Lola lit Avec toutes mes sympathies

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018
Le 14 octobre 2015 Alex s’est suicidé. En août, Florence, sa femme avait appelé, affolée, il avait disparu en laissant une lettre d’adieu. Il avait été retrouvé, endormi sur un banc, il avait fini chez les dingues.

Alex, c’est Alexandre, le frère cadet de l’auteure, Olivia de Lamberterie, journaliste et critique littéraire. Il avait choisi de vivre à Montréal avec Florence son épouse et leurs enfants, pour fuir Paris, pour fuir la vie. Alexandre était un sensible, trop sensible pour supporter la vie, il disait « La vie, c’est pas mon truc ». Dans ce livre, Olivia de Lamberterie part « à la pêche aux souvenirs », au temps du bonheur, celui de l’enfance. Un roman sur la fraternité, sur l’amour qui lie un frère et une sœur. Mais aussi un roman sur la mort par suicide, tellement violente pour ceux qui restent, dévastés, en colère, dans l’incompréhension et la culpabilité. Tant de questions se posent, tant de questions sans réponses. Un tendre témoignage.


Avec toutes mes sympathies / Olivia de Lamberterie – Editions Stock 2018 –

Lola lit Le Prince à la petite tasse

Lu en juin dans le cadre des Talents Cultura 2018

Le véritable journal de bord d’une écrivaine poétesse qui accueille un réfugié dans son appartement parisien. Reza, un jeune afghan, est très bien accueilli par l’ensemble de la famille dès son arrivée le 1er février 2010. Et même s’il est un peu méfiant au début, il s’ouvre peu à peu et finit par se livrer à Emilie. Il va partager leur vie jusqu’au 19 novembre 2010, le jour de son emménagement dans un appartement que lui propose le lycée dans lequel il a trouvé un travail.

Une belle histoire que l’auteure partage avec le jeune afghan, une expérience de solidarité, de fraternité, de partage, écrite dans une langue fluide, simple et agréable, mais que j’ai trouvée superficielle et qui n’a malheureusement pas réussi à m’émouvoir. Les sentiments de Fabrice, le mari sont complètement passés sous silence et ceux des enfants, Noé et Marius, réduits à une seule joie puérile. Pourtant la décision d’accueillir un réfugié chez soi est une décision importante, qui n’est pas anodine, ni sans conséquence sur l’équilibre familial. J’imagine que chacun a dû vivre cette expérience de manière très différente, qui racontée, aurait sûrement enrichi le texte. Mais Emilie de Turckheim semble avoir vécu une relation quasiment exclusive avec Reza.

Fort heureusement, l’auteure a glissé quelques petits moments de poésie qui ont illuminé un peu ma lecture. Et j’aime la couverture, que je trouve joliment naïve ainsi que le titre qui me plait beaucoup aussi ; ce jeune homme qui a traversé bien des épreuves, vécu des situations terribles mais qui, tel un prince, ne peut boire son thé que dans une jolie petite tasse de porcelaine fine.


Le prince à la petite tasse / Emilie de Turckheim – Calman Levy 16/08/2018

Lola lit Un million de minutes :\

Wolf Küper est un papa ambitieux qui a un travail très très important et très très bien payé, qui travaille beaucoup et tout le temps, et part souvent à l’étranger. Ses enfants, Nina 4 ans, Simon 6 mois et Vera son épouse, ne profitent pas beaucoup de lui. Mais Nina est une petite fille différente, une petite fille ‘’pas comme les autres’’, qui ne se satisfait pas des 10 minutes que son père lui accorde le soir. Elle, elle aimerait passer un million de minutes avec son père. Un rapport au temps qui fait réfléchir son père qui décide d’exaucer son souhait. Il démissionne, vend tout et la famille au complet part en voyage pour deux ans. C’est cette aventure que l’auteur raconte ; des paysages, des rencontres, des liens familiaux resserrés…

Une lecture que j’ai trouvée un peu bordélique ! Il ne semble pas y avoir d’ordre dans la narration ; on passe d’une période à une autre, d’un endroit à un autre, sans fil logique (ou alors je ne l’ai pas trouvé), c’est perturbant. Le papa parle beaucoup de sa vie professionnelle, certes très intéressante mais qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire de Nina puisque l’éditeur nous a prévenu en quatrième de couverture qu’elle était « l’héroïne attachante de ce livre ». Je m’attendais à faire la connaissance de cette petite fille, à voyager à travers son regard, à partager cette aventure incroyable, mais j’ai surtout appris à connaitre monsieur Küper.

