est confiée à Steinvör qui l’élève avec amour. Devenue adolescente, Asta qui rejette, entre autres, sa nourrice, est envoyée en séjour dans une ferme, où elle rencontre Josef, un garçon de son âge.
Elle aime Aurélien, profondément depuis plus de 15 ans mais elle ne veut plus supporter l’homme qui l’insulte et l’humilie. Il regrette, s’excuse, ne comprend pas. Mais pourtant il recommence… Il y a sept ans, au retour de vacances horribles en Croatie, au bord du gouffre, elle avait décidé de la séparation. Puis finalement, il avait imploré son pardon, fait des promesses, s’était fait aidé un peu, alors elle lui avait rouvert la porte, laissé une seconde chance, elle l’aime tant et leur vie avait repris tranquillement, il avait eu un deuxième enfant, ils étaient heureux. Alors pourquoi sept ans après, il recommence ? Sans raisons, sans prévenir, brutalement ! Pourquoi ? Vadim et Romane, leurs enfants ont grandi, elle doit les protéger alors elle se fait une promesse, elle prendra une décision définitive le 3 janvier, jour de ses 40 ans. Elle a besoin d’une date, sinon elle sait qu’elle va de nouveau sombrer dans la dépression et qu’elle ne pourra plus se relever. Pour s’en sortir, elle fait des listes de ses phrases assassines, de ses insultes dégradantes, elle en note des lignes et des lignes, comme d’autres font les listes de leurs envies.

Le guerre de Syrie racontée par Rima, une fillette qui a la tête dans les histoires, les mots et les couleurs. Rima lit beaucoup, dessine aussi, et s’invente des planètes. Rima est une fillette particulière qui ne parle pas sauf pour réciter le Coran ou le Petit Prince et dont les jambes se mettent en mouvement dès que sa maman détache la cordelette qui relie leurs poignets. Mais un jour tragique, sa maman disparaît lors d’un contrôle policier et Rima, blessée est conduite dans un hôpital/prison. Orpheline, c’est son frère, un adolescent combattant qui vient la chercher et la cache, et l’entrave pour la protéger, pour l’empêcher de marcher. Seule, dans un souterrain, attachée à un vasistas, sans électricité, avec quelques victuailles, Rima regarde la guerre par la fenêtre à barreaux et raconte, par écrit. Elle décrit des choses terribles en plus de la guerre, la solitude, la faim, la peur mais en toute ingénuité et clairvoyance et s’adresse à celui ou celle qui découvrira son journal.
C’est une histoire de retrouvailles. Celles que Mathieu, acteur quinquagénaire oublié tente avec Antoine, son fils, guitariste et chanteur sur la voie du succès. Malgré leur passion commune pour la musique, leur relation n’est pas évidente, Mathieu a quitté Florence lorsqu’ Antoine était bébé et ne s’est jamais occupé de son fils. Ils vont apprendre à se connaître, à s’accepter, se pardonner et à s’aimer
Lu en juin dans le cadre des talents de Cultura 2018
Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018
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