Un témoignage qui ravira sans doute les amateurs de livres de développement personnel, dont je ne suis pas.


Un million de minutes ; Comment j’ai exaucé le souhait de ma fille et trouvé le bonheur en familleWolf KUPER – Actes sud  juin 2018 – 327p

Lola lit Bientôt viendront les jours sans toi

Dans les années 80, en Espagne, un an après la mort de son père, Dani Mosca décide de rapatrier son corps dans son village natal, au nord du pays. Il va profiter de ce long voyage dans un corbillard, pour revenir sur sa vie, se remémorer les bons et les mauvais moments, en une série de petits retours en arrière tantôt amusants, tantôt émouvants.
J’ai aimé partager le voyage de Dani Mosca, c’était un voyage assez tranquille, un de ceux qui, tout en étant agréable, ne laisse pas un souvenir inoubliable, mais garde une place particulière.
J’avais découvert David Trueba avec Blitz, que j’avais beaucoup aimé.
J’ai retrouvé dans ce roman la tendresse que cet auteur a pour ses personnages et qu’il réussit à partager avec le lecteur.

Merci à Babelio et à Flammarion

 

 

Ma rentrée littéraire 2018

                        

Dans un ordre aléatoire, ceux que j’ai choisis, qu’on m’a conseillés, dont la lecture m’a été imposée par les comités de lecture (Cultura, bibliothèques…)

Il y en a tant d’autres à lire, je les rajouterai au fur et à mesure, et vous pourrez lire mes billets en cliquant sur les couvertures.

Et vous, elle se dessine comment votre rentrée littéraire ?

Lola lit Comment je suis devenu moi-même

Quel plaisir de retrouver l’excellent Irving D.Yalom, dont j’avais apprécié les précédents romans et tout particulièrement Et Nietszch a pleuré. Dans son dernier livre, ce n’est plus la vie des autres qu’il explore, en tant que psychiatre renommé, mais bien la sienne. Sa vie d’homme, de mari, d’étudiant, de docteur, de romancier, de professeur… il en a tellement et elles sont toutes si intéressantes, surtout racontées avec toute la sensibilité et l’intelligence de cet auteur.

Enfant, Irvin descend à vélo la rue et passe devant une petite fille assise sur son perron. Il la trouve très jolie et lui lance « Salut rougeole ! ». Devenu adulte, il est encore hanté par ce cauchemar, qu’il mélange un peu entre rêve et réalité. C’est le point de départ de Comment je suis devenu moi-même. L’auteur déroule, tout au long de ce livre, le fil de sa vie illustrée de quelques belles photos intimes qui rendent le récit vraiment familier. En effet, j’ai retrouvé l’homme juste, libre, honnête, sensible, bienveillant, généreux, que l’on devine dans ces romans et reconnait dans ses interviews.

Une autobiographie qui se lit comme un roman, une vie comme un ruban qui se déroule, du début à la fin, lisse parfois, qui s’emmêle toujours et qui poursuit son chemin. L’auteur cherche, analyse, comprend, raconte ce qui l’a amené là aujourd’hui, au crépuscule de la vie d’un homme de 87 ans. Un très beau livre !

Merci Babelio et les Editions Albin Michel


 

Lola voyage avec un guide de conversation en espagnole

Un petit format très pratique, qui se glisse facilement dans un sac à main. Un découpage pratique en 8 sections thématiques divisées en chapitres. Les généralités au début nous donne quelques bases : formules de politesse, jours de la semaine, mois et saisons, les expressions de temps … et plein d’expressions très utiles pour exprimer sa joie, son mécontentement, ses sensations.
Allez, on commence par les transports ;
Chapitre 1 / à l’aéroport – vocabulaire essentiel, faux amis, expressions et une page culture axée sur la langue. Ce même schéma se répète pour les 7 autres sections.

Le petit plus de ce guide pour moi, ce sont les pages L’espagnol dans tous ses états qui concluent chaque chapitre. On y trouve des infos très intéressantes sur la vie en Espagne, les différences entre l’espagnol d’Espagne et celui d’Amérique du sud, une expression ou un dicton…  En plus, une connexion sur internet est possible pour s’entraîner avec 580 phrases audio.
Un guide que je recommande non seulement aux débutants -si si c’est possible grâce à la prononciation- mais aussi à ceux qui, comme moi, apprennent cette langue et seront bien contents de réviser les bases dans les files d’attente des musées.

Merci à Babelio et aux éditions Le Robert

Lola et Alex testent Incroyables Expériences

Testé et approuvé
70 expériences de chimie, biologie, physique et technologie ; certaines amusantes, d’autres insolites, mais toutes très intéressantes.

Nous en avons testé plusieurs avec mon fils de 10 ans, et à chaque fois nous avons passé un excellent moment. Les illustrations sont très colorées, les explications claires et le glossaire à la fin du livre est pratique pour comprendre le sens des mots techniques. (Centripète a remporté un franc succès)

Notre expérience préférée ? La 42, Sel disparais ! Très simplement avec des bols, un caillou, du film plastique, du sel et de l’eau, nous avons transformé de l’eau salée en eau douce. Super facile et bluffant !

Le plus de ce livre-là, c’est la simplicité de la manipulation pour des expériences aux résultats vraiment très concluants.  Ce sont de vraies expériences « scientifiques », de quoi crâner dans la cour de récré.

Un livre que depuis, nous offrons aux anniversaires des copains avec toujours un grand succès.

Merci aux Editions Le Pommier et à Babelio


Auteur Bob Beattie / illustrateur Sam Peet

Lola lit Simple

Baoul, c’est comme ça qu’ils l’appellent. C’est vrai qu’il est un peu simple d’esprit Antoine Orsini. Sa mère est morte en le mettant au monde, on lui a toujours dit qu’il avait une trop grosse tête, une tête de mongol, que c’était ça qui avait tué sa mère. Son père alcoolique le rejette et son grand frère parfois le préférerait mort. Parce qu’Antoine fait un peu n’importe quoi et son frère a souvent dû le tirer d’affaire. Mais quels étaient les liens du Baoul avec Florence Biancarelli, une gamine de seize ans retrouvée morte au milieu des pins et des années 80 ?

Le fond m’a beaucoup plu ; la manière dont le personnage est perçu par les habitants du village corse, et comment lui-même perçoit sa place dans sa communauté. L’histoire se déroule doucement et très finement, et on est très vite captivé par l’intrigue. Quant à la forme, j’ai parfois été gênée par la lourdeur de la narration, certains passages du soliloque n’ont pas de structure et sont un peu compliqués à lire. Cela reste un très bon roman !


Simple / Julie Esteve – Editions Stock – Août 2018 – 208p

Lu dans le cadre des Talents Cultura 2018

Lola lit A la table des hommes ♥

En temps de guerre, à une période et un lieu non définis, mais pas très loin de nous.
Un porcelet fuit les bombardements et tente de survivre dans la forêt, chassé, poursuivi, blessé, meurtri, épuisé, il s’effondre dans un buisson où agonise un jeune garçon délirant de fièvre, blessé lui aussi par la guerre et couvert d’affreuses blessures infectées. Tous 2 veulent vivre et une lutte puissante entre les 2 corps s’engage, une lutte dont sort un être d’apparence humaine mais à l’esprit animal. Innocent, nu, surpris et heureux d’être en vie, l’enfant est bientôt recueilli par Ghirzal la vieille d’un village voisin. L’enfant pousse, il grandit dans le monde des hommes, tantôt dans la douceur et bienveillance, tantôt dans la méchanceté et la violence. Au contact des hommes, il perd son flair, sa force, son sens le plus développé, au profit du langage dans lequel il se jette pour tenter de comprendre le monde cruel, sale, laid et impitoyable des hommes.
Un roman magnifique, qui nous tient les yeux grands ouverts sur la folie des hommes. Il faut bien, dans ce monde de fou, comme Abel, nous accrocher à un regard, un rire, un geste, et nous sentir heureux d’avoir croisé un instant de bonheur. Un monde sur lequel nous ne pouvons fermer les yeux parce qu’il recèle bien des trésors, dans la nature évidemment mais aussi dans le cœur des hommes.

Lu après J’abandonne de Claudel, 2 romans terribles qui, paradoxalement, m’ont donné envie de vivre, de rire et de garder les yeux et le cœur ouverts sur la beauté du monde et la bonté des hommes. Sylvie Germain –Magnus / Hors champ– et Philippe Claudel, des auteurs que je chéris, parce que chacun de leurs romans me fait réfléchir, réagir, vibrer, vivre.


A la table des hommes / Sylvie Germain – Editions Albin Michel 2016 – 272